Nouvelle-vague n°135 décembre 2007
Nouvelle-vague n°135 décembre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°135 de décembre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (209 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,9 Mo

  • Dans ce numéro : Nouvelle Vague.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
# 135 YAEL NAIM (T ô t ou T ard/Warner) A prè s In a man's womb, un premier album passé inaperçu ou presque, Y ael Naimentre dans le doute et la désillusion, déboussolée, en quête de repères. T iraillée entre une formation classique au piano et son goût pour le j azz, le folk et la pop, l'artiste peine à développer une véritable orientation artistique. M ais elle ne baisse pas pour autant les bras, et au hasard d'une scè ne, elle finie par tomber sur sa boussole en la personne de D avid D onatien. C atalyseur créatif, le percussionniste antillais et arrangeur aux multiples collaborations met en lumiè re les directions à prendre, dégage et balise un chemin artistique à l'état de sentier encombré, difficile d'accès. U n travail commun qui débouche sur une clairiè re florissante j onchée de pétales sonores, havre de paix bourgeonnant matérialisé par ce disque, ces treize morceaux si délicats qu'on hésite presque à s'en imprégner, à en fouler le socle impalpable. M ais une fois entré dans l'univers, le voyage est immédiat, on s'allonge, les yeux fermés, une pluie d'image tombent à verse, bercée par une voix à la pureté frissonnante de limpidité, d'expressions, de ressentis. On se prend à rêver de tout et de rien, on se laisse aller, décontracté, pris par un ornement sonore minimaliste dominé par les vibrations du piano et du violoncelle. Et quand vient la derniè re note, on rouvre les yeux, la tête aérée. L a balade est terminée, mais le havre de paix est toujours là, marqué en nous pour un moment, influant sur notre environnement, celui qui réel et palpable : notre clairiè re à nous. ✍ Matthieu Bescond ★★★★ SOHA D'ici et d'ailleurs (Virgin/EM I) D es airs de samba ouatés, des rythmes reggae lissés… L e premier album de S oha, D'ici et d'ailleurs, est à l'image des visuels de sa pochette C D : convenable, lustré, policé. A vec pourtant une j olie voix chaude qui reste à s'épanouir, cette j eune native d'une cité nord de M arseille interprè te une dizaine de titres qui parlent de mélancolie, de bonheur et de rêve. A utant de nobles thè mes, tantô t abordés dans la langue de M oliè re, tantô t dans celle de Neruda, qui auraient cependant gagnés à être déclinés à la premiè re personne du singulier. À l'inverse, c'est le « déj à vu « qui l'emporte, le « tendance «, brisant ainsi les ailes des images et de la singularité d'une chanteuse novice. D ommage ! D ommage parce que les mélodies laissent parfois entrevoir de plus vastes horizons et invitent même au voyage. On aurait aimé continuer à voguer ainsi, entre « ici et ailleurs «, comme le suggè re le titre de l'album. M ais non, on en reste là. T out simplement. Il n'y a pas à chercher plus loin dans ce premier opus qui s'entend sans s'écouter, qui se danse sans s'emballer. ✍ Delphine Oliva ★ BABYSHAMBLES Shotter's nation (D elabel) Ok, les L ibertines c'était « lui « et quelques musiciens et c'était trè s bon. Ok le premier album des Babyshambles c'était également « lui «, quelques autres musiciens et c'était bon. Ok « lui « était directement relié à l'Angleterre prolétarienne et il fallait excuser un certain laxisme de rock eur arrogant, mais au + sur bout du compte et avec quelques noms de suiveurs ayant dépassés le maî tre, on pensait avoir mangé notre pain blanc avec « lui « depuis trè s longtemps. A force d'entendre parler de Pete D oherty dans les rubriques