Nouvelle-vague n°138 mars 2008
Nouvelle-vague n°138 mars 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°138 de mars 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,9 Mo

  • Dans ce numéro : Thomas Dutronc.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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##138 EZ3KIEL Battlefield (Jarring Effects/Discograph) S'il y a un bien un groupe à part en France dans la musique électronique, c'est Ez3kiel. Pour leur nouvel album, Battlefield (qui porte bien son nom), les poulains de l'excellent label Jarring Effects continue d'imprégner chaque titre de leur étonnante inventivité. Maîtrisant de bout en bout ses compositions, Ez3kiel a réussi, encore une fois, a réaliser un album assez inclassable — est-ce du rock ? de l'électro ? du trip-hop ? ou tout à la fois ? — dont l'atmosphère autant sonore que visuelle ne pourra laisser personne indifférent. Une véritable invitation au voyage, créative, mystique et jouissive. ✍ David Bartoli ★★★★ NADA SURF Lucky (City Slang) Nada Surf bénéficie d'un statut quasi unique, après quatre albums et des singles ayant eu la faveur des ondes radios, ils continuent à avoir cette aura de groupe culte, jamais décrié, semblant être d'éternels adolescents, capables d'accoucher de mélodies imparables sans se compromettre. Véritables survivants des 90's (avec Weezer, The Posies et Eels qui partagent le même capital confiance), ils reviennent pour un cinquième album, leur second pour City Slang, qui ne marquera pas un brusque changement dans leur style musical, à coup sûr. Mais Lucky a tous les atouts pour asseoir un peu plus leur position de porteur de flambeau d'une pop américaine descendante de Big Star : single imparable (Beautiful beat, si évident et pourtant si efficace), comptines acidulées, hymnes power pop, nombreux invités (Ben Gibbard de Death Cab For Cutie, Ed Harcourt…). Ajoutons à cela une tournée européenne en prévision et essayons en vain de trouver un défaut à ce disque. ✍ J.P. Boyer ★★★★ DANIEL DARC Amours suprêmes (Mercury/Universal) Si vous détachez la voix de Daniel Darc de la musique, si vous ne gardez que ses propos, vous vous rendrez compte qu'il est une sorte de bébé doué de la parole à l'article de la mort, après une vie entière d'existence où les coups se rendent, où la joue esquive l'impact de la réalité en gardant cette candeur que seuls les enfants ont au fond du cœur. Dans Amours suprêmes, Darc est au summum de son art pour faire un mélange de ses goûts (qu'on cadenasse trop vite entre Céline et Johnny Cash alors qu'il y aurait tant de modèles à citer). Le voilà depuis Crève cœur d'il y a 4 ans, plongé dans un bain de sang auto-constructeur. La mythologie du personnage est dure à porter, alors en compagnie de Frédéric Lo et de quelques musiciens triés sur le volet, dont Robert Wyatt dans Ca ne sert à rien — qui prouve qu'un souffle et une voix suffisent à embellir un titre — les deux comparses se complètent par touches pour faire du neuf avec du vieux. Dis moi qui tu aimes je te dirais qui tu es. Les 2 premières chansons Les remords et J'irai au paradis filent une belle leçon à tous les pseudo rockeurs post Noir Désir et rappellent à notre souvenir que l'amour de la vie est dur à supporter. Les percussions tutélaires, la guitare gainée de cuir et l'électronique pourléchée sur un talk-over impeccable, peuvent se marier et raconter l'histoire d'une veuve joyeuse en quelque sorte. Morgane Imbeaud du groupe Cocoon, qui après Murat prête son timbre de voix à ce disque, fait Légende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bömuf ! ! ★★★ Muuumm !!! ★★★★ Aaaahhh !!! ! ! la transition entre le frisson du single et le duo avec Bashung. L'album s'enfonce ensuite dans le magistral, tant au niveau des textes que de la musique qui varie dans plusieurs directions avec des titres comme La seule fille sur