Nouvelle-vague n°141 juin 2008
Nouvelle-vague n°141 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°141 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (209 x 296) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : Mademoiselle K.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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#141 THE HERBALISER Same as it never was ( ! K7/PIAS) Retour fracassant des mastodontes de l'electro hip hop, désormais signés chez ! K7, avec un énième album à classer incontestablement comme l'une de leurs meilleures productions. Le souci avec The H erbaliser, c'est qu'à chaque sortie, c'est toujours la même histoire : les critiques, dans leur grande majorité, et souvent à juste titre, s'époumonent à qualifier le dernier né de cerise des cerises, juchée sur le haut d'un gâteau déjà bien consistant. Un souci somme toute révélateur de l'esprit défricheur d'une formation on ne peut plus prolifique, constamment à la recherche de la perle sonore. Et si nos londoniens enfilent ici un peu moins franchement la casquette de chercheurs son (or) es que sur Take London par exemple, Same as it never was (titre probablement indicatif) pèse pourtant lourd en carats. Les pépites s'enchainent pour former un filon inépuisable que l'on explore dans les moindres recoins avec une soif insatiable. Des rasades nettement plus soul et funk que précédemment comme l’annonce d’emblée Same as it never was, premier morceau éponyme, tout cuivres sortis, épaulés par une basse vrombissante et des rafales de scratches. Mais si les titres soul/funk marquent leurs empreintes, à l'image de Just won't stop, Can't help this feeling, You're not all that, ou Clap your hands, tous accompagnés par la dernière et sublime voix en lice découvert par le duo (à savoir celle de Jessica Darling, londonienne de 22 ans), on n'est loin de se cantonner à ce seul registre. O n retrouve bien entendu les indispensables instrumentaux, et des titres à dominante hip hop avec là encore plusieurs featurings de grande classe (Jean Grae, Yungun aka Essa, More or Les). Le tout baigne dans des ambiances cinématiques ou davantage emmenées, un peu oppressantes à la Something wicked this way comes sur Street karma (a cautionary tale) ou The next stop, plus « festives » avec les incursions soul/funk, voire rêveuses sur Stranded on earth. Un indispensable de plus, en attendant le suivant… ✍ Matthieu Bescond ★★★★ JEAN-LOUIS MURAT Tristan (V 2/Universal) O n va me reprocher de toujours parler des mêmes artistes, mais estce ma faute si Murat sort des albums à la vitesse d'un cheval au galop ? Poursuivant cette idée de performance, Murat nous offre un disque d'amour. Encore un me direz-vous, mais sur celui-là, le sujet et le mode de fonctionnement sont importants. Pour ne pas dire primordiaux. Comme il l'avoue lui-même : « La crise du disque nous oblige à penser différemment notre métier. Avec Tristan, c'est un nouveau départ, le métier change, je change aussi. Je veux repartir de plus belle ».Et c'est ce qu'il a fait. Enregistré en Auvergne à l'automne 2007, par Aymeric Létoquart, de façon artisanale et avec quelques compagnons de fortune, ce disque est pur comme du cristal, sensible aux variations climatiques et les 10 chansons s'enchaî nent sur un rythme doux et apaisé. O n entend battre la vie et le cœ ur de ce Tristan, désireux de proposer ses passions amoureuses avec un brin de mélancolie. « Tristan est un Sancy de tristesse. Il ne s'entend bien que si on pense, comme moi, que Dieu est une femme » , déclare Murat pour expliquer ce projet. Sa voix est toujours aussi juste et l'on comprend mieux pourquoi il affirme : « Je chante l'impossible amour entre Tristan et Yseult, je cherche d'où nous vient ce goû t du malheur. À ma façon ». Jean- Louis Murat est un poète qui a appris à bercer le spleen qui tourne en boucle en chacun d'entre nous. Epuré de la frime folk américaine, le disque se goû te et de déguste jusqu'à ce Marlène en conclusion, qui ouvre encore une nouvelle voie à exploiter, dont le résultat sera écoutable d'ici… hum… 3 mois selon le baromètre de Murat. ✍ Pierre Derensy ★★★★ GNARLS BARKLEY The odd couple (W arner) Il faudrait avoir passé les deux dernières années en Corée du Nord pour ne pas connaî tre Gnarls Barkley ou tout au moins leur tube Crazy qui s'était placé en tête des charts avant même d'être commercialisé et ce via le net. O n ne change pas une formule qui gagne et le premier tube du dernier album est déjà disponible depuis quelques semaines sur la toile, Run (l'm a natural disaster). Alors Danger Mouse et Cee-Lo sont talentueux, doués pour les tubes imparables et pour un plan marketing efficace, et cela se ressent au travers de cet album, qui semble tiraillé entre trouvailles géniales et morceaux plus léchés, ou plutô t plus accessibles, toujours dans l'optique de se positionner dans le billboard pour un long moment. Néanmoins, il sera toujours plus agréable d'entendre cet album en boucle sur toutes les radios pendant les prochains mois que la soupe indigeste de base. Alors Gnarls Barkley produit surestimé ? Pas sûr, peut-être juste victime de surmédiatisation. ✍ J.P. Boyer ★★★ SANTA MACAIRO ORKESTAR Paparazaï (New Speed Productions/PIAS) Les frères Godillo et leur fanfare déjantée et survitaminée nous invitent à bord de la Santa Macairo O rkestar pour un voyage atypique à travers un syncrétisme original des folklores de l'Europe de l'Est, de la Jamaï que et de la Nouvelle- Orléans. Coloré et poétique Paparazaï, enregistré fin 2007 par Emilio, Mario, Esteban, Giuseppe Miguel et Bernardo, nous propose un métissage survolté des cultures entre ska, musique des Balkans et jazz New Orleans, agrémenté d'un zeste d'esprit punk, le tout servi façon bastringue. À l'écoute de ce disque, on se surprend à imaginer ces scènes de vie quotidienne, anarchiques et décalées, que dépeint si bien Emir Kusturica, une des personnalités avec qui la Santa Macairo O rkestar a partagé la scène. C'est d'ailleurs en live et dans ses collaborations que la formation montre son génie du mélange, et sa souplesse à enjamber les frontières musicales. Les W ampas, Bertignac, Israel V ibration, Mardi Gras Brass Band, H igh Tone ou encore Kaly Live Dub, pour ne citer qu'eux, ont déjà succombé à ses avances fiévreuses et enivrantes. La Santa Macairo O rkestar donne son bal, c'est décalé, populaire et dansant ! ✍ N icolas H illali ★★★ ALEC Partir vers l'ouest (W armUp/Mosaï c) Un son puissant et sensible, caractérise le mieux ce quatuor. Guitares acérées et mélodies tranchantes servent d'écrin à des textes en français, tantô t grinçants, tantô t intimistes, mais toujours en métaphores. Alec nous livre aujourd'hui son premier album Partir vers l'ouest, résolument rock et bourré d'énergie brute. Coups de gueule et cris du cœ ur, émotions acerbes entre rage et folie, desservies par la voix de Cyril. À l'écoute, on sent tout de suite, l'influence de Noir Désir et autre Eiffel ! Pas étonnant, donc, qu'Alec collabore avec ce dernier, en reprenant quelques titres dans des ambiances riches et envoû tantes ! Dans l'absolu, ce premier album se laisse glisser dans vos oreilles avec subtilité. Douze titres allant de lourdes rafales électriques aux plus fragiles mélodies pop, mais toutes soudées par l'énergie et le son très rock qui caractérise Alec sur scène. Un univers sombre et mélancolique s'y allie parfaitement, tant au niveau textuel que graphique. Un groupe à découvrir absolument pour tous les accros du rock brut et dur ! ✍ Justine Sirk is ★★★ HE CONCRETES H ey trouble (T-Rec/Anticraft) Depuis quelques années déjà, la Suède est devenue pour bon nombre de gens (et j'en fais d'ailleurs partie), l'autre pays de la pop. Beaucoup moins racoleurs et suffisants que leurs cousins Anglais ou Américains, les Suédois ont été Légende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bö muf ! ! ★★★ Muuumm !!! ★★★★ Aaaahhh !!! ! ! capables d'insuffler un véritable vent de fraî cheur dans le monde du binaire. Ce troisième album des Concretes, groupe Suédois injustement méconnu, saura sans nul doute charmer plus d'un sceptique. Certes, H ey trouble ne possède ni la fougue, ni la puissance mélodique de leurs deux précédents opus, cela étant en forte partie dû au départ de la chanteuse V ictoria Bergsman, partie former Taken by Trees et siffloter sur le tube universel Young folks de Peter, Bjorn and John, mais il possède néanmoins assez de style, de charme, de chaleur et de relief pour en faire un album plus que digne d'intérêt. Le groupe a su faire face à cette cruciale étape dans sa carrière et a gardé la tête haute. Ils méritent très sincèrement autre chose qu'un banal succès d'estime. ✍ Christophe Guilbert ★★★ LES FATALS PICARDS Public (W arner) Dignes avant derniers à l'Eurovision 2007, les Fatals Picards auraient pu avoir une carrière à la Sofia Mestari ou autre Jonathan Cerada. C'était sans compter la folle détermination scénique des cinq musiciens, picards, comme leur patronyme — pour le moins original — l'indique. Crée en 1996 à l'initiative d'Ivan Callot — chanteur guitariste — et de son garage, le groupe affiche la couleur avec Les onze y trônent, un premier album au titre recherché. Le ton est donné : les Fatals Picards font dans la gaudriole, la vraie. Suivront entre autres Amiens, c'est aussi le tien en 2000, Picardia independenza 5 ans plus tard, jusqu'au plus connu Pamplemousse mécanique qui valut à la formation la reconnaissance du Service public, et à la France son annuel quart d'heure de honte européenne. Pas de quoi altérer la légendaire bonne humeur de nos cinq rigolos qui continuent d'enchaî ner les scènes avec leur répertoire alliant — avec la plus grande subtilité — punk, reggae et chanson à texte. Du presque culte L'amour à la française au poétique Seul et célibataire en passant par le très engagé Goldorak est mort, le groupe a compilé rien que pour vous les meilleurs moments de son épopée dans un CD/DV D live inédit. 21 titres et 17 4 minutes d'images, de quoi passer un bon moment, si toutefois vous veniez à avoir le même sens de l'humour… ✍ Aurélie Selvi ★ ALAIN BASHUNG Bleu pétrole (Barclay) Depuis L'Imprudence et avec Le cantique des cantiques, on pensait Alain Bashung parti sur les routes de l'intellectualisation à outrance de sa part artistique. Notre Radiohead à nous n'ira pas jusqu'à dégoû ter les inconditionnels de sa musique pour faire « style «. Vieux rocker revenu de tout, du hit en radio jusqu'à l'album furieux, il avait tout vu, tout connu, et pourtant à 6 0 ans, il redécouvre le plaisir de chanter et en profite pour fédérer autour de sa stature de commandeur un (grand) public. C'est avec une envie certaine de faire un disque direct qu'il a entrepris ce Bleu pétrole. 6 ans de tâtonnements, de collaborations diverses pour retrouver l'essence même de la pop musique. Bashung reprend goû t à la joie du chant et cela s'entend. Entre country, pop et folk, ce nouvel opus touche au divin tel son ancien joyau O sez Joséphine. Dans la même idée qu'un Johnny Cash trouvant son Rick Rubin, Bashung va chercher Gaë tan Roussel, l'homme de Louise Attaque. Sur un fantasme de country urbaine, Alain Bashung s'équipe pour un grand voyage vers une oasis qui aurait pu se terminer dans une mer de sable aride. Avec ses vieux complices, dont Marc Ribot qui varie ses guitares en fonction des thèmes abordés, en compagnie de jeunes pousses comme Arman Méliès ou Joseph D'Anvers, le cow-boy parisien pose un regard sur l'époque que nous vivons via Résidents de la République, Le secret des banquises, Hier à Sousse. D'une intelligence rare, Bashung ne vole personne, mais s'approprie le travail des autres pour le magnifier à sa sauce. Rien ne colle au fond de la casserole. Pour parachever l'ouvrage, le chanteur demande à Gérard Manset de mettre son grain de génie et sa plume sur ce disque. La reprise de Suzanne, ou Il voyage en solitaire, comme autant de preuves que Bashung, même dans les bottes d'un autre, est d'une pointure au-dessus de tous les autres. ✍ Pierre Derensy ★★★★



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