Nouvelle-vague n°147 janvier 2009
Nouvelle-vague n°147 janvier 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°147 de janvier 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : Tryo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
14 nouvelle vague #147 janvier 2OO9 Le disque du mois ANAÏS The love album (Polydor/Universal) La couverture est surprenante, l'album l'est d'autant plus. Avec un titre comme celui-là, The love album pourrait susciter aux premiers abords quelques appréhensions. Pourtant, on se laisse vite surprendre par ce savant mélange de styles. On découvre alors la chanteuse sous un angle différent de celui découvert dans son dernier opus The cheap show. On rencontre des textes à la fois amusants, spontanés, et matures auxquels on finit par s'identifier. Anaïs nous y raconte des histoires, des vécus, des phases, toutes concernant l'amour. Nous avons tous connu un premier amour, des périodes de célibat endurci, des histoires sans lendemain, des coups de foudre, mais aussi des peines. Anaïs nous chante plusieurs facettes de sa quête sentimentale où subtilité, douceur et féminité sont au rendez-vous. La musique, quant à elle, est tout aussi différente. Il faut dire que l'album a été coproduit par Dan The Automator, membre du groupe britannique Gorillaz qui nous offre un véritable détour du côté du pop rock, du folk, mais aussi des années yéyé, ou même du côté plus actuel groove. Ce qui est certain c'est qu'à la fin de ce charmant voyage, on ressort moins pessimiste par rapport à l'amour ! Avis aux amoureux et amoureuses déçu(e)s donc ! ✍ Cécilia N’Zaou ★★★ SIDILARSEN Une nuit pour sept jours (New Track Music/Anticraft) Un son rock novateur avec une pointe d'électro, Sidilarsen possède une véritable identité musicale ! Immédiatement reconnaissable, leur son vous fait hérisser les poils. Des textes qui dénoncent les incohérences de ce monde comme sur le titre Jusque sur Mars ou Acide occident, crus, acides, dérangeants, c'est ça Sidilarsen ! Leur dernier album Une nuit pour sept jours, dans cette même lignée, explose toutes les idées reçues et emmène l'auditeur vers des esthétiques où la force émotionnelle du chant entre en symbiose avec une musique riche et nuancée, sombre et pleine d'énergie. Vous vous retrouvez dans cet univers sans même savoir comment vous y êtes entrés et vous laissez emmener au travers des 12 titres que compose l'album. Place est faite quand même à l'amour sur Féline. Sans mensonges et avec conviction, le groupe revendique cette liberté assumée comme sur Appel à la résistance ! Cet album fait désormais de Sidilarsen un groupe de métal/rock français incontournable. ✍ Justine Sirkis ★★★★ BRAZILIAN GIRLS New York City (Verve/Universal Jazz) A l'origine de projet new-yorkais, il y a une italo-allemande, Sabine Sciubba. Née à Rome en 1971 elle a grandi entre Nice et Munich, ce qui explique en partie son aptitude à la pratique des langues. Formée au jazz, ce n'est qu'en 2003 que la chanteuse polyglotte (maîtrisant couramment le français, l'allemand, l'italien, l'espagnol et l'anglais) forme avec Didi Gutman aux claviers, Aaron Johnston à la batterie et Jesse Murphy à la basse, le groupe considéré aujourd'hui comme « le premier party band international « de la Big Apple, les Brazilian Girls (qui n'ont d'ailleurs de brésilien que le nom et de girls que Sabine). Après un premier album éponyme remarqué et l'excellent Talk to la bombe sorti en 2006, elles nous reviennent en trio (sans Jesse Murphy) avec l'excentrique « NYC » (New York City) produit en collaboration avec « un génie total de la prise de son » Hector Castillo. Se positionnant eux-mêmes à la croisée d'influences diverses, leur musique a des airs pop post-punk, electronica, world, dance et dub. Pensons à un monstre hybride rassemblant les caractéristiques d'une Grace Jones, chroniques