Terre, magnifique chanson d'amour de bistrot enfumé, ou Ca ne sert à rien, bourlinguée par une bossa-nova étonnante. Jusqu'au bout du disque, l'écrivain derrière le chanteur arrive en 2 rimes à mettre tout le monde d'accord. Ca va, ça vient, c'est amer, pertinent, jamais inutile. La vie est mortelle est une sorte de psaume moderne ou le religieux Darc exprime sa philosophie de la survie dans la normalité des autres. On sort du disque avec Environ et s'il ne dispose de « presque moins que rien », c'est déjà beaucoup pour un seul homme. J'aurais aimé dire un peu de mal de ce disque mais là vraiment ce serait mentir pour le plaisir de détruire. ✍ Pierre Derensy ★★★★ LES COWBOYS FRINGANTS Au Grand Théâtre de Québec (La Tribu/Warner) Voici enfin arrivé le tant attendu live du groupe le plus prolifique du Canada ! Enregistré fin décembre 2006 au Grand Théâtre de Québec, ce double CD live nous plonge dans la grande fête qu'est un concert des Cowboys. De Ti-cul à Plus rien, en passant par Les étoiles filantes ou Si la vie vous intéresse, titre phare de leur dernier album La grand-messe, nous retrouvons tous les morceaux qui ont fait la gloire outre-atlantique des Cowboys. La sortie de ce live permet au fan de s'immerger totalement dans l'univers festif et joyeux du groupe, qui, fidèle à ses habitudes, sait jouer avec les mots, et arrive à faire sourire et chanter gaiement des choses qui le sont beaucoup moins (8 secondes). Multi instrumentistes de talent, les Cowboys Fringants nous font vibrer par leur fougue et leur joie de vivre. Un live à posséder absolument pour les fans, et à écouter pour les néophytes. ✍ Alex Labourdette ★★★★
OMAR SOSA Afreecanos (Ota Records/Harmonia Mundi) Le pianiste virtuose est de retour avec un nouvel opus qui accentue encore un peu plus la démarche qui est sienne, celle qui consiste à démontrer que « même si nos sons sont géographiquement séparés, nous sommes proches par l'essence, les concepts, et les racines ». Comme pour ses précédentes productions, Afreecanos (r)établit des passerelles entres musiques cubaines et africaines, unifiées autour d'un socle jazz. Une remontée à la source de racines musicales nées plus ou moins dans le même bassin, mais qui ont chacune emprunté des voies différentes, ici imbriquées comme autant d'affluents qui convergent vers un delta commun nommé Afreecanos. Un point de ralliement emmené par un piano volatile, d'où la fluidité des notes coule dans une déferlante sonore à la fois improvisée et maîtrisée — à l'image de la beauté d'un fleuve tempétueux qui ne sort pas de son lit sinueux. Rythmes et instruments africains (ngoni, kora, kalimba, xalam…) épousent à la perfection des sonorités cubaines, (tambours batas, timbales, flûtes…), le tout accompagné par des chants traditionnels puissants et intenses. En tout et pour tout, pas moins d'une vingtaine de musiciens viennent apposer leurs styles à cette toile afro-cubaine, avec pour n'en citer que quelques-uns, les frères Belmondo (Stéphane & Lionel), la batteur cubain Julio Barreto, la chanteuse sénégalaise Mola Sylla ou encore le maître cubain Lazaro Galarraga au chant et aux batas. Une pure merveille, un bijou de force créative et de technicité. ✍ Matthieu Bescond ★★★★ JAMES TAYLOR One man band (Hear Music) Depuis plus de quarante ans, James Taylor poursuit sa route de folk singer, sur les traces de Woody Guthrie, son maître à penser. A l'aube de ses 60 ans, le revoilà avec un album live, où il est, comme le laisse présumer le titre du CD, seul avec sa guitare. Une voix féminine ou un drumkit de-ci de-là viennent l'épauler. Un retour sur sa carrière, ses débuts, ses tubes — le magnifique You've got a friend qu'il reprit de Carole King ou bien le swinguant Steamroller blues, une de ses compos qui fit le bonheur d'Elvis lui-même, jusqu'à des titres des années 90 qui lui valurent des Grammy Awards. Certaines mélodies sont certes parfois un peu doucereuses, mais jamais mièvres, d'autres sont de celles que l'on aura en tête pour le reste de la journée. Un peu oublié du grand public, il n'en est pas moins un des grands du folksong « étatsuniens « et c'est donc avec grand plaisir qu'on le retrouve avec ses 19 songs intemporels. Une bonne occasion aussi pour les plus jeunes de découvrir cet auteur. ✍ Jacques Lerognon ★★★ COMING SOON New grids (Kitchen Music/PIAS) Quelle ne fut pas ma délectation, lors de l'une de mes pérégrinations nocturnes dans la capitale, de découvrir la jeune tribu de Coming Soon. Un heureux hasard qui me laissait déjà penser que ce groupe (contrairement à tant d'autres !) avait des choses à dire, et réussissait à le faire de manière très originale. Beaucoup de questions se posèrent alors... Mais sont-ils Américains ? Viennent-ils d'Arizona ou du Texas ? Quel âge ont-ils ? Comment réussissent-ils à s'y retrouver et à créer une telle alchimie alors qu'ils sont sept ? Eh bien... Les Coming Soon sont Français, viennent d'Annecy et ils sont très jeunes, le plus jeune de leurs membres est à peine âgé de 14 ans ! A l'aide de nombreux instruments tels que le ukulélé ou encore le banjo, et de gimmicks fort sympathiques (claps, choeurs, dégaine de cowboys), les jeunes gens explorent les terres arides de l'Americana et du Folk. Ils réussissent à faire se télescoper au sein d'une même chanson des artistes tels que les Silver Jews, Jeffrey Lewis, Johnny Cash ou encore Leonard Cohen. Laissant chacun des membres s'exprimer à tour de rôle au micro, New grids possède un relief rare dans les productions actuelles. Les membres du groupe sévissent déjà au sein de nombreux projets parallèles (notamment les Matching Cubes) qu'il va falloir surveiller de très près ! Chef...euh ? ! J'ai le droit de leur mettre 5 étoiles ? ? ✍ Christophe Guilbert ★★★★ BERRY Mademoiselle (Mercury/Universal) La « nouvelle scène « a encore frappé ! Berry, une jolie brunette sort son premier album dans les bacs ce mois-ci. Elle nous propose un album simple, un mélange de pop et folk, teinté d'une voix tranquille et douce, légèrement cassée, qui nous rappelle une certaine Carla Bruni. Concernant les morceaux, j'ai quelques coups de cœur comme Le bonheur qui nous propose de nous laisser aller car le bonheur n'existe pas, de profiter du moment présent, avec en fond sonore un petit air d'harmonica et de bruit d'eau, ou Demain, magnifique chanson avec des chœurs africains en fond qui donnent de la profondeur au texte. Le dernier morceau, une chanson cachée, est une belle surprise, une douce ballade avec de jolies paroles tristes. Cette jolie Berry ne risque pas de rester longtemps dans l'ombre, car son album nous emmène dans un bel univers. ✍ Elodie Morana ★★★ ATOMIK Dancetroy (Volvox Music/Sounds) Ca groove, ça swing, il y a du flow, Dancetroy est à l'image du groupe Atomik : métissé ! Surfant entre funk, reggae, soul, hip hop et punk, cette galette est un ravissement pour les oreilles car chacun peut s'y retrouver. Le point commun de tous ses morceaux : le mélange d'instruments live et de voix pour créer un chœur d'échantillons. Ensuite, place à la création pure et au mix. Leur musique est aussi bien électro que live, mais toujours vibrante. Le disque n'est d'ailleurs qu'un aperçu de ce qu'Atomik délivre réellement. Un album de qualité et un show à l'avenant, avec un impact supplémentaire, puisqu'à chaque titre s'ajoute des effets différents. Deux sets électro-funk et reggae-jungle éclairés de projections où se télescopent machines, basses, batteries, percussions, guitares, claviers, saxophones, violons et voix. Un plaisir doublé donc entre son et lumière. Mais un plaisir qui prend tout son sens parmi le public. Un mélange des cultures réussi pour ce Dancetroy totalement déjanté. On en redemande ! ✍ Justine Sirkis ★★★



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