Nouvelle-vague n°139 avril 2008
Nouvelle-vague n°139 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°139 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : Chinaski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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##139 HADOUK TRIO Baldamore (Naïve) Depuis plus de 10 ans, Hadouk Trio fait un malheur chez les puristes de musique jazz et de musique du monde. En effet, cette formation composée de trois musiciens multi-instrumentistes — Didier Malherbe (saxo, flûte, occarina et doudouk), Loy Ehrlich (clavier, gumbass, sanza, kora) et SteveShehan (percussions, archets atmosphériques, hang) — est un concept novateur dont l'utopie est l'essence même du groupe. Melting pot détonnant de plusieurs genres musicaux dont la pop, le classique lounge ou encore l'ambiant music, Hadouk Trio, avec ce nouvel album Baldamore, vous emportera dans un autre monde plein de musicalités différentes. De l'Afrique à l'Orient, vous traverserez l'univers de ce groupe qui marquera le début, enfin peut-être, d'une longue symbiose avec eux. Ambiance feutrée, percussions exaltées, et instruments rares venus d'ailleurs vous transporteront bon gré mal gré, dans cette musique venant tout droit de leur imagination et de leurs voyages. Tous les trois ont eu des collaborations emblématiques telles que Loy Ehrlich avec Youssou N'Dour et Peter Gabriel, SteveShehan avec Paul McCartney et Didier Malherbe avec Robert Wyatt, rien que ça Pour ce dernier, il est le cofondateur du mythique Gong avec David Allen, et reste le virtuose invétéré de ce saxophone avec qui il ne fait qu'un. Baldamore est, parmi tous les albums d'Hadouk Trio, une pure merveille, à découvrir sans plus tarder pour un voyage épicé garanti. ✍ Laure Rivaud-Pearce ★★★★ JIL IS LUCKY The wanderer (Roy Music) Derrière Jil is Lucky se cache un jeune homme charismatique (Jil) et ses six musiciens (The Memphis Deput(i)es). Inspiré par l'Amérique, ce commando folk nous livre un premier maxi sans fioriture. The wanderer se fonde sur des guitares douces et un chant ému. Jil fait quelques simagrées, mais on ne pourra pas lui reprocher de tenter tout ce qui est en son pouvoir pour nous avoir une larme. L'ensemble reste correctement élaboré, grâce à un appel à de nombreux instruments. Sans chercher à être original, Jil refuse de se reposer sur une même formule pour chaque titre. Sur la chanson-titre, les violons, les cuivres et les chœurs des copains restituent l'atmosphère conviviale qui semble régner dans les rangs du groupe, tandis que le tambourin de I may be late évoque la pop-soul des années soixante. L'état d'esprit est positif, l'agencement est notable, donc l'écoute ne peut pas être désagréable. ✍ Jean-Philippe Blanchard ★★ BUCK 65 Situation (WEA/Warner) Acteur incontournable de la culture hip hop, affilié pendant un temps à l'écurie Anticon, le canadien Richard Terfry alias Buck 65 est de retour avec une énième production nettement plus old school. L'artiste s'essaye ici à ce que l'on pourrait qualifier d'approche socio-historique, interrogeant sur la « situation « de la société actuelle en la comparant à 1957, année de bouleversements, avec l'émergence du mouvement de la Beat Generation, l'avénement du rock n'rollauprès du grand public (sortie de Jailhouse rock), le situationnisme, la guerre froide, etc. Pour ce qui est du son, Situation n'est pas à ranger dans les disques innovants, même si l'esprit créatif est là. Ici, pas d'expérimentations en tout genre, Buck 65 Légende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bömuf ! ! ★★★ Muuumm !!! ★★★★ Aaaahhh !!! ! ! assume donc un retour clairement old school, entouré par le talentueux et efficace turntablist Paul « Skratch Bastid « Murphy ou par le flow de Candence Weapon sur Benz. Et si le côté « monocorde « de ce genre de productions peut pointer le bout de son nez, l'alternance de titres emmenés avec des morceaux plus atmosphériques et cinétiques à l'image de The outskirts (où le rappeur reprend le thème de Jeux interdits, osé mais réussi) les scratches en pagaille, les samples bien placés, et le côté instrumental finement ajusté des basses, claviers, percussions, trompette et autres harmonica, finissent pas nous renvoyer dans les cordes. Certainement une des meilleures sorties hip hop du moment. ✍ Matthieu Bescond ★★★★ BEN POPP Sur du vent (autoproduit) On en sait peu à propos de Ben Popp. On ne sait pas quel est son âge. On ne sait pas s'il est marié ou s'il est seul. On ne sait pas s'il vit de sa musique, sinon ce qu'il fait... Bref, on ne sait pas qui il est. Et pourtant, Ben l'anonyme nous présente son — tenez-vous — quinzième album. Et qu'est-ce qu'on dit ? Vive l'autoproduction ! Auteur, compositeur, guitariste, chanteur, producteur… Ben fait tout sur son disque. Il n'a pas de groupe et il s'en accommode : il a concocté quelques programmations et des rythmes à faire jouer à la boîte qui l'accompagne… C'est assez sommaire, mais, en fin de compte, tout est axé sur la voix de Popp. Les paroles sont bien écrites. Mélancoliques, romantiques, drolatiques, les textes sont chantés avec une voix douce et attachante. Sa guitare intervient par touche pour donner une allure « américaine « à cette musique ironique. Ben Poppa beaucoup à donner, son esprit fourmille de mélodies, il nous les offre dans des dispositions modestes. Pour résumer, ce sont de jolies chansons bricolées à la maison par un artiste honnête. ✍ Jean-Philippe Blanchard ★★
NICK CAVE & THE BAD SEEDS Dig, lazarus, dig (Mute Records) Un peu plus de 3 ans après l'étonnant double CD Abattoir blues/The lyre of Orpheus, et moins d'un an après son escapade roots de Grinderman, Nick Cave réunit de nouveau ses Bad Seeds pour un CD marquant son retour au rock. L'album ne manque pas de théâtralité, le chant de Nick Cave garde son côté gospel, son inimitable phrasé incantatoire, relevé (tel un chili épicé) par les sons rudes des guitares saturées et rageuses. Il faudrait se pencher plus longtemps sur les textes pour en extraire la substantifique moelle, (Nick Cave lui-même nous donne quelques indices sur le forum des Bad Seeds), ne serait-ce que pour le titre éponyme où Lazare sortant de son tombeau se retrouve dans le New York des années 70 ! Sans atteindre la magie de Murder ballads (1996) ce Dig, lazarus, dig sera l'un des must de la discographie éclectique de Nick Cave et une bonne mise en bouche (en oreilles !) pour ceux qui ne le connaîtrait pas. ✍ Jacques Lerognon ★★★★ JAMES DEANO Le fils du commissaire (Because Music) Rappeur et blanc, déjà vu. Rappeur, blanc et belge, pourquoi pas. Rappeur, blanc, belge et fils de commissaire, c'est une blague. Et pourtant. Tout droit venu de son Bruxelles natal, James Deano s'amuse à l'avouer à coups de samples d'NTM, « wouh wouh, assassins de la police… sauf papa bien sûr ». C'est donc vrai. Et après un maxi très remarqué, en 2003, le rappeur du plat pays s'offre un premier album, déjà récompensé. Sortie en France fin janvier, la galette a déjà fourni du tube. Les blancs ne savent pas danser, en boucle sur les chaînes de clip, c'était lui. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que les blancs savent bien rapper. Dix-sept titres et autant de raisons de s'arrêter sur le gosse de flic. Entre déconne et message, James Deano sert un hip hop original et se démerde quand même pour placer un duo avec Diam's avant un refrain carrément rock n'roll, ou une chanson sur les femmes après une autre sur Koh Lanta. Ses influences dans tout ça ? Ça dépend, il hésite entre Brel et Bigard. Pas clair ? Allez donc l'écouter, une fois ! Voire plus… ✍ Amélie Maurette ★★ TRIBEQA Muziq (Underdog Records) Voilà un disque assez expérimental dont ne sait trop que penser, mais qui procure un véritable plaisir d'écoute. Certes tous les morceaux ne sont pas du même niveau, mais rarement le vibraphone ne se fit plus délicieux depuis Ruth Underwood chez Zappa. On est pourtant loin de l'univers du dit Zappa, avec une musique qui oscille entre de nombreuses influences du jazz à la musique africaine, un métissage plus qu'intéressant. La contrebasse est ronde, presque gourmande, la guitare acoustique se fait discrète et délicate. On regrettera l'intrusion des platines dans un concept qui se veut acoustique et traditionnel cela jure un peu, alors que le son du balafon associé aux percussions nombreuses et omniprésentes donne un coté tribal. Quant à la flûte de la guest star Magic Malik, elle donne à la fois une véritable énergie mais aussi une douceur, une langueur. Un groupe dont l'identité doit se révéler vraiment sur scène. Est-ce le Tribeca de Robert de Niro qui a donné son nom au groupe, mystère ! ✍ Jacques Lerognon ★★★ LIZZ WRIGHT The orchard (Verve/Universal) Mars 2006, à l'Hôtel du Cap de St Jean Cap-Ferrat, une quasi inconnue reprend le rôle de « la chanteuse de jazz invitée dans un festival de musique classique » tenu ici, avant elle, par Dee Dee Bridgewater, Lisa Ekdhal et Dianne Reeves. Voix superbe, ample et gracieuse. Présence en scène remarquable. Contact d'une extrême gentillesse avec un public de « happy few » littéralement assis à ses pieds. Lizz Wright interprète, les yeux clos, et avec une gestuelle très retenue les chansons de ses deux premiers CD (Dreaming awake et Salt) en les choisissant au coup par coup « comme en inventant petit à petit une recette de cuisine » explique-t-elle. Ses accompagnateurs ayant presque pour chaque titre l'occasion de développer un solo, elle les écoute attentivement, recueillie ! Plus attachée, nous dira-t-elle plus tard, au choix des textes qu'à celui des musiques de son répertoire, et bien qu'elle cite Nina Simone parmi ses plus grandes influences (mais aussi la brésilienne Virginia Rodriguez), elle ne se prétend pas « chanteuse de jazz «. Ses versions très personnelles d'Afro Blue, d'Indiana et du Narrow delight de Diane Krall lui en donneraient pourtant tout à fait le droit. Mais c'est dans le registre gospel qu'elle excelle (n'est-elle pas fille de pasteur d'Atlanta…) et c'est à ces racines-là que le CD, auquel elle réfléchit déjà, sera consacré. Mars 2008, fruit de cette réflexion, The orchard (en français : le verger) vient de sortir, délectable, comme le concert de St Jean. ✍ Daniel Chauvet ★★★★ AQME Hérésie (At(h)ome/Wagram) Quelques notes résonnent doucement dès l'intro de cette Hérésie fraîchement sortie dans les bacs. Mais, dès le deuxième titre, le ton est donné. Violence de la batterie, guitare et basse saturées, voix du chanteur décuplée, Aqme est en colère, comme pour faire un pied de nez à toutes ses maisons de disques qui rendent prisonniers les artistes : « il est trop tard le mal est fait » (extrait du titre Lourd sacrifice). Underground le mot est lâché et je dirais même plus métal underground ! On retrouve avec plaisir dans ce dernier opus, tout ce qui a fait le succès d'Aqme. Le groupe s'est donné corps et âmes, il le fait ressentir avec justesse et énergie. Mais, la voix de Thomas sait aussi se faire douce et voluptueuse comme dans le titre Karma & nicotine. Un vrai délice… Certains diront qu'Aqme est un groupe un peu sombre, mais la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Hérésie est un reflet de l'existence de chaque être humain. Aqme ne mentira jamais à son public et il le prouve encore une fois ! ✍ Justine Sirkis ★★★★



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