Novo n°48 fév/mar 2018
Novo n°48 fév/mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de fév/mar 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Médiapop

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : le théatre regarde le monde à Strasbourg.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Valérie Lagrange 30.09 Bibliothèques Idéales Strasbourg Par Emmanuel Abela Photo  : Benoît Linder 44 De Valérie Lagrange, nous retenons cette image obsédante d’une femme qui attend l’opération de son mari coureur automobile, Jean-Louis Trintignant en l’occurrence, après son accident au cours des 24 Heures du Mans. Dans cet extrait d’Un homme et une femme, son mari s’en sort, elle pas. Avec les Mémoires d’un temps où l’on s’aimait, l’on redécouvre non seulement l’actrice, active dans le cinéma underground, amie très proche de Pierre Clémenti et son épouse Margaret, mais aussi la chanteuse qui croise la route de Serge Gainsbourg ou Jimi Hendrix. De son propre aveu, l’ouvrage dans sa nouvelle version chez Le Mot et le Reste, avec quelques rajouts et une sélection affinée de photos en noir & blanc, est beaucoup plus « beau » que lors de sa première parution en 2005. Le titre reste inchangé, Mémoires d’un temps où l’on s’aimait. Le titre semble nostalgique, il est critique. A-t-elle le sentiment qu’on prend moins le temps de s’aimer ? « L’époque d’aujourd’hui fait que l’on est beaucoup plus stressé, nous dit-elle. Nous trouvions du travail comme on le voulait, et donc on se retrouvait déchargé de cette angoisse qui guette les gens au quotidien  : perdre son boulot, ne pas en retrouver. Ça change tellement de choses dans une société. » Comme parfois dans le livre, on la sent proche d’une forme de déni, mais elle nuance son propos. « Oui, on le sait, c’était coincé à d’autres niveaux. » Un mot semble faire sens pour elle  : rebelle. Comme d’autres, elle a contesté l’autorité de ses parents, les diktats imposés à l’école ou par la société toute entière. Cette envie de contester l’état des choses a animé toute sa vie. Et de nous relater « ces années extraordinaires, 1966, 67, 68 et 69 », au cours desquelles elle a cru que le monde allait changer. « J’étais un peu naïve, nous avoue-t-elle, alors que d’autres n’étaient pas dupes. » La déception est à la hauteur de l’espoir de ces années-là, surtout que les « substances qu’on consommait changeait notre perception des choses ». La grande différence, selon elle, vient du fait que les gens se montrent « moins généreux », même si elle admet une « grande générosité » chez les gens qu’elle croise. Elle garde cette part de candeur qui l’amène à s’enthousiasmer, tout en exprimant sa grande préoccupation face à un monde qui lui échappe. Elle le formule dans le livre  : « Le monde est redevenu effrayant. » Si tant est qu’il ne le fût pas de son temps. En femme libre, décisionnaire, artistiquement, en amour et dans ses choix de destination, elle renoue avec ce qui a fait le fondement de l’idéologie d’une époque  : la question écologique par exemple, la dénonciation des dégâts causés par la société de consommation, la cause animale. De manière troublante, comme si les problèmes d’un temps n’avaient, et c’est le cas, jamais été résolus. Elle le dit dans le livre, « le merveilleux existe », elle l’a souvent expérimenté dans sa vie, estce l’une des finalités de ce témoignage, de révéler la part de merveilleux qui reste en nous ? « Oui, bien sûr, j’ai le sentiment qu’on a réussi à évacuer cette part de cynisme qui nous conduisait dans le vide. Depuis les attentats, les gens prennent conscience de la fragilité de la vie. Ils délaissent l’individualisme et reviennent au partage. »
William Z Villain 18.11 Le Gueulard Plus Nilvange Par Benjamin Bottemer Illustration  : Nicolas Moog Il y a à peine deux ans, William Z Villain n’imaginait pas quitter les bords du lac Michigan où il n’avait que ses potes et les habitués des bars locaux pour public. « C’est vraiment étrange pour moi de me dire que des gens du monde entier peuvent aujourd’hui écouter ma musique, qui n’était d’abord pas destinée à sortir du cercle familial ou amical », songe-t-il à voix haute. Passé sous les radars de la reconnaissance, l’homme a ensorcelé tout le monde, médias compris, avec sa voix protéiforme et sa guitare à huit cordes, grâce au label français Normandeep Blues Records, maison de Bror Gunnar Jansson ou des Nancéiens de Hoboken Division. Tous explorent la face cachée d’un blues mutant, entretenant un goût pour l’inversion, la déviance, créant des espaces sonores volontiers hypnotiques. William Z Villain a pourtant un peu de mal à se reconnaître dans cette étiquette. « Pour moi, ce que je fais n’est pas du blues, je crois qu’en France et aux États-Unis le terme blues n’a pas la même connotation. Aux USA, c’est bizarre pour un jeune blanc de la classe moyenne de se revendiquer blues quand on sait qu’une famille blanche vit mieux et plus longtemps qu’une famille afro-américaine, et qu’il y a tant de Noirs au sein d’un système carcéral qui est en fait la prolongation de l’esclavage. » On tente donc de définir sa musique de façon moins arbitraire, en s’attardant sur les sentiments, les sensations que suscitent ses histoires, comme des nouvelles sauvages à la poésie fantasmagorique, parfois cruelles ou délirantes. « J’adore écouter les gens parler de ma musique, réagit-il en gratouillant son « stick », guère plus qu’un bout de bois à trois cordes. J’essaye de jouer ce qui me correspond intimement, et c’est très intéressant de se rendre compte qu’elle évoque autant de choses différentes à ceux qui l’écoutent. » Racines américaines, tempos afrocubains, influences latino et méditerranéennes, le son du Villain est un sortilège changeant, passant d’atmosphères brumeuses traversées par des guitares chaloupées à des ballades sous influence ou de petits tubes brinquebalants et bizarroïdes. On a le sentiment qu’il est lié au Wisconsin dont il est originaire, que des forces sauvages ont présidé à sa naissance. « Ma musique n’est pas spécifiquement liée au lieu d’où je viens, lance-t-il. Tu vis à un endroit mais sa culture n’apparaît en toi pas plus qu’une autre, du fait de l’influence d’Internet, notamment. » Il est vrai que William Z Villain tient du sorcier vaudou autant que de l’enfant du Midwest... Le jeune homme de 27 ans fatigué par la tournée se transformera, seul sur la scène du Gueulard Plus, en un show-man élégant et habité, pas avare de communion avec son public et furieusement drôle. Après s’être perdus dans les méandres de son disque, on découvre une seconde fois un artiste talentueux, attachant et authentique. 45



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