Nice-Matin n°2015-06-21 dimanche
Nice-Matin n°2015-06-21 dimanche
  • Prix facial : 1,50 €

  • Parution : n°2015-06-21 de dimanche

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 67,4 Mo

  • Dans ce numéro : méga-fête.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
l’Histoire Dimanche 21 juin 2015 RÉCIT C’était la guerre de 1914- 1918. Les pères étaient partis au front, les mères faisaient marcher la ville, l’administration, les commerces, ou étaient infirmières dans les palaces transformés en hôpitaux. Une pianiste niçoise, Adeline Bailet, dont la carrière avait été interrompue par un accident au poignet, décida d’« occuper » les jeunes en créant une école de musique de qualité. On était en 1915. C’est il yacent ans. Telle est l’origine du conservatoire de Nice, devenu « national » dans les années soixante-dix sous la direction de l’organiste Pierre Cochereau dont l’établissement porte désormais le nom. C’est dans les locaux de la Bourse du Travail, anciennement mairie de Nice, que sont hébergés les premiers cours. Et c’est de là qu’au bout d’un an sort unjeune surdoué, Maurice Jaubert, qui reçoit en 1916, le premier premier prix de piano attribué au conservatoire de Nice. Il deviendra par la suite le plus grand compositeur de musiques de films de l’entre-deux guerres, auteur des musiques de « Zéro de conduite » ou l’« Atalante » de Jean Vigo, de « Quatorze juillet » de René Clair,del’« Hôtel du Nord » ou de « Quai des brumes » de Marcel Carné. Sa carrière s’arrêtera, hélas, lors delaSeconde Guerre mondiale où il sera tué le jour de l’armistice. Il aura droit àdes obsèques nationales. Destins tragiques Parmi les premiers professeurs du conservatoire figure la chanteuse niçoise Victoria Fer. Née en 1882, elle avait été la « muse » du grand compositeur Massenet, lors de ses nombreux séjours à Nice. Son aura était si grande qu’elle fut invitée àchanter en 1912 dans l’enceinte du parlement Ficeiou & Cie Maryline Desbiolles Le beau temps Maryline DESBIOLLES En cent ans le conservatoire L’école a été ouverte pour occuper les enfants pendant la première Guerre Mondiale. De grands noms y ont étudié parmi lesquels le toulonnais Becaud qui y a appris le piano ou la niçoise Michèle Mercier la danse Seul'Anglais. C’est là que -chocking ! - on s’aperçut qu’aucune femme ne s’était produite en ce lieu jusqu’alors, en dehors de la Reine. La prestation « historique » de la chanteuse niçoise fit beaucoup parler d’elle àl’époque. En 1924, le conservatoire s’installe àlavilla Thiole, sur l’actuelle place du Général-de-Gaulle. Cette belle villa à deux étages, à Le roman de Maryline Desbiolles apporte des renseignements biographiques inédits sur celui qui fut lepremier pianiste à recevoir un premier prix au conservatoire deNice : Maurice Jaubert. Ce fut en1916. (DR) Maurice Jaubertpar Maryline Desbiolles L’écrivain Maryline Desbiolles,prix Fémina, a consacré son dernier livre « Lebeau temps » à la vie romancée du premier élève célèbre du conservatoire de Nice, le compositeur Maurice Jaubert, né en 1900 à Nice-ville où il repose au cimetière de Caucade -et dont la femme fut l’un des professeurs de chant du même conservatoire de Nice. Le roman sortira à la mi-août. La villa Thiole, aujourd’hui détruite, abrita le conservatoire de1924 à 1950. Pendant la guerre, des cours avaient lieu dans les caves. (DR) Mirabeau, l’homme politique connu pour sa phrase à l’Assemblée nationale « Nous sommes ici par la volonté du peuple, nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ». (DR) Gaby Morlay fut appelée par la directrice du conservatoire Adeline Bailet : unaccident au poignet avait mis fin àsacarrière deconcertiste, elle devint directrice deconservatoire. (DR) Solange Delmas pour enseigner l’art dramatique. (DR) Gaby Morlay, l’égérie des Années Folles, première femme à avoir obtenu son brevet de pilote de… dirigeable mais aussi actrice,vient enseigner l’art dramatique. la façade ornée, comportant une galerie à arcades et des escaliers àbalustres, aété détruite en 1963. C’est là que vont écloreles talents dedeux jeunes génies musiciens au destin tragique. Le premier est cet enfant prodige qui allait devenir l’un des plus grands pianistes du XX e siècle, Samson François. A11ans, il décroche un premier prix et s’envole vers une carrière internationale dont les excès de la vie nocturne le conduiront à s’écrouler sur scène en 1968, victime d’une crise cardiaque, à l’âge de 44 ans. L’autre est violoniste. Il s’appelle Christian Ferras. Il va devenir l’un des meilleurs concertistes du XX e siècle, favori du grand chef d’orchestre Herbert von Karajan, mais ne supportera pas le vertige de la carrière internationale et mettra fin àses jours àl’âge 49 ans. C’est àlavilla Thiole que le conservatoire passe les années de la deuxième guerre mondiale. La musicologue Pierrette Mari, professeur à la Sorbonne, se souvient des cours de solfège qu’elle suivait avec ses camarades dans les caves de la villa pendant les bombardements. Le