Nos'Arts n°6 avr/mai/jun 2010
Nos'Arts n°6 avr/mai/jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avr/mai/jun 2010

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Arts Connection SAS

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : Jean-Pierre Mas, parrain du numéro.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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37 Nolween Eawy… quel étrange personnage. Écrire pour elle n’est pas une passion mais un besoin quasi vital. Elle est une auteure du genre fantastique qui s’inspire depuis de longues années de l’obscurité terrifiante mais aussi de ses propres démons et phobies. Au gré des lignes, sa plume tente de percer les ténèbres mystérieuses créées par la violence vivace, telle une entité perverse, au sein de chaque individu. Passez le seuil de l’univers Eawyien pétri de frissons aux saveurs de l’enfance et peut-être que vos propres cauchemars ou autres phobies s’évaporeront au contact des siens... Après avoir fait connaître sa plume sur les forums littéraires, elle se lance dans l’aventure de la publication de ses histoires horrifiques. Un univers proche du thriller avec une pointe de fantastique. Son premier recueil, paru en février 2008, « Les enfants de l’ombre », a reçu un très bon accueil. Entre terreur enfantine et espoir d’une mère, ses histoires prennent naissance lors de nuits cauchemardesques. La violence qui se cache dans l’innocence de nos chérubins n’a pas laissé ses lecteurs insensibles. Le soutien des critiques littéraires la motive à écrire son second recueil « La petite boutique des horreurs » paru en janvier 2009. Elle donne vie à un tueur en série qui croise un ange déchu. Des objets anodins sèment la mort autour d’eux. Un sinistre destin qui conduira à la fin du monde. Puis vient un mini-recueil en décembre 2009 « Le Père Noël est mort » où elle donne sa vision d’un Père Noël qui ne croit plus aux petits enfants et leur fait chèrement payer cette désillusion. Ces recueils sont les prémisses d’une œuvre vaste et complexe. Nolween Eawy « J’ai des phobies, la plupart relatives à mon enfance, elles sont totalement irrationnelles mais je les ressens comme un handicap au quotidien. L’écriture est une forme de libération. J’aime écrire sur la noirceur du monde et ses travers, avec un regard enfantin et faussement naïf. La majorité de mes personnages sont des enfants ou des adultes qui refusent de grandir. Chacun d’entre eux est une facette de ma personnalité. Ils sont aussi le reflet de ce qui ne tourne pas rond dans notre monde. Ils sont les premières victimes de nos dérives, mais aussi nos plus dangereux bourreaux. Ils ne distinguent plus le bien et le mal, car ces sont des notions qui ont perdu de leur valeur. C’est la base de mes histoires teintées de fantastique, mais surtout de la sinistre réalité qui nous entoure. C’est ce qui rend cette horreur, pas si fictive, plus dramatique. » Son univers littéraire est une schizophrénie, une sorte de dualité entre l’écrivaine et la femme, qui rend sa plume unique. Une croisée des mondes entre les Antilles et la France pour cette enfant de la Martinique, qui vit aujourd’hui en Bretagne et peine à trouver sa place dans le monde cruel des adultes. Outre sa plume, elle s’exprime aussi à travers la peinture. Ses personnages tourmentés prennent vie dans ses mots mais aussi dans ses couleurs acidulées. Une autre façon d’évacuer ses tourments perpétuels. Des univers artistiques qui racontent une seule histoire : la sienne.
NOUVELLE J’ouvre une fenêtre sur le monde rose bonbon. L’astu vu ? Des flocons de neige par milliers. Des popcorn géants pour les petites filles gourmandes. De la barbe à papa immaculée sous ma fenêtre. L’entends-tu ? Une douce nuit. Une sainte nuit. Une nuit en nougatine. Le monde attend sa venue. Papa Noël arrive, j’entends les sabots de ses rênes. Le sens-tu ? Des délices et des merveilles. Une brise de bûche glacée. Un nuage de dinde farcie. Je trémousse, m’enroule comme un chamallow. Les heures s’immobilisent. Je trépigne, je rouspète. Des fourmis montent le long de mes jambes. Je ne peux pas attendre. Vite, vite. - Oh, saleté de Papa Noël ! grommelais-je cachée sous mes draps de soie. Et s’il n’avait pas reçu ma lettre en pain azyme. Ses lutins l’ont sûrement mangé. J’aurais dû l’écrire en pain d’épices avec des larmes de papillons acides. Les lutins détestent les papillons. Ils sont en guerre depuis des millénaires parce que les chenilles leurs ont volé leurs ailes. - Zut ! Il ne viendra pas. C’est fichu ! Maman entre dans la pièce. Ma complainte a dû se perdre dans ses oreilles. - Allons, petite princesse malicieuse. On tournicote ses pensées ? Je me jette dans ses bras et pleure à chaudes larmes. Entre deux sanglots, je lui susurre ma crainte d’être oubliée par le Père Noël. Et s’il ne m’a pas Un Noël acidulé Site officiel : http://nolween-eawy.com « On comprend soudain pourquoi le Père Noël préfère en général chuchoter quand il nous parle, et sucer des bonbons à la réglisse sans qu’il s’agisse de gourmandise. » Cécile Philippe trouvée assez sage. Peut-être m’a-t-il vue voler les hosties de l’abbé Jean ? Par ma faute, la messe a été annulée. Les anges m’ont punie en m’obligeant à tout vomir dans le pot de fleur de maman. Elle m’a beaucoup grondée quand j’ai menti en accusant le chat. Il ne viendra pas, j’en suis certaine. Il sait que j’ai mal agi. Je n’aurais pas de cadeaux. Je n’aurais pas ma poupée aux cheveux d’anis. Mes oursons couleurs miel et chocolat. Maman éclate de rire et me rassure avec ses mots de velours. - Le Père Noël est un gourmand. Il suffira de l’allécher avec quelques recettes spéciales. Les bonnes odeurs dans une maison font toujours venir un bon Papa Noël. Nous ferons en sorte qu’il ne t’oublie pas. Elle glisse un sucre d’orge sous l’oreiller pour remplir mes rêves de douceur. Un dernier baiser dans mes boucles d’orange et demain sera un jour praliné. - Comme elle est adorable. Je croquerais ses amandes joufflues. Tante Etty me pince les joues si fort qu’elle pourrait m’en faire couler de la gélatine. Elle me croque, me lèche dans tous les recoins. Je me débats avec grâce pour m’extirper de ses bras fripés. Cette journée me semble déjà sans fin. Un repas familial aussi long qu’un rouleau de réglisse s’annonce. Des tatas par milliers, des cousins et cousines à n’en plus compter. J’ai le tourbillon dans le bidon 38 Littérature - Nouvelle



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