Nouvelle-vague n°147 janvier 2009
Nouvelle-vague n°147 janvier 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°147 de janvier 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : Tryo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Tryo Alors la vie est belle ? Oui ! On est très enthousiastes. La tournée a débuté très très fort avec beaucoup d'émotions, par 2 concerts à la MJC et à la prison de Fresnes. La culture doit être accessible à tous, et c'est elle qui vient à vous, voilà pourquoi on a fait ce concert à la prison. C'était très symbolique cette action ! Aujourd'hui, si tu devais donner un qualificatif à votre musique, quel serait-il ? Elle a beaucoup évolué, mais aujourd'hui Tryo est un groupe vocal avec des chansons existentialistes, humanistes, militantes et citoyennes, avec un certain humour. Peux-tu nous expliquer les thèmes principaux abordés sur votre nouvel album Ce que l'on sème ? Rodéo Boulevard est le deuxième opus d'Anis, un artiste complet, auteur, compositeur et interprète. Depuis son passage l'été dernier sur France 2 en découverte chanson française, il a su galvaniser les foules avec La chance, son premier album. Grâce à son style, sa voix et sa personnalité, ce chanteur made in Cergy nous démontre qu'il n'y a pas que le rap dans les cités qui fasse passer des messages... 130 000 exemplaire vendus de La chance, votre premier album. Est-ce que vous vous attendiez à un pareil succès, notamment celui du titre Cergy ? Non, évidemment pas. Ça a vraiment était une très bonne surprise, surtout pour un premier album. Pensez-vous que le partenariat avec France 2 vous a donné un réel coup de pouce et comment s'est passée cette rencontre ? C'est évidemment une chance qui n'est pas donnée à tout le monde. La télé ça fait vendre ; en 2 mois les ventes de l'album ont considérablement augmenté. En ce qui concerne la rencontre avec France 2, je n'y suis pour rien, c'est ma maison de production qui s'est occupée de la programmation, en créant un accord financier, bien sûr. Pour ma part, c'est le bouche-à-oreille qui Tryo a su se différencier de la scène française traditionnelle par son approche engagée de la musique et le mélange des voix. Dès le début, Tryo est tourné vers une musique acoustique inspirée du reggae. Naîtront de ses influences jamaïcaines deux premiers albums : Mamagubida en 1998 et Faut qu'ils s'activent en 2000. Avec leur troisième album Grain de sable en 2003, d'autres influences viendront encore s'y mélanger. Leur dernier opus en date Ce que l'on sème, sorti en septembre 2008, affirme cette évolution en exposant une palette musicale variée et en apportant des sons venant des quatre coins du monde. Discussion avec Manu le guitariste… Beaucoup… le thème de l'écologie notamment. Depuis, de nombreuses années, on est en relation amicale avec Greenpeace. On a pris conscience ces dernières années que notre activité, la fabrication des disques entre autres, a un impact écologique considérable, en terme d'émission de CO2 et de réchauffement climatique. Donc, des chansons écolo, la première étant bien sûr L'hymne de nos campagnes. Ensuite, l'humain face à lui-même, à ses émotions, au capitalisme et puis on veut transmettre un message aussi « prends le temps de te poser et de vivre ». Tryo soutient donc Greenpeace… Mais, qu'est-ce que tu fais dans ton quotidien en faveur de l'environnement ? Je suis entrain de retaper une maison à la campagne et je fais une installation avec des panneaux solaires. Je fais attention à l'eau qui coule… Ça c'est le comportementalisme. Avec Greenpeace, nous œuvrons pour changer les lois par exemple sur la production d'OGM en France. Quelles sont vos méthodes de travail ? En général, il y en a un qui écrit la mélodie et le texte, ça c'est la façon classique. Après on cherche les arrangements, on cherche à développer la musique. Mais là, dernièrement Guizmo et Mali ont co-écrit le texte de Marcher droit, moi j'ai aussi fait les arrangements sur Le temps et Mrs Roy. En fait, on fait des maquettes, un petit peu comme des brouillons, on jette les idées et après on garde ce que l'on aime le plus. Pour le dernier m'a fait vous connaître, pensezvous justement