judiciaires, dans les pages people ou dans « comment j'ai intoxiqué mon chat en me mouchant » , on avait peut être oublié un peu vite que ce type était capable, avec une nonchalance qui sied aux géniales crevures (effigies) de torcher (enregistrer soigneusement) un disque de caractè re (mythique). C et album est donc l'archétype exemple servant au slogan : défoncez-vous un maximum, votre créativité n'en sera que plus redoublée et vous coucherez peut-être avec un top-model. Prenez tout ce qui se trouve comme dope sur terre et vous serez capable de passer d'une balade british à un groove hip-hop, de mettre d'accord dans D eft left hand toute la britpop d'Oasis à Blur en un couplet. Enquillez les toxines dans votre corps pour décrire d'une maniè re frontale des chroniques de la vie anglaise. Fumez aussi beaucoup pour avoir cette voix de crooner sur T here she goes et pouvoir la moduler rageusement sur D elivery. Prenez une petite ligne de guitare électrique, allongez-là avec le feu qui ronge les boyaux. Faites les choses consciencieusement pour que vos titres ne dépassent pas les trois minutes. Forcez-vous, les doigts dans la bouche, à vomir aimablement en studio et ne prenez pas la peine de relever quand on vous compare au romantique Pascal Obispo. Finissez la posologie, et l'exercice de style qui vous permettra d'être reconnu de tous, en tétant le meilleur de chacun (C rumbbegging baghead alliance des D oors et S tone R oses) tout en gardant votre propre bouillie et en niant le larcin. C laquez la porte du disque avec L ost art of murder : simplement ahurissant. ✍ Pierre Derensy ★★★★ PASSI Evolution (S ony BM G) Passi, le rappeur qu'on ne présente plus, vient nous faire un état des lieux dans son 4 è me album solo, simplement appelé Evolution ; j uste aprè s la mixtape R évolution sorti peu de temps avant pour annoncer cet album. A prè s un duo avec C alogero et le dernier D ealer 2 … (D ealer 2 hip hop rock), Passi, qui a tout fait en tant que rappeur et producteur, nous livre un album à la hauteur de ses expériences. Evolution est trè s réussi. L es thè mes sont trè s variés et bien traités. L es featuring n'ont pas été choisis non plus au hasard. On n'y trouve pas le dernier rappeur à la mode venu pour monter le buzz de l'album ou le beatmak er du moment que tout le monde s'arrache. Parmi les collaborations on y trouve J ack y (Neg'M arrons), M ick ael R ose, J oy D enalane mais aussi Wyclef J ean sur Paris on fire où Wyclef chante aussi en français. C onclusion : Evolution est un excellent album, riche en thè me, en textes, et musicalement. ✍ Aboubacar ★★★★ DOMB Pamalalarache (autoproduit/R ue S tendhal) N'allez surtout pas croire que D ombest Pamalalarrache, « çaarrachepasmal « conviendrait mieux. Proche du son que peuvent produire des troupes comme S tomp, les T ambours du Bronx ou les j aponais de G ocoo — qui comptent chacun une dizaine de membres dans leurs rangs — D ombparvient à dégager une énergie percutante similaire à… quatre. S i bidons, batterie, fûts brésiliens, darbouk as et autres dj embés restent l'essence, le socle de base de D omb, la formation introduit une pluralité d'instruments en tout genre, à commencer par une basse vrombissante, mais aussi une sitar, du didgeridoo ou encore un berimbau. L'alchimie entre sons tribaux et éléments plus modernes fonctionne à merveille. L a puissance des percussions associée à la basse et à une L égende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bö muf ! ! ★★★ M uuumm !!! ★★★★ A aaahhh !!! ! ! grosse guitare contraste avec des sonorités traditionnelles plus délicates, renforçant des cassures rythmiques j ustement placées. U ne alternance continuelle entre « brutalité « énergique