Nouvelle-vague n°139 avril 2008
Nouvelle-vague n°139 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°139 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : Chinaski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
#139 COMPILATION Le meilleur du reggae français collector 2007 (Elohim/Naïve) Ca balance, ça remue et donne envie de bouger son corps. Cette compilation qui reflète le paysage reggae Français est une initiative à louer. Les chansons sont pour la plupart pleines de bonnes intentions comme PaPa Tank avec le titre De L'eau ou dénonciatrice des malheurs du monde avec Seigneurs de guerre de Daddy Mory. Les petits français n'ont donc rien à envier aux rythmes de la Jamaïque puisqu'ils font au moins aussi bien que Ziggy Marley ou Alpha Blondy. Tolérance dans les textes, prise de conscience sur l'état du monde et le respect des autres, autant de sujets chers à cette musique si caractéristique, qui prouvent que les hommes pourraient vivre heureux sans conflits, comme le dit la formation Baby G & Keefaz dans sa chanson On y croit encore. Un petit cocktail savamment bien dosé de chaleur africaine et de percus traditionnelles. Un petit goût d'été avant l'heure… Un moment de détente assuré pour les amateurs de reggae, et le plaisir de découvrir ce style musical pour tous les autres. ✍ Justine Sirkis ★★★ KOLJA Wide open (Reset Junior/EMI) Je ne me réveille pas la nuit pour écouter de la musique en ce moment. C'est plutôt moyen moins la production discographique : soit du très convenu, soit du très pointu. Alors quand j'ai reçu Kolja, je me suis dit, celui-là avec son nom à coucher dehors, ne va pas m'aider à rester en éveil. Et puis voilà, depuis que je l'ai écouté, je ne me sépare plus de son disque. Je me suis renseigné pour vous : Kolja, à prononcer Kolia, est né d'un père allemand, a vécu en Argentine, parle 4 langues couramment et son nom est russe. Il a, semble-t-il, composé la majeure partie de ce disque sur une pauvre guitare qu'il avait achetée à 18 ans, il a fait partie de groupes éphémères avant de se réveiller (décidément) pour commencer une carrière solo et enfin, il a échappé à 2 noyades et un accident de la circulation (ce qui prouve que l'on ne peut pas être bon partout). Revenons-en maintenant à la musique. Douze chansons étonnantes, mélancoliques, élégantes en langue anglaise. Sa voix sucrée, posée sur quelques notes de piano dans The kill démarre doucement avant de se voir rejoindre au fil de la chanson par une orchestration élancée et désinfectée de trop d'énergie. C'est dans ce tempo doux qu'il exerce son métier d'artiste le plus bouleversant. Mais, comme il faut bien que jeunesse se passe, à la manière d'un John Lennon débarrassé de sa sangsue d'épouse, il utilise les chœurs pour monter et descendre les mesures et les marches de ses titres. Cet album est un beau calibrage, finement produit, d'un talent en herbe entre pop et rock, comptine et désespoir nerveux. Hush ou Bless, qui attaquent au quart de tour, guitare facétieuse, batterie en cadence, viennent stimuler l'auditeur avant de le murer de tendresse sur Stars & moonlight ou Embrace my madness (mon dieu cette chanson !) qui ferait contredire tout ce que j'ai pu vous expliquer. Recherché et efficace, Wide open coïncide à plein de disques dont on aurait une chanson fétiche dans chaque album. Plutôt que de changer à chaque fois dans votre platine le CD, laissez tourner Kolja, vous vous réveillerez du bon pied. ✍ Pierre Derensy ★★★★ MELINGO Maldito tango (Manana/Naïve) Le tango est souvent synonyme de sensualité, de tendresse et de complicité amoureuse. Melingo exprime tout cela dans son nouvel album Maldito tango, voyage dans l'Espagne, le temps d'un instant musical. Une pause hors du temps et de l'espace où les amoureux peuvent prélasser leurs corps en de lents mouvements. Bien plus qu'à écouter, ce disque est aussi un hymne à la danse. L'accordéon se mêle subtilement à la voix de Légende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bömuf ! ! ★★★ Muuumm !!! ★★★★ Aaaahhh !!! ! ! Melingo pour fusionner avec l'artiste. Le violon sur A lo Magdalena complète parfaitement cette alchimie. Pas besoin de comprendre l'espagnol, pour être forcément touché par la grâce de ses morceaux. Le tango est quelque chose de passionnel qui se ressent au fond des tripes, un peu comme en amour, et qui déclenche tout un éventail d'émotions, tel le titre Cha digo ! qui mélange les cordes sensibles de la guitare et la voix virile de Melingo, y ajoutant toute sa force mais toujours en parfait équilibre. Un disque à recommander pour tous les amoureux, ça tombe bien c'est le retour du printemps ! ✍ Justine Sirkis ★★★ GLOW Corps exquis (autoproduit) Définition du verbe « to glow « : « briller «, « déborder », « luire », « être ardent », ou encore « brûler ». Branchez les machines et déversez les basses (Nécris), mixez serré ces termes aux sonorités des plus exaltées, extrayez leur substantifique essence et distillez-la généreusement sur fond de guitares énergiques (Nécris et Loomax), de batteries synchroniques (Niko) et de voix quasi onirique (Askan). Saupoudrez d'un délicat halo de poétique mélancolie. Ne laissez surtout pas reposer, dégustez, et laissez-vous aller au charme quasi suranné du trio Glow. Mystique romantique, sombre autant que prolifique, il vous emporte aussitôt vers de lointaines contrées peuplées de chair et de lumière, de démons et de félins noirs, de clarté et d'espoir. Si les séraphins d'Indochine vous frôlent, si le Nirvana vous hèle, si les fantômes des abîmes vous interpellent, ne virez pas Paranoïac, adonnez-vous délibérément aux Corps exquis, Les yeux ouverts, sans Sexambiguité, avant de vous offrir, Ruby glam sur ongle, Des amusebouches version Crystal bleu. Ça va mieux ? Hey, Garçon-X !, vous me mettrez un peu d'Inoxygen, quand même ! ✍ Céline Rastello ★★★★ Web : www.myspace.com/glowspace. Mail : contact@glow.fr.
ALBIN DE LA SIMONE Bungalow ! (Cinq7/Wagram) Retrouver Albin de la Simone, c'est sourire au flot de ses mots si précieux. Albin, c'est le copain de tous les sans charisme fixe, qui touchent leur bille quelque part, mais qui préfèrent garder leur prédispositions secrètes pour des proches. Les 2 disques précédents de ce garçon sont cultes, même si Je vais changer atteignait des sommets trop hauts pour les yeux et les oreilles des français, habitués à contempler la Tour Eiffel sur un air de Michel Sardou, plutôt que l'Annapurna avec le crooner de votre choix. Car les battements d'ailes de papillons dans les chansons d'Albin de la Simone entraînent des conséquences considérables. Outre un clin d'œil à Richard Gotainer sur N'importe quoi, ce garçon est fils de pub. Une sorte d'homme d'ambiance pour BO de Max Pécas ou Jacques Rozier. Car voilà : au premier degré, c'est pétillant, chaleureux et les tempos de ses claviers font écran. Il faut toujours forcer la main et les désirs de spectaculaire chez lui, pour s'attacher à l'envers du décor. Ses métaphores prudentes pour parler du monde lui enlèvent l'épine du pied narcissique, très présente sur ses précédents albums. Derrière le fard à paupière entraînant d'un titre comme Sympa débarque Ce pull, ou comment être poétique, sensuel et pas chiant pour autant. Le Tom-Tom et Na-Na des percussions dans J'aime lire montre bien que ses expériences pour d'autres artistes enrichissent sa garde-robe. De plus, sur les 11 chansons du disque, il y a une collision de divers continents (souvenir de la musique mandingue ou de l'enregistrement dans un bungalow sur l'île de Bali) avec un truc de dingue en plus, comme de faire sonner des chiffres dans Vendéen. C'est peut-être aussi, ce gimmick d'un chœur qui lui donne sur 8 chansons une réplique cinglante (transposition numérique de sa propre voix pour devenir en « sons » une femme fatale). Très musical et adroitement saccadé, Bungalow ! se la joue modeste, alors que c'est un véritable château. La simple conclusion qu'il nous offre sur Le tire-fesses démontre toute la finesse de ce chanteur si particulier. ✍ Pierre Derensy ★★★★ THE WANTONES I want you (Tôt ou Tard) La Saint-Valentin ! Voilà un véritable casse-tête pour les trois quarts des mecs en couple. Les garçons trouvent dans leur écrasante majorité que c'est une fête mièvre, uniquement commerciale. Ils n'ont qu'une envie, ne pas la célébrer. Mais le dilemme est que les filles aiment la Saint-Valentin, et si on rentre chez soi les mains vides, on se fait engueuler. Les mecs achètent donc des fleurs à contrecœur, uniquement pour éviter une scène de ménage ! Ouf, pour l'année prochaine on a une solution : cinq musiciens se sont réunis et se sont tapés le délire de reprendre 11 chansons qui ont la particularité de toutes s'appeler I want you. Tous les styles sont visités, ça va de Dylan à Tom Waits, en passant par Debbie Harry (Blondie), Elvis Costello, Dean Martin ou encore Kiss. Le résultat sent l'amusement et la bonne humeur. Quand je vous aurais dit que le chef de ce projet nommé The Wantones n'est autre que JP Nataf des Innocents, vous vous direz que cette idée de cadeau n'est vraiment pas si bête, et quand vous saurez qu'il s'est entouré d'Albin de la Simone, du réalisateur Bertrand Bunello ou encore de Kim Fahy, leader des impeccables The Mabuses, vous courrez chez votre disquaire pour préparer le 14 Février. ✍ Simon Pégurier ★★★ THE MIGHTY DIAMONDS Inna de yard (Makasound/PIAS) Au milieu des années 60, trois amis se retrouvent souvent au coin d'une rue à Trenchtown pour chantonner sur un skank de guitare des textes qui préconisent l'émancipation et la rébellion spirituelle pour échapper à la frustration et l'illusion matérialiste, ils prônent l'éveil des consciences pour une vie proche des règles de la nature. Très vite leurs harmonies vocales vibrantes de justesse et de profondeur font mouche et les Mighty Diamonds se retrouvent à être un des groupes les plus populaires de l'île dans les années 70, dans la lignée des trios vocaux qui firent écho aux quatuors soul américains comme les Drifters ou les Four Tops. En février dernier, les membres du groupe ont réenregistré 10 de leurs standards en acoustique. 30 ans plus tard la magie opère encore. Une rythmique de guitare épurée et des percussions Nyabinghi guident leurs 3 voix cristallines. Les Mighty Diamonds sont aujourd'hui les gardiens d'un temple et les témoins d'une aventure spirituelle et humaine, celle d'un peuple déporté qui se cherche une histoire et une destinée commune et qui a trouvé avec le reggae un langage universel que le monde entier écoute. Alors que l'économie pousse les Africains à l'exil, son attractivité spirituelle n'a jamais été aussi forte ici. Le mouvement Rasta voit dans le retour à la terre Africaine de nos ancêtres et à ses valeurs, un nouvel humanisme porteur d'espoir pour le monde. Naviguant entre les fantasmes occidentaux sur l'Afrique et la réduction de leur discours à une consommation culturelle festive, infatigables pédagogues, les Mighty Diamonds sont toujours debout pour partager leur sagesse. ✍ Emmanuel Truchet ★★★★ YARBLOCKS The deadly sunrise (Syncope/Season of Mist) Yarblocks est un groupe manceau qui distille un hardcore des plus nuancés. Influencé par Nostromo, Converge, Knut et autre Sonic Youth, Yarblocks oeuvre dans un hardcore mélodique, mais par contradiction très cinglant. Le groupe ose et réussit à mélanger émotions et riffs triturés, clarté et chaos sonore, bref une imagination qui déborde et qui fait de Yarblocks un des dignes représentants de hardcore bruitiste aux delà de nos frontières. Les 5 compères se sont déjà forgés une grosse réputation scénique aux côtés de Eths, Doggystyle, Kevorkia, Scorch, Pulsion, Housebound… et une démo très remarquée en 2004 a reçu de nombreuses éloges. Leur premier maxi The deadly sunrise vient de sortir dans les bacs. Violence et haine au chant comme aux mélodies pourraient assez bien résumer ce premier CD. Une énergie qui n'a rien à envier aux plus grands groupes du genre. À écouter absolument pour tout fan de hardcore et de métal qui se respecte. ✍ Justine Sirkis ★★★ + de chroniques sur



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :