Nouvelle-vague n°143 septembre 2008
Nouvelle-vague n°143 septembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°143 de septembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (212 x 299) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : Missill.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
14 nouvelle vague #143 septembre 2oo8 cd : Le disque du mois JOSEPH D'ANVERS Les jours sauvages (Atmosphériques) Pour un nombre incalculable de chanteurs, il faut battre le fer tant qu'il est chaud. Après Les choses en face et quelques chansons dans la musette, concoctées pendant sa tournée, Joseph d'Anvers aurait pu capitaliser sur le succès de son premier disque. Recopier l'originalité folk ouatée de son premier ouvrage, en brodant du convenu. Mais comme bisser n'est pas joué, il préféra changer de lignes d'horizon et attendre que l'inspiration capitalisée de Rio à Los Angeles fasse honneur à sa réputation. Cet exil capricieux procure à ce second opus un internationalisme salutaire. À trop cadrer sa musique dans les pas de Miossec (qui faisait une apparition sur son 1er disque), ou de Daniel Darc (qui lui conseilla de ne pas baisser les bras quand il n'était pas encore connu), Joseph d'Anvers ne pouvait pas extérioriser aux oreilles de son public tous ses goûts dispersés dans la nature (du classique au hip-hop). C'est dorénavant chose faite. A partir de ses disques de chevets, dont Gorillaz que l'on retrouve sur Kids en duo avec Money Mark, Blonde Redhead que l'on entend de ci de là sur les 13 titres, les Beastie Boys via Mario Caldato Jr, génial producteur qui s'est affairé à tant de monstres sacrés, qu'au final cet opus est si peu marqué par la France au niveau musical, et tellement « ailleurs », que Joseph d'Anvers a définitivement largué les amarres d'une vie terrestre. S'attaquant au thème de l'addiction sous toutes ses formes sur L'Amnésie ou 1000 fois, ou se posant en juge et partie sur les peines de notre société avec Les anonymes ou Par avance, Joseph d'Anvers, personnage rempli de doutes, et perclu de bleus à l'âme, n'a jamais été aussi piquant. Un disque qui s'écoute facilement et se comprend sur la longueur. Rien de plus beau. ✍ Pierre Derensy ★★★★ MAYA BARSONY Femme d'extérieur (RCA) Peut-être que Photoshop a beaucoup aidé pour réaliser la pochette de Maya Barsony, ou peut-être que cette jeune femme, qui n'est pas textile, s'est envolée sur un trampoline pour le cliché, gravant visuellement son disque. Mais justement le cliché bombasse sans pudeur est inapproprié au vu de ces 11 titres très particuliers. Prenez une jambe de Camille pour l'univers musical, un bras de Constance Verluca pour le cynisme et laissez lui pointer des seins pour qu'elle se fasse une place canon toute particulière qui sera photocopiée et pompée par les artistes en manque d'imagination. Car Maya butine sur un disque où elle mélange une plume libertine, malicieuse, et des rythmes qui circulent du yé-yé trash (Benjamin Biolay n'a donc rien inventé) au groove sexuel via La pompe à diesel. Dans un gimmick toi Tarzan et moi Jeanne, elle se veut Chitah, animal donc mais bestial pour être avant tout une femme libérée qui peut aussi faire de l'homme un objet de désir. Remplie de petites programmations languides pour des métaphores fruitières sur Laisse couler, la libido de Barsony est parfois contrariée sur Dis Moi, mais c'est toujours elle qui attache les autres aux radiateurs. Et quand P'Tits boulots fait rimer intérim et frime, sa voix fait penser à une blues-woman qui maîtrise son sujet. Parce qu'avec son air de ne pas y toucher, elle aligne les critiques de tout un système en botox et c'est un régal de l'entendre discrètement descendre avec le concours de Brigitte Fontaine, une femme de philosophe sur La beuglante. Maya Barsony est une punk, rebelle telle Claire Diterzi. La descendante parfaite de Cléopâtre. Car quel nez mais aussi quel ventre, quel cul et quelle voix. ✍ Pierre Derensy ★★★ chroniques COPYRIGHT Voice & visions (Defected Records/Discograph) Il serait aujourd'hui difficile, voire impossible, d'imaginer l'histoire de la house music sans citer Defected Records et son patron visionnaire Simon Dunmore. Depuis 1999 et la première sortie signée Defected, bien du chemin a été parcouru et en à peine neuf années d'existence, le label indépendant