Nouvelle-vague n°138 mars 2008
Nouvelle-vague n°138 mars 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°138 de mars 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,9 Mo

  • Dans ce numéro : Thomas Dutronc.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Après le bon accueil de From here to there sorti en 2005, les excellents Wallons de Girls in Hawaii reviennent cette année avec un nouvel opus. Produit par Jean Lamoot, Plan your escape enfonce encore un peu le clou de la mélancolie et de la belle mélodie. Rencontre avant le début de leur tournée. Pour commencer, faisons simple : pourquoi Girls in Hawaii pour un groupe composé de garçons, et comment est né le groupe ? Au départ, Antoine et moi (Lionel) étions ensemble à l'école. Nous aimions tous les deux la musique, les mêmes groupes, et nous avons créé une démo. Elle a plu à des gens, nous avons signé avec un label bruxellois. Comme nous n'étions que deux, nous avons appelé Denis (le frère d'Antoine) et des amis. Le nom du groupe, Girls in Hawaii, est arrivé un peu par hasard : nous cherchions un nom composé qui pourrait nous représenter, puis finalement nous avons réfléchi et choisi quelque Girls In Hawaii chose que nous ne sommes pas, d'où le Girls in Hawaii. Ce nom permet beaucoup de possibilités graphiques, et nous jouons aussi sur le contraste entre le nom et les photos (avec des pochettes enneigées, par exemple). Vous êtes Belges et francophones, et pourtant vous chantez en anglais. Pour quelle raison ? Estce pour toucher un public plus international ? Non, pas vraiment, nous chantons en anglais car notre culture musicale est anglophone. Nous aimions Nirvana, les Pixies ou PearlJam. De plus, nous pensons que l'anglais permet plus facilement de sonner rock que le français. C'est très difficile de faire du rock en français, même si certains y arrivent, comme Gainsbourg (pour ses textes) ou Noir Désir. Il y a aussi le fait que nous n'avons pas l'ambition de faire des chansons à textes et que chanter en anglais permet donc de prendre plus de liberté de ce côté-là, et d'utiliser nos voix comme un instrument supplémentaire, pour illustrer une mélodie. Vos chansons sont souvent mélancoliques. Sans être tristes, elles ne respirent pas vraiment la gaieté, pour quelles raisons ? C'est un peu dans l'air du temps, mais aussi dans notre tempérament. Nous sommes parfois nostalgiques, mélancoliques. Nous essayons de montrer le côté agréable des souvenirs, le fait de remémorer des moments agréables. C'est quelque chose qui nous vient naturellement, en partie à cause des groupes qui nous ont influencés, comme Cat Power, par exemple. Ce ton nous plaît et nous nous sentons à l'aise avec. Que pensez-vous de la « scène belge » et des groupes belges qui sont connus hors du Royaume ? Pensez-vous qu'il y a une rivalité entre les Wallons (francophones) et les Flamands ? Au départ, nous étions fiers de côtoyer des groupes comme Zita Swoon, Deus, etc. C'est une des raisons qui nous a poussés à nous y mettre, le fait que des groupes belges, chantant en anglais, arrivent à se faire une place au soleil et qu'il soit possible de faire de la musique en Belgique nous a vraiment aidés. De plus, nous sommes contents de voir que ce n'est pas un effet de mode, la musique d'origine belge existe, se modifie, et que ce sont des projets très différents qui fonctionnent, comme Sharko ou Ghinzu. La « scène belge » n'est pas véritablement cohérente, mais elle permet d'éviter des choses comme la « Brit pop » et ses groupes formatés. Pour cet album, vous avez travaillé avec Jean Lamoot, qui a aussi produit des disques pour Noir Désir et pour Alain Bashung. Comment l'avez-vous rencontré ? Nous aimions beaucoup l'album de Noir Désir qu'il a produit (Des visages des figures) et nous voulions quelqu'un qui n'avait pas travaillé sur notre type de musique, pour éviter de sortir un produit trop formaté. Nous avions donc proposé son nom, et il a accepté de nous rencontrer. Nous avons discuté avec lui un après-midi, et il s'est passé quelque chose : il a parfaitement compris notre démarche et a accepté notre façon de travailler. De plus, c'est aussi une rencontre intéressante sur le plan humain, pas seulement sur le plan musical. Que pensez-vous du passage au numérique et de l'utilisation d'Internet pour la distribution des CD ? Pensez-vous que vous auriez pu envisager de distribuer un album uniquement en ligne, comme Radiohead ? C'est dans l'air du temps, et l'album sera distribué chez les disquaires en ligne, mais nous sommes attachés au CD en tant qu'objet et nous n'aimerions pas que notre musique ne soit distribuée que de façon dématérialisée. Pour Radiohead, c'est totalement différent de notre cas, ils sont assez reconnus pour se permettre de tenter ce genre d'expérience, et les médias ont relayé la tentative, ce qui a permis le succès. Nous ne sommes pas assez connus pour faire ce pari et nous sommes moins branchés nouvelle technologie, nous aimons vraiment le CD en tant qu'écrin pour notre musique, qui va permettre de redécouvrir la musique en ouvrant le carnet par exemple. ✍ Pierre Dandumont Nouvel album « Plan your escape » (Naïve) En concert le 20/03 au Rockstore - Montpellier (34) et le 22/03 au Moulin - Marseille (13).



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