Nightlife n°57 avr/mai/jun 2011
Nightlife n°57 avr/mai/jun 2011
  • Prix facial : 5,50 €

  • Parution : n°57 de avr/mai/jun 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Mediapresse Éditions

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 15,8 Mo

  • Dans ce numéro : David Guetta « Pop Idol »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier » > Quand Nightlife retourne vers le futur La 3D, la détection de mouvements, les écrans tactiles... Depuis quelques mois, on le voit bien, la technologie s’accélère et modifie notre quotidien ! Et ce n’est certainement pas prêt de s’arrêter avec la sortie prochaine des écrans 3D sans lunettes ainsi que des prochaines consoles de jeux exploitant cette nouveauté technique. Mais qu’en est-il de l’impact de toutes ces nouvelles technologies sur le monde du Nightclubbing ? Pour répondre à cette question, Nightlife vous propose ici un véritable voyage en Dolorean, alors accrochez vos ceintures et cap sur l’année 2030. Et allons voir comment nous « clubberons » dans 20 ans ! 52 NIGHTLIFE Dossier réalisé par Nikola Krsteski Vendredi, 13h30. Je me tire enfin de cette léthargie qui me caractérise et vais déposer un furtif coup d’oeil par la fenêtre, comme un rappel des automatismes de ma vie passée. Mais en cette année 13 A-A (après l’apocalypse), il est commun de voir toujours cet épais brouillard surplombant la ville. Ici de jour comme de nuit, les chats ne changent jamais de couleur... Il fut une époque où tout paraissait plus simple, où nous ne nous préoccupions pas autant de notre emploi du temps. Ces fameuses années 2000... Lorsque la journée était encore réservée au travail, la nuit aux sorties. Nous nous rejoignions alors les mêmes jours aux mêmes heures dans des lieux qui ne sont aujourd’hui plus que des vestiges d’une civilisation révolue de clubber. Nous avions nos propres habitudes de sorties et celle-ci -quoique technologiquement archaïques- suffisaient à nous divertir. Mais comment retrouver ces habitudes lorsqu’il n’y a plus de cycle jour/nuit ? Plus personne n’a le même rythme, plus personne ne peut se calquer sur la vie de son prochain pour organiser la sienne. Et même si ce nouvel ordre des choses est une aubaine économique sans commune mesure pour le neo-capitalisme (imaginez une moitié de la population qui travaille pendant les 12 premières heures de la journée, une seconde pendant les 12 heures suivantes), j’aimais cette époque où nous étions certainement moins bercés dans l’opulence, où nous savions en revanche nous contenter de ce que nous avions. Trève de nostalgie larmoyante mal placée, il est désormais temps de vivre cette utopie « Zemeckisienne » à laquelle je fantasmais durant mon enfance. » > « Avec la réalité virtuelle, tout le monde aura accès aux soirées de Miami, Londres ou Ibiza » Premier avertissement : ne vous attendez pas à des skates volant et autres Sneakers à lacets automatiques. L’essentiel de mon travail n’a pas changé, je continue de dériver au travers des soirées que nous propose notre chère Gaia (oui, depuis cette apocalypse la Terre a changé de patronyme et constitue un Etat unique), et je vous en rends compte. Je me souviens encore lorsque mes amis clubbers de l’époque et moi partions dans des digressions abracadabrantesques sur l’avenir du divertissement et des sorties parisiennes. Je soutenais notamment que c’était la technologie qui nous permettrait de passer un cap en matière d’entertaining. Je
« Des shows d’artistes en hologramme et en 3D ! » prenais alors souvent pour référence un film réalisé par Marco Brambilla avec ces « poètes de la testostérone » que sont Sylvester Stallone et Wesley Snipes, « Demolition Man » (1993). Autant le dire tout de suite, un véritable nanard en puissance. Mais ce film regorgeait de petite perles en terme d’anticipation, et notamment cette fameuse scène où Stallone usait d’un casque de réalité virtuelle afin de montrer qu’il demeurait « l’étalon italien » dans un autre domaine que le pugilat... La raison principale pour laquelle ils utilisaient ces casques était que les êtres humains n’avaient plus le droit de se toucher pour éviter toute prolifération de virus ou de bactéries. Dans mon cas je me suis de suite imaginé ce qui allait devenir une réalité. Alors je vous rassure, nous pouvons toujours avoir des rapports avec les autres membres de notre espèce mais la manière de sortir et faire des rencontres a particulièrement muté. En cette époque (comprenez plus ou moins en 2030 après J-C pour reprendre l’ancien calendrier), le principe capitaliste continue de s’appliquer pour les sorties. Je m’explique : avec l’essor de la réalité virtuelle, tout le monde peut avoir accès aux soirées les plus branchées de Miami, Paris, Londres ou autres Ibiza. Il suffit simplement de revêtir son « module » de soirée pour pouvoir etre transporté dans les principales fêtes que l’on désire. Bien evidemment le prix d’entrée est proportionnel à la distance et à la popularité de cette même fête. En revanche, vous ne pourrez participer physiquement à ces mêmes soirées que si vous faites partie des « happy few » de notre nouveau monde (classe politique, célébrités, artistes et PDG de grandes entreprises). Problématique pour faciliter les rencontres ou « coup d’un soir »... Profiter du réel est aujourd’hui devenu un luxe. Une fois votre destination choisie, vous êtes automatiquement transporté dans le Byzance du nightclubbing, faisant littéralement passer les skins party de jadis pour des cours de poterie pour sexagénaires. Car si le contact physique n’est plus possible (je vous rappelle que nous sommes à ce moment tous des hologrammes), tous les autres excès son permis. Drogues et alcool n’imposant des séquelles qu’à ces corps virtuels, plus d’effet d’addiction n’est à déplorer. Et je ne parle pas des sempiternelles gueules de bois de lendemain de soirée qui ne sont plus que de mauvais souvenir (un peu comme la Tecktonick...). De même, imaginez une fête dépourvue de toute violence et risque de dérapages. Un « Woodstock HD » si vous préfèrez. » > Mais ne voyez pas dans le divertissement holographique simplement une nouvelle manière de faire de la discrimination sociale. Pour anecdote, en Janvier 2011 lorsque je venais tout juste de débuter l’écriture de chroniques pour Nightlife (qui comme vous le savez est devenu un mag’incontournable sur la pop-culture mondiale), j’assistais à un événement qui semblait anodin mais qui allait lui aussi changer fondamentalement la nature du clubbing. C’était une vidéo du premier concert donné au Japon par un artiste holographique (le personnage de Miku Hatsune si ma mémoire Dossier « L’avénement de la musique full sensorielle » ne bugge pas encore). Je me suis tout de suite imaginé l’impact que pouvait avoir une telle technologie sur les loisirs populaires. Mais je n’aurai jamais entrevu que nous verrions son application simplement une quinzaine d’années plus tard. Aurait-on alors imaginé que nous pourrions ressuciter le temps d’un show nombre d’artistes décédés ? Pas plus tard que la semaine dernière, je me suis rendu à une soirée privée (et oui...les joies du métier...) dans laquelle se reproduisaient respectivement les défunts Michael Jackson, Jim Morrison et Lady Gaga. Certes les spectacles ne sont finalement pas des shows inédits mais permettent tout de même de profiter d’une dimension bien plus sensorielle que ce que propose un banal film de concert. De plus pour les artistes encore en activité, cette technologie leur a permis de pouvoir donner des concerts simultanés dans toute les grandes salles du monde. Un apport économique comme publicitaire, et une véritable manière de perpétrer la mémoire des artistes. NIGHTLIFE 53



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