anglais est devenu LA référence mondiale sur le marché de la dance music. Inondant de ses productions ondes radio et sound systems des plus grands clubs de la planète, Defected s'est taillé une solide réputation à l'instar du célèbre label ayant inspiré son boss : la Motown. Après Charles Webster et Gilles Peterson, c'est au tour du combo londonien Copyright de prendre les rênes et de partager avec nous sa vision tantôt soulfull, hiphop, latine, afrobeat ou encore funky de la house music. Ce premier opus est, comme tous les projets Defected in the house, un triptyque : l'album avec 12 superbes productions des deux DJs/producteurs, les remixes dancefloor avec 10 perles puis le CD bonus, un mix club endiablé de 60 minutes. Copyright s'est octroyé une année complète pour s'imprégner de différentes influences et expérimenter de nouveaux sons, notre attente a finalement été récompensée avec Voices & visions qui fixe sur format CD ou LP toute l'expérience et l'énergie acquise par Copyright lors de ses sets en tournées internationales, et par la succession de ses hits house encensés par les clubbers. Une sortie encore réussite pour Defected, avec des titres qui ont certainement enflammé les nuits chaudes de cet été. ✍ Nicolas Hillali ★★★★ MANU Rendez-vous (Tekini Records/Universal) Il est des groupes qui demeure toujours dans le cœur, au-delà de la vie, au-delà de la mort… ce fût le cas de Dolly… et de Manu sa chanteuse. Après un silence trop long, Manu revient sur le devant de la scène avec son premier album qui s'intitule Rendez-vous. Rendez-vous avec son public, rendez-vous avec son destin ? Dès le premier titre : Allée des tilleuls, elle revient sur son passé « je suis fidèle parfois… en souvenir de toi », est-ce un message à titre posthume pour Mika ? Manu y a mis tous ses sentiments dans ce rendez-vous pas tout à fait comme les autres. Elle nous y livre ses plus belles chansons et sa vie. Tes cicatrices ou encore Oh my friend sentent l'autobiographie « je vois tes bras s'ouvrir et tes yeux me mentir… ». À noter, une originalité tout à fait inattendue avec Suteki ni, chanté en japonais. L'album se clôture sur un au revoir avec la chanson Goodbye, et sur une promesse d'un autre Rendez-vous. Un album magnifique, empreint de sincérité, aux arrangements subtils, qui provoque une irrésistible envie d'aller rejoindre Manu à ses concerts. ✍ Justine Sirkis ★★★★ ELIANE ELIAS Bossa nova stories (Blue Note/EMI) Certains instants vécus restent gravés à jamais et, pour diverses raisons, lorsqu'on y repense, c'est avec mélancolie mêlée de nostalgie et de béatitude qu'ils réapparaissent. Depuis 50 ans, la bossa nova sublime la Saudade, culture de la réminiscence qui exprime un sentiment d'absence et de manque lié à un doux souvenir. En quelques notes, dès les premiers accords, le charme de cette « nouvelle vague « agit ; Eliane Elias, pianiste, chanteuse et compositrice brésilienne originaire de Sao Paulo, a la vertu d'inspirer l'amour, la force de la Saudade, et la chaleur tropicale des plages de Rio de Janeiro. Sa voix fait office de philtre d'amour, enivrante et captivante. Saluée par la critique et encensée par l'exigeante famille du jazz, Eliane Elias signe ici un album réunissant de splendides interprétations des plus grands airs de bossa (The girl from Ipanema, Légende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bömuf ! ! ★★★ Muuumm !!! ★★★★ Aaaahhh !!! ! ! Chega de saudade, Desafinado…), véritable invitation à la redécouverte d'un pan entier de la culture musicale brésilienne. Cette séduisante blonde à la voix dorée et au touché délicat a enregistré son bijou dans les fameux studios de l'Abbey Road à Londres. Outre les illustres participations d'Ivan Lins et de Toots Thielemans, Eliane s'est entourée d'un magnifique orchestre pour les cordes et d'une section rythmique des plus efficaces. Bossa nova stories est un délicieux cocktail à déguster chez soi ou au bord de l'eau sur le sable (ou les galets) chaud(s) de nos plages azuréennes. ✍ Nicolas Hillali ★★★★ NEG'MARRONS Les liens sacrés (Because Music) Le parcours des Neg'Marrons a changé ou plutôt évolué depuis des morceaux comme La monnaie. Malgré une absence de 5 ans durant laquelle ils se sont tournés vers des projets plus personnels, ils ont gardé leur engagement aussi bien sur le point personnel