Novo n°48 fév/mar 2018
Novo n°48 fév/mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de fév/mar 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Médiapop

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : le théatre regarde le monde à Strasbourg.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Léa Trommenschlager 23.01 Festival Art Danse Opéra de Dijon Par Guillaume Malvoisin Photo  : Vincent Arbelet 46
Ton premier souvenir de musique ? J’accompagnais ma grand-mère à la messe. Je m’asseyais, je l’écoutais chanter à la chorale paroissiale. Mon amour du chant est né là, en écoutant les polyphonies. Ta vocation de chanteuse, aussi ? Non, seulement la passion du chant. Un prof m’a poussée à entrer au Conservatoire de Mulhouse. Concours réussi à 14 ans mais je n’ai pas pu entrer en classe de chant, ma voix n’était pas formée. Je suis entrée en prépa littéraire à Strasbourg et j’ai complètement arrêté la musique et le chant. Comme cela me manquait terriblement au bout d’un an, je me suis présentée au concours du Conservatoire de Strasbourg. Là, un prof génial me montre qu’il est possible de devenir chanteuse. Comment ? Il me dit  : « Tu es chanteuse, ta voix est faite pour ça. Elle est encore une voix d’enfant mais voilà ce que tu chanteras. » Et il me fait une tonne de copies d’œuvres du répertoire avec des voix proches de ce que pourrait être la mienne. Je découvre Wagner, Verdi, Strauss. C’est une affirmation assez violente. C’est hyper choquant de s’entendre dire « ta voix n’est pas ce qu’elle va être et tu ne chantes pas le répertoire pour lequel tu es faite ». Je ne comprenais pas. J’ai donc appris. Je retournais souvent à la médiathèque emprunter des VHS d’opéra. À Strasbourg, j’étais ouvreuse, je pouvais voir les spectacles jusqu’à 6 fois. C’est un apprentissage extraordinaire, tu apprends le rôle, la musique mais aussi les problèmes de dramaturgie, les enjeux des costumes, de lumière, à voir si la scénographie fonctionne ou non. C’est l’œil qui semble t’avoir formée. L’opéra est un art d’image. Ce qui te reste en sortant d’un spectacle, c’est l’image, la marque du metteur en scène, la lumière. Le cinéma, auquel on compare souvent l’opéra, n’a pas cette aura à la fois intimidante et mystérieuse qui peut rebuter le public. L’opéra pâtit un peu de son image bourgeoise, réservée à une élite. C’est fondé en regard de l’architecture intérieure, du décorum des opéras à l’italienne. C’est un peu le pendant de l’église catholique. On peut faire cette musique partout, pour tout le monde, avec la même exigence musicale et artistique. Je tiens énormément à cela. Cependant, tout n’est pas à jeter dans la tradition de l’opéra. On se plaint souvent du metteur en scène, tout en haut de sa pyramide, mais, pour mener à bien cinq semaines de répétitions, cette hiérarchie de travail est nécessaire. Art impopulaire, l’opéra ? Je pense pourtant que sa popularité est dans sa musique. On peut y aller sans être éduqué à son répertoire et être touché par une voix, une fréquence, une lumière ou le charisme d’un interprète. Pas besoin du décorum, des petits fours et des dames très bien habillées. À l’Opéra, on peut aussi se voir proposer de jouer la Vierge Marie… Sans parler religion, il y a vraiment un pouvoir fédérateur dans la musique sacrée. Prenons Bach – le plus grand – il y a forcément quelque chose qui peut toucher chacun. Quand on me propose de jouer la Vierge Marie dans l’oratorio de Draghi, cela me va très bien, je ne me pose pas de questions. Le grand avantage de l’opéra sur le théâtre, par exemple, c’est que la musique te donne le ton, le tempo c’est-à-dire la gestion des silences ce qui est le plus difficile au théâtre. La fameuse magie de l’interprète ? La musique est déjà une seconde peau. Quand la musique entre dans mon oreille et dans mon corps, le personnage se déclenche déjà. La distance nécessaire au contrôle de la voix, à la concentration que demandent les indications du chef ou les retours vidéo, donnent aussi une certaine liberté dans l’incarnation. C’est sans doute plus facile qu’au théâtre. Plus facile ? On m’a dit  : « On fait les choses aussi parce qu’elles sont faciles, parce qu’elles nous font plaisir. » C’est à partir de là qu’on peut travailler et devenir bon. Sinon, on ne fait que lutter. Barbara Streisand a arrêté sa carrière à cause de cela, elle ne pouvait plus sortir de sa loge à cause du trac. C’est hyper difficile de se voir gagner de l’argent avec sa voix, il y a quelque chose d’assez prétentieux et à la fois fragilisant. Il faut assumer que des gens ont envie de t’entendre, que ça fait plaisir et qu’il faut bosser avec ceci. Tu fais souvent quelques pas de côté comme par exemple le duo enregistré à France Musique où tu chantes accompagnée d’une guitare électrique… La pièce dont tu parles était un Madrigal de Gesualdo. Cette musique est très ouverte et ne sonne pas 47



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