Nouvelle-vague n°148 février 2009
Nouvelle-vague n°148 février 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°148 de février 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : Sinsemilia.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Erik Truffaz Erik Truffaz situe son jazz au carrefour des musiques ethniques, populaires, rock et électroniques. Echappant à tout étiquetage, le trompettiste multiplie ses projets d'ouverture vers l'autre, il conçoit ainsi une identité musicale à part et flexible, qui s'accorde à merveille avec sa conception du partage et de l'échange. Rendez-vous réunit trois enregistrements illustrant tes grandes rencontres musicales de ces deux dernières années. Marquet-il une étape particulière dans ta carrière ? Chaque album est une étape particulière, une nouvelle marche à gravir, qui me permet d'entrevoir de nouveaux horizons. Ceci dit, c'est la première fois que j'ai la possibilité de sortir 3 projets différents en même temps et j'en suis très heureux. Je n'aurais jamais pu réaliser Rendez-vous tout seul, il s'agit là de collaborations (Sly Johnson, Malcolm Braff, Murcoff, Indrani & Apurba Mukherjee), d'une rencontre avec toute la matière créative résultant de l'échange... Comment envisagestu une collaboration ? J'attends la rencontre, et de cet échange jaillit une étincelle qui sera le fil conducteur de mon processus créatif. Pour Bénarès, décris-nous une séance d'enregistrement (avec Malcolm, Indrani et Apurba). L'Inde semble t'inspirer tout particulièrement… ? Il faut très longtemps avant qu'une séance d'enregistrement débute à Calcutta, on boit du thé au lait, l'accordeur de piano arrive en retard et l'ingénieur du son se perd dans ses fichiers informatiques... Une fois que tout est en place, on règle la tempura, on accorde les tablas et on enregistre, souvent en une seule prise. Je suis inspiré par l'Inde et par tous ces pays qui ont la tête tournée vers l'avenir, et les pieds ancrés dans des traditions spirituelles millénaires encore pratiquées. L'Inde est un mélange parfait de ce paradoxe qui fait que notre monde peut être merveilleux et horrible à la fois. Peux-tu donner ta définition du jazz… Et si tu devais décrire ta musique ? Le jazz est en mouvement qui existe depuis plus de 150 ans, je n'en ai aucune définition précise si ce n'est qu'il est une des représentations de la mixité : blues, polka, hard bop, musique classique, variété française du début du siècle, groove et rock… Le jazz est musique. Ma musique est une musique savante et populaire à la fois, donc « popjazz «. Quelle est la place de l'improvisation dans ta pratique ? J'improvise sur scène, en relation avec les musiciens qui m'entourent. J'amène un cadre que nous avons auparavant travaillé et nous peignons un tableau dont le reflet des couleurs nous est communiqué par l'émotion du public. A la maison, je pratique beaucoup d'exercices qui me donnent de la liberté pour improviser en live Avec toutes ces formations et ces projets différents, tu nous donnes l'impression de chercher quelque chose… une quête de l'accord parfait ? Je cherche à donner le meilleur de moimême en présentant des scénarios différents tel un cinéaste ou un écrivain. L'accord parfait n'existe pas, tout est en mouvement, et nous ne sommes qu'un élément de l'univers. Tu as déclaré en parlant de ce qui a inspiré à Joe Zawinul In a silent way que « le rapport à la solitude et aux espaces, on peut le retrouver dans ton jeu, un jeu assez aérien, plus espacé que fourni ». Est-ce que ce jeu cache un solitaire ? Donnenous quelques clés pour comprendre la touche Truffaz. J'aime être seul, je suis assez ami avec moi-même, les grands espaces me fascinent, la haute montagne, le désert, la mer… J'adore retrouver au travers du son la sensation de ces grands espaces... Enfin, seul, je ne suis rien, donc je vis avec ma famille, mes amis, mes musiciens… Qui t'inspire, quel est le musicien que tu admires le plus aujourd'hui ? J'admire entre autres Björk, Anouar Brahem, Jon Hassell, Keith Jarrett et Miles bien sûr, ou encore Peter Gabriel, Gabriel Faure, Erik Satie… Des musiciens inventifs et passionnants. Qui tu écoutes en ce moment ? Ton dernier CD acheté et ton dernier concert en tant que spectateur ? J'écoute en ce moment Keith Jarrett solo a la Scala de Milan... Mon dernier CD acheté est une compilation de Nino Ferrer, que j'adore. Textes, musiques, esprit et ton… Une merveille d'humour et de groove. Des idées, des envies pour le futur ? J'aimerais enregistrer avec Anouar Brahem en trio et avec Richard Galliano en duo. Je souhaiterais aussi composer des musiques de film et partir, pour ce faire, au sommet d'une montagne ou au bord d'un désert pendant 6 mois... ✍ Nicolas Hillali Nouvel album « Rendez-vous Paris- Benares-Mexico » (Blue Note/EMI). En concert le 26/02 au Jam - Montpellier (34).
