Nos'Arts n°7 jui/aoû/sep 2010
Nos'Arts n°7 jui/aoû/sep 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de jui/aoû/sep 2010

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Arts Connection SAS

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 4,9 Mo

  • Dans ce numéro : spécial été... que sont-ils devenus ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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45 NOUVELLE Je suis rentré ce soir-là en longeant le canal. J’avais pris le temps de ramasser et de mettre dans ma poche quelques petits éclats d’ardoise tombés des toits. Nous reviendrons dimanche faire des ricochets sur l’eau, pensai-je. Puis j’avais plongé jusqu’aux maisons fantômes de la rue d’Arpin. On les avait appelées ainsi parce que quand le soir nous surprenait elles formaient un linge blanc suspendu dans l’espace. La terre était froide et le ciel gonflé de moutons bleu pâle. Arrivé en bas de l’immeuble, j’ai remarqué le manque de lumières mais j’ai cru à une facétie de ta maman. J’ai pris l’ascenseur. Je ne le prenais qu’avec toi habituellement. J’avais hâte de vous rejoindre, de t’embrasser. Mais j’ai eu beau frapper à la porte, appeler, hurler dans toutes les pièces ; il ne me revenait que l’écho du silence. Sur la table du salon, là ou s’égayaient encore quelques miettes, il y avait une lettre. Sa lettre ! Des mots d’adieux sans appel, gant de crin sur le cœur... «Nous étions de loin en loin ces derniers temps, devenus de simples amis. Il vaut mieux en rester là. En bons amis. Je prendrai plaisir à te revoir dans quelque temps. Entre amis. Il n’y a plus le fil tendu des sentiments amoureux. Ça me rend triste et malheureuse mais c’est ainsi. Conserve-toi bien et ouvre-toi à la vie. Il n’y a www.photo-libre.fr qu’un devoir, c’est d’être heureux ! Isabelle.» Je me suis précipité dans la chambre d’angle où trônaient encore tes jouets. Sur ton lit très bas RETROUVEZ CET ARTISTE DANS LE MAGAZINE NOS’ARTS NUMÉRO 2 TÉLÉCHARGEABLE SUR LE SITE INTERNET, GRATUITEMENT. encombré de couleurs et d’habits, il n’y avait plus le nounours que je t’avais offert au Noël passé et que tu transportais avec toi comme un trophée. Vous aviez dû partir avec une simple valise... Le lendemain, Isabelle est revenue accompagnée de déménageurs qui ont dévalisé l’appartement. - Ça va ? m’a-t-elle dit. Bien sûr que ça allait. J’avais l’impression que l’on m’amputait une partie de ma vie. Disparus le tableau au soleil couchant, la chaîne-hifi, la moitié de la discothèque, l’ordinateur portable, la comtoise de l’entrée... et toi ! À jamais ! Les premiers temps, pour ne pas ressentir le manque ou l’absence, je me suis noyé dans le travail et le tourbillon de l’existence. Et puis au fil du temps.... Ce fut comme un renoncement de tout vacarme, je me suis recroquevillé, emmuré sur moi-même et le mal de toi s’est fait ressentir. Tu m’avais rempli l’esprit de longs mois et je devenais incapable de penser à autre chose qu’à toi. Je te voyais te réfugier dans mes bras en cage et me submerger de tendresse et de baisers. J’avais beau vouloir te garder le plus longtemps possible contre moi, tu trouvais toujours l’ouverture. C’était devenu une obsession comme une migraine qui s’engage, comme une odeur qui colle à la peau… J’ai voulu guérir. J’ai multiplié les conquêtes. Des sublimes à des plus pâlichonnes. Jusqu’à la dernière,
Georges Grard L’enfant d’un autre Contact : grrrart@wanadoo.fr une petite bien grasse avec des seins chocolat. Je ne voulais pas vieillir, m’abandonner au chagrin. Pourtant, dès que je me retrouvais seul, j’étais perdu dans un territoire inconnu, livré sans mode d’emploi ! Je regardais autour de moi, à l’intérieur de moi et j’avais froid, j’avais peur. Je t’avais en tête et dans le cœur. Tu grandissais et tes images étaient des coutures dans le temps. Je n’étais pas ton père biologique. Lui avait été nomade et s’était payé de mots et de sexe, un hors sujet de ta vie. Moi, j’avais veillé sur ta petite enfance et tu m’avais choisi. Cela fait trop longtemps qu’un voile glacé s’est abattu sur mes souvenirs. J’observe souvent les autres enfants, ceux des voisins, des anonymes et j’y cherche ton sourire malicieux… La première fois que je t’ai vu… rappelle-toi, on s’est mesurés du regard mais aucun de nous n’a essayé de s’emparer ou de dominer l’autre. C’était une force attractive qui n’a fait que s’épanouir jusqu’à ton départ. Isabelle m’a quitté mais c’est toi qui m’as manqué. Elle m’avait demandé de me séparer de tout. Ne rien laisser en moi de notre histoire. De rester les mains vides… Mais mon cœur s’est figé comme un mort. - On rebondit comme une balle, avait prévenu ta mère. Elle parlait pour elle. Peut-être même pour toi qui nourris d’autres vies aujourd’hui. Moi, j’ai jeté l’ancre dans des criques improbables Par-dessus un ciel clinquant. Je sais que le cœur est orphelin si la tête est ailleurs. J’ai connu des douleurs jusqu’à crier aux flammes mais, là, j’ai l’impression de chavirer. Chavirer des nuits entières, m’égarer dans des labyrinthes... Au fond de moi, chaque jour ressemblait à l’autre. L’absence de tes rires dans mon cou, de tes larmes dans ma gorge creusaient mon existence et la ridaient. Pour lire la suite de cette nouvelle rendez-vous sur le site www.nosarts.com et télécharger le magazine numéro 2. QU’EST-IL DEVENU ? Je termine un roman « Merci Jean Ferrat » dont la sortie est prévue début septembre. GRRR...ART EDITIONS que je dirige sortira également, après « Nouveaux mystères et légendes du Béarn » en juin et « Les contes et légendes de Vendée » en Juillet, « Les contes et légendes des Yvelines » fin septembre. Ainsi que le cinquième roman du Grand Olivier Démoulin « Aux bons soins de Lénine » et le premier roman-ado de Joël Carrasco « L’enfant-sablier »... Une activité chargée... Pour en être informé, le site : http://grrrart.fr Tout soutien, quel qu’il soit, est toujours le bienvenu. Vous pouvez me contacter à grrrart@wanadoo.fr 46 Littérature - Nouvelle



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