Nouvelle-vague n°140 mai 2008
Nouvelle-vague n°140 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°140 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (209 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 7,1 Mo

  • Dans ce numéro : Dionysos.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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#140 DAISYBOX Polyester (MVS Records/Anticraft) Le plus parisien des groupes de musique nous revient avec un nouvel album, Polyester. Daisybox ne fait pas du rock français mais du rock en français ! Depuis la création du groupe, il y a eu quelques petits changements de label pour commencer, et le quatuor est devenu trio. L'esprit Daisy est toujours là mais avec la maturité et l'expérience de la scène, des vraies mélodies pop, des ambiances impressionnistes et des textes évocateurs. Le disque démarre très fort avec le titre Polyester, très pop, mi biographique, mi-imagé. Puis vient la chanson Dentelle avec la douce voix d'Anne-Lise la bassiste, résonnant dans les chœurs. Polyester, leur troisième album est aussi le plus abouti. Une fraîcheur qui manquait quelque peu à Diagnostic, une énergie retrouvée et des textes proche de la perfection. À noter également le titre Le dessert, très humoristique. Daisybox s'est libéré de la pression des majors et décide de n'en faire qu'a sa tête ! Pari réussi ! ✍ Justine Sirkis ★★★★ LES TIT'NASSELS Deux trois trucs... (At(h)ome/Wagram) Deux, trois trucs est un album très diversifié et en décalage avec son temps. On découvre des styles très différents. Certains titres sont entraînants tel L'usine à papa où le chant et la musique nous ramènent dans un autre temps, on est loin de l'actualité. Tout comme Soixante millions de…, un titre plutôt marrant — il faut oser parler du quotidien des pigeons, des moutons et des cochons. Cet album prend une autre allure lorsque l'on se penche sur des morceaux moins rythmés. Ce duo a trouvé une façon de s'exprimer et de pousser un cri d'alarme en seulement 3 minutes d'écoute. Ça nous fait parfois penser à une ballade, ils nous transportent dans leurs univers bien à eux, très spécifiques. Axl pose sa voix, il rentre complètement dans son monde tandis que Sophie part peut-être des fois trop dans les aigus. Leurs timbres sont très distincts, ce qui rend parfois le mélange des deux voix pas très agréable. On sent quand même de la part de cette artiste une très forte implication dans cet album, on ressent son sourire, mais ses titres passent mieux en solo qu'en duo. ✍ Stéphanie Fenech ★★ GOREALA Metaphor za mtaa (Street metaphors) (UpToYou Foundation/2 Good) « Espérer, c'est déjà moins souffrir », dixit Guy de Maupassant. Issu de la scène freestyle kenyane, le rappeur underground Eric Mukunza aka Goreala nous plonge dans la vie quotidienne du quartier d'Eastland à Nairobi, et écorche plus globalement les « problématiques « de la réalité africaine dans son ensemble, sur des textes en anglais, swahili et sheng. Disparités pauvres/riches, corruption en tout genre, violences urbaines, système branlant, Metaphor za mtaa développe une succession d'images pour dépeindre une fresque sociale puissamment expressive, toujours placée sous le signe de l'espoir. Guitare bluesy et ambiance poussiéreuse sur Miss-K, beat emmené, samples aériens et rêveur sur Their rules », atmosphère sombre, un peu oppressante, sur Metaphor, scratches récurrents, influences soul, mélange de sons « modernes « et d'instrus traditionnelles, la palette sonore est tellement riche qu'elle en devient quasiment indescriptible. Epaulé par Projekt et DJ BouleOne, Goreala dresse une toile sonore créative et colorée, bercée par un discours qui prône l'espoir du changement et l'envie d'avancer comme armes subversives. Quand un message est véhiculé de la sorte, il ne peut que bien circuler ; c'est en tout cas à « espérer «. ✍ Matthieu Bescond ★★★★ GONG GONG Mary's spring (F Com/PIAS) Mary's spring est un rêve et Gong Gong son marchand de sable. Au royaume des songes, on se promène d'un paysage à l'autre sans comprendre, ni même chercher à comprendre, le comment du pourquoi. On s'immerge dans une forêt luxuriante de sonorités indescriptibles, de voix irréelles, chacune chuchotant un récit, une fable, une histoire. Si le songe de Mary évoque le printemps, l'enfance et l'innocence, le vôtre pourrait aussi bien évoquer une contemplation suggestive et sensuelle, voire provocante. Le rêve constitue la part la plus intime et la plus aboutie de l'imaginaire humain. Il est même sa quintessence ultime, à la fois terre de refuge, de fantasmes, d'angoisses. Extirpé de son sommeil, ramené dans le champ du réel, Gong Gong est indéfinissable, Gong Gong n'a plus de consistance matérielle. Alors oui, on pourra s'essayer à raconter ce voyage en utilisant des mots, forcément réducteurs comme par exemple : " Le travail des musiciens est basé sur une orchestration mêlant sons acoustiques et organiques au sein d'une construction numérique. Le point de départ est un duo basse, contrebasse/batterie, appuyé de machines, séquenceurs, samplers ". On pourra aussi tenter les comparaisons, souvent maladroites : Amon Tobin, Kid Loco ou même Cocorosie. Non. Mary's spring est un rêve, un rêve ne se raconte pas, définitivement. ✍ Yan Degorce-Dumas ★★★★ JAMIE LIDELL Jim (Warp/Discograph) En 2005, son précédent album Multiply a fait l'effet d'une véritable bombe ; un disque plébiscité et considéré unanimement comme un véritable chef d'oeuvre. Jamie Lidell est devenu pour beaucoup une sorte de prince de la soul et du funk. Les rock-critics l'ont porté aux nues et l'ont comparé aux plus grands, de Marvin Gaye à Stevie Wonder en passant par Otis Redding ou encore Prince. Avec ses tenues extravagantes et son jeu de scène inimitable, le dandy dégingandé a arpenté les scènes de la planète et n'a laissé personne indemne. Il est évident que l'on attendait le successeur de cet opus avec une impatience non dissimulée. Et bien, cela valait la peine de patienter. Jim fait déjà figure de classique instantané. Pas une seule faute de goût, la production et les arrangements sont parfaits, l'homme a une fois de plus su s'entourer dignement car il s'est adjoint les services de Mocky, Gonzales et de la sulfureuse Peaches. Les mélodies sont imparables et nous évoquent parfois les grandes heures de la Motown ou de Stax. Jamie Lidell est en passe de s'installer au firmament. 2008 sera sans nul doute son année. ✍ Christophe Guilbert ★★★★ ROBERT LE MAGNIFIQUE Oh yeah baby... (Idwet/La Baleine) gnifique en 2002 et Kinky attractive muse sorti en 2004, l'électron libre de l'électro française signe Oh yeah baby…, son troisième album. Armé de sa basse, de ses expériences personnelles, de ses scratches acérés et de ses machines, Robert le Magnifique délivre 12 titres à la fois poétiques, rythmés, variés et massifs. En habile alchimiste sonore orienté hip-hop/électro, il n'hésite pas à intégrer de larges sonorités rock emmenées par les guitares d'Olivier Mellano de Psykick Lyrikah et de Thomas Poli. Talentueux et créatif, Robert dévie volontiers des sentiers battus, laissant de côté les modes et les tendances pour suivre son instinct et développer une vraie personnalité artistique. Après écoute, on a envie de crier : Oh yeah Robert !!! ✍ Benjamin Brégeaut ★★★★ Légende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bömuf ! ! ★★★ Muuumm !!! ★★★★ Aaaahhh !!! ! ! COLLIE BUDDZ (Columbia/Sony BMG) Pour tous ceux qui s'attendent à voir venir une sorte de M. Pokora, à cause de la tenue et surtout du visage, qui, il faut dire, trompe beaucoup, ceux-là devraient s'arrêter de suite, il n'y a que ça qui fait qu'il lui ressemble. Le choc vient en tout premier de sa voix qui donne directement le ton du personnage : c'est un mélange entre un bon reggae et un ton léger de Sean Paul. Collie Harper Buddz nous vient tout droit des Bermudes. Son histoire musicale est assez courte pour l'instant, mais il a certains points forts sur son CV tels qu'une nomination dans la catégorie de l'artiste internationale de l'année lors des EME Awards à Kingston (Jamaïque), dans la même catégorie que Shaggy, Sean Paul, Buju Banton… Son premier album éponyme sortira dans les bacs en juillet 2008 avec quelques featuring assez connus comme Krayzie Bone, un des membres du groupe Bone Thugs-N-Harmony, et un bonus track avec Young Buck et Tony Yayo du G-Unit. Pour en revenir à sa voix, il a cette manière de rouler les mots tel un chanteur de reggae assez classique, c'est d'ailleurs ce qui caractérise l'album dans son ensemble. L'un des seuls points négatifs, c'est que les ingrédients pour faire un bon albumentièrement reggae étaient réunis, mais le fait de sentir une cassure dans les pistes où Buddz passe à un r'n'b trop classique rabaisse un peu le niveau. Une voix très intéressante, mais qui est reflétée de manière trop classique par l'album. ✍ Abdelhakim Abardi ★★ BJØRN BERGE Live in Europe (Dixiefrog/Harmonia Mundi) Bjørn Berge se demande : « peux-t-on jouer du Motorhead avec une guitare 12 cordes acoustique ? », et il prouve dans l'instant que, non seulement on peut, mais que le résultat est des plus impressionnant. Il fait du méga tube Aces of spades, un blues qui décoiffe, un blues graisseux, une étonnante et détonante reprise ! Le traitement du Give it away des Red Hot est du même calibre, du calibre 12, douze cordes métalliques et un bottleneck manipulé de main de maître. Mais son répertoire ne se limite pas à ces covers, il connaît son blues sur le bout des onglets, ses propres compos n'ont rien à envier aux classics de Blind Lemon Jefferson. Et quand il délaisse la guitare acoustique pour une électrique, on se demande s'il est vraiment toujours seul sur scène. Berge est norvégien, si ce n'était son look mi bûcheron mi punk, il pourrait être le cousin viking du regretté John Campbell. Car c'est bien de blues qu'il est question ici, et du meilleur. Le DVD bonus nous permet de découvrir de plus prés son étonnante technique et sa redoutable présence scénique. ✍ Jacques Lerøgnøn ★★★★ TIO MANUEL 3 cosas (La Fugitive/Mosaïc) 3 cosas s'écoute avec plaisir. C'est un album écrit naturellement en espagnol, avec quelques phrases mêlées en anglais. Ça s'associe facilement aussi bien en fond musical, lors d'un repas, qu'en soirée. On a l'impression de quitter le pays est de se retrouver ailleurs, dans une autre ambiance, une autre culture. On distingue à travers la musique un timbre un peu cassé, très agréable à l'oreille. C'est dommage que l'instrumental passe souvent par dessus cette voix si plaisante. On navigue dans un style un peu pop espagnol, on se croirait au milieu du Far West, attablé avec des cow-boys dans un saloon. On ressent diverses influences musicales. Chaque titre a son histoire et nous transporte dans un univers différent, mais l'album reste quand même dans la même lignée, sur le même ton. ✍ Stéphanie Fenech ★★★
KWAK Malice en la demeure (autoproduit/L'Autre Distribution) Kwak, c'est le son d'un rock finement ouvragé qui navigue d'humour grinçant en errance nostalgique, de ballade mélancolique en chasse à courre débridée. Dans ce paysage sonore, les guitares crient ou murmurent jusqu'à se taire. Digne successeurs de Louise Attaque et de Tryo (avec lequel ils ont collaboré), l'album Malice en la demeure s'ouvre sur une question : Et alors quoi ? Ou comment surgit la colère lorsque tout s'accumule. Colère encore, dans les guitares saturées de Simili, ou tout ne paraît qu'imposture. Puis, un harmonica endiablé apporte de la fraîcheur à la musique, jonglant avec des textes remplis d'émotion et de poésie. De nostalgie en pulsions créatrices, Kwak nous invite dans ses histoires : tantôt cri d'amour désespéré, tantôt délire d'artiste qui doute comme dans le morceau Miteux. Quatorze histoires comme autant de titres qui composent un album surprenant, dans lequel les blessures intimes se chantent en fables déjantées. ✍ Justine Sirkis ★★★ Web : www.myspace.com/kwaklegroupe. GIRLS IN HAWAII Plan your escape (Naïve) Après quatre ans d'absence, les Girls in Hawaii reviennent ; quatre années pendant lesquelles ils se sont remis en question pour un résultat plus que probant. Dès le premier morceau This farmwill endup in fire, les mélodies sont étincelantes, l'ambiance nostalgique plonge l'auditeur dans un climat douillet, croisement improbable entre les Beach Boys et Pavement, mis en relief par des arrangements et des trouvailles qui habillent les morceaux d'étranges atmosphères (ligne de mandoline sur Couples on TV qu'aurait pu composer Tom Waits), la production impeccable de Jean Lamoot (Bashung) laissant une marge de manœuvre essentielle au groupe. La Belgique exporte un nombre de talents impressionnants et si on devait faire le ratio par rapport au nombre d'habitants, elle semble être le berceau de la pop. Une pop intelligente et bricolée, laissant une grande place au hasard, aux accidents. Un album sur le fil, unique, qui se doit de figurer entre Deus et Radiohead. ✍ J.P. Boyer ★★★★ KALY LIVE DUB Fragments (Dub Dragon Prod./PIAS) Avec Fragments, leur quatrième album, le collectif Kaly Live Dub semble vouloir confirmer la voie prise par la scène électro dub à la française : s'éloigner des racines dub jamaïcaines maintenant bien lointaines, pour n'en conserver que les fondations rythmiques, spatiales et intellectuelles. En découle une musique bien plus sombre, à l'esthétique électronique revendiquée, qualifiée ça et là d'électro noise. Homogène, angoissant et minutieux, l'album affirme finalement une identité propre et s'avère même moins rébarbatif que les anciens enregistrements du groupe, grâce à des compositions et arrangements d'une subtilité rare. Le Kaly conquit son efficacité en cherchant la délicatesse au milieu de la brume, en atteignant une beauté sulfureuse, dérangeante mais irrésistible. ✍ Yan Degorce-Dumas ★★★ VICKI VALE La vie après l'amour (At(h)ome/Wagram) « J'ai eu tort d'espérer que tu reviendrais à nouveau… », ainsi commence les paroles du premier album du groupe Vicki Vale. Vicki Vale, c'est l'alchimie parfaite de Thomas d'Aqme et de Yannde Mass Hystéria. La vie après l'amour est un album magique aux mélodies fragiles et aux textes amplis de réalité amoureuse, qui ne s'y reconnaîtrait pas d'ailleurs ? Un mélange parfait des genres qui dessert avec brio la voix de Thomas. On y découvre un être écorché, plein de sensualité et de tendresse. Un être délicat qu'on soupçonnait chez Aqme, mais que Vicki Vale révèle totalement. Dans La vie après l'amour, on découvre un univers torturé aux notes douces et subtiles, quelques instants de douceur après s'être peut être trop aimé… Un disque qui touche le cœur et l'âme. Vicki Vale nous livre onze titres intimistes, entre pop acoustique et folk alternative... Un premier opus en forme d'invitation à l'onirisme, où règne émotion, nostalgie et mélancolie. ✍ Justine Sirkis ★★★★ ONZE H 30 (Prikosnovenie/Anticraft) Une drôle d'horloge et des engrenages mécaniques en fond de pochette, le visuel atypique de Onze h 30 étonne. Ce groupe qui fait figure d'extraterrestre dans le paysage musical français est une mécanique de cirque déjantée. La voix douce de Clémence Bloch et des textes poétiques propulsent un rock ciselé et puissant — mêlant électro et valses à la YannTiersen — pour un disque original, inqualifiable, délicat et bordélique, mais toujours électrique. Onze h 30 est un dictionnaire de contraste à lui tout seul. Leur fraîcheur et leur gravité, leurs façons foutraques et rigoureuses, leur curiosité et leur détermination… tout un monde ! La musique qu'ils nous offrent est à leur image : brute, violente et douce à la fois, ancrée dans la modernité et chargée du passé, dotée d'une attachante et forte personnalité. Et si les mots qui peuplent leur univers ne font pas sens immédiatement, alors c'est leur musicalité qui parle aux sens. Troublant… ✍ Justine Sirkis ★★★ EIGHTY BEATS CREW Bottom to top (Fat Beat Crooner Records/Openzic) Eighty Beats Crew est né en septembre 2007, d'une rencontre entre un musicien (A.Lanvers) et un DJ (DJ Bebz). Une rare entente musicale rallie ces deux boulimiques d'électro et ils choisissent rapidement de créer ensemble un album Bottom to top. Leurs compositions ne tardent pas à être remarquées par la presse spécialisée. Il s'agit donc, d'un album à multiples tendances (techno, clash, techno minimale), avec pour ligne directrice la recherche d'une couleureighty's revisitée. Jouant parfois sur notre inconscient et déviant de temps en temps sur un côté pop, ce disque vous emmène dans les affres du rêve musical. Joss participe également au projet nantais, écrivant ses textes à double sens et mêlant sa voix unique sur leurs productions. Un album qui devrait combler les accros de techno et de dream. Pour les autres, votre esprit et vos jambes n'y resteront pas insensibles. ✍ Justine Sirkis ★★★★ Mail : eightybeatcrew@hotmail.fr. Web : www.mspace.com/eightybeatscrewt.



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