Nouvelle-vague n°152 juin 2009
Nouvelle-vague n°152 juin 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°152 de juin 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (209 x 297) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : AC/DC.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 nouvelle vague #152 juin 2OO9 Le disque du mois IZIA (AZ/Universal) Izia Higelin (18 ans) est la fille du grand Jacques et la soeur d'Arthur, mais c'est plus auprès de PJ Harvey, Patti Smith qu'il faut chercher la parenté musicale, ou alors l'Higelin de BBH 75 ce qui ne nous rajeunit pas ! Du rock brut de décoffrage, chanté parfois hurlé, décoiffant, revigorant. La Gibson déménage, tisse une trame épaisse sur laquelle explose la voix de la belle jeune femme. Même si le batteur n'est pas, loin s'en faut, Keith Moon ou Charlie Watts, il assure ce qu'on lui demande : une rythmique impeccable. Izia écrit les textes en anglais —comment pourrait-il en être autrement— et les musiques avec ses petits camarades de jeux ! Douze titres frais, énergiques, rythmés, haletants, bruyants et pourtant doux aux oreilles. Qui donc a prétendu que le rock ne sied pas aux femmes ? ✍ Jacques Lerognon ★★★★ chroniques FORMATIONS DE LA MUSIQUE ET DU SON Diplôme en 2 ans - Admission niveau bac + audition CYCLES PROFESSIONNELS MUSICIENS ET CHANTEURS - MÉTIERS DU SON CFPM NICE 99, route de Canta Galet 06200 NICE (Bus n°60 ou 22) Tél. 09 51 79 05 19 Fax 09 56 79 05 19 Email : nice@cfpmfrance.com www.cfpmfrance.com MADNESS The liberty of Norton Folgate (Lucky Seven Records/Naïve) Enfin, on l’attendait, et on n’est pas déçus d’avoir autant attendu ce nouvel album de Madness. Car ils ne signent pas ici un simple retour, mais LA renaissance du groupe mythique anglais. Rendant un hommage éclatant de couleurs à leur ville, Londres, ils nous invitent au coeur de cette grande cité, et nous font part de leurs différents témoignages et expériences personnelles vécues au fil des années. Un voyage surprenant — à croire qu’ils ont Londres dans le sang, dans chacun de leurs chromosomes. Musicalement bien plus riche, avec plus de couleurs musicales que leur précédent album, mais sans perdre cette sonorité des années 80 qui les caractérise tant, cet album est un chef d’oeuvre articulé sur une base d’opéra-pop. Il nous mène dans les quartiers de cette ville éclectique, et tout particulièrement dans un des quartiers exubérants du XIX ème siècle : Norton Folgate. Maintenant détruit et remplacé par une bretelle de goudron, ce lieu historique était le lieu de rendez vous des poètes, musiciens et artistes en tout genre, d’où « The liberty of… ». D’un point de vue musical c’est une tuerie, mélodique, recherché, étonnant, sensible et surprenant à chaque chanson, c’est un véritable retour en force du groupe. Entre une sonorité toujours très colorée, trace des vestiges reggae/ska de leur passé et une musicalité plus pop spécifique au bon vieux pop rock British, c’est un véritable plaisir de se l’écouter en boucle. Sûrement le meilleur album de Madness depuis The rise and fall, signe d’un renouveau en grand pompe. De quoi fêter dignement les trente années d’existence du groupe, avec un retour à leurs débuts musicaux néanmoins marqué par l’évolution et le passage du temps, tout en gardant l’énergie et l’authenticité de leurs vingt ans. ✍ Ugo Vignal ★★★★ KARPATT Montreuil (autoproduit/L’Autre Distribution) Karpatt, c’est vraiment une voix et des instruments. On arrive presque à en oublier les personnes derrière, tant la performance vocale est grande. Le son oriental est omniprésent, ça riffe et ça swingue comme une « vieille duchesse slave » comme ils le disent si bien, et l’esprit où l’on tape dans les mains tout en remuant du popotin est bien là. Ce quatrième album prénommé Montreuil est une invitation au voyage où il est impossible de ne pas bouger, ou plutôt de ne pas rester insensible au rythme rapide du swing version Légende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bömuf ! ! ★★★ Muuumm !!! ★★★★ Aaaahhh !!! ! ! Karpatt. La voix de Fred Rollat est d’une fraîcheur toute simple qui nous rappelle Renaud avec son côté nostalgique attendrissant. Ce dernier nous transporte entre amour (J’ai fais d’la place, Chamade), désespoir (Tête la première), rêves d’adolescents (J’arrive)… Et pour ne pas oublier les instruments qui forment une sorte d’entité unique autour de la voix exceptionnelle de Fred, on trouve aussi bien des guitares électriques que sèches, des cuivres, un accordéon… Ce quatrième album est une réussite dans l’ensemble, c’est un plaisir à écouter, surtout si l’envie d’évasion vous prend à la gorge. ✍ Abdelhakim Abardi ★★★★ JOHN MC LAUGHLIN & CHICK COREA Five Peace Band (Universal Music Jazz) Côte à côte en 1969 (avec Joe Zawinul) pour l’enregistrement de deux des plus fabuleux albums de Miles Davis : In a silent way et Bitches brew, John Mc Laughlin et Chick Corea, malgré une admiration réciproque, n’avaient plus rejoué ensemble. Chacun fondant son groupe peu après, avec l’immense succès que l’on connaît : Return to Forever pour le pianiste et Mahavishnu Orchestra pour le guitariste. C’est dire l’importance, à l’automne dernier, de la création pour une série de concerts (dont un à Monaco) de Five Peace Band, ce nouveau « super groupe » au casting de rêve. Kenny Garrett (autre véhément ancien compagnon de Miles) au sax, Christian Mc Bride (le bassiste le plus demandé de l’histoire du jazz) et Vinnie Colaiuta (redoutable requin de studio qui débuta chez Frank Zappa) à la batterie, plus la participation amicale d’Herbie Hancock au piano (sur un titre en hommage à Miles et Joe Zawinul, seule reprise d’ailleurs de ce double CD live avec le Dr Jackle de Jackie Mc Lean, compagnon de Miles dans les années 50)... Recréé ici par ses inventeurs, ce « jazz/rock/funk » de première main, est un pur régal. ✍ Daniel Chauvet ★★★★
T21 (TRISOMIE 21) Black label (Le Son du Maquis/Harmonia Mundi) Plus de vingt ans d'existence au compteur pour ce groupe fondé à l'aube des années 80 par deux fans de cold wave. On pourrait se demander, à une période où le post punk puise allègrement dans l'héritage de cette période, et où Joy division, Public Image Limited ou Bauhaus, semblent être les seuls artistes de références pour de nombreux groupes, si un survivant de la première période peut encore perdurer, d'autant plus que le groupe est français. On serait tenter de répondre oui en regardant New Order, devenu une espèce de mascotte nostalgique incapable de rivaliser avec la nouvelle scène, et subsistant sur sa gloire passée. Là, et en dehors de tout sentiment chauvin mal placé, il faut reconnaître que T2 1 a rendu une copie impeccable, un témoignage d'une carrière qui a su évoluer. Bien sûr, les fondamentaux sont présents, la tristesse, les nappes de claviers... mais sans que cela soit un cliché pour autant. Les morceaux sont entêtants (The camp, Hear me now), la production impeccable ; tous les éléments sont présents pour que ce groupe sorte de son statut culte, surtout face à d'autres groupes hexagonaux beaucoup moins talentueux, qui, paradoxalement, semblent eux bloqués dans une autre époque. ✍ J.P. Boyer ★★★★ BEN HARPER & THE RELENTLESS 7 White lies for dark times (Virgin) Voilà plus de dix ans que Ben n'est plus Harper. L'enfant du blues, trop tôt sacré espoir du rock, est devenu un adulte sacrément chiant. S'il reste imprévisible (que va-t-il nous sortir l'année prochaine ? un concept-album polka ?), il demeure invariablement décevant pour ceux qui l'ont découvert avec Fight for your mind ou Jah work. Fini le protest song, jouer le Sheryl Crow au masculin s'avère plus rentable. Au menu cette fois, une collection de chansons rock trop cuites, mais terriblement bien agencées, prête à se vendre et à s'oublier tout aussi vite. Chacun des onze morceaux est exécuté avec un grand brio, à tel point que l'on se demande quel final les Relentless choisiront pour leurs concerts hors de prix. Certainement Shimmer and shine (le single), prodigieux d'efficacité, qui vaudra à Benou un nouveau