Nightlife n°61 avr/mai 2012
Nightlife n°61 avr/mai 2012
  • Prix facial : 5,50 €

  • Parution : n°61 de avr/mai 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Mediapresse Éditions

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : Bob Siclar, disco king.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier Les nouveaux visages de la luxure » > C’est le cas de ces femmes, étudiantes, mères de famille ou simplement en galère de fric… Malmenées par la vie et ses tracas financiers, ces femmes n’ont pas trouvé d’autres choix pour s’en sortir que de vendre leurs charmes. Eprises d’un sentiment de honte et par soucis d’anonymat, nombreuses sont celles qui, chaque années, franchissent les portes de la prostitution de luxe. Loin du « racolage de trottoir », ces nouvelles travailleuses du sexe, dissimulées dans l’immensité virtuelle, opèrent dans un cadre plus standing et plus raffiné, celui de l’escorting. D’après l’office central de répression de la traite des êtres humains, environs 18 à 20 000 personnes se livrent à la prostitution en France mais parmi celles-ci, il est impossible de préciser combien sont des escort girls. Plus discrètes, ces dernières travaillent généralement en appartements ou dans des hôtels de luxe. Les clients peuvent prendre rendez-vous soit par téléphone ou sur Internet via des sites spécialisés comme vipinternationalescort.com. Basé à Genève, capitale de la prostitution légale, le site créé en 2006 affiche explicitement la teinte haute gamme de ce nouveau marché qui explose. A l’instar des e-shop de textile, on y retrouve un catalogue présentant un large choix de jeunes femmes. Leur âge ? Entre 19 et 32 ans. Brunes, blondes, rousses… une dizaine de profils sont présentés avec à chaque fois les mêmes photographies dénudées, les mêmes courbes siliconées et en option : la taille, le poids, le tour de poitrine et une petite présentation de chaque escort girl. De quoi satisfaire les envies de ses messieurs plutôt aisés. L’agence d’escorting vise, en effet, une clientèle particulièrement prospère et propose toute une gamme de location de luxe. En jet privé, en limousine, sur une île… Les escort girls peuvent accompagner leurs clients au gré de leurs déplacements au risque parfois de déclencher des tempêtes médiatiques. Des « bunga bunga » de Silvio Berlusconi à l’affaire du Carlton, la prostitution de luxe émoustille la chronique judiciaire. Le 4 octobre dernier, René Kojfer, le responsable des affaires publiques de l’hôtel Carlton de Lille, est mis en examen pour « proxénétisme aggravé en bande organisée ». L’homme serait lié à un personnage trouble, « Dodo la Saumure » de son vrai nom Dominique Alderweireld, proxénète incarcéré en Belgique dans la foulée et soupçonné d’avoir employé des mineures. Peu après, ce sont Emmanuel Riglaire, avocat au barreau de Lille, Hervé Franchois, le propriétaire du Carlton, et le commissaire divisionnaire et chef de la sûreté départementale, Jean-Christophe Lagarde qui sont mis en examen par la police judiciaire de Lille pour « proxénétisme aggravé en bande organisée ». Des prostituées, entendues dans le cadre de l’affaire, ont confirmé leur participation à des soirées et à des voyages tous frais payés entre mars 2009 et le printemps 2011 dont Florence V, une escorte girl d’une tren- 54 NIGHTLIFE « Une escort girl peut toucher jusqu’à 10 000 euros par mois » taine d’années. Dans son témoignage que s’est procuré M6 en octobre dernier, celle-ci raconte sa nuit passée avec DSK la veille de son arrestation au Sofitel de New York. L’ancien directeur du Fonds Monétaire International aurait participé à de nombreuses soirées libertines avec des prostituées. David Roquet, l’ex directeur de la filiale Eiffage, est soupçonné d’avoir réglé, au titre de frais professionnels ces rencontres coquines. « Je touchais entre 500 et 1000 euros » pour les soirées à Paris, explique-t-elle. « Pour le voyage à Washington », Florence V a partagé avec une autre escorte girl la somme remise « pour les trois jours, 2400 euros ». Des « dédommagements » dont la jeune femme semblait s’accommoder : après s’être lancée dans d’autres activités comme le massage, elle a « conservé les petites sauteries avec DSK qui sont des moments agréables qui payent bien ». En règle générale, le prix moyen d’une prestation est de 250 à 500 euros de l’heure, une escort girl peut ainsi toucher jusqu’à 10 000 euros par mois ! Un « salaire » au goût des étudiantes : d’après la fédération SUD-étudiant, elles seraient près de 40 000 à s’improviser escorts pour arrondir leurs fins de mois. Alors pour faire obstacle à la prostitution qu’elle soit visible ou non, les députés se sont prononcé, en décembre dernier, à en faveur d’une résolution réaffirmant « la position abolitionniste » de la France en matière de racolage. Une décision qui échauffe le STRASS (le syndicat du travail sexuel) inquiet de la reconnaissance professionnelle et sociale des travailleuses sexuelles qui pour beaucoup, ne l’oublions pas, paient des impôts. Quelle influence chez les jeunes : les skins Party ou les nouvelles orgies des moins de 20 ans ! » > En un clic sur internet, le sexe est, là aussi, omniprésent ! 12% des sites sur le web sont des sites X et on estime à 3075 dollars la somme dépensée par seconde dans cette industrie ! D’une facilité d’accès redoutable, les jeunes ont alors une consommation accrue d’images à caractères pornographiques à l’origine de nouveaux rapports liés à la sexualité. D’après l’INED (Institut national d’études démoraphiques), l’âge du premier rapport sexuel a peu évolué et se stabilise autour de 17 ans pour les femmes, comme pour les hommes depuis 1980 et 1990. Les pratiques, en revanche,
ont véritablement évoluées, entre banalisation de la pornographie et culte de la performance. « Première fois à 14 ans ! Besoin de vos conseils », « Comment agrandir mon pénis ? », « Besoin d’aide pour la fellation ! » … sur internet, les forums pour adolescents sont le reflet d’une jeunesse complètement décomplexée sur la sexualité. On y découvre un univers sexuel formaté dans lequel le plaisir masculin domine. Influencés par les vidéos X ou encore les séries étrangères comme la série britannique Skins diffusée sur Canal + et maintenant sur June (anciennement Fille TV), les jeunes n’ont plus de limites ! Diffusée dans une vingtaine de pays, la fiction met en scène des adolescents complètement dévergondés noyant leurs tracas dans le sexe, l’alcool et la drogue. La série a enregistré près de 200 000 téléspectateurs en France sur certains épisodes, un succès qui a su s’exporter au-delà du petit écran ! « Alcool, sexe et défonce sont les seuls maîtres mots » Italie, France, Royaume-Uni, USA…aux quatre coins du monde, se retrouve désormais chaque week-end, une nouvelle génération de fêtards inspirés par le feuilleton, dans des soirées appelées les « Skins Party ». Le dress code affiche la couleur : minijupes, collants troués, couleurs fluo, masques et autres accessoires flashy sont indispensables pour entrer. Une fois à l’intérieur : alcool, sexe et défonce sont les seuls maîtres mots. Dans une ambiance psychédélique, les jeunes font l’amour à la vue de tous tandis que d’autres se défoncent à dose de coke, de shit ou d’exta. La plupart d’entre eux ne sont pas encore majeurs. Ainsi, par soucis de légalité, « beaucoup de « Skins Party » sont organisées clandestinement, souvent à la dernière minute grâce à Facebook » explique Nicolas, 19ans. Grâce au réseau social, ces nouvelles soirées « no limit » cartonnent, certaines comptent jusqu’à 3000 participants. Une fréquentation qui n’est pas sans dangers. Le 5 février 2010 à Montpellier, l’agence évènementielle Bad Twins semble avoir été dépassée par le phénomène. Alors que 3200 personnes étaient attendues pour l’official skins party 2, évènement annoncé sur Myspace et sur Facebook, un millier de jeunes se retrouvent devant l’entrée vers 22 heures. Dans la file d’attente, certains fument des joints et d’autres sortent des bouteilles d’alcool. En quelques minutes l’attente devient un véritable calvaire alors que la fête bat son plein à l’intérieur. Dans la foule les bouteilles se cassent, les coups fusent, certains font des malaises. Piétinés et gazés par des bombes lacrymogènes, l’ambiance est d’une extrême violence. Marion, étudiante n’oubliera jamais cette soirée « On a été piétiné, bousculé, écrasé, étouffé. Honnêtement, je pensais que j’allais mourir. J’ai réussi à sortir de foule vers 23h30. Je suis sorti au bon moment, car peu de temps après tout le monde a été sauvagement gazés. Je regardais les gens sortir de la foule : des pleurs, des cris, des suffocations... » Dès le lendemain, l’agence évènementielle a annoncé, dans un communiqué d’excuses publié sur Facebook, de nouvelles mesures dont le renforcement du service de sécurité pour éviter que d’autres incidents ne se reproduisent à l’avenir sans oublier de rappeler les prochaines soirées à venir… Dossier Le sexe, la nouvelle école de la réussite ? Focus sur Zahia Dehar A seulement 20 ans, Zahia Dehar a fait vibré le Palais de Chaillot à Paris, à l’occasion de la fashion week. Epaulée par KarlLagerfeld, le directeur artistique de la maison Chanel a, lui-même, réalisé les clichés de sa nouvelle ligne de lingerie. De prostituée à icone de mode, voilà une transformation réussie pour celle qui a fait trembler l’équipe de France de football en 2010. Décidée à ne pas se faire oublier, voici un avenir radieux qui se dessine entre défilés, site internet à l’effigie de sa marque et peut-être un documentaire réalisé par Isabelle Adjani pour cette jeune algérienne arrivée en France à l’âge de 10 ans. Mais peut-on qualifier cette réussite comme exemplaire ? Rien n’est moins sûr que certaines jeunes filles souhaitent désormais suivre la voix de Zahia… NIGHTLIFE 55



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