Nouvelle-vague n°134 novembre 2007
Nouvelle-vague n°134 novembre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°134 de novembre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Plage

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : Rose.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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#134 JOHN BUTLER TRIO Grand national (Atlantic/WEA Music) Le 21 avril 2005, un « inconnu « volait la vedette à Jude et au pourtant médiatisé Tété lors d'un très joli plateau à l'Espace Julien. Deux ans et quelques passages plus tard, il est maintenant la star que l'on connaît, chez lui comme à l'étranger. Revoilà John Butler et son trio composé du géant Michael Barker aux percussions et à la batterie et l'impassible, mais non moins talentueux, Shannon Birchall à la (double) basse, déjà de retour dans nos contrées pour défendre cette fois ce Grand national dont on aurait aimé pouvoir dire le plus grand bien. C'était bien parti avec le très Red Hot et tubesque Better than, qui nous avait déjà conquis sur scène. On pense toujours autant à Jude ou Ben Harper à son écoute, on peut aussi ajouter PearlJam et quelques groupes de métal comme Metallica (lorsque ceux-ci se mettent à faire des ballades). Ça joue bien, très bien, pas mal d'envolées instrumentales, des chœurs Pink Floydiens sur Gov give nothin'sympathiques, quelques morceaux qui sortent du lot (les plus nerveux) comme le bien nommé Funky tonight, Devil running, Good excuse très groovy avec sa basse très en avant, ou encore l'autre tube Used to get high ; mais dans l'ensemble le reste est très calme (un peu trop pour moi vous l'aurez compris). Des morceaux plus reggae comme Groovin'slowly, des ballades hard comme Caroline (avec son orchestre de cordes) ou des morceaux un peu long comme Loosing you ou meme Nowwhere man. Si dans l'ensemble le disque risque d'être un peu trop mou pour certains, gageons que sur scène, porté par un public en transe, ils retrouveront la pêche et l'énergie, qui ont fait d'eux, en très peu de temps, l'un des groupes phare de la scène australienne, porteur de messages d'amour et de paix. ✍ Pirlouiiiit ★★ HIGH TONE Underground wobble (Jarring Effects/Discograph) Il aura fallu attendre deux longues années avant de retrouver un nouvel album de High Tone, même si en deux ans le groupe nous a offert quelques petits concepts plus ou moins alléchants à l'exemple de Zentone (album avec Zenzile). C'est d'ailleurs depuis le merveilleux Wave digger que le public a découvert un nouveau visage de High Tone, bien décidé à ne pas trop s'enfermer dans le style dub. Ce Underground wobble prouve bien que la bande à DJ Twelve ne compte pas revenir sur ses pas. Ils explorent des univers jusqu'alors inconnus et des sonorités venues d'ailleurs pour offrir un album totalement indéfinissable tant le mélange des genres est omniprésent. On passe d'une rythmique purement dub associée à des sonorités orientales à des morceaux electro limite indus. On est bousculé mais jamais choqué, High Tone connaît les limites à ne pas franchir pour ne pas perdre son public, tout en l'emmenant encore plus loin. ✍ Guillaume Martel ★★★★ POPA CHUBBY Deliveries After Dark (Dixiefrog/Harmonia Mundi) Le bluesman new-yorkais Popa Chubby est sûrement le plus prolifique de sa génération. Avec un album presque tous les six mois, on pourrait se demander si chaque disque mérite d'être acheter. On est en droit de dire que pour certains achats, il n'est pas nécessaire de faire le déplacement, autant aller le voir en live, où Popa est toujours au sommet de sa forme. Mais pour ce qui est de cet album, il mérite bien l'achat. Un blues simple et sans grande prétention, Popa se fait sur sa gratte et on le ressent bien, d'autant plus quand il se prend le délire de reprendre le thème du Parrain entièrement à la guitare. Et comme d'habitude, Popa puise aussi dans ses références country pour You can't stop love, tout en touchant au rock pur avec Let the music set you free. Donc, certes il n'est pas toujours pertinent de s'acheter un album du roi du New-York City Blues, mais celui-ci mérite bien de faire un petit effort. ✍ Guillaume Martel ★★★ Légende (exclamative) ★ ! ★ Bô ! ★★ Bömuf ! ! ★★★ Muuumm !!! ★★★★ Aaaahhh !!! ! ! TENDER FOREVER Wider (Vicious Circle-K Rec./Discograph) Jeune Française au parcours atypique, Mélanie Valéra est seule maître à bord du vaisseau Tender Forever. Cette jeune Bordelaise, qui s'était exilée il y a quelques temps aux Etats-Unis, avait rejoint l'écurie K Records, et avait fait produire son premier album par Sir Calvin Johnson, grande figure de la pop indépendante. Résultat, un premier album très prometteur intitulé The soft and the hardcore (titre qui résumait parfaitement la teneur de l'ensemble). Aujourd'hui, Mélanie sort son deuxième