qu'énergique. Ici, on ressent ce militantisme d'une manière plus forte à travers leurs différents textes, les premiers morceaux le démontrent bien (C'est pas normal ou Il y a des jours). Du côté de leurs rythmiques, elles restent bien évidemment très reggae avec de légères nuances ragga, mais contrairement à d'autres, ils vont jusqu'à jouer avec toute une formation acoustique, délaissent un peu le côté platine critiqué quelquefois. Ce nouvel album intitulé Les liens sacrés est un hommage aux gens qui sont proches de près (la famille) comme de loin (le public). ✍ Abdelhakim Abardi ★★★★ NATACHA ATLAS & THE MAZEEKA ENSEMBLE Ana Hina (RedOz Music-World Village/Harmonia Mundi) Natacha Atlas voila une artiste bien mystérieuse ! Quelle étiquette peut-on bien mettre sur son front : raï, world, electro, pop… Chaque nouvel album complique un peu la question car à chaque fois, elle expérimente quelque chose de nouveau. Sur Ana Hina, on la retrouve là où vraiment on ne l'attendait pas, avec de la chanson début XX ème siècle, tout en douceur et accordéon. Pour une fois, elle ne fait pas des acrobaties avec son chant, c'est ici un souffle juste et mélodieux qu'elle nous propose. Peut-être son meilleur album à ce jour. ✍ Simon Pégurier ★★★ DICK RIVERS L'Homme sans âge (EMI) Je dois reconnaître que Joseph D'Anvers, en proposant ses services à Dick Rivers, m'a beaucoup aidé au niveau de mon aura musicale. J'ai toujours soutenu que Dick était un grand chanteur et qu'il était même plus connu aux USA que Johnny, mais pourtant face à ma défense du vieux niçois : au mieux j'avais en retour un regard sceptique ou au pire un rire dément. Grâce à L'Homme sans âge, on va enfin pouvoir remettre le compteur à plat. Outre le fait que Dick Rivers a toujours été un très bon interprète, une voix mélodieuse bien souvent mal servie, Dick Rivers est aussi le seul artiste à porter des santiags rouges sur des costumes noirs. Comme ici le brave Joseph avec sa plume et ses mélodies lui permet de manifester une émotion qui parfois frise le travail de biographe sans tomber dans la parodie ; comme Dick Rivers est une gueule mythologique qui peut, dans un couplet, chanter l'amour ou le désespoir qui étreint l'homme au crépuscule de sa vie via la chanson éponyme au titre de l'album, puis partir sur les traces des redneck en mode cinémascope, avec un fond sonore folk sur Attache-moi ; comme il existe des générations différentes qui se comprennent sans parler ; comme Joseph a du glisser le nom de Bacon & Quarmby (Finlay Quaye, Tiken Jah Fakoly, Richard Hawley) pour réaliser ce disque ; comme le guitariste ou le batteur qui jouent ici sont dignes des meilleurs pointures de studio et surtout, comme Dick est enfin plus proche de Johnny Cash que de Lucky Luke : il est indispensable
de se procurer ce disque. Rien que pour Gagner l'horizon qui clôt cette formidable collaboration, qui, je l'espère ne sera pas la dernière, entre le petit fils respectueux et le grand-père affectueux qui est toujours vert. ✍ Pierre Derensy ★★★★ STEEVE ESTATOF Poison ideal (Jive Epic/Sony BMG) Comment aurait-on accueilli l'album de SteeveEstatof si l'on ne connaissait pas son passé à la Nouvelle Star ? Je suis incapable de répondre, mais une chose est sûre, si je n'avais pas apprécié les reprises grungie de Nirvana sur M6, je me serais abstenu d'écouter ce disque et ne m'en serais pas plus mal porté, au contraire. Même moi qui avais hâte de découvrir ce disque, je me suis trouvé confronté à une suite de morceaux hard rock plaintifs, sans originalité, avec tous les clichés du genre : solo de guitare inutile, texte noir adolescent, on imagine Steevebouger ses cheveux longs dans tous les sens, serré dans un pantalon moule burne… Bref, rien à envier a Trust. L'écoute de ce disque est douloureuse et prouve une fois de plus qu'il ne faut pas se fier à ce que l'on nous dit à la télé. Dommage. ✍ Simon Pégurier ★ : dvd cinema : 30 JOURS DE NUIT de David Slade (M6 Vidéo) Enfin on retrouve un film de vampires où ils reprennent vraiment leur rôle de prédateur. L'histoire est simple : un village situé en Alaska subit une nuit longue d'un mois entier, et un groupe de vampires débarque alors pour se régaler. Il s'agit ici de l'adaptation d'une bande dessinée qui est d'ailleurs très sombre et violente. Le jeu d'acteur est acceptable