et douceur orientalisée pour une mélange sucré/salé, épicé et soigneusement mitonné, à consommer sans tarder. ✍ M.B. ★★★ COMPILATION/COFFRET Cape town beats (J arring Effects/D iscograph) C'est fou à quel point nous sommes capables de repérer, dès la premiè re écoute, une sortie « coup de poing « ! Vous savez, celle où on se dit direct « là j e tiens un gros truc, les festivals de l'été prochain vont se l'arracher ! ». Et bien ce C ape T own Beats # 1, fruit d'une collaboration providentielle entre les lyonnais de J arring Effects et l'A frican D ope, premier label sud-africain à revendiquer un positionnement indépendant, est de celles-là. D ans un coffret trè s soigné en quatre volets, on trouvera pas moins de trois galettes : d'abord la compilation elle-même, sélection d'artistes émergents de cette scè ne « nusk ool afrik an sound «. U ne appellation plutô t bien trouvée puisqu'il serait trop facile de classer le son C ape T own dans un carcan électro hip hop réducteur. T outes les vibrations, toutes les variations de la black music internationalisée sont palpables : le gros son hip hop U S vraiment oldsk ool (Ben S herpa) cô toie une dark -electronica légè re et j azzy (Felix L aband), les beats abyssaux et éthérés de productions aux accents grime/dubstep londonien font penser à un D izzee R ascal qui aurait viré sa cuti en se frottant au hip hop désaxé des Puppetz (track s de G odessa et S poek M athambo). Pour le reste de ce coffret, le j eune S ibot, ambassadeur de cette génération post-apartheid, turtablist/arrangeur de renom, est la véritable star à l'honneur puisqu'il est le producteur de In with the old, tuerie hip hop boostée aux mélodies simples et entêtantes, et du Fuck'n'rad, duo phénoménal constitué par S ibot (ak a D j Fuck) luimême et M C T otally R ad ak a Waddy J ones, déj à entendu sur Electrified des parisiens Interlope. U ne déferlante toute droite venue du C ap de Bonne- Espérance ! ✍ Yan Degorce-Dumas ★★★★ ETIENNE DAHO L'invitation (C apitol/EM I) L a cinquantaine tranquille, Etienne D aho, continue doucement une carriè re désormais bien plus discrè te que dans les années 8 0. L oin du tumulte qu'il a pu connaî tre à cette époque, le chanteur trace, depuis maintenant plusieurs albums, une route vers une pop lumineuse et terriblement bien arrangée et écrite. C orps et armes en 2 000 et R éévolution en 2 003 avaient déj à creusé ce sillon et le plus anglosaxon des chanteurs français insiste encore un peu plus avec cette Invitation. Enregistré entre Paris, Ibiza, L ondres et Barcelone, ce nouvel opus s'avè re une nouvelle fois complè tement envoûtant. R eflet d'une pochette en clair obscur L'invitation se fait à la fois trè s lumineux dans sa musique et sombre dans ses paroles. D u cô té des influences, D aho lorgne ici clairement vers le Velvet Underground (guitare claire et tambourin sur Obsession), mais teinte le tout de certaines influences espagnoles (claquement de main et guitare sè che de la chanson titre). L e travail sur les cordes, réalisé par D avid Whitak er à A bbey R oad, aj oute également une trè s belle note de raffinement au tout. Enfin, la voix mise trè s en avant vient rompre le cou au mythe « D aho un chanteur sans voix «, on lui découvre même un trè s j oli timbre dans les graves. L es paroles ne sont pas en reste. M aj oritairement bâ ties sur un rythme répétitif, elles vont même j usqu'à se faire hypnotiques et entêtantes comme sur L'A dorer. D eux morceaux de bravoure sont toutefois à signaler. Boulevard des C apucines, où le chanteur reprend presque mot pour mot
la lettre d'un père (portant le même prénom que lui) qu'il n'a pas connu et qui vient assister au premier Olympia de son fils en 