Nos'Arts n°2 jui/aoû 2009
Nos'Arts n°2 jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jui/aoû 2009

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Arts Connection SAS

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 14,4 Mo

  • Dans ce numéro : Michel Das, peintre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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31 Jeudi 16 décembre. Les moustiques cette nuit ne m’ont pas épargné. Ce nouveau bivouac semble plus hospitalier ; il est carrément grandiose ! En plein milieu de la Vallée Blanche, nous avons établi notre campement à 300 mètres d’un puits. Bien qu’un peu fraîche, cette nouvelle douche est un vrai plaisir pour nous tous. L’étape de cette journée a été particulièrement magnifique : après une matinée commencée sur un plateau noir assez austère, nous avons atteint l’après-midi le surplombdominant cette large vallée. Une vue sans fin sur les dunes de sable blanc, contrastant avec les contreforts sombres de grès noir. Vendredi 17 décembre. Dernier bivouac au cœur d’un cirque naturel. La nuit dernière a été blanche : une « petite » tempête de sable nous a empêchés de fermer l’oeil de la nuit. Le sifflement du vent, le sable microscopique qui s’engouffre dans nos duvets, et qui pénètre dans nos yeux, dans nos narines, nous laissent imaginer ce que doit être une véritable tempête du désert. Toute la journée nous avons marché contre ce vent d’une quarantaine de kilomètres/heures, la chèche nous protégeant les yeux et les narines, mais n’empêchant pas la résistance supplémentaire, freinant notre marche et combattant nos efforts. Pour arriver au dernier bivouac, enfin une longue marche de plusieurs kilomètres avec ce vent frontal, en léger faux-plat, dans un sable mou qui s’enfonce à la moindre sollicitation du pied. Certains de mes compagnons souffrent dans cette dernière ligne droite, tandis que le guide, pressé d’en finir probablement, continue d’avancer toujours aussi imperturbable et déterminé. Durant tout ce voyage, il nous aura montré l’efficacité de sa technique de marche dans les dunes, sa volonté et la résistance de son organisme, malgré un physique menu. Après 80 kilomètres à travers dunes et rochers, ces six jours de marche, bien qu’accessibles à des gens peu sportifs, auront finalement mis nos corps à rude épreuve. Nous sommes tous fatigués, et pressés de rentrer chez nous. Dimanche 19 décembre. C’est le jour du retour sur Paris. Nous avons embarqué à bord d’un Boeing 727 de la compagnie Go Voyages. Visage fatigué par l’effort et par la barbe, nous voici de retour vers notre monde occidental, non sans une certaine impatience de retrouver le confort, la douche chaude, les repas variés et sans sable, les nuits sans moustiques... Mais nous sommes heureux, heureux d’avoir réalisé notre « aventure » personnelle, d’avoir rencontré ces visages et ce monde si différents. La journée de la veille a consisté en une marche de deux heures environ dans une jolie vallée bordée de falaises, pour arriver sur une oasis un peu trop touristique, premier avant-goût du retour à notre civilisation. Premiers visages de français inconnus après une semaine d’immersion dans le désert. Première impression légèrement désagréable d’appartenir à un monde où le confort n’implique pas nécessairement la chaleur sur les visages.
Sans doute disent-ils la même chose de nous, et peut-être ces visages fermés sont-ils à mettre sur le compte de la fatigue accumulée en une semaine de marche et d’effort quotidien. Un rapide bain dans une eau peu appétissante, un repos après le repas, et nous rejoignons Atar en 4x4, pour nous installer dans une « auberge », pour notre dernière nuit en Mauritanie. Le mot « auberge » revêt ici une signification légèrement différente de celle à laquelle nous sommes habitués : de simples matelas au sol comme unique décor, des murs vierges de tout meuble ou bibelot... c’est le confort à la mode du désert. Entre les toilettes à n’utiliser qu’en cas d’extrême urgence et la douche sans eau, on a bien compris qu’on devra attendre Paris pour le vrai retour au confort. Fin d’après-midi passée au marché local : je fausse rapidement compagnie au groupe pour m’immerger dans la ville, pour finir « invité » par un jeune commerçant dans son échoppe de sculptures. Très vite, une communication s’installe entre nous. J’ai pris soin de lui indiquer que je n’achèterai pas ce soir car je n’ai pas d’argent sur moi, et que je reviendrai le lendemain. Ne me contentant pas de répondre à ses questions, je lui en pose également. Dès lors, la relation touristevendeur change. Il m’explique rapidement les problèmes de racisme dont lui et sa communauté noire sont victimes : selon lui, les policiers favorisent les commerçants d’origine maure au détriment de sa propre communauté. On commence alors à discuter et il me propose de prendre le thé avec un ami, dans sa boutique. On discute problèmes politiques, racisme, vie en France, football, etc. Il semble se dégager de ces deux personnes une vraie sincérité, dépassant le simple échange commercial. On se revoit alors le lendemain comme prévu, et je lui achète quelques statues à prix bien négocié. Je lui troque également mon petit sac à dos contre une autre statue, et je vois dans ses yeux une joie réelle, pour un objet sans valeur pour nous mais introuvable dans ce pays. Un geste facile, mais générateur d’un peu de bonheur pour une personne dont la vie à ce moment me semble tellement plus difficile que la mienne... Le quotidien paraît en effet si rude : absence totale d’hygiène, des enfants jouant dans les détritus, des animaux crevés le long de la route, des constructions difformes, des habitations sommaires, pas d’éclairage public, des bars et des restaurants aussi rares que sordides, les commerçants qui vivent et dorment à l’intérieur de leur boutique... Mais tout cela n’empêchant ni la vie, ni le sourire. Carnet de voyage 28 Notre guide Ahmedou 32 Carnet de voyage



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