Blondie, Caetano Veloso et Feist avec la voix de Brigitte Fontaine, faisant son show sur la piste défoncée d'un cirque underground. L'ambiance générale de cet opus est plutôt hétéroclite, alternant des titres pop aux sonorités psychédéliques comme sur St Petersburg et Ricardo avec des morceaux plus electro et dansants comme Good times ou Losing myself. « Explorant une palette d'émotions toujours plus large », le trio a réalisé que New York contenait une partie de partout ailleurs et que la magie de la mixité et du mélange des genres, des langues et des rythmes, était l'essence même des Brazilian Girls, à l'image d'Internacional, enregistré avec l'immense artiste sénégalais Baaba Maal qui refuse lui aussi d'enfermer sa musique dans un carcan, celui du « ghetto de la World Musique ». Indispensable ! ✍ Nicolas Hillali ★★★★ JAZZANOVA Of all the things (Verve/Universal Jazz) Of all the things signe le retour rapide aux affaires du collectif allemand. Parmi les multiples collaborations, on notera la présence de Phonte Coleman, Paul Randolph ou encore José James. Les 6 acolytes délivrent un nouvel opus homogène et mélodieux, résolument soul, où des sonorités pop se glissent de temps à autre. Moins électro, les maîtres du dancefloor prouvent encore une fois leur savoir faire en matière de composition et de production. Propulsé chef de file de la scène nu jazz depuis quelque temps, Jazzanova confirme largement cette position et affiche une belle santé artistique qui dure depuis 1995. Aussi discret que talentueux, le collectif berlinois, dévoreur de musique, continue de sévir et de développer leur style aux quatre coins du globe, tout en gardant leur propre son. ✍ Benjamin Brégeaut ★★★ LOÏC LANTOINE A l'attaque ! (Mon Slip/Warner) Etonnant album que ce live de Loïc Lantoine. Il ne chante pas vraiment, ce n'est pas du slam non plus car derrière la voix qui déclame, toute une série d'instruments viennent poser leur musique. En premier lieu la contrebasse de François Pierron, pièce majeure du show. Mais les vents et les cuivres sont là aussi (clarinette, flûte, sax) avec des guitares ou un violon qui mettent par-ci par-là leur grain de sel. Textes très courts, de belles poésies qui s'envolent vers le public : « aujourd'hui quand on veut la lune, on n'est pas poète, on est cosmonautes ». Mais Loïc revendique ! Sans être militantes ses chansons ont du fond, de la matière, de l'émotion et de l'humour. Un album attachant, que l'on aime aimer. Loïc Antoine n'est plus un débutant, mais ce CD, espèce d'instantané de sa tournée, devrait le propulser vers des sommets. Lancez-vous donc ! ✍ Jacques Lerognon ★★★★ Légende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bömuf ! ! ★★★ Muuumm !!! ★★★★ Aaaahhh !!! ! ! PAWA UP FIRST The scenario et Introducing new details (Bassofone/Anticraft (Bassofone/Anticraft) Pawa Up First, originaire de Montréal, voit le jour en 2001 sous l'impulsion de Serge Nakauchi Pelletier (à la guitare et au synthétiseur) et de Matt Pontbriand (à la basse et au synthétiseur). Influencé par la musique minimaliste et répétitive de Phillip Glass et celle cinématographique d'Ennio Morricone, le quintette se compose, en plus des synthés et séquenceurs, de la sacro-sainte trinité guitare-basse-batterie. The scenario publié en 2005 et Introducing new details en 2006, ne sont disponibles qu'aujourd'hui en France pour le plus grand bonheur des aficionados de ces univers musicaux plutôt « space «. Arborant un subtil mélange de rock indé, de hip-hop, de dub et de jazz, le son de Pawa Up First propose un voyage sonore évoluant lentement, présenté dans un tournoiement hypnotique, planant et vibrant. En tant que musique instrumentale, le projet convoque images et réminiscences cinématographiques dont les jalons se posent graduellement, en crescendo, apparaissant et disparaissant