1 9 8 6. L e second prend corps dans L e merveilleux été, chanson définitive sur la rupture, mais aussi le renouveau qui peut en découler. U n grand album pour un grand monsieur qui tire une fois encore la chanson française vers le haut. ✍ Jean-Sébastien Zanchi ★★★ R.E.M. Live (Warner) L a fin de l'année est toujours la période des best of, des live et des compilations en tout genre. C haque groupe, chaque label y va de sa petite contribution, se disant qu'une compilation constitue un cadeau de Noë l idéal. R.E.M. n'échappe pas à la rè gle. A prè s avoir publié un best of des années Warner (In time) en 2 003 et un best of des années IR S (And I feel fine) en 2 006, voici venir l'album L ive. On est en droit de se poser des questions quant au bien-fondé et à la légitimité d'un tel album. À quand un vrai nouvel opus ? M ais bon, passons outre ces considérations et essayons de nous concentrer sur ce premier live de leur carriè re. Entiè rement enregistré au Point T heatre à D ublin, cet album fait la part belle aux chansons les plus récentes du groupe. L es titres sont maj oritairement issus des albums A round the sun, R eveal et Monster, sans oublier les tubes essentiels d'Out of T ime. Il est indéniable qu'aprè s presque 3 0 ans de carriè re, R.E.M. possè de toujours une force et une présence incroyables sur scè ne. Enfin, espérons quand même que l'année prochaine, le groupe cessera de capitaliser sur son passé et nous offrira autre chose qu'un G reatest H its, on sera du coup peut être moins sceptique... ✍ Christophe Guilbert ★★ FAUSTINE SEILMAN Silent valley (Effervescence) H abituée de la scè ne en groupe, avec ses copains de M y Name is Nobody, la nantaise Faustine Seilman s'essaie aujourd'hui toute seule. J uste sa voix et son piano d'abord, elle a finalement vite fait appel à des potes musiciens pour former le « Faustine Seilman Orchestra « et sortir son premier album S ilent valley. D ouze titres, chansons et instrumentaux, pas évidents à décrire. U ne atmosphè re seventies originale, un peu rétro, entre folk -pop et sonorités expérimentales. U n chant profond, des envolées de clavier, de cordes, des rythmes discrets. S i l'on devait comparer — puisque c'est d'usage — on penserait au Velvet Underground et à la voix de Nico, aux accents de PJ H arvey ou de C at Power, aux mélodies désarticulées de Y annTiersen. A utant d'influences qui se mêlent, se superposent, se dépassent finalement, pour créer un son nouveau. R omantiques voire mélancoliques, les ballades de Faustine emportent, émeuvent. Et les 1 2 pistes passées, on se les réécouterait bien à nouveau. En deux mots, bon disque. ✍ Amélie Maurette ★★★★ JEAN-LOUIS MURAT Charles et Léo (V2) M urat, plus qu'un nom qui inspire le respect par une carriè re quasi sans fautes : un concept funambule. Peut-être le chanteur le plus audacieux, qui aime se faire détester dans les médias car il n'y trouve pas sa place, gueule d'amour pour les amantes de la lune, pâ tre au regard doux et à la prodigalité musicale incroyable. D erriè re l'artiste cabot se révè le un saltimbanque, un versificateur qui cherche en lui et auprè s de ses amours personnels ou culturels des challenges à sa hauteur. Ne prenant j amais la route la plus directe pour faire plaisir au plus grand nombre, J ean-L ouis M urat crapahute sur des chemins de traverses avec l'insouciance d'un cabris quinquagénaire qui n'a j amais semblé aussi vif, frais et j eune. Pour son dernier opus en date, fini le blues de T aormina et ses cailloux brûlants, M urat monte ses arpèges sur des textes de Baudelaire et des musiques de Ferré j usqu'ici encore inexploités, et cela d'une maniè re somptueuse, en oubliant dans la remise les guitares folk ou la batterie rock. D éj à dans D olorè s en 1 9 9 6, le chanteur s'était attaqué (non sans mal) à R éversibilité pour un résultat plus qu'honorable. L orsqu'il adapte 1 2 ans plus tard les textes du poè te, il ne choisit pas les plus courants mais quelques mines d'or inexploités comme le trè s beau L'H éautontimorouménos ou M adrigal triste. Quant à Ferré, ce furent des parcelles de musiques, posées sur les vers baudelairiens avec un piano et un dictaphone, offert par son fils à M urat somme toute son héritier légitime, qui fit que ces 3 grands personnages purent, à quelques siè cles de distances et hors des limites de la mort, se retrouver et entamer un ballet exemplaire. L e succè s de cette triple rencontre tient dans l'aplombqui s'établit entre les airs de Ferré, le chant nonchalant et frissonnant de M urat et les mots de l'écrivain. A ccompagné sur ce proj et par M organe Imbeaud, du duo C ocoon, qui prête sa voix pour équilibrer celle de l'auvergnat, et par D enis C lavaizolle au clavier, cet album est un petit bij oux soigné j usqu'à la pochette du duo de graphistes : M/M et agrémenté par un D VD bonus qui reprend les chansons du disque en condition de live : sobre et nue. ✍ Pierre Derensy ★★★ COWBOY JUNKIES Trinity revisited (C ook ing Vinyl L td./PIA S) Pour commémorer les 2 0 ans de la sortie de l'album mythique T rinity session enregistré en 1 9 8 7 dans C hurch of the H oly T rinity de T oronto, les C owboy J unkies ont réinvesti la petite église pour réenregistrer les chansons qui firent d'eux le groupe qu'ils sont devenus en deux décennies de tournées continues, de milliers de miles autour du monde et de prés de 1 5 C D s mémorables. En 1 9 8 7, le C D fut enregistré en une seule séance, avec un seul micro, et pourtant le résultat était déj à des plus convaincants. Pour cette reprise, les producteurs ont mis les moyens, audio et vidéo, un D VD de la session (en 5.1) ainsi qu'un documentaire de 4 0 minutes accompagne le C D. M argo, M ichael, Peter T immins et A lan A lton sont accompagnés par le mandoliniste et harmoniciste J eff Bird (déj à de la partie en 8 7) et de trois grands du folk -rock américain, le trublion R yan A dams, Vic C hesnutt, songwriter paraplégique, grand copain du R EM M ichael S tipe et surtout de Nathalie M erchant, égérie des 10000 M aniacs. L es 1 2 chansons sont plus que revisitées, elles sont transformées, transmutées. L a voix, toujours magnifique et sensuelle de M argo est comme magnifiée par celles de M erchant et C hesnutt. L a guitare tranquille et bluesy de M ichael T immins est électrisée par les accords distordus de R yan A dams. Peu connus hélas, en France, les C owboys J unkies devraient avec cet album, espérons, rej oindre le sérail des groupes canadiens incontournables. ✍ Jacques Lerognon ★★★★ COLOMBIAFRICA - THE MYSTIC ORCHES- TRA Voodoo love inna champeta-land (R iverboat R ecords/World M usic Network) L a C olombie qu'on perçoit d'ici comme un pays montagneux continental, est en fait bordé à l'est par la mer des C araï bes, ce qui l'a exposé à la déportation de populations africaines, via les différentes î les des Antilles. L a création musicale trouvant le plus souvent sa profondeur dans les blessures de l'inconscient populaire et dans le choc de cultures, c'est d'un douloureux accident de l'histoire qu'est née la C hampeta. C ette musique créée sur la cô te caribéenne de C olombie par des groupes métissés de musiciens colombiens hispanos et d'afro caribéens d'origine congolaise, est une interprétation afro-caribéenne de la musique latine vraiment surprenante. À l'écoute, on accroche d'abord sur les rythmes chaloupés évoquant les Antilles et le zouk ou le souk ouss, les sonorités