que ce soit du côté de Josh Hartnett (Sin city, Le dahlia noir) ou pour Melissa George (Amityville) mais par contre on se trouve devant une mauvaise version française, la version originale est donc recommandée. Du côté des bonus, on a le minimum syndical avec un sympa petit making-of qui nous révèle entre autres que la plupart des plans ont été tournés en nuit américaine. Bref un très bon moment d'hémoglobine. ✍ Abdelhakim Abardi ★★★ EDEN LOG de Francis Vestiel (Bac Films) Science-fiction ou futur annoncé, le film de Francis Vestiel est au coeur d'un sujet qui nous touche tous : l'écologie. Dans une mise en scène proche de Cube, le spectateur est basculé dans un décor futuriste de jeu vidéo. Tolbiac, alias Clovis Cornillac, nous apparaît perdu, seul et amnésique au beau milieu d'une mare de boue, aux côtés un cadavre. Il explore ce monde qui semble lui être inconnu, franchi des niveaux, des obstacles et découvre un univers sombre, végétal et angoissant. L'objectif de ce héros des profondeurs est d'échapper à la créature qui le poursuit, en remontant à la surface. L'homme a fait main basse sur la nature et se sert d'elle comme énergie de substitution. Mais les plantes se rebellent et renversent le pouvoir, en puisant leur énergie dans celle des hommes jusqu'à leur élimination. Commence alors un combat entre les deux espèces, en jeu : la survie de chacun. Ce que Tolbiac ignore et découvre petit à petit, tout au long de cette aventure, c'est qu'il est à l'origine de cette organisation : « Eden Log ». Comment va-t-il alors réagir et qu'elle sera son ultime décision... ? L'avenir de l'espèce humaine est-il menacé, causé par les négligences et les erreurs perpétrées sur la nature qui nous entoure ? C'est un film sombre par sa mise en scène, mais qui pousse à la réflexion, comme l'explique Francis Vestiel : « Eden Log est un film d'anticipation qui permet peut-être de repérer un grain de sable dans la société d'aujourd'hui et d'imaginer le cancer qu'il développera demain. Ce grain de sable dans Eden Log, c'est l'écologie... ». ✍ Laure Rivaud-Pearce ★★ : livres : COVERS : UNE HISTOIRE DE LA REPRISE DANS LE ROCK d'Emmanuel Chirache (Le Mot et le Reste) À travers les époques, les chansons peuvent avoir plusieurs vie. Certaines connaissent même un succès inattendu lors de leur reprise, plusieurs années après avoir connu un flop lors de leur sortie dans les bacs. C'est sur quoi Emmanuel Chirache, fan de musique pop-rock et rédacteur en chef du webzine Inside-Rock, a décidé de nous faire partager sa vision, sur ce phénomène assez fréquent. Des Beatles aux Rolling Stones, tous ont fait partie de ces groupes qui ont repris des tubes ou des perles rares inconnus, et ceux surtout à leurs débuts. Tout comme Elvis Presley qui reprendra That's all right Mama d'Arthur Crudup, artiste noir, et brisera ce jour-là les barrières raciales et éthiques de l'époque. Ils y sont tous : Bob Dylan, ACDC, Nirvana, Eric Clapton et même Julien Doré, les Black Eyed Peas, Nouvelle Vague, David Bowie, Sonny and Cher, Patti Smith, Nick Cave, Bryan Ferry ou encore les Rage Against The Machine, bref tous les meilleurs quoi... Passionnés de rock and roll, de pop music et de blues, découvrez sans plus attendre cet ouvrage consacré aux reprises qui ont fait de ces artistes de grands noms de la chanson. C'est une vraie encyclopédie musicale où l'on y découvre qu'une chanson peut passer du classique au rock, ou du blues à la variété française. Emmanuel Chirache signe ici un livre très ludique et tout à fait conseillé, pour les érudits ou les novices en la matière. ✍ Laure Rivaud-Pearce ★★★ GREAT BLACK MUSIC de Philippe Robert (Le Mot et le Reste) Après un itinéraire bis du rock passionnant et une relecture de la musique expérimentale, le talentueux Philippe Robert revisite, dans son troisième recueil chez Le Mot et le Reste, la musique noire en 110 albums. Il nous invite à explorer une fresque magistrale dans laquelle nous retrouvons tous les styles de la black music, du funk, à la pop, au blues, au rock, au jazz et au jazz rock. Voici encore un ouvrage incontournable sorti de la plume de son auteur qui décidément met chaque fois dans le mille grâce à une érudition sans faille et une passion toujours renouvelée. ✍ Raymond Sérini ★★★★



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :