Nouvelle-vague n°143 septembre 2008
Nouvelle-vague n°143 septembre 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°143 de septembre 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (212 x 299) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : Missill.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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★ PARTENAIRE DES EVENEMENTS MUSICAUX NUITS DU SUD Du 11/07 au 09/08 sur la Place du Grand Jardin - Vence (06). « De mémoire de vençois, on n'a jamais vu ça » : c'est bien le genre d'affirmation que l'on aurait pu entendre en tendant un peu l'oreille sous les platanes de la Place du Grand Jardin. Pas de cataclysme météorologique majeur, non, on parle ici de véritable déferlement populaire. Pour sa douzième édition, le festival a battu des records d'affluence, atteignant les 50000 spectateurs répartis sur 14 soirées, avec plusieurs concerts à guichets fermés. Un succès on ne peut plus légitime au vue d'une programmation artistique toujours aussi qualitative. Car que l'on vienne aux Nuits du Sud pour y admirer des formations confirmées, pour y découvrir des artistes méconnus, ou les 2, on est très rarement déçu, et quand vient l'heure de s'en aller, les images marquantes, elles, restent en tête un bon moment. Difficile d'oublier les sourires communicatifs des sénégalais d'Orchestra Baobab et leur mélange délectable de rythmes afro-cubains et de rumba congolaise, le tout tapissé de sonorités jazzy et soul. Impossible de ne pas avoir succombé à la grâce de Moriarty, à la virtuosité du berimbau de Ramiro Musotto, au souffle festif de L'Orchestre National de Barbès, ou à la créativité du mélange electro-folklorique des mexicains de Nortec Collective. Et puis il y a bien sûr eu cette grande Dame, Omara Portuondo, qui a fêté pour l'occasion ses 60 ans de carrière sur scène, magnifiant les nuits vençoises de sa prestance hors norme, inspirant un respect incommensurable du haut de ses 78 ans. Mais outre les artistes, c'est bel est bien l'ambiance générale qui remporte une nouvelle fois la palme d'honneur, ce climat bon enfant, convivial, presque familial, qui vient définitivement placer les Nuits du Sud dans le cercle convoité des festivals à part. ✍ M.B. FESTIVES DE FONT ROBERT Les 12 et 13/07 à la Ferme de Font Robert - Château- Arnoux (04). Dommage, la soirée s'annonçait plutôt bien, même si le trio de jazz de la première partie avait quelque peu ramolli l'ambiance, le public s'enthousiasmait à l'idée de voir Stacey Kent. Un plaisir de courte durée puisque rapidement, orage et désespoir précipitèrent la fin de la soirée et 600 personnes bredouilles et ruisselantes en dehors de la ferme de Font Robert. Quatre petites chansons et puis s'en va, la belle américaine a cependant eu le temps de conquérir le public, mais d'avis de tous, c'était trop peu. Fort heureusement, le lendemain c'était grand beau pour l'arrivée sur scène du fougueux Cali. Une ambiance de saute-mouton, une énergie explosive, Cali a fait le bonheur d'un millier de personnes, comme quoi les jours se suivent mais ne se ressemblent pas ! ✍ Cristel Bérard LES ENFANTS DU JAZZ Du 12 au 20/07 à Barcelonnette (04). Pour la quatorzième année, le festival de jazz de l'Ubaye a reçu Angelo Debarre, Ludovic Beir et Sanseverino pour quelques musiques manouches dignes du grand Django. Le talentueux Archie Sheppet le pianiste Monty Alexander n'ont pas manqué également d'éveiller la foule, chacun dans un style très différent : l'un façon vieux blues de la nouvelle Orléans, l'autre à la mode jamaïcaine. Durant le festival, une large place a été faite aux stagiaires de l'école de musique afin de diffuser une ambiance de jazz populaire et éclectique dans les rues de la petite ville mexicaine. ✍ Cristel Bérard RENCONTRE AUTOUR DES NOTES ET DES MOTS Du 14/07 au 22/08 à La Colle-sur-Loup (06). Comme un pied de nez à sa voisine plus médiatique Saint-Paul, et aux autres stars azuréennes côtières sous les feux de la rampe, la Colle-sur-Loup et ses Rencontres autour des Notes et des Mots ont su séduire un public, le sien, pluriel et varié, dans un cadre intimiste, et à coups de vedettes et d'initiés. Quelques noms sur la longue liste des seize soirées : Anthony Kavanagh, Lââm, Rive Gauche ou les Musicales des Baous, les « nuits bleues « sur les thèmes jazz New Orléans, en hommage à l’ancien collois Yves Klein, ou encore la pièce Feu madame la mère de Feydeau, « planchée « par un comédien metteur en scène de la génération du Théâtre de Bouvard, Bruno Chapelle, et jouée en avant-première nationale, à deux reprises. Que demande le peuple ? ✍ Delphine Oliva PLAGE DE ROCK Du 17/07 au 14/08 aux Prairies de la Mer - Port Grimaud (83). Avec une troisième édition qui a dépassé largement les objectifs qualitatifs fixés, le festival Plage De Rock confirme les espérances placées en lui. Le principe, super simple, consiste à amener à un public pas forcément ultra-réceptif à la base, la crème des futurs groupes de rock. Le lieu, c'est l'immense camping des Prairies de la Mer, à Port Grimaud, à quelques encablures seulement de Saint Tropez, Mecque du tourisme bling bling. A priori, et si l'on s'en tient aux clichés accolés aux campeurs, on pourrait penser qu'un tel public tendra plutôt vers l'apéro-concours de t-shirt mouillé que la vision d'un concert somme toute bien pointu. C'est sans compter sur le fait que le camping, c'est une affaire de famille, et que bien souvent les parents finissent par suivre leurs jeunes rejetons. Et puisque la programmation est irréprochable, que l'entrée est gratuite pour tout le monde (même aux personnes étrangères dans tous les sens du terme au Camping), et que l'after est diaboliquement attirant, il n'est pas étonnant de voir que ce festival a su faire l'unanimité. Parmi les révélations, notons Friendly Fires, Tunng, et surtout les excellents Naive New Beaters qui ont remplacé, avec la manière et au pied levé, les Mystery Jets. Le jeune groupe français a particulièrement bien géré une panne de machine pour achever le show dans un délire rock-impro fameux. Je crois que je vais me mettre au camping pour l'été 2009 ! ✍ David Bartoli VOIX DU GAOU Tiken Jah Fakoly/Nneka/Zion Train Le 19/07 sur la presqu'île du Gaou - Six-Fours-les-Plages (83). Le site est sublime. Vraiment. Dans ce décor naturel préservé où l'on a l'impression d'être au bout du monde, la soirée reggae a été un rêve, un délice pour les yeux et les oreilles. C'est la chanteuse nigérienne Nneka qui a démarré le show. En l'écoutant, on pensait à Ayo, Patrice ou encore Lauryn Hill, et pressentait une artiste prometteuse. Le collectif anglais Zion Train est ensuite monté sur scène et a prouvé son talent lors d'une première partie dancehall et une seconde plus drum'n'bass. Mais c'est bien le chanteur ivoirien que la foule attendait. L'excellent Tiken Jah Fakoly, avec son énergie habituelle et ses discours engagés, a repris de nombreux morceaux de son dernier album et quelques uns des précédents au grand bonheur du public. Une chose est sûre, réservez pour l'année prochaine ! ✍ Annabelle de l'Epine NICE JAZZ FESTIVAL Du 19 au 26/07 dans les arènes et jardins de Cimiez - Nice (06). Arènes remplies jusqu'au sommet des murs pour le sulfureux Archie Shepp, l'iconoclaste Avishai Cohen, le raffiné Gary Burton, épaulé d'un Pat Metheny... sans sweat-shirt marin, mais déchaîné. Idem pour l'éblouissant Stefano di Battista, dynamisé par un exceptionnel trompettiste, et pour « maître » Jean Luc Ponty (parrain du festival et devant qui Nygel Kennedy se prosterne avec humilité), et plus étonnant encore, pour la musique exigeante mais délicieuse de la surprenante Maria Schneider. On se croirait revenu au temps de la « Grande Parade »... Pendant ce temps, sous les oliviers, Return to Forever (Corea, Al di Meola avec qui J.L Ponty fera le boeuf), Oregon, George Benson, Maceo Parker, San Francisco Jazz Collective, Diana Krall et Stacey Kent font aussi « jardin comble ». Quant aux « cousins éloignés » : Leonard Cohen, Joan Baez et Yael Naïm, j'en connais qui ont patienté plusieurs heures pour en profiter, « les yeux dans les yeux »... Plutôt vivant, le jazz... à Nice ! ✍ Daniel Chauvet
Léonard Cohen Le 22/07 dans les jardins de Cimiez - Nice (06). Léonard Cohen en concert a Nice ! S'il y avait bien une date que je ne pouvais manquer sous aucun prétexte c'était celle la. Léonard Cohen fait partie de ma vie, je l'ai écouté un nombre infini de fois, me baignant jusqu'à plus soif dans ce spleen idéal, auquel personne ne peut résister surtout pas les filles, la voix de crooner aidant. Avec Cohen, la mélancolie devient le plaisir de la tristesse. Pourtant je me méfiais de ce concert, je sais que lorsque les dinosaures du rock remontent sur scène, c'est parfois pour agoniser en public. J'entends encore les plaintes suite au concert de Dylan à la Palestre il y a 2 ans, et la dernière tournée des Stones a fait plus de déçus que d'heureux. Oui, mais Cohen n'est plus monté sur scène depuis 15 ans, alors tant pis, on prend le risque. Même si on a un concert d'une heure avec des choristes qui en font des tonnes, du saxo à tout va, et Cohen qui fredonne uniquement durant les refrains, au moins on aura vu la légende sur scène ! Bien sûr, Cohen n'est plus dans la fleur de l'age, son jeu de scène est donc très limité, il se contente de lever son chapeau entre chaque morceau, mais la classe, avec un costume taillé à la perfection, est toujours là. Sa voix elle aussi n'a pas bougée, ce furent des frissons dans tout le corps dès la première note, la set list était parfaite, que des hits qui se succédaient. Le coucher de soleil et quelques étoiles filantes qui passèrent parfirent la magie de ce moment. Bien sûr, on aurait préféré voir Cohen il y a 30 ans, il y aurait eu plus d'énergie, les choristes auraient pris moins de place, mais ne faisons pas la fine bouche ce fut une soirée rare. Comme l'a dit Thierry Roland au moment du titre de champion de monde de la France « Après ça, on peut mourir tranquilles », je pourrais presque dire la même chose après ce concert. ✍ Simon Pégurier Alain Bashung Le 24/07 dans les jardins de Cimiez - Nice (06). Il y a à peine plus d'un an (avril 2007) commentant l'impeccable concert de Bashung à Six Fours, j'avais écrit « on imagine qu'à la manière d'un Johnny Cash, il sera encore là sur son lit de mort à chanter comme s'il fallait coûte que coûte poursuivre le combat ». À ce moment-là, on ignorait tout de sa maladie. Malheureusement, mon écrit était prémonitoire mais aussi ô combien juste. Depuis, Bashung a contracté le cancer, et pourtant il est bien là sur scène pour assurer le show. Il défend son dernier-né Bleu pétrole, il s'est entouré de Manset, Joseph d'Anvers et Gaétan Roussel pour les textes. C'est étonnant comme chacun des paroliers a réussi à se mettre dans la peau du maître pour écrire des textes qu'on imagine sortis du cerveau de Bashung. Tout est mystérieux, nostalgique, regardant vers le passé, beaucoup de phrases sont définitives, faisant le point d'une manière ironique sur la futilité de nos vies. Quand on connaît l'état de santé de Bashung, cela n'a que plus de sens, de poids, pourtant rien n'est lourd, tout est en émotion. Sur scène Bashung a une économie de gestes, tout est dans la posture, son chant n'a pas bougé, quelle voix ! Il met des frissons dans la phrase la plus banale qui soit. Et puis quel culot de démarrer un concert d'à peine plus d'une heure (timing festival oblige) par Comme un lego, morceau peu connu de Manset de 10 minutes. Le reste de la set-list privilégia les morceaux récents, évitant de ce fait le côté juke box que l'on peut avoir avec les artistes ayant autant de hits à leur actif. Une fois de plus Bashung a touché au mille dans ce concert, espérons de tout cœur que ce ne soit pas le dernier auquel j'aurai assisté. ✍ Simon Pégurier ROGER HODGSON Le 26/07 sur la Z Plage/Hôtel Martinez - Cannes (06). Soirée magique le 26 juillet dernier à Cannes avec Roger Hodgson, ex leader de Supertramp. Au fil d'une tournée triomphale qui passa à travers l'Allemagne, l'Espagne, les Etats-Unis, le Canada, la Norvège, la Suisse et la France (Carcassone), celuici nous gratifia d'une halte sur la Côte d'Azur et d'un concert de plus d'une heure trente véritablement inoubliable. Il est vrai que le cadre était fabuleux (la plage de l'hôtel Martinez sur la Croisette). Bien sûr, notre enchanteur nous offrit une sélection de ses meilleurs titres écrits pour Supertramp (Give a little bit, Breakfast in America, The logical song, School, etc.) ainsi que quelques perles tirées