Nightlife n°59 oct/nov/déc 2011
Nightlife n°59 oct/nov/déc 2011
  • Prix facial : 5,50 €

  • Parution : n°59 de oct/nov/déc 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Mediapresse Éditions

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : Snoop Dogg... sex, drugs and Rap'n'roll !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dossier mesure : une table au Gotha a été réservée pour un riche étranger à 400 000 euros. Plusieurs autres tables ont été « vendues » à plus de 100 000 euros. Le prix de l’entrée s’est envolé sur certaines soirées (plus de 70 euros) et le chiffre d’affaires, a frôlé parfois le million d’euros, juste pour un seul soir. Soit l’équivalent du chiffre d’affaires d’un club « moyen » de Province à l’année… Bienvenue dans la 4 ème dimension du clubbing. Mozart, de l’équipe du Gotha cette année, nous confiait qu’il est « difficile de sortir des 25 ou 30 grands noms de DJs qui tournent dans le monde entier. Ils répondent à la demande des clubs incontournables en priorité. De notre côté, nous sommes un grand club et il faut le remplir. Donc c’est compliqué de sortir des David Guetta, Bob Sinclar, Swedish House Mafia… et de miser sur des noms plus underground ». La principale attraction de la pré-saison est donc d’attirer le maximum de grands noms sur sa programmation, pour mieux distancer l’autre club concurrent. La Swedish House Mafia, qui n’a jamais aussi bien porté son nom, a mis en concurrence les deux clubs tout l’été. Selon une de nos sources en interne, le trio suédois est venu mixer pour un cachet de 100 000 euros au final. Public au rendez-vous, carton de l’été et soirée incontournable de la French Riviera cette année. « Soyons réalistes, c’est l’argent qui prime », rappelle Christophe Lyard de Futuria Productions, « Bien plus que les nouveaux lieux qui ouvrent ou qui sont intéressants au niveau concept. Les DJs savent que l’été, il faut être au Palais ou au Gotha, à l’Amnésia, au Pacha… en mars à Miami… Les grands DJs ont tous leurs week-ends de bookés de l’année au moins 12 mois avant. C’est donc difficile de se frayer un chemin dans ce calendrier pour un petit club… ». Même constat pour Valentino Barriolesa de l’Amnesia à Ibiza : « Il est très difficile d’insérer de jeunes DJs dans le cercle de nos bookings. Nous sommes à Ibiza et même les plus petits clubs sont à la recherche de programmations qui attirent le plus grand nombre. Le DJ reste la vitrine du club avant tout ». » > Des prestations bâclées ? Incontestablement, l’attrait du DJ ne se fait plus sur ses performances artistiques mais sur son potentiel commercial et médiatique. D’ailleurs le débat entre DJs médiatiques et DJs underground est souvent vif. Ces derniers, qui arrivent d’ailleurs 40 NIGHTLIFE Dossier réalisé par Nikola Krsteski d’avantage à tourner à l’étranger qu’en France et qui assurent des prestations pour 1000/1500 euros en moyenne, ne voient pas toujours d’un très bon œil l’explosion de ces DJs stars. D’une part parce qu’ils faussent d’une certaine manière le prix du marché, mais surtout à cause de leurs prestations souvent jugées médiocres. « J’ai déjà vu des DJs payés 15 000 euros par soir faire une prestation de 2 heures montre en main, leur mix pré-enregistré sur une clé USB et levant la tête une fois par heure pour saluer le public. Quand je joue, quelque soit le cachet, mon mix est toujours propre à la soirée et mon dialogue avec le public prime. J’écoute leurs envies, je m’adapte et je ne regarde pas le temps passé derrière les platines à la minute près. Le feeling musical est tout aussi important que le chèque, voir plus » nous confirme ce DJ qui a fait les belles heures du Rex et qui préfère rester anonyme. Même dans le milieu de la fête, dénoncer tout haut ce que tout le monde pense tout bas n’est pas toujours bien perçu… Les limites d’un système bling-bling » > Devant ce constat, les organisateurs et les directeurs artistiques sont donc bien obligés de s’adapter et de revoir certains fondamentaux. Véritable soirée phare de l’été à Paris, les « Boumettes » ont décidé de fonder leur succès sur le bouche à oreille et un réseau d’oiseaux de nuit et de faiseurs de tendances : « Sur ce type de soirée, c’est très compliqué de booker un DJ à 4000 euros, donc je ne le fais pas. La Boumette, c’est la désacralisation du DJ en tant qu’élément marketing. Beaucoup de DJs qui viennent ici acceptent un cachet minime et jouent vraiment le jeu. On est là dans l’anti-thèse du DJ. En plus, ils ont souvent tout un réseau d’amis, de relations, de people qu’ils activent pour la soirée. Et là, le DJ joue aussi un rôle de RP ! Tout le monde a à y gagner », explique Betrand Mialet de l’agence WBA, structure qui a dernièrement organisé l’Excentric Night by J&B à la Grande Hall de la Villette, « Voilà l’autre penchant de mon métier désormais : arriver à trouver ce type d’événement avec un sponsor ou des marques qui permettent d’avoir un petit budget pour mon line-up. Car seul, c’est difficile d’y arriver ! Mais même dans cette configuration, il ne faut pas faire n’importe quoi et arriver à attirer aussi bien un public généraliste que des gens issus de la hype parisienne. Pour l’Excentric Night, j’ai décidé de booker Boy George, Cassius et Nicolas Jaar. J’aurais pu tout dépenser
dans un nom type Swedish House Mafia ou Bob Sinclar, mais pour le coup, cela n’aurait pas été fédérateur. Et donc un mauvais coup marketing ». Le sponsor, voilà pour beaucoup l’une des solutions à envisager pour relancer le marché de la nuit mais là aussi la donne n’est pas si simple : « Des fois, j’ai des artistes qui savent que j’ai tel ou tel sponsor sur une soirée et à partir de ce moment là, ils augmentent leurs tarifs de manière indécente ! Mais ne sont-ils pas au courant que ce sponsor m’apporte parfois juste quelques gratuités boissons et non un appel d’air financier ? Donc le problème reste le même… », tempère Bertrand Mialet. Viktoria Siniavskaia de l’agence War Tour Booking qui organise des soirées en France et en Russie a vu le revers de la médaille du sponsoring de masse à Moscou : « Les soirées y sont soutenues financièrement par des partenaires privés. Souvent avec des contrats qui durent sur une ou plusieurs années et qui aident à faire venir des gros DJs. Ils ont ensuite l’exclusivité sur l’animation dans le club. Et le revers de la médaille, c’est que souvent le sponsor principal va imposer ses têtes d’affiche donc il y a peu de manœuvre artistique pour les DJs que l’on fait venir ! Souvent les sponsors donnent même une liste d’artistes pour les booker. Ce qui ne permet pas aux artistes émergents d’être programmés et ça c’est dommage… ». Et souvent les clubs qui s’en sortent sont ceux qui ont une véritable identité, un historique et qui ont su être un tremplin dans la carrière d’un artiste, comme le souligne Mozart du Gotha : « Il reste des DJs qui jouent le jeu et qui se produisent dans des plus petits clubs. Comme Joachim Garraud, Luciano, Laurent Garnier… Mais à ce moment là, le facteur humain entre souvent en compte ! C’est souvent une histoire de personnes ou d’affinités avec un club ! ». Une tendance confirmée par Valentino Barriosela de l’Amnesia à Ibiza : « Beaucoup de DJs restent très abordables humainement et aiment retrouver leurs clubs de cœur et rejouer, même sans demander de cachet astronomique, sur les scènes de leurs débuts. Le relationnel est très important dans ce métier ! ». Enfin, l’alternative de demain viendra peut-être de l’étranger ou de la nouvelle génération d’organisateurs selon Vittorio Stiragi, le fondateur d’Awdio.com : « Une renaissance créative de la vision de la fête peut venir d’autres pays. Je vois des clubs qui font des échanges Dossier avec d’autres établissements à l’étranger ou qui ont des bookers dans différents pays. Il faut donc savoir importer ce qui fonctionne en Allemagne, en Italie… Car c’est aussi ce que demande le public. Les clubbers ne veulent plus avoir que des formats « tête d’affiche » … Et ça, la jeune génération d’organisateurs l’a bien compris et a une vision beaucoup plus ouverte sur les nouveaux artistes justement ! ». Une jeune génération qui privilégie l’artistique au business ? Ou qui allie simplement les deux dans des proportions justes et adéquates ? Et si la clé pour apaiser un marché en surchauffe était là ? Quoi qu’il en soit, le débat se doit d’être relancé, chaque acteur devant aussi se retrouver devant ses responsabilités. Car c’est dans l’éclectisme de la programmation et la qualité des prestations des DJs que le secteur de la Nuit et de la fête restera un secteur dynamique et ouvert à tous ! Et non un luxe que seuls certains organisateurs pourraient s’offrir au risque de la transformr en vitrine « bling bling » qui ne rassemblerait qu’un microcosme de clubbers... Mixer en soirée : le nouveau filon des people… Ils sont acteurs, écrivains, présentateurs télé et égrainent les soirées… derrière les platines ! Un nouveau loisir récréatif et lucratif pour de nombreux people qui a vraiment émergé au début des années 2000 et qui a explosé depuis 4 ans. Qu’ils soient tête d’affiches du grand écran (Asia Argento, Emma de Caunes) ou du petit (Ariel Wizman, Pierre Mathieu) ou encore hommes et femmes de lettres et journalistes (Frédéric Beigbeder, Cédric Couvez), ils deviennent la caution people des événements les plus privés ou les plus hype de Paris ou de la Côte d’Azur. En prenant au passage un petit cachet oscillant entre 1000 et 10 000 euros. Et quand on est une star US (Puff Daddy, Will.I.Am, Snoop Dog) qui veut s’amuser à jouer au Disc Jockey le temps d’une soirée, le tarif peut s’envoler jusqu’à 70 000 euros. Pas de quoi envier un DJ star… NIGHTLIFE 41



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