dans un mouvement de balancier perpétuel, entêtant et séduisant à la fois. A l'écoute du titre Ambivalence extrait de leur dernier opus, l'auditeur se surprend à espérer écouter une mélodie sifflée façon Il était une fois dans l'ouest, l'ombre de Sergio Leone et de son siffleur Curo Savoy ne planent pas loin. Une expérience à découvrir en live avec leurs projections de courts-métrages et leur style atmosphérique. Un troisième album pour début 2009… ✍ Nicolas Hillali ★★★★ MANGO GADZI Laï valima (ATEA/L'Autre Distribution) Envie d'un p'tit tour en Tziganie ? Rien de plus simple avec le dernier opus de Mango Gadzi. Le nom vous dit quelque chose ? C'est normal. En 8 ans d'existence, la formation compte pas moins de 350 concerts à son actif. Pas impossible donc de les avoir croisés, écoutés, kiffés… De festoches en MJC, de parvis de fac en salles de concert, les huit complices ont écumé les scènes et laissé de bons souvenirs. Guitare, saz, mandole, violon, flûte, darbouka, oud, batterie, contrebasse… bien accompagnée, la clique de musiciens balance à qui veut l'entendre sa recette efficace de la fête ; une musique métissée aux accents d'Europe de l'Est et d'Orient. Pas très loin d'un Kusturica ou d'un Bregovic, le son dépaysant rappelle aussi les frasques de la grande époque Mano Negra. Valeur sure, le nouvel album est une véritable mine d'or. Au programme : 16 titres faits maison enregistrés en live à l'Institut du Monde Arabe à Paris, en mai dernier. Mi-world musique, mi-rock'n'roll, le résultat reste à la hauteur de ces deux prédécesseurs, sortis en 2003 et 2006, et promet surtout de mettre le feu sur les routes d'ici et d'ailleurs. ✍ Aurélie Selvi ★★★★ POPA CHUBBY WITH GALEA Vicious country (Dixiefrog/Harmonia Mundi) Depuis quelques années déjà Popa Chubby aligne les albums et les chorus, du blues revendiqué newyorkais, bien gras, bien rond. Des albums toujours sympas, rempli de feeling, de longs soli et d'une revigorante énergie. Alors quand après un album hommage à Hendrix, il nous propose un album de country, on ne peut que tendre une oreille attentive. Et c'est très réussi, de la vraie country ; Popa s'est adjoint l'excellent Claude Langlois à la pedal steel, alors ça sonne. La voix de Galea, la compagne, la muse, la bassiste de Popa ne convenait pas vraiment blues, par contre pour les chansons country, elle sonne impeccable même dans ses imperfections, pour preuve le Tonight the bottle let me down qui sonne terriblement authentique. Les fans du couple le savaient déjà depuis l'album de reprise de Galea parue en 2005 Diary of a bad house wife. Pour se convaincre, il suffit d'écouter les quelques standards (Six days on the road, Straight to hell, Act naturally…) qu'ils se sont appropriés d'excellentes façons. Et puis, et surtout, il y a la guitare de Popa ! Un petit bijou, la country du Bronx, qui ne quitte plus mon lecteur CD. ✍ Jacques Lerognon ★★★★ LA GRANDE SOPHIE Des vagues et des ruisseaux (AZ/Universal) Sans faire de vague, la carrière de la Grande Sophie est un p'tit ruisseau plutôt tranquille. Plus de 10 ans qu'elle et sa guitare enregistrent, tournent et balancent leurs airs simples et frais. Des mélodies « sympatoches « sur des textes personnels à franche tendance nouvelle scène, la recette n'est certes pas folle, mais a su trouver des oreilles attentives. Pour son cinquième album studio, Sophie a pris son temps et a un brin changé les ingrédients. Un style acoustique, résolument moins rock'n'roll — moins de gratte électrique et plus de piano — et une écriture autoproclamée « plus adulte » pour une nouvelle formule aux arrangements soignés au millimètre. Certains diront « waou », d'autres « bof » … Une chose est sûre, la demoiselle n'a pas volé sa place dans la très grande famille des petits chanteurs à texte « nouvelle génération «. Une chose est sûre aussi, Des vagues et des ruisseaux se laisse écouter volontiers. Une autre encore, noyé dans la pile des Bénabar, Rose, Vincent, et autre Jeanne, Sophie risque de ne plus être si grande que ça. ✍ Aurélie Selvi ★
GUNS N'ROSES Chinese democracy (Polydor/Universal) Dix-sept ans après la sortie de Use your illusion I et II (les dernières productions inédites de Guns n'Roses, le reste n'étant que reprises), voici donc le tant attendu Chinese democracy qui inaugure la discographie des Gunners nouvelle génération. Exit Slash, Duff McKagan, Matt Sorum et place aux guitaristes Robin Finck (NIN) et Ron Thal, au bassiste Tommy Stinson et au batteur Brian « Brain » Mantia. Quel bonheur de réentendre la voix d'Axl Rose, plus travaillée que jamais : il n'a tout simplement jamais aussi bien braillé. Autre point fort : de superbes envolées de guitares (There was a time, Prostitute, Better, Slacker's revenge). La séquence émotion revient à This I love, une émouvante ballade hommage à la mère du chanteur. Axl semble plus zen, au point même de se référer plusieurs fois à Dieu. On appréciera aussi l'insert sur Madagascar du célèbre discours I have a dream de Martin Luther King. Côté négatif, notons une production beaucoup trop léchée, pas assez spontanée, sans compter le manque de cohérence entre les titres, où l'on alterne entre de l'indus et des ballades, du hard rock « classique « et de la similipop. Un dernier regret : la section rythmique passe carrément au second plan. Dommage sur des titres comme Better ou Prostitute qui auraient pu être mixés différemment. Si à l'échelle des Guns, les premières impressions peuvent légitimement être mitigées, ça n'en reste pas moins un remarquable album de fuckin'rock n'roll. ✍ David Bénard ★★★ THE SCRIPT (Jive Epic/Sony BMG) Trio dublinois issu des quartiers pauvres, The Script se revendique comme la rencontre de Timbaland et U2, donc on sait d'entrée que leur musique se veut « mainstream », ce qui est vite confirmé à la première écoute du disque, sorte de maelström indigeste, entre pop peu inspiré (les représentants inondent nos ondes actuellement), production r'n'b « pointue » dixit leur bio (c'est à dire très propre et faite dans un studio ou on ne vénère pas SteveAlbini) et flow hip hop du pauvre. Bref, on nage dans la baignoire de Keane, voire de personnages plus inavouables. À côté de ces morceaux, même Justin Timberlake semble plus aventureux. La biographie nous apprend que deux des membres du groupe se sont rencontré à côté de la brasserie Guinness, sûrement dans la confiserie locale au vu de la guimauve qu'ils nous ont pondu. Le chanteur ajoute que sa première écoute de Stevie Wonder lui a donné la chair de poule, gageons que ce dernier devrait l'avoir aussi s'il écoute ce groupe le citant comme influence. Très dispensable. ✍ J.P. Boyer ★ THE PUSSYCAT DOLLS Doll domination (Polydor/Universal) Attention messieurs, les poupées Chat-Minou sont prêtes à vous dominer ! Sur la pochette de l'album et dans le livret-poster (chanceux !), elles affichent leur corps de Barbie et leur look de poupées Bratz. Maillot de bain sous perfecto, chevauchant chacune une grosse cylindrée, les 5 pétroleuses n'ont peur de rien, surtout pas du mauvais goût… C'est peut-être un simple avis de femme (jalouse, direz-vous ? !). Mais leur musique s'adresse-telle aux hommes ? Plutôt aux adolescentes élevées à MTV et aux écoles de modern jazz qui pourront peutêtre utiliser certains titres pour des chorégraphies de fin d'année, notamment le très jacksonien Who's gonna love you ! L'ensemble (18 titres !) est assez assourdissant : le single When I growup, que l'on ne présente plus, mais aussi les featurings de grands noms du rap Snoop Dogg (Bottle pop) et Missy Elliott (Watcha think about that) ne rattrapent pas ce mix fouillis très électro, samplé de synthés, un brin gueulard. La ballade (I hate this part, Out of this club, Happily ever after) ne leur sied pas bien non plus, encore moins à leur image de filles qui prennent les choses en main : paroles nunuches, accord simplets, effets de voix ringards… Les titres qui sauvent la mise : Takin'over the world avec une ambiance « orientalisante « et une belle utilisation des chœurs (eh oui, les acolytes de Nicole Scherzinger ne sont pas là que pour assurer la déco !). Même compliment pour Whatchamacallit. Hush hush est écoutable. Pourquoi ? Parce que la chanson (Chut ! en français) les force à baisser le ton et quand elles y arrivent, ce n'est pas désagréable. l'm done se la joue un peu Mariah Carey, mais si on aime, ça passe ! Un album à écouter entre copines à fond la caisse si on s'appelle Christelle Bazooka (la petite soeur de Fatal, vous voyez...). Mais si vous êtes un homme, n'écoutez pas ce disque pas à fond sous peine de mal à la tête. Eh oui messieurs, ça peut aussi vous arriver, même avec les Pussycat Dolls ! ✍ Frédérique Alfassa-Larsonneur ✫ TEDDY THOMPSON A piece of what you need (Verve/Universal Jazz) Fils de Richard Thompson, fondateur de Fairport Convention, ce songwriter s'est illustré aux cotés de Rufus Wainwright, Rosanne Cash et plus récemment de James Blunt. Il a également participé à la bande son de Brokeback Mountain. Ce quatrième album de cet anglais new-yorkais d'adoption se veut plus ambitieux et les influences sont à aller chercher vers les néo zélandais de Crowded House, dans son approche pop douce amer. Ayant coproduit ses deux derniers albums, il a recruté Marius De Vries (David Gray, Bjork...) après s'être attaqué à la relecture de standards de la country music américaine. Peaufinant son style depuis huit ans, ce disque marque la maturation d'un artiste qui ne prétend rien révolutionner mais juste répondre à un besoin « vu l'état de la musique ». Certaines compos se parent d'arrangements étranges (fanfare sur Can't sing straight, orchestration très cinématographique sur Jonathan's book) et font de ce disque un parfait compromis entre optimisme et humour noir. Un opus qui marque l'arrivée définitive dans la scène des compositeurs élégants de cet enfant de la balle. ✍ J.P. Boyer ★★★ : dvd cinema : 10 MINUTES À VIVRE de Scott Storm(SND/M6 Vidéo) C'est l'histoire des 10 dernières minutes de la vie d'un homme. Dix minutes pour un film long de 01h20. Mais comment est-ce possible me direzvous ? Dix minutes oui, mais vu par le tueur, vu par le commanditaire du meurtre, vu par la femme de la victime, vu par l'amant de la femme de la victime, vu par les deux voyeurs qui filment la scène d'amour. Bref, un film à la Usual suspects, teinté d'humour noir. Un film surprenant, qui ne laissait pas entrevoir une fin encore plus surprenante. Cette oeuvre a également le mérite d'être un film d'auteur, donc avec des capitaux indépendants (vous n'imaginez pas tout ce que l'équipe a dû faire pour récolter le budget). On se laisse donc envahir par le déroulement de l'histoire, tenu en haleine entre peur et rires. On y découvre qu'un tueur à gages peut avoir des sentiments (si si je vous assure, il n'en reste pas moins un être humain), et qu'être le patron d'un grand réseau du crime, ce n'est pas tous les jours facile ! Le petit plus de ce film : le making-of et les interviews des comédiens et réalisateurs, qui vous révèlent tous les détails croustillants de l'aboutissement de ce petit bijou cinématographique ! ✍ Justine Sirkis ★★★★ : dvd musique : INDYKA Live in concert (Scenic Event/Com- Active) Le groupe Indyka a vu le jour en avril 2005 sous l'impulsion de son leader et chanteur Jean Daniel Ducret. Originaire de la région PACA, la formation se compose de 9 musiciens professionnels. Ces derniers sont issus d'horizons musicaux différents et parcourent les scènes régionales voire nationales depuis déjà plusieurs années. Amis depuis l'enfance, la culture et le son reggae ont toujours été présents en eux, il apparaît donc naturel que le projet Indyka naisse en réponse à leurs aspirations artistiques et spirituelles. Le projet Hommage : Bob Marley & Peter Tosh est comme son nom l'indique un éloge adressé à ces deux monstres sacrés du reggae, enregistré en live le 23 août 2007 au Parc Haussman de Draguignan. Live In concert nous propose d'écouter et d'assister à des interprétations respectueuses de l'esprit de Jah Rastafari (Rastafari is de Peter Tosh, Waiting in vain de Bob Marley…). Deux heures durant Indyka a rassemblé et a fédéré tout un public autour de sa musique « de droiture et de vérité » et cette philosophie de la vie demeure palpable au travers des 40 minutes de ce DVD. Jah is alive ! ✍ Nicolas Hillali ★★★ : bd : NOUVELLES DE MONDE INVISIBLE de Jean-C. Denis (Futuropolis) On savait qu'il était possible d'avoir l'oreille absolue : un super pouvoir qui permet de déchiffrer à la première écoute les partitions de n'importe quelle musique ; dans le métro londonien on n'entendra plus le célèbre Mind the gap mais le détail des sons qui l'accompagnent traduit en musique. Bref, d'un super pouvoir cela se transforme vite en enfer. Grâce au nouveau Jean-C. Denis, on apprend que le nez absolu existe aussi, cette capacité à reconnaître la moindre odeur à des kilomètres à la ronde. Mais là, ce n'est pas l'enfer, car chaque odeur humée renvoie à un souvenir passé, telle la fameuse madeleine de Mr Proust. Une fille qui passe dans la rue avec tel parfum renverra inévitablement au premier amour, Paris pour un soir sera un port breton, un engrais sur le balcon fera fuir l'appartement plusieurs jours, un vin avec un arrière goût d'insecticide renverra à l'enfance, le Sud sera à jamais égal à garrigue, les champs de colza pourriront une balade en campagne. C'est autour de tous ces souvenirs que Jean-C. Denis se met en scène, sous la forme de 10 petites nouvelles qui se veulent toutes autobiographiques. Comme chaque fois avec Denis cet album est touchant, plein de tendresse, de philosophie et de poésie. ✍ Simon Pégurier ★★★ : Livres : EMINEM The way I am (K&B) « À chaque fois que je sors un nouveau disque, il y a des gens qui cherchent des raisons de me haïr. Je crois que je leur en donne plein ». C'est on ne peut plus clair. Eminem, on l'aime ou on ne l'aime pas, il n'y a pas de juste milieu. Personnage controversé par excellence, dénigré et haï, adulé et encensé, Eminem a fait couler des flots d'encre avec son goût prononcé pour la provocation. Dans The way I am, le rappeur de Detroit met les choses à plat et revient sur son parcours, sa vie tumultueuse, dans un ouvrage que l'on pourrait qualifier de mémoires illustrées. Eminem aborde les forts liens d'amitié qu'il a entretenu avec Proof, ses doutes et ses hésitations, les battles au Hip Hop Shop qui lui donnent confiance, le bide de son premier album Infinite en 1995, sa rencontre avec Dre, puis le buzz et le succès, les rapports à la célébrité difficiles à gérer, son goût pour la provocation bien sûr, ses problèmes de drogues, son caractère, etc, etc. Côté illustrations, le livre en compte plus de 250, avec une multitude de photos, et, entre autres, quelques retours commentés instructifs sur des brouillons de textes. Parler de soi n'est jamais évident, mais Eminem s'en sort plutôt bien, prend du recul, et offre une vision intéressante du rappeur vu par lui-même, avec ce qu'il assume, ce qu'il regrette, ce qu'il est ou pense être, ce qu'il n'est pas. On regrettera simplement la pauvreté du contenu du DVD joint (non soustitré), sans aucun passage sonore, et finalement sans grand intérêt. Pour le reste, la lecture est recommandée. ✍ Matthieu Bescond ★★★ + de chroniques sur



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :