Nouvelle-vague n°148 février 2009
Nouvelle-vague n°148 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°148 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : Sinsemilia.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 nouvelle vague #148 fevrier 2OO9 Le disque du mois TELEFON TEL AVIV Immolate yourself (BPitch Control/PIAS) Les deux premiers albums de ce duo formé par Joshua Eustis et Carles Cooper, les excellents Fahrenheit fair enough (2001) et Map of effortless (2004), les avaient imposés comme de brillants techniciens de l'electro pop, hommes de l'ombre qui sévissaient pour des oreilles averties quand d'autres gens moins talentueux s'imposaient. Depuis, certaines têtes d'affiche ont chopé la grosse tête ou ont disparu, laissant la place vacante. L'année 2009 devrait voir définitivement l'avènement de ce groupe qui au travers de ces dix titres livre son plus brillant opus. Sans modifier leur formule, leur son est plus déformé avec comme point d'orgue le titre Helen of Troy, palier pour le groupe, conscient d'être arrivé au niveau escompté. Ténébreux, personnel, ce disque s'impose comme un des modèles du genre qu'il sera difficile de détrôner. Une référence incontournable pour 2009 et au-delà. ✍ J.P. Boyer ★★★★ CHARLIE WINSTON Hobo (Atmosphériques) Charlie pour Chaplin, Winston pour Churchill, Charlie Winston, britannique d'origine, n'a peutêtre pas le génie du premier, ni la stature d'un homme d'état, mais le talent, lui, est indéniable. Avec Hobo, terme que l'on pourrait traduire en français par « vagabond «, et qui désigne plus précisément les travailleurs itinérants qui s'affranchirent de toutes contraintes matérielles pendant la « grande dépression «, le trentenaire signe ici un album au succès inévitable… Voyageur dans l'âme, l'artiste nous fait pénétrer dans sa bulle pétillante de créativité, pour nous emmener à son tour vers l'ailleurs. Un mélange renversant de soul, de folk, et de pop, délicatement secoué pour dégager une essence pulpeuse qui ne reste pas « en bas «, mais monte tout au contraire à la tête. Mélodies riches ou plus minimalistes, orchestrations soignées, sucrées, Hobo défrise, attise, et confise une succession de titres qui accordent la part belle aux cordes, claviers et harmonica, avec des relents délectables de cuivres et de beat box parfaitement intégrés. En plus des 4 membres fixes de la formation, pas moins de 20 musiciens viennent apporter leur concours à l'aura du disque. Du générique du Grand Journal au plateau de Nagui, beaucoup l'ont déjà adopté, nul doute qu'il y en aura davantage. ✍ Matthieu Bescond ★★★★ MINIMAL ORCHESTRA Dada_dada (Ozore Age/PIAS) Trio electro-jazz français originaire de Toulouse, Minimal Orchestra prend des allures d'usine à beat drum'n'bass tournant à la vapeur rock, avec quelques incursions expérimentales et hip-hop. Sous l'impulsion de Thomas Terrien aux claviers et sampler, accompagné de Pierre-Jean Trouette à la basse et contrebasse et de Ghislain Rivera à la batterie et sampler, le groove ravageur de M.O. arrache au jazz sa liberté et sa polymorphie afin d'accéder à son univers musical, proche de Cinematic Orchestra, 4Hero ou encore de Squarepusher. La spontanéité du jeu des instruments mariée à la déferlante sonore élaborée grâce aux machines, tantôt suave et atmosphérique, tantôt incisive et terriblement dansante, fait de cet opus au nom évoquant une ritournelle que l'on fredonnerait « Dada_dada «, une œuvre, gavée d'instantanés, semblant avoir été prise sur le vif, accessible et efficace. Ozore Age, label de Sayag Jazz Machine et de Tambour Battant, ne s'est pas trompé en proposant cette formation qui, à coup sûr, séduira les amateurs en live… ✍ Nicolas Hillali ★★★★ chroniques THE CRAFTMEN CLUB Thirty six minutes (Upton Park Publishing-Booster/PIAS) À l'écoute de ces 36 minutes et dix sept secondes de pure énergie rock'n'roll, il est bien difficile de croire que ces trois musiciens viennent de la riante ville de Guingamp (Côtes d'Armor). Une pulsion électrique parcourt les 11 titres de l'album. Chantés pour la plupart en anglais les compos mêlent, à la manière des 16 Horsepower, une délicate touche de son country à des mélodies rageuses. Une véritable réussite malgré le mariage — un peu contre-nature mais revendiqué — d'un sampleur et des guitares. Une réelle bonne surprise que ce groupe français — breton même — produise un tel rock garage d'excellente facture. Ils sont parrainés par John Spencer qui ne se commettrait pas en vain avec des frenchies. Et si ce club accepte des adhérents, nul doute que j'en serais. ✍ Jacques Lerognon ★★★★ DOG ALMOND Feathers & sun (Absinthe Music/Abeille Musique) Tout droit venu de Suisse, voici le groupe Dog Almond, composé de Franco Casagrande à la guitare et au chant et de Christophe Calpini aux claviers, batterie, samplers — ce dernier s'étant illustré aux cotés d'Erik Truffaz et d'Alain Bashung. Dés les premières notes et les premiers mots du chanteur, une chaleur se dégage du son, et puis, peu à peu en écoutant la voix, la chaleur devient fraîcheur, et l'on sent d'un seul coup le potentiel de Franco. Un « outil « polyvalent qui se fera encore plus ressentir par la suite, passant d'une sorte de blues/soul sur le morceau Empty bed à un reggae qui nous balance joyeusement sur Give the dog a bone. Par moments, on sent une fragilité dans le son de la voix, ce qui crée une sorte de proximité avec le chanteur. Ce qui fait aussi le poids de ce groupe, c'est ce gros côté electro et par moments trip hop qui nous balance entre Wax Taylor et Ez3kiel, entre teintes colorées ou un peu plus noires. Certains titres font que le disque penche vers un côté barré, avec par exemple pour Shadows et cette lenteur dans le chant, ce jeu de guitare étouffé en fond, qui font que l'on se laisse aller tout simplement. Un duo qui sait nous tenir en haleine tout au long de ce premier album, pour un plaisir d'écoute certain. ✍ Abdelhakim Abardi ★★★★ OUSMANE KOUYATÉ Dabola (Universal Music Jazz) Dabola est une des cités phares de la République de Guinée, elle est aussi la ville qui vit naître en 1950, l'héritier d'une des plus anciennes dynasties de griots mandingues, le guitariste Ousmane Kouyaté. Après dix-huit ans d'absence dans les bacs et son dernier opus Doumba, le fidèle ami et collaborateur de son compatriote Mory Kanté et du malien Salif Keita, nous revient avec une véritable perle, où la tradition musicale millénaire d'Afrique occidentale s'allie aux essences parfumées d'une salsa enivrante Djellya (ou un éloge à ses paires, artistes et griots), voire endiablée sur ce sublime titre, interprété en français, Tenter (ou un clin d'œil respectueux et affectueux à ses parents et ses modèles). Voué à une carrière d'agriculteur comme son père, Ousmane quitte pourtant l'université en 1977 pour se consacrer entièrement à la musique. Au fil de ses prestigieuses collaborations à travers le monde, l'envie d'un projet plus personnel fait naître Bintou Doumbouya en 1982. Deux albums suivront en 26 ans, jusqu'à Dabola. Installé à Paris après avoir fait escale à Abidjan, Bamako et Dakar, le compositeur, arrangeur et interprète, nous propose une échappée belle en forme d'hommage à sa Guinée natale (Djamanaké), à sa ville (Dabola), à ses amis (Nana) et à la richesse qu'apporte la rencontre, le partage et le voyage (Fediya). Artiste humaniste, sage, simple et sincère, Ousmane nous expose sa vision d'un monde qui ne devrait être fait que de respect et d'échange, en toute connaissance de l'autre et de la richesse culturelle qui est sienne… ✍ Nicolas Hillali ★★★★ Légende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bömuf ! ! ★★★ Muuumm !!! ★★★★ Aaaahhh !!! ! ! PAD BRAPAD MOUJIKA Urban Tzigan (autoproduit) Retenez bien ce nom parce qu'il y a de fortes chances pour que Pad Brapad Moujika puisse refondre le hip-hop de demain. Mais ne les présenter que sous cet angle serait trop réducteur : en provenance de la banlieue parisienne, Pad Brapad fait du hip-hop certes, instrumental de surcroît, mais se nourrit surtout de l'esprit mélodique tzigane jusqu'à en donner l'ivresse. Remarqué aux écoutes parisiennes de Bourges 2009, ce talentueux quintet vient de sortir Urban Tzigan, un 5 titres qui comprend aussi quelques morceaux en live. Violons, accordéons, lignées de contrebasse, scratchs intensifs et rageurs donnent de l'élan à un rythme infernalement joyeux. Dopé par une inventivité enthousiaste, Pad Brapad Moujika offre des mélodies littéralement démentielles ; mention spéciale au morceau Sirbalizer, traversé entre deux envolées tziganes par une voix surréaliste. Précipitez-vous donc sur ce court disque… en attendant un futur album prévu pour le printemps 2009. ✍ Jeoffroy Vincent ★★★★ MARIANNE FAITHFULL Easy come easy go (Naïve) De toutes les icônes du rock, Marianne Faithfull est sans aucun doute celle qui a le mieux su gérer le passage aux années 2000. Il est clair que la Diva a joué sur tous les fronts ces dernières années, car elle s'est faite aussi présente sur le grand écran que dans nos stéréos. Au cinéma, Marianne Faithfull n'a pas hésité à montrer des facettes obscures de sa personnalité dans d'excellents films comme Irina palm, ou encore Marie Antoinette de Sofia Coppola. Quant à nos stéréos, elles ont aussi été gâtées puisque ses deux derniers LPs ont été plus que largement plébiscités. La Dame a très bien su se faire adopter de la jeune génération, et bon nombre de musiciens talentueux ont écrit pour elle (Billy Corgan, Beck, Jarvis Cocker…). Il est clair que l'Anglaise a toujours très bien su s'entourer et c'est encore le cas sur ce nouvel opus, sur lequel on retrouve entre autres Cat Power, Antony ou encore Sean Lennon à ses côtés. La réussite de ce double album de savoureuses reprises ne repose bien sûr pas que sur les collaborations, mais aussi évidemment sur la voix de la belle qui réussit toujours autant à nous faire chavirer. Aucune faute de goût n'est à mentionner ici, Easy come, easy go est tout simplement irréprochable. ✍ Christophe Guilbert ★★★★ SO KALMERY Brakka system (Pygmalion Records/World Village-Harmonia Mundi) Originaire de cette contrée si souvent citée pour ses conflits et autres renversements politiques, So Kalmery est né en 1955 à Bukavu dans la région Est du Zaïre. À 7 ans, il perd son père lors de la répression anti-lumumbiste, puis à 14 ans, sa carrière commence et la musique l'éloigne alors du Congo et de son lot de malheurs. Chanteur, compositeur et danseur, So Kalmery joue la Brakka Music, un des ancêtres probables du rap, avec ses rythmes ancestraux et sa danse acrobatique auxquels sont intégrées des influences urbaines au fort accent de combat social et politique. Sa « musique d'éducation » impose la parole avant l'action. Voyageur et mélomane, il utilise l'anglais et le swahili pour armes et sa quête est la recherche insatiable de ses racines. Brakka system, dernier opus succédant à Bendera sorti en 2001, illustre une ouverture d'esprit très humaniste, axée sur la découverte et le métissage. Le Brakka de So Kalmery se frotte en effet au Brésil d'un Seu Jorge avec Regea (« Reviens, la terre t'appelle »), à l'afro-beat avec Makout, à l'oud oriental avec Kamitik soul (où la question de nos racines est posée comme fondation de notre identité), au reggae avec Pessa ou encore au blues, bien sûr, avec les excellents titres Sema et Waira dans lequel le guitariste rend hommage aux artistes ayant su marquer leur temps, grâce à leur courage et leurs engagements
(Charlie Parker, John Lennon…). Tantôt électrique, tantôt acoustique, la musique de cet homme sage et généreux nous emmène au cœur d'une Afrique de toutes les cultures… « Let's groove to the Brakka music […], All we need is love […], Give chance to the future… ». ✍ Nicolas Hillali ★★★★ : dvd musique : THE WHO At Kilburn : 1977 (Spitfire Pictures/Sony BMG) The Who est un groupe mythique, une icône du rock qui a marqué les quatre dernières décennies de son empreinte. Ce DVD est incontournable à plus d'un titre. Il contient la magnifique prestation du concert filmé au Gaumont State dans le nord de Londres le 15 décembre 1977. Une véritable rétrospective avec leurs plus grands succès dont : I can't explain, Won't get fooled again, Behind blue eyes, Baba O'Reilly, l'm free, Who are you, Summertime blues, My generation et bien d'autres encore. Ce document remastérisé est d'une qualité de son et d'image exceptionnels. Il confirmera à chacun le sensationnel groupe de scène qu'étaient les Who à l'apogée de leur carrière. De plus, ce concert est l'une des dernières prestations du fantastique batteur Keith Moon qui disparaîtra en septembre 1978. En bonus, plus de 70 minutes de leurs performances, complètement inédites, de 1969 au Coliseum de Londres, et pour la première fois, l'intégralité de leur Rock Opera Tommy. Ce double DVD est un must pour qui aime le rock des seventies. ✍ Raymond Sérini ★★★★ : dvd cinema : EL CANTANTE de Leon Ichaso (Action&Communication/Aventi) Le dossier de presse présente El Cantante par une analogie à Ray et La môme (d'excellents films musicaux) et par l'union de Jennifer Lopez et Marc Anthony, heureux ensemble depuis 2004. Voilà un épisode apparemment anecdotique qui, si insignifiant qu'il soit, m'a éclairé, soudain frappé de clairvoyance sur toutes ces années de vie passées qui prennent tout à coup un sens. J'ai vécu 40 ans sans connaître Jennifer Lopez, ni l'existence de son idylle avec Marc Anthony. Comment ai-je pu profiter de la vie en imbécile si inculte et heureux si longtemps ? Je m'en suis énormément voulu. Bien que chroniqueur bénévole (je sais, c'est tragique, mais je dis ça par honnêteté intellectuelle pas pour vous gâcher votre journée), j'ai regardé ce DVD jusqu'à la fin (rassurez-vous, je m'y suis mis à 2 fois) et j'ai trouvé un sens à la marche du monde. La vie du musicien portoricain Hector Lavoe racontée de nos jours par une Jennifer Lopez (sa femme dans le film) interviewée vieillie en noir et blanc, enchaîne les poncifs de la gloire puis de la déchéance du musicien qui se brûle les ailes sous les sun lights du show business : l'amour, la gloire, la beauté, la drogue, les faux amis, la famille déchirée, le tout avec des déguisements et une ambiance vintage aussi attendue que ringarde, et pas même un bon moment musical. Vous l'avez compris, j'ai beaucoup souffert et enfin ressenti de la compassion pour Jésus sur sa croix (Il était temps, après tout je m'appelle Emmanuel). Le purgatoire, le paradis, l'enfer etc. Je sais tout cela aujourd'hui parce qu'en récompense de mes souffrances pour racheter vos péchés de mécréants, Nouvelle Vague m'a offert une invitation pour aller voir Didier Super chanter la religion et la médiocrité du monde. Et bien continuez à « mécréer « en paix car c'était un pur moment de liberté intellectuelle inestimable par les temps qui courent. ✍ Emmanuel Truchet ★ : bd : LUCIEN #9 - TOUJOURS LA BANANE de Franck Margerin (Fluide Glacial) Si je vous demandais de me citer une BD rock, je parie qu'il vous viendrait immédiatement en tête Lucien de Franck Margerin. Tout au moins cela vaut pour les plus de 35 ans, en effet Lucien s'est fait très rare ces derniers temps. Margerin a donc décidé de rattraper le temps perdu. Dans Toujours la banane, Lucien a pris 30 ans, mais aussi 30 kilos, il est aujourd'hui père de famille de deux ados, bien dans leurs temps, et sa femme pense plus à son profil Facebook ou MySpace qu'à l'éducation de ses rejetons. Le hasard fait que Lucien retombe sur ses anciens copains d'aventure de Ricky Banlieu et ses riverains. Pour voir briller les yeux de leurs enfants, les 4 amis reforment leur groupe dans le but de décrocher une place dans une émission de télé réalité musicale. La BD fonctionne parfaitement malgré quelques longueurs dans le texte, tous les rockeurs vieillissants se retrouveront dans ces aventures un peu décalées, mais tellement justes et drôles. C'est aussi un vrai bonheur de voir un auteur qui n'a pas peur de faire vieillir son héros de légende. Cet album a aussi un inévitable effet Madeleine de Proust tant nous avons aimé ce personnage que nous ne pensions plus jamais revoir depuis nos jeunes années. ✍ Simon Pégurier ★★★ : Livres : LES 1000 CD DES DISQUAIRES DE LA FNAC Il y a pas mal de choses qui se disent à propos de la Fnac, et des disquaires en général, comme « c'est quoi cette manière de classer les disques » ou « pourquoi ce rayon n'existe pas ». Une chose est sûre, on ne peut pas vraiment leur reprocher d'être limité dans le choix musical proposé. Ce livre intitulé Les 1000 CD des disquaires de la Fnac n'est pas un simple catalogue dans lequel on pêche celui qui nous intéresse le plus, c'est un classement très sérieux des albums qui ont provoqué le plus d'impacts dans la musique en général, en commençant par les trois premiers : Nevermind de Nirvana en première place, puis Histoire de Melody Nelson de Serge Gainsbourg et OK computer de Radiohead. Tout au long de ce classement, les différents genres musicaux sont passés au peigne fin pour y dénicher les meilleurs albums, ceux qui ont fait bouger de manière forte. Certains seront d'accord avec ce classement, d'autres moins, mais il faut reconnaître que classer 1000 disques selon leur impact n'est pas chose aisée. ✍ Abdelhakim Abardi ★★★★ + de chroniques sur



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