bon point de la part de sa major. Comme d'habitude, la critique se montrera conciliante avec « beau gus «, préférant toujours le coller en couv'qu'au piquet. Triste décennie pour laquelle ce guitariste aura été héroïque de tétanie. ✍ Jean-Philippe Blanchard ★★ : dvd cinema : OBSCÉNITÉ ET VERTU de Madonna (Pathé) Nous retrouvons Madonna en tant que réalisatrice dans un film qui se veut indépendant et surprenant. L’obscénité et la vertu sont deux concepts contradictoires qu’elle nous expose à travers trois personnages totalement singuliers. A.K, émigré ukrainien qui voudrait vivre de sa musique, et qui pour subvenir à ses besoins est gigolo à ses heures afin d’assouvir les fantasmes sado-maso de ses clients. Holly rêverait de devenir danseuse dans un ballet prestigieux. Découragée par les offres de travail inexistantes, elle prend le chemin d’une boîte de strip-tease. Juliette, quant à elle, souhaiterait aider des orphelins africains, mais se contente de voler des médicaments dans la pharmacie où elle est vendeuse. Ils sont perdus, perdus entre leurs rêves et une réalité frustrante, perdus entre obscénité et vertu. Construits sur le vécu de Madonna, les personnages véhiculent un espoir, quoiqu’un peu naïf, selon lequel il suffit de croire en ses rêves pour les atteindre. Côté réalisation, le film est très esthétique ; les couleurs, les images tout à fait belles. Quant aux acteurs, ils jouent avec une grande justesse ce passage capital de l’obscénité à la vertu, et vice-versa. La musique est également importante puisque la plupart des chansons sont signées par le groupe Gogol Bordello, dont le leader est incarné à l’écran comme dans la vie par Eugene Hutz (A.K). En somme, ce film est une agréable surprise. ✍ Cécilia N’zaou ★★★ : livres : LES MISCELLANÉES DU ROCK de Jean-Éric Perrin, Jérome Rey et Gilles Verlant (Fetjaime) L'histoire du rock est émaillée d'anecdotes, de rumeurs, de « légendes urbaines » et d'une masse d'informations étonnantes, incroyables, scandaleuses ou franchement drôles qui, tout autant que les disques et les concerts, font partie de l'univers de cette musique. L’ouvrage Les miscellanées du rock s’avère ludique et plein d’humour, avec ce qu’il faut de diversité pour intéresser un public des plus larges. En effet, quoi de commun entre des listes de CDs psychédéliques, les rappeurs qui ont collaboré avec Michael Jackson ou des musiques de films signées Ry Cooder ? Pas grand-chose, si ce n’est une envie tenace d’évoquer le rock sous toutes ses coutures. Les trois auteurs de ce recueil n’ont eu manifestement comme but que celui de divertir, et ils réussissent ce pari avec maestria. ✍ Raymond Sérini ★★★ : BD : LE CHANT DU PLUVIER de Laprun, Béhé et Surcouf (Delcourt) Dans le Béarn, au coeur d’une famille française traditionnelle, la maman décède des suites d’une longue maladie, laissant son mari de 75 ans et ses deux enfants célibataires, un garçon et une fille autour de la trentaine. Le père et la fille, tous les deux bourrus, vivent ensemble une vie simple et rude de la campagne française. Tous les deux ont le même caractère sans-gêne, insensible, borné. Le fils, lui, est ethnologue, il est au Groenland afin de réaliser son mémoire de fin d’étude. À la surprise générale, le fils propose à son père de le rejoindre au Groenland. Contre toute attente le père se plaira au milieu de ce monde rude. Cet ouvrage, tout en nous permettant de découvrir une facette de cette vie austère, étudie surtout les relations entre un père et un fils qui finalement se connaissent peu et apprennent à se découvrir et à s’aimer. Cet album de 176 pages se lit d’une traite tellement son propos est juste et profond, sans être larmoyant ni melo. Tout est dit sans en rajouter, pas besoin d’en faire des tonnes, un mot ou une esquisse de dessin suffisent. Tout est dans la subtilité. Le dessin, lui, est dépouillé, en esquisses, il se prête à merveille aux paysages froids et enneigés du Groenland. ✍ Simon Pégurier ★★★



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