album et reprend les choses où elles les avait laissées sur son précédent opus. Wider parait plus abouti que son prédécesseur. Toujours lo-fi, mais sans jamais sonner bon marché, ses assemblages sonores, à la fois limpides, foutraques, mais toujours terriblement savoureux et raffinés, font mouche à tous les coups. Ses textes (uniquement en anglais) sont simples mais jamais simplistes. On peut citer en guise d'exemple de petites perles comme Heartbroken forever ou encore Tiny heart clever hand. On pourrait s'aventurer à situer le folk-tronica de cette Demoiselle entre les cultes Young Marble Giants et des prodiges du folk moderne comme Dot Allison ou encore Laura Veirs. Il est clair qu'avec un tel disque, la jeune femme va réussir à faire parler d'elle cette année. Ce qui relève de l'exploit à une époque où le marché semble complètement saturé. Qui a dit que l'hexagone ne produisait que des Pascal Obispo et autres abominations du genre ? ✍ Christophe Guilbert ★★★★ ROADRUNNER ROADRAGE (Roadrunner) Voici la nouvelle édition de Roadrunner Roadrage, avec une flopée de clips, plus d'une trentaine, tous plus « péchus » les uns que les autres. Nous retrouvons Slipknot, Craddle of Filth, Stone Sour ou encore Shadows fall ou Megadeath, bref, vous l'aurez compris, que du lourd sur ce DVD, qui d'années en années, nous procure de plus en plus de bon son. Se basant sur l'équation simple du moins de bonus équivaut à plus de clips, l'interface du DVD est des plus minimaliste, ce qui permet également de la retrouver à prix réduit. Tout le concept de Roadrunner, une année de plus dévoué à nos oreilles et à nos yeux. À posséder absolument. ✍ Alex Labourdette ★★★★ DREAMS TO REMEMBER : THE LEGACY OF OTIS REDDING (Universal) Courant musical indissociable du mouvement des droits civiques, la soul music représente la principale contribution des afro américains à la dominante culture US. Cette hérédité n'étant toujours pas assumée officiellement, c'est donc à tous ceux qui sentent une petite part de Martin Luther King vivre en eux, que revient la mission de faire briller aujourd'hui cet héritage. Si cette musique est à la racine des millions de titres hip hop, funk, r’n'b et électro, la soul music en tant que telle a presque disparu. Pourtant il n'y a pas que sur Nostalgie ou RFM, où elle apparaît vidée de son contenu, qu'elle est présente, il n'y a qu'à écouter le dernier album de Ben Harper pour s'apercevoir que les plans du
grand Otis sont toujours vivants. Mort en pleine gloire à 28 ans, alors qu'il avait construit sa carrière pas à pas, Otis Redding est toujours là, planant du haut de son talent au dessus de l'univers musical actuel. Sur ce magnifique DVD, mélange d'interviews et de scènes live, Otis se rappelle à ceux qui l'auraient oublié. Depuis sa mort en 1967, on a épisodiquement besoin d'un « rappel « comme celui du film The blues brothers qui présentait en 1980, un groupe constitué de mythes de la soul, empruntant sa section rythmique au Grand Otis. ✍ Emmanuel Truchet ★★★★ JEAN-MICHEL JARRE Oxygene in Moscou (Inakustik/Nocturne) En 1976, l'album Oxygene est une révolution. Au-delà du succès planétaire, Jean-Michel Jarre réussit à montrer que la musique électronique peut être mélodieuse et agréable, ouvrant ainsi la voix à d'autres artistes. S'en suivra alors une tournée mondiale. 6 Septembre 1997, il donne un concert exceptionnel à Moscou pour la commémoration du 850 ème anniversaire de la ville, devant plus de 3 millions de spectateurs. Ce DVD reprend donc l'intégralité du concert, un vrai spectacle à la hauteur de l'événement ! Le show démarre très fort sous une pluie de feux d'artifices et de lasers, on y retrouve ici tout les morceaux qui ont fait le succès d'Oxygene, accompagnés pour l'occasion d'un orchestre philharmonique et d'une chorale. Jarre s'en donne à coeur joie pendant plus d'1h30, jouant subtilement du bout de ses doigts avec ses différentes machines. Le décor est tout simplement à couper le souffle, la prestation est impressionnante et le spectacle parfaitement synchronisé, entre lumières, effets pyrotechniques et musique. Une féerie comme seul Jean- Michel Jarre sait les faire ! Un album à (re)découvrir pour tous les amateurs d'electro et les fans du magicien du son. ✍ Justine Sirkis ★★★★ LE DIREKTOR de Lars Von Trier (M6 Vidéo) Entre ses projets ambitieux de long-métrages tels que Breaking the waves, Dancer in the dark ou Dogville, Lars Von Trier s'offre régulièrement des petits plaisirs audiovisuels. Faisant un passage par la télé avec sa série L'hôpital et ses fantômes ou encore par le court-métrage pour fêter le 60 ème Festival de Cannes, le voici maintenant avec un petit film où il s'essaye au style de la comédie urbaine. Se plongeant dans l'univers d'une entreprise d'informatique où un acteur doit se faire passer pour le PDG auprès des employés et des actionnaires pour signer un contrat de vente juteux, Lars Von Trier s'amuse avec les règles cinématographiques de la comédie en les expliquant de vive voix pendant la scène. Il pousse même le plaisir au point de se montrer caméra à l'épaule dans les reflets des vitres durant ses explications. Le tout filmé dans des plans très serrés où les personnages sont souvent décadrés. Une comédie caustique et hilarante pour un auteur qui n'en a pas fini de nous surprendre. ✍ Guillaume Martel ★★★ LA CITÉ INTERDITE de Zhang Yimou (M6 Vidéo) Après avoir vu les merveilleux Hero et Le secret des poignards volants, on est en droit de demander encore plus de spectaculaire et d'esthétisme pour le nouveau du génial Zhang Yimou. Et bien, nous voila servis avec le très beau La Cité Interdite. L'histoire se déroule en Chine au X ème siècle, durant la Dynastie Tang où l'Empereur Ping (Chow Yun-Fat) de retour à la Cité Interdite, découvre qu'un complot se trame contre son pouvoir. Ainsi on découvre manipulation et manigance au sein même de la famille de l'empereur. Des décors multicolores incroyables et des costumes de toutes beauté nous plonge dans une époque de la Chine que Zhang Yimou transgresse à sa guise. Il mélange les époques et les modes sans se soucier de la rigueur historique. Il n'empêche qu'il offre une fresque épique toute en beauté qu'on ne se lasse pas de revoir. ✍ Guillaume Martel ★★★ LES OUBLIÉES DE JUAREZ de Gregory Nava (M6 Vidéo) À Juarez, ville mexicaine proche de la frontière du Texas, une journaliste américaine venue enquêter sur des meurtres en série va soulever l'un des scandales judiciaires les plus épouvantables de la dernière décennie… Jennifer Lopez campe la reporter de choc de ce thriller inspiré de faits réels (environ 400 femmes ont disparu à Juarez depuis 1993), mis en scène en 2006 par Gregory Nava. Malgré quelques détails techniques pas emballant (les flash-back, les images de Martin Sheen dans l'imprimerie de son journal, ou parfois des images poussiéreuses et mal éclairées), Les oubliées de Juarez est un beau film. Ce film parle de viols et d'assassinats de femmes ouvrières qui sont embauchées dans des usines mexicaines, qui apparemment travailleraient pour de grandes marques internationales, et principalement américaines. Un pamphlet contre un côté caché de la mondialisation et du libre-échange. Si Antonio Banderas a vraiment un second rôle (celui d'un journaliste mexicain), Jennifer Lopez porte avec engagement, et passion ce film sur ses épaules (elle a d'ailleurs été récompensée par Amnesty International, récemment). ✍ Justine Sirkis ★★★ LES KINKS, UNE HISTOIRE ANGLAISE d'Alain Feydri (Julie Editions) Premier livre en français sur l'un des quatre piliers du rock anglais : il était temps. Malheureusement, comme dans 99% des cas, nous voilà avec une bio chronologique, même si dates et flash forwards ont tendance à embrouiller la compréhension. Sinon le fond est solide et l'on a affaire à un fan de la première heure qui remet bien les Tordus à leur vraie place et leurs périodes discographiques en perspective : Pye la pop décalée géniale, RCA le vaudeville lourd, puis Arista ou la transmutation de l'or anglais si précieux en plombVRP du stadium rock US qui, paradoxalement, paiera. En leitmotiv, on retrouve tout du long la haine mutuelle des frères Davies comme moteur et boulet tout à la fois, mais aussi l'ambiance anarchique, violente, avinée et non professionnelle des concerts, à l'opposé de leur minutieux travail en studio. L'analyse musicale reste quelque peu sommaire mais juste, comme celle des textes, indispensable, que l'on aimerait plus longue pour bien tordre le cou à la vision d'un Ray Davies cynique, en fait génie tout en tendresse face à la galerie de misfits, dandys et autres perdants de son théâtre humain. ✍ Jean-Jacques Massé ★★ ÊTRE ROCK de Philippe Manœuvre et Thierry Guitard (Tana Editions) « C'est quoi être rock ? » En voilà une question qu'elle est bonne. Et bien parmi les nombreuses réponses que l'on pourrait donner, Philippe Manaoeuvre (rédacteur en chef de Rock & Folk…) et Thierry Guitard (Rock & Folk, Libé…) se proposent d'en ajouter encore 113, sous formes de mantras. Empruntées aux rockers de tous bords, de Dylan à Elvis en passant par Nick Kent, Lou Reed, mais aussi Gainsbourg, Ferré ou Joeystarr, les perles recueillies ont de quoi faire sourire, surprendre, énerver, interloquer, etc. L'ensemble est présenté dans un élégant livret où dessins et citations épousent une charte graphique en rouge et noire. Et le rock, c'est quoi alors ? Et bien on est encore moins sûr qu'avant d'ouvrir le bouquin. On laissera répondre Mick Jagger en guise de mise en bouche : « D'une certaine façon, c'est la Messe ». ✍ M.B. ★★★★



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