de rumba congolaise, avant de se rendre compte que c'est une composition typiquement latino, qui guide nos pas. Personnellement bercé par l'idéal d'une # 135 nouvelle conscience humaine syncrétique née du métissage nord/sud, la surprenante fusion culturelle que nous offre le C olombia A frica M ystic Orchestra entretient un courant d'espoir dont nous avons tant besoin pour construire notre 2 1 è me siè cle. ✍ Emmanuel Truchet ★★★★ LES WRIGGLES Tant pis, Tant mieux ! (A tmosphériques) T el le Beaujolais nouveau, voici enfin arrivé parmi nous le nouvel album des Wriggles, ces troubadours des temps modernes. En effet, aprè s cinq albums (dont un live et un best of) et deux D VD, les Wriggles nous offrent 1 5 nouveaux titres plus qu'attendus par le public, grandissant de j ours en j ours. M algré le départ de Franck et Antoine, les trois clowns doux-dingues C hristophe, S téphane et Frédo ont décidé de continuer l'aventure en conservant le style de textes, à la fois sarcastiques, philosophiques, et poétiques qui a fait leur renommée. Observant d'un point de vue critique le quotidien des hommes, ils captent notre attention et nous font sourire, parfois rire avec leurs morceaux tellement réalistes comme Désolé mémé, traitant avec humour des rapports entre grand-mè re/petit-enfant, Encore un fantasme, sur la masturbation ou G ros déguelasse sur les préj u- gés. C ependant, est-ce le départ de deux membres ou un effet de fatigue aprè s une tournée de prè s de 5 00 dates, mais on sent une réelle différence avec les précédents opus. L e cô té cynique des Plouf ou autres A h bah ouais mais bon ! manque cruellement à cet album. M algré tout, on reste trè s satisfait de l'ensemble et on espère les retrouver sur scè ne trè s prochainement. À écouter. ✍ Alex Labourdette ★★★ SOPHIE DELILA All yours (Freak'n S ee M usic) Auteur, compositeur et interprè te, qui est cette étonnante S ophie D elila ? C ette j eune française, originaire de M ontpellier et expatriée aux Etats- U nis, sort son tout premier album All yours en 2 005 avec 1 3 titres. A uthenticité et émotion sont au rendezvous ! C ette talentueuse artiste à la voix d'or, c'est notre A licia K eys française. U ne maî trise totale des rythmes et des styles, son album est un véritable melting pot de musicalité : pop, j azz, funk et soul. S ophie n'oublie pas de faire un clin d'œ il à son pays d'origine avec un titre en français Me, myself, and I. S ophie est partie vivre aux U S A aprè s son Bac pour étudier la musique, mais surtout pour retrouver les sources de la soul musique américaine dans laquelle elle a grandi. Influencé par des artistes tels que S tevie Wonder, M arvin G aye, ou encore les Fugees, son album est une expression pure de ses sentiments. C omment est-il possible qu'en France, on laisse filer des artistes de cette carrure, et que les T op S tars de demain soient des chanteurs de k araoké, INC R OY A BL E ! A lors une seule question, à quand ton prochain album S ophie ? ! ✍ Jessica Losco ★★★★ ROBIN MC KELLE Introducing (H armonia M undi) C eux qui n'étaient pas cet été au festival de Juan ne manqueront pas son passage au C edac de C imiez le 1 5/1 2 où elle reprendra (en petite formation) le répertoire de ce C D enregistré avec un « big band » à l'ancienne. Pianiste formée à la Berk lee school, R obin M c K elle dévoile ici ses talents de chanteuse et son goù t pour les standards des années 4 0, harmonisés selon les canons de l'époque. L es arrangements du big band sont somptueux et chatoyants et la chanteuse a une « vraie » voix de contralto, ample, souple et chaleureuse, et swingue comme il sied. Superbe ! ✍ Daniel Chauvet ★★★★



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :