Nice-Matin n°2015-11-28 samedi
Nice-Matin n°2015-11-28 samedi
  • Prix facial : 1,50 €

  • Parution : n°2015-11-28 de samedi

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 82,7 Mo

  • Dans ce numéro : François Hollande a célébré sobrement l’hommage de la nation aux 130 morts des attentats à Paris.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Face aux lecteurs Marcus Miller : « La France C’est un géant du jazz. Qui asouvent accompagné Miles Davis, Aretha Franklin, Claude Nougaro. Il continue de collaborer avec Al Jarreau. Stevie Wonder lui promet d’enregistrer avec lui en studio. Comme tous les grands, Marcus Miller reste étonnamment accessible.Les lecteurs qui l’ont entouré hier,lors d’une rencontre au siège de Nice-Matin,peuvent en témoigner : cet artiste sait ajouter le charisme au talent. Son feutre noir vissé sur la tête, ilrépond –enfrançais ! – avec passion. Déroule mille anecdotes sur la Ferrari de Miles ou sur ce fameux chapeau qui lui asauvé lamise le jour où, sortant de sa douche,il a ouvert imprudemment au garçon d’étage qui tambourinait à sa porte. Ce soir, Marcus Miller joue àl’opéradeMonte-Carlo. Le festival de jazz de Monacoy a été ouvert hier par Selah Sue. TEXTES : ALAINMAESTRACCI ET FRANCK LECLERC PHOTOS:FRANTZ BOUTON Quel est votre lien avec la France ? C’est une longue histoire. Je suis venu pour la première fois avec Miles Davis, qui lui-même avait un rapport très fort avec votre pays. J’ai découvert la France à travers son regard. Il m’aparlé de ses amis, de JulietteGréco, m’afait découvrir Antibes. Si bien que j’ai l’impression de prolonger ce lien. Une rumeur veut que j’habitedans le sud de la France:c’est faux. Je vis en Californie. Mais je viens deux, trois fois dans l’année.C’est comme mon deuxième chez moi. Si bien que j’ai décidé d’apprendre le français. Je pratique un peu, à Los Angeles. Vers 1heure du matin, quand tout le monde abien bu… (rires) Une heure d’un échange amical,et dans la langue de Molière, avec un très grand du jazz. Et des lecteurs (ainsi qu’une lectrice, Maritsa) visiblement heureux d’avoir rencontré un musicien qu’ils admirent, pour certains d’entre eux, depuis 25 ans. (Photos Frantz Bouton) « J’admire le courage du peuple français » Bientôt un pied-à-terre sur la Côte ? Je viens de jouer en Angleterre, en Suisse,aux Pays-Bas. C’est très cool, d’êtreenFrance ! Oui, je pourrais y vivre. Je vais en parler àmafemme ! Aujourd’hui, le pays est en deuil… C’est horrible.J’ai souvent joué au Bataclan. J’ai publié un message sur Facebook car il était très important, pour moi, de m’associer à ce moment très spécial.Je dois dire que j’admire cetélan de la population pour quela viecontinue,jusqu’à la terrasse des cafés. C’est un « statement » très puissant. Un beau témoignage du courage et de la volonté des Français. 10 e Monte-Carlo Jazz festival Melody Gardot. (Photo Patrick Clémenté) Le Monte Carlo Jazz Festival se poursuit jusqu’au 6décembre. Ce soir c’est donc Marcus Miller qui en sera lavedette. Prochain rendez-vous : le 3 décembre avec Mario Biondi et Gregory Porter. Après avoir longtemps chanté dugospel, dans des chorales bien entendu, Porter sort unpremier album en 2010, Water. C’est le début de la gloire… Le vendredi 4 décembre : Hugh Coltman et Paolo Conte. On ne fera àpersonne l’injure deprésenter Paolo Conte, un habitué de la Principauté. Samedi 5 décembre : Kyle Eastwood et Melody Gardot. Avec Currency of Man, son dernier album sorti cette année, Melody propose un style mélangeant la soul, leblues, lejazz et le funk. Enfin le dimanche 6 décembre : Daby Touré et Barbara Hendricks et son blues band. En plus de chanter divinement bien, Barbara est une belle personne, une belle âme (soul) comme on dit en jazz ! Maritsa Kloc, Cannes « Je suis ravie de l’avoir rencontré. Étant chanteuse de jazz, c’était pour moi un momentimportant.Ila travaillé avec Claude Nougaro, Aretha Franklin, Al Jarreau, des gens que j’adore. Alors c’était vraiment fantastique, de pouvoir lui parler. Je remercie vivement Nice-Matin pour cetteinitiative. » « J’ai vu Michael Jackson et je me suis mis àbosser » « Mon père étant