que votre style touche les gens et créé la découverte d'un genre nouveau ? Peut-être, je ne suis pas analyste du comportement. Personnellement, je propose ma musique et on aime ou n'aime pas. Comment définissezvous Rodéo boulevard par rapport à votre premier opus ? Comme une suite, une évolution ou un réel changement ? Cet album est très musical, tout comme La chance. Cependant, il laisse beaucoup plus de place à la mélodie et moins aux paroles. Rodéo boulevard est un album soul, rocksteady, on y retrouve également des morceaux ska et pas mal de ballades aussi. Quels sont les thèmes principaux abordés dans cet album ? Êtes-vous toujours l'auteur, le compositeur ? Effectivement je compose ma musique et j'écris toujours mes textes. Cet album est à 60% autobiographique, avec des histoires et des rencontres amoureuses qui ont compté pour moi, ainsi que le fameux cap de la trentaine. On y trouve aussi des duo avec le rappeur Oxmo Puccino, l'excellent Philippe Wampas et je suis également accompagné par un ensemble de Jazz : le Mardi Gras Brass Band. album, on a écrit 25 chansons et finalement on n'en a gardé que 15. Quels sont les autres artistes qui influence Tryo ? Par exemple, le morceau Pomp'Afric (album Grain de sable) est inspiré du livre de François-Xavier Verschave France à fric. Ou bien le livre Le Dieu des petits riens d'Arundhati Roy, qui a inspiré la chanson Mrs Roy. Pas mal de concert de complet, déjà, comment tu expliques un tel phénomène ? C'est toujours difficile à savoir. Bon, remplir les salles, c'est sûr, c'est super. Notre priorité, c'était quand même de finir l'album. Après, on souhaitait avoir le même rendu sur scène. On a commencé la tournée par des petites salles, il n'y a pas de décors, mais 2 musiciens supplémentaires jouent avec nous, ce qui laisse plus de place à l'improvisation, à plus d'intimité avec le public. Depuis le début de la tournée, quel a été ton meilleur souvenir ? Il y a eu la prison de Fresnes et le concert à la MJC (deux premières dates de la tournée), mais par exemple hier soir, on était à Caen, on a fait beaucoup les pitres. Certains coins de France montrent plus leur enthousiasme que d'autres, mais chaque concert est un moment unique. Un message aux citoyens ? Pour les gens qui nous écoute, on est une fenêtre ouverte sur une certaine réalité. Si tu veux savoir ce qu'il se passe dans le monde, ne te contente pas de regarder le miroir déformant de la télévision ! ✍ Justine Sirkis Nouvel album « Ce que l'on sème » (Salut Ö Productions-Columbia/Sony BMG) En concert le 02/05 au Zénith - Montpellier (34). Anis Maintenant que vous avez obtenu un peu plus de reconnaissance, comment réagissent vos proches ? Et habitez-vous toujours à Cergy ? Mes proches sont à 200% avec moi, ils m'encouragent beaucoup, mais ont quand même peur pour moi, maintenant que je ne vis que de ma musique. Vous savez, je ne vis que de la vente de disque, car les concerts, contrairement à ce qu'on pense, ce n'est pas rentable, entre la location de la salle, le personnel il n'y a que 10% des artistes qui peuvent en vivre. Les artistes ne se récupèrent pas sur une tournée, mais ça aide à vendre des disques, à se faire connaître et à avoir un contact important avec son public. En ce qui concerne mon domicile Paris me saoule, c'est le problème des capitales, trop de monde, trop de bruit, trop de stress, alors je m'enfuis dès que je peux prendre l'air chez moi. ✍ Laure Rivaud Pearce Nouvel album « Rodéo boulevard » (Virgin/EMI)
Pas la peine d'entendre le troisième Franz Ferdinand, il y a déjà mieux dans les bacs avec Neïmo et Modern incidental ! Le regard vers les années 80 (Blondie) est le même que chez les Écossais, l'énergie, elle, dépasse même celle des Strokes. Mais allez savoir pourquoi, il y a un petit truc en plus qui nous fait craquer pour nos compatriotes. Peut-être simplement car leur album est irréprochable, que l'on accroche dès la première seconde, que l'on sent l'envie de jouer sans se prendre la tête. Et tout ce bonheur est instantanément communicatif. Peux-tu nous résumer le parcours de Neïmo ? Ça fait quatre ans que le groupe existe. Mais on se connaît depuis le lycée, on a appris à jouer de la musique ensemble. On a directement signé sur une grande major, mais ça s'est mal passé car ils ne savaient pas et ne savent toujours pas comment on développe un groupe. Comme ils ne sortaient pas notre album, on en a écrit un autre qu'on a autoproduit : From scratch sorti en 2005. Mais l'autoproduction n'étant pas évidente, on a tout basé sur le live. Comme on aime bosser pendant les tournées, car on peut bosser nos morceaux en direct, on a composé un deuxième disque. À ce moment-là, on a fait un voyage à New York qui nous a beaucoup inspirés, on trouve que l'engouement pour le rock là-bas est bien supérieur qu'à Paris. Notre voyage à New York nous a décomplexés, nous a boostés, car on ne s'est pas trouvés moins bon que les groupes New Yorkais. On a rencontré Jeff Ayeroff qui a été PDG de Warner pendant huit ans, qui bossait avec The Police, il a signé Madonna, Supertramp… Il s'est intéressé à nous et nous a permis de finir l'album. Alan Moulder (ex Depeche Mode) produit certains titres… Quand on a signé sur notre label américain, ils nous ont dit : faites-nous une liste des producteurs avec qui vous souhaiteriez travailler. On s'est lâchés, on a mis les noms qui nous faisaient rêver, en premier on a mis Tony Visconti, Brian Eno second et Alan Moulder en troisième. C'était donc pour nous inaccessible. Surtout que l'album étant enregistré, on pensait se passer de producteur. Le 31 décembre, on passait le réveillon chez notre manageur et dans les invités il y avait Alan Moulder. On a jamais su si c'était par hasard. On lui a parlé et il a accepté de mixer trois titres de notre album. C'est un coup de bol, mais c'est vraiment génial. C'est un super producteur à l'écoute, qui note tout et travaille tout en étant accessible. Pour le prochain ce sera donc Tony Visconti ou Brian Eno ? On verra bien si on tombe sur l'un ou l'autre à une soirée du 31. Vos influences regardent vers les années 80 ? Oui, tout à fait, on a grandi avec la musique des années 80. Mais ce n'est pas pour autant qu'on cherche à l'imiter. Nos influences les plus palpables sont Blondie, Iggy ou les Strokes, mais aussi beaucoup de trucs new-yorkais de la Côte Est. Je suis surpris, je trouve que vous sonnez beaucoup plus anglais qu'américain ? C'est dû au mélange de nos influences, on ne sait pas où l'on se constitue. Nous, on se pense Français, car oui on a beaucoup écouté des trucs anglosaxons mais tout passe par le filtre de notre culture. Vous vous pensez Français pourtant vous composez en anglais ? Bruno qui écrit les paroles a les trois quarts de sa famille à l'étranger, il est complètement bilingue franco-anglais. Pour lui, c'est donc tout naturel. Pour les trois autres, c'est simplement que d'un niveau Neïmo sonore le rock se chante en anglais. Il y a beaucoup plus de liberté en anglais et on ne veut vraiment pas être bridés. L'album fonctionne très bien en France qu'en est-il à l'étranger ? C'est difficile en Angleterre car il y a vraiment beaucoup de concurrence. En plus les Anglais n'aiment pas qu'on marche sur leurs plates-bandes. Par contre, on sent que l'engouement prend bien à New York. Les Américains, à la différence des Anglais, s'en fichent de savoir d'où l'on vient, s'ils aiment la musique, ils viennent au concert. Vous avez autour de la trentaine. Vous avez formé Neïmo sur le tard ? Comme je te disais, on faisait déjà de la musique au lycée, mais nos parents nous ont dit « passe ton bac d'abord ». Et après, à la fac, ils nous ont dit « finis tes études ». On a donc passé beaucoup de temps à étudier. Il y a seulement 4 ans, donc assez tard effectivement, on s'est dit : allons-y ! Les projets ? À partir de janvier, on tourne, il y a notamment plusieurs dates en région PACA. On est super contents car on tourne avec The Dodoz un groupe de Toulouse qu'on adore. En attendant on compose le troisième album. ✍ Simon Pégurier & Alain Hamila (Merci à Mr Pirate) Une interview www.loreillequigratte.com En concert le 23/01 à La Victoire 2 - St Jean de Vedas (34), le 24/01 à L'Oméga Live - Toulon (83), et le 20/02 au Cabaret Aléatoire - Marseille (13). Web : www.myspace.com/neimo



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