de son répertoire solo (Lovers in the wind, Along came mary ou The more I look). Les titres de ce concert ont pris encore plus de relief du fait d'une formule acoustique dans laquelle Roger jouait du synthétiseur accompagné du seul Aaron MacDonald, son inséparable saxophoniste. Ce concert a confirmé, si besoin était, que Roger Hodgson, qui était la voix et l'âme de Supertramp, demeure un immense artiste dont les chansons continuent de captiver un nombreux public. ✍ Raymond Sérini KALITY STREET Ez3kiel/Alexandre Kinn/Les Touffes Krétiennes/Pépé la Chaude Le 01/08 sur l'Esplanade Guy Mocquet 2 - La Garde (83). S'il est un groupe à retenir lors de cette 8 ème édition du Kality Street Festival, c'est Alexandre Kinn. Ce varois d'origine est un poète des temps modernes. Dans la chaleur de cet été 2008, c'est un vrai vent de fraîcheur qu’il nous a amené ! Dès les premières notes, la foule se rassemble près de la scène pour entamer en chœur « chalalalalalala… ». Sa manière atypique de jouer de la guitare, assis, peut surprendre les néophytes, mais c'est un vrai plaisir que de l'écouter jouer et chanter. Des chansons sur la vie, chantée à la manière d'un certain Tété. De ça et là quelques Retour sur Festivals été 2008 sonorités reggae, puis retour du folk avec Moi, moi même, et ma bouteille. Ses acolytes musiciens ne sont d'ailleurs pas étrangers à cette bonne humeur scénique. Lawrence Clais, le batteur virtuose se lâche… le public en redemande ! François Fuchs le contrebassiste et bassiste n'est pas en reste, puisqu'il accompagne à merveille l'harmonica d'Alexandre. Toute la soirée sera ainsi l'occasion de découvrir tous ces groupes étonnants et rafraîchissants : Ez3kiel, les Touffes Krétiennes et Pépé La Chaude. Un très bon choix de groupes et une édition haute en couleur ! Rendez-vous l'année prochaine ! ✍ Justine Sirkis CAP JAZZ Du 12 au 14/08 dans l'Amphithéâtre de la Mer - Cap d'Ail (06). J'aurais pu évoquer la soirée du jeudi avec le subtil piano de la japonaise Ryoko Nuruki et la pop jazzy de Jilly Jackson. Ou bien le formidable hommage à la musique de Gainsbourg qu'ont rendu André Ceccarelli et ses compères Darryl Hall et Pierre-Alain Goualch. Faire swinguer Les sucettes à l'anis et Le requiem pour un con, il fallait l'oser ! Mais c'est sans conteste la prestation exceptionnelle du duo Musica Nuda qui a enchanté les quelque 500 spectateurs du Théâtre de la Mer. La voix pure et envoûtante de Petra Magoni, la contrebasse tantôt caressante tantôt vive et fulgurante de Ferruccio Spinetti passent allègrement des Beatles à My funny Valentine. Sans oublier l'irrésistible Il camello e il dromedario de près de 10 minutes. Un show à la scénographie impeccable où l'émotion et l'humour s'invitent tour à tour pour célébrer la musique. Le Fever en rappel avec l'étonnant trio Sashird Lao qui les avait précédés sur scène, donnait à cette soirée un instant de magie supplémentaire. ✍ Jacques Lerognon PANTIERO Du 08 au 11/08 sur la terrasse du Palais des Festivals - Cannes (06). Avec ses quatre soirées placées sous le signe de l'éclectisme musical, le festival Pantiero a été une fois de plus un réel succès. La réputation de l'événement n'a fait que s'affirmer au fur et à mesure des années, et la programmation a su rester à la pointe. Du hip-hop cockney et jubilatoire de Dan Le Sac Vs Scroobius Pip, ou encore d'Antipop Consortium, en passant par l'electro endiablée de Simian Mobile Disco et de Sebastian, sans oublier le rock nerveux des barbus d'Archie Bronson Outfit, l'éventail musical était on ne peut plus large, et il y en avait pour tous les goûts. Le public, sans cesse plus nombreux chaque soir, a répondu à merveille à la quasi-totalité des groupes présents, chantant, bondissant et même slammant comme un seul homme ! On avait rarement vu un tel engouement et une telle ferveur ! Sur ce dancefloor géant à ciel ouvert, rares étaient les sceptiques qui ne dansaient pas ! A part l'annulation des demoiselles de Ladytron, Pantiero s'est approché de la perfection, et on peut considérer cette édition 2008 comme l'une des plus réussies. Vivement l'année prochaine ! ✍ Christophe Guilbert



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