pianiste, j’ai pris mes premiers cours avec lui quand j’avais 4ou 5ans. Un peu plus tard,j’ai étérepérépar un professeur qui m’aappris la clarinette et le saxophone afin que je puisse choisir par la suite. J’ai continué jusqu’à l’université. Mais comme j’avais découvertentretemps la soul,je m’étais initié tout seul à la basse électrique. Comme je suis très curieux, je pratique tous les instruments à clavier, mais également le hautbois, Ce qu’ils en pensent Christophe Messalti, Nice « Déjà, je suis très impressionné par le niveau de français de Marcus Miller,ce qui apermis d’avoir un échange rapide et direct. Et ce qui apparaît tout de suite, c’est sa générosité. C’est quelqu’un qui ne met aucune barrière, contrairement à la plupartdes stars américaines. J’étais très content d’être là. » nice-matin Samedi 28 novembre 2015 la guitare, la contrebasse… En fait, quand mes potes allaient au gymnase pour jouer au basket,je passais mon temps dans ma chambre, sur mes instruments. Stevie Wonder a eu une grande influence sur moi. Et Sly, un autrede mes héros. Mais c’est en voyant Michael Jackson que j’ai décidé d’en faire mon métier.Il avait 10 ans,moi aussi. J’ai réalisé qu’il n’était pas obligatoire d’être adulte et je me suis vraimentmis à bosser. » Philippe Le Gall, Menton « C’était un grand moment. J’ai trouvé Marcus Miller super-sympa. Une belle personne, telle que je l’attendais. Quelqu’un de très ouvert, de très humain, d’une grande gentillesse. Qui, en plus,nous a fait le plaisir de s’exprimer en français. Ce n’est pas tout le monde qui le fait. C’est mon idole ! » I
Face aux lecteurs est mondeuxième pays » Miles Davis et ses potes Avec Miles Davis, quelle était l’ambiance ? Au tout début, comme tout le monde,j’ai eu peur.J’avais 21 ans,j’arrivais des studios new-yorkais. Quant àMiles, il avait arrêtédepuis cinq ans : la musique de cette époque-là n’était pas faite pour lui. Quand il afini par s’y remettre, on m’afait cette proposition à laquelle, d’abord, je n’ai pas cru. Le jour J, je me suis rendu au studio Columbus et là, je l’ai vu, très petit, mais avec ce visage tellement expressif, « Al Jarreau est très libre et il a beaucoup d’amour dans son cœur » Pourquoi avoir créé votre propre marque de basse ? J’ai commencé avec Fender et j’en ai joué toute ma vie. Mais il y a trois ans,j’ai rencontré des Coréens qui m’ont montré une basse très,très bonne,et d’un coût très bas. Je me suis dit : sijepeux donner aux enfants un instrument pour le prix d’une PlayStation, c’est une bonne chose.J’aidonc commencéavec cette basse Sire,en pensant au début qu’elle n’intéresserait que les étudiants. En fait, les pros en jouent ! Et c’est une très bonne chose… Quel souvenir gardez-vous de l’album Tenderness, que vous avez enregistré avec Al Jarreau ? Justement, je l’ai réécouté il y a deux jours ! J’aimerais refaire quelque chose avec lui car il est très spécial.Complètement libre. Honnête. Il dit ce qu’il ressent. Et porte l’amour dans son cœur. Le pays qui, selon vous,incarne les racines du jazz ? Bien sûr,quand je suis allé à La Nouvelle Orléans,j’ai senti une connexion. Et puis, quand j’ai joué dans le cabaret du casino de Monte-Carlo,où sont exposées plein de photos des jazzmen qui s’y sont produits, c’était aussi une bonne sensation. J’ai ressenti cela également lorsque j’ai visité le Sénégal.Ce n’était Julien Girard, Pierrefeu « Marcus parle beaucoup c’est vrai mais il aprisletemps de bien s’expliquer ; on a bien compris ce qu’il disait car il parle très bien Français. « Êtresiprèsdelui ça fait un peu bizarre car on peut presque le toucher alors qu’a la télé c’est plat. » et cette voix, abîmée après une opération, qui ajoutait au mystère. Comment s’est déroulée cettecollaboration ? J’ai été son bassiste pendant deux ans,ce qui était énorme,mais on ne parlait pas beaucoup.Ilétait malade,se droguait encore. J’arrivais pour le concert et repartais aussitôt. Quand je lui ai annoncéque je souhaitais partir pour tenter autrechose,ilm’a encouragé, c’était cool ! pas le jazz, mais bizarrement j’ai ressenti que cette musique était partie de là. Évidemment, il y a aussi NewYork. Avec qui auriez-vous rêvé de jouer ? Pendant longtemps,cela a été Herbie Hancock. Mais depuis dix ans,j’ai beaucoup joué avec lui. Maintenant, je voudrais vraiment faire quelque chose avec Stevie Wonder. Je l’ai appelé, il m’a dit : « Oui, oui. Bien sûr, Marcus ! » Mais bon, c’est Stevie… Peut-être dans dix ou quinze ans ? (rires) En quoi consiste votremission pour l’Unesco ? J’ai visité l’île de Gorée,au Sénégal.C’était très émouvant. J’ai composé un morceau que j’ai joué à l’Olympia, et la directrice de l’Unesco, Mme Bokova, était dans la salle.Après le concert, elle m’adit : « Marcus,j’ai un nouveau job pour vous. Soyez le porte-parole du projet Route des esclaves ».Il s’agit de s’assurer que les jeunes gens connaissent l’histoire de l’esclavage. Pour moi, le plus important, c’est de transmettre l’idée que l’Homme a pu transcender les situations les plus horribles. Particulièrement aujourd’hui, il est important de le rappeler.Cela donne de l’espoir. - Laurent Cobolet, Cannes « Une super-rencontreavec quelqu’un de très libre, qui nous araconté pas mal de choses qu’il avécues avec Miles. Marcus Miller était souriant, superouvert. « Pour moi, cetterencontreaété géniale, ce fut une heurede plaisir. » Et l’album Tutu ? J’ai su plus tardque Miles était passé chez Warner Bros,où l’on trouvait aussi Al Jarreau, David Sanborn. Le producteur Tommy LiPuma m’a demandé si j’avais quelque chose pour Miles. Justeaprès avoir raccroché, m’est venu le thème de Tutu.J’ai envoyé le morceauen « démo », Miles avoulu que je fasse tout l’album. Et durant toutecettepériode,ilm’a parlé de ses potes. Charlie Parker,Dizzy Gillespie… Ce qu’ils en pensent Pierre Vincenti, Nice « Marcus a été très accessible, très ouvert. J’ai été surpris de savoir que vous aviez reçu de nombreuses demandes pour venir car je ne pensais pas que cette musique était aussi populaire. Cela fait vingt-cinq ans que je voulais lui parler en direct, vous avez réalisé mon rêve. » C’est dit Miles et moi, on aeude bons rapports pour une raison simple. Même si j’étais jeune, je connaissais toutel’histoiredujazz. Miles Davis,issu de la classe moyenne, avait l’habitude de s’habiller chez BrooksBrothers. Dexter Gordon lui adit : « Situ veux jouer avec nous,va à Harlem et trouve-toi autre chose. » Miles me disait : « Jel’ai écouté, mais si tu savais comme c’était laid ! » Après l’album Tutu,Miles s’est offert une Ferrari. Grise. Avec,sur la plaque, le numéro2,deux fois. Two, two. J’étais très fier ! Un jour,sur la Pacific Coast Highway, il m’a passé le volant. Vroum ! Etjel’aientendu : « Shit ! Marcus, mais tu conduis bien ! » Patrick Gioan, Nice « Je suis très satisfait de cette rencontrequi aété très enrichissante pour moi. « Ilnous araconté pas mal d’histoires sur Miles Davis et ses autres rencontres avec des musiciens. C’est un personnage énorme, un personnage généreux, authentique, vrai. » nice-matin Samedi 28 novembre 2015 L’homme au chapeau ! Qui vous a offert votre premier chapeau, un « pork pie hat » ? L’enlevez-vous pour dormir ? (Il s’esclaffe). « J’étais dans ma voiture pour aller faire une émission de télé et àunfeu rouge, j’ai vu un chapeau dans une vitrine. Je suis allé l’acheter. Je l’ai mis une fois,deux fois,trois fois… Aujourd’hui, c’est mon uniforme ! « Enfait c’est très cool carsije l’enlève, personne ne me reconnaît, ce qui me permet de me promener en famille. (Il l’enlève pour la première fois devant nos lecteurs).C’est cool cardans la rue, on ne fait pas attention à moi. » Et il ajoute cette anecdote : « J’étais dans un hôtel pour un festival de jazz et je voulais prendre une douche avant le concert. Je me déshabille et à ce moment-là, quelqu’un frappe à ma porte. J’ouvre, je réalise que je n’ai aucun vêtement. Heureusement, il y a mon chapeau ! » Luc Fenoli, 46 ans, Nice « Jemesuis régalé : ilaété très àl’écoute, nous araconté ses débuts, iln’y avait aucun filtre. C’était super, c’est un grand musicien : jelui ai présenté un de mes élèves du conservatoire, bassiste comme lui et il lui a tout de suite demandé de jouer. J’ai apprécié ce geste. »



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