Nouvelle-vague n°136 janvier 2008
Nouvelle-vague n°136 janvier 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°136 de janvier 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Massilia Sound System.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Entre démons et merveilles, le phénomène marseillais nu-métalcore revient en cris et puissance sur le devant de la scène avec le merveilleux Tératologie. Malgré le départ de Guillaume et Roswell pour cause de « divergence de point de vue », Eths s'offre un nouveau chapitre de son histoire en avançant sans remords ni regrets. Un parcours du combattant qui renforce le groupe dans son envie de rendre le métal french touch invulnérable. Avec Tératologie, vous étiez confronté à l'exercice difficile d'un deuxième album. Même si plusieurs maxis sont sortis avant ça, le stress était-il quand même au rendez-vous ? Ça n'a pas vraiment été un problème, on a pris la chose très simplement. Le premier album était plus stressant car il fallait qu'on impose notre style et notre son comme propre identité du groupe. C'est certain que des personnes nous attendaient au tournant. Mais on a eu plus de temps pour le faire, pour mieux peaufiner les morceaux, donc on était plus détendu et finalement l'album en lui-même s'est fait plus rapidement que le premier, c'était agréable. Il y a eu quelques problèmes humains avant l'enregistrement, qui ont causé le départ de Guillaume (batterie) et de Roswell (basse). Comment avez-vous géré tous ces changements durant l'enregistrement ? Pour l'enregistrement, on a fait appel à Pierre de Lofofora pour la batterie tandis que les bassistes Donat (Fis(ch)er), Daniel (Tripod) du collectif Coriace ainsi que Staif se sont occupés des parties basses. Ca s'est fait tout simplement, car ce sont tous des potes, tout s'est déroulé super naturellement même sans répétition avant d'entrer en studio. On n'a pas eu besoin de passer par des intermédiaires ou d'autres trucs dans le genre. On leur a passé un coup de fil et ils sont venus avec grand plaisir. Les titres de l'album sont très énigmatiques, avec notamment des références en latin. D'où est venue cette envie ? À la base on n'a pas envie d'avoir des titres trop communs. Mais plus particulièrement sur cet album, il y a un concept avant tout, chaque chanson a sa particularité. Donc on a étudié ça avec vraiment beaucoup de sérieux. On veut vraiment retranscrire tout le texte écrit par Candice en un seul mot, donc on en discute tous ensemble et la décision se prend en groupe. Mais c'est une chose qui revient beaucoup sur nos maxis et ça continuera sûrement sur nos prochains disques. Une fois l'album terminé, vous êtes partis dans cette nouvelle tournée. Shob et Matt ont rejoint le groupe. Comment s'est passée la mise en place avec ce nouveau line-up ? Là-dessus, le temps a un peu joué contre nous puisque le délai était très court. On a mis en place une session de répétition d'une dizaine de jours seulement où Shob et Matt ont travaillé les morceaux, chacun dans leurs coins, à partir des bandes. Ensuite on s'est réunis avec tout le groupe pour tout bien mettre en place et travailler les arrangements. Mais les concerts sont arrivés à toute vitesse donc on a dû se préparer un peu dans l'urgence. Justement, est-ce que Shob et Matt ont dû se coller parfaitement au morceaux originaux ou, au contraire, le style personnel était important ? Eths Matt : Personnellement, il y a quelques morceaux des anciens albums où la batterie s'entendait moins bien que les autres instruments. Donc j'ai pu adapter ma partie selon mon style perso sans pour autant dénaturer les morceaux originaux. Y a-t-il eu beaucoup de changement dans le live, au niveau de la mise en scène ou du jeu lui-même, par rapport à la précédente tournée ? Tératologie est beaucoup plus fourni en arrangement par rapport aux précédents disques, donc il était normal qu'on modifie certaines choses sur le live. On a rajouté des samples ou des nappes, on utilise aussi certains instruments inédits comme le piano. Mais finalement notre manière de jouer sur scène n'a pas beaucoup changé, on rest basé sur l'énergie et la hargne. C'est finalement plus une évolution qu'un changement radical. Pour cet album, vous avez énormément travaillé le visuel. Que ce soit pour la pochette ou pour le site Internet et la page MySpace. Exactement, on a toujours été porté là-dessus, mais on a voulu aller un peu plus loin avec cet album. On voulait vraiment avoir un côté vieilli, c'est grâce notamment à la collaboration avec Matt, le chanteur de Babylon Pression, qui est vraiment barré dans son style. Donc on s'est bien retrouvés à ce niveau là et puis on a vraiment cherché à créer une esthétique qui colle avec l'ambiance du nouvel album. Grâce au label Coriace, vous travaillez en collaboration avec beaucoup de groupes comme Babylon Pression, Fis(ch)er, etc. Vous pensez que c'est ce genre d'union qui peut permettre de rendre la scène métal french touch plus puissante encore ? C'est sûr que l'union fait la force, et pas seulement dans la musique. On s'entraide et ces liens sont autres que dans le milieu de la musique. On a la chance d'avoir une bande de potes au sein de Coriace, il y a pas mal d'échanges au niveau graphisme, de la photo ou de la vidéo et cela se fait avec plus de facilité vu qu'on est tous proches. Vous faites pas mal de dates en collaboration avec d'autres groupes. Est-ce qu'il y a certains groupes avec qui vous aimeriez partager l'affiche dans le futur ? Oui, Nine Inch Nails, Tool ou Metallica ça serait cool ! (rires)… Mais sinon, on aimerait bien faire très bientôt toute une tournée en double affiche avec Gojira. ✍ Guillaume Martel Eths « Tératologie » (Coriace/Season of Mist) ✉ Coriace Management - 9 avenue du Maréchal Juin 13700 Marignane. Web : www.coriace.com. Mail : musclor@coriace.com. ✆ 04 86 302 406.
Massilia Sound Le Massilia est un peu à Marseille ce que le ballon System rond est à l’OM : sans Marseille, pas de Massilia, et sans Massilia, pas de Marseille, les deux sont indissociables. Trois ans après le live Massilia fait tourner, le phénomène marseillais est de retour avec Oai e libertat, un nouvel album à l'intitulé on ne peut plus évocateur. « Le Oai, c'est notre sport à nous » explique Gari, « remuer les consciences, débattre, avancer, même dans la contradiction », telle est leur ligne de conduite. Ce ton engagé n'a pas fléchi d'un iota depuis la naissance de la formation dans les années 80. À l'époque, « on s'emmerdait à Marseille » continue Gari, « et puis il y a eu une conjonction de choses qui a fait que Marseille s'est réveillée, avec la culture OM notamment ». Mais le Marseille d'aujourd'hui n'est plus ce qu'il était, « Marseille est plus light, le Marseille populaire est transformé, le centre ville muselé, le communautarisme enfle… C'est à nous de rendre notre Marseille agréable. Nous sommes des rêveurs, il y a une dimension onirique dans Massilia ». Alors Massilia exprime à nouveau ses rêves tout haut, sans mâcher ses mots, mais fait également ce qu'il faut pour les réaliser, notamment via l'association Massilia Chourmo, les sardinades, les repas de quartier, parce que « Marseille, elle est ce qu'on en fera ». Oai e libertat : évolution et stabilité Après une mise en sommeil de 3-4 ans, nécessaire pour « redonner de l'envie, pour vivre d'autres trucs », le Massilia Sound System dégaine de nouveau le microphone, et se fait entendre avec toute l'ardeur qu'on lui connaît. Une pause en demi-teinte puisque la plupart n'ont pas pour autant cessé toute activité, se concentrant sur leurs projets respectifs (Moussu T e leiJovents, Oai Star, Papet J), explorant les directions qui les attiraient, comme « pour accentuer les caractéristiques, les personnalités de chacun ». Des « incartades « qui viennent forcément enrichir la base de Massilia, ajoutant des cordes à un arc déjà bien équipé. Oai e libertat reste du Massilia Sound System à l'état pur, un son unique reconnaissable parmi mille, un raggamuffin occitan tchatché et dansant qui sent bon l'anis et les cigales. Alors bien sûr, il y a quelques petites nouveautés et certains trouveront peut-être le son globalement plus digital. La phase d'élaboration du disque a également évolué. Si le processus de création est resté le même, avec un point de départ puisé dans des standards reggae de référence, puis intervention du groupe avec inversion de ligne de basse et adaptations en tout genre, la méthode, elle, a changé. Massilia ayant été contraint par la municipalité de quitter son studio de La Ciotat, le travail de création ne s'est pas fait dans un lieu commun, mais lors de réunions à 2 ou 3, ponctuées de synthèse à la Friche une fois par mois. « On a avancé sans se prendre la tête » confie Gari, et « ces nouvelles méthodes ont induit de nouvelles choses, plus d'efficacité ». Une efficacité indéniable à l'écoute de ces 12 nouveaux morceaux. Massilia et toujours là, avec ce son et ce ton toujours aussi caractéristique. La scène vient le confirmer avec une première partie de tournée quasiment jouée à guichets fermés (malgré l'absence de Lux, « victime d'une sale maladie », mais qui semble se porter un peu mieux avec un retour espéré « normalement pour cet été »). Voilà le genre de jauge qui ne ment pas. ✍ Matthieu Bescond Massilia Sound System « Oai e libertat » (Adam/Wagram) Web : www.massilia-soundsystem.com.



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