Est-il encore besoin de présenter Sinsemilia ? Depuis le titre Tout le bonheur du monde, c'est dans les cœurs qu'ils ont mis la joie ! Sinsé, est avant tout un groupe de reggae français, engagé ! Depuis leur premier concert de la Fête de la Musique en 1991, Sinsé n'a eu de cesse de connaître un succès croissant ! De leurs Première récolte sorti en 1996 à leur Quête de sens sorti en janvier 2009, leurs albums ont toujours conservé un certain engagement politique, mais surtout énormément d'authenticité ! Rencontre avec Mike… Tout d'abord, comment va le groupe ? En ce moment, on est assez speed. On attend la tournée avec impatience depuis plusieurs mois parce qu'on adore la scène ! On vous garantit que les gens ne vont pas s'ennuyer au concert ! Dix-sept ans de parcours déjà… Aujourd'hui l'univers de Sinsemilia, tu le qualifierais comment ? Au commencement, c'est un groupe qui s'est créé pour jouer du reggae. On a toujours su garder cette base… À ton avis, les gens ont-ils besoin de trouver le bonheur dans la musique ? Les gens ont envie de trouver du bonheur partout je pense… On n'a pas la prétention d'offrir du bonheur, mais si on peut donner un peu de joie, c'est déjà ça ! Je crois que le succès vient du fait qu'on a toujours su rester sincère avec le public, on essaye toujours de donner le meilleur de nous-même. Quel a été le point de départ ? À la base, on était une bande de potes passionnés par le reggae et puis à force d'en écouter, on a eu envie d'en jouer… Notre amitié nous a toujours soudé ! Dans votre dernier album En quête de sens, tu dénonces beaucoup les expulsions des sans-papiers, qu'est-ce qui t'as inspiré ? Pour la chanson 5 ans, ce sont essentiellement des bribes d'infos dans un journal qui finalement ne touchent presque plus les gens (encore une expulsion là) … Mais, concrètement, humainement, il y a des vies derrière ce genre d'information ! Pour J'ai honte, il s'agirait plutôt de l'actualité qui me touche. Finalement, Sinsemilia quand je fais le bilan, ben oui, j'ai honte de ce pays ! Le retour des cowboys est une chanson humoristique sur l'égocentrisme de certains hommes, pourquoi avoir écrit ça ? Parce que j'en croise plein des cowboys ! J'ai préféré écrire un texte assez léger, mais le sens est plus profond… Il y a des hommes qui se comportent mal avec leur femme. Volontairement, on a essayé de survoler le sujet. Puisqu'on parle des morceaux, comment les composez-vous ? Très souvent, ça commence par un texte, puis on essaye de trouver différentes ambiances qui corrèlent. Le silence est une chanson très touchante, est-ce un reflet du monde qui nous entoure ? C'est une chanson plus personnelle qui m'a été inspirée par mon vécu… Je l'ai écrite au moment où je prenais plus de recul, je faisais une saturation par rapport à pas mal de traits de caractère de l'homme. Avec qui voulais-tu « régler tes comptes « ? Avec tous ceux qui parlent sans savoir, ceux qui racontent des ragots débiles… c'est un petit plaisir personnel cette chanson ! Et pourquoi pas une tournée de Sinsémilia en Afrique ? Justement, c'est le dernier grand rêve qu'on voudrait réaliser ! Le dernier concert est-il une sorte de prémonition dans cet album, à savoir la fin du groupe ? Absolument pas. J'ai écrit ce texte sur une tournée, j'étais seul au fond du bus… J'ai fait une sorte de projection, on prend énormément de plaisir sur scène, mais on sait très bien qu'un jour ou l'autre ça s'arrêtera ! Et sur scène justement, ça va donner quoi ? Comme d'habitude, on donnera plus que notre maximum ! On est extrêmement heureux de reprendre la route, car on prépare ça avec application et gourmandise ! ✍ Justine Sirkis Nouvel album « En quête de sens » (Sony Music). En concert le 21/02 au Théâtre le Rhône - Bourg les Valence (26), le 07/03 au Dock des Suds - Marseille (13), le 31/05 au Cube - Gap (05), et le 21/06 sur le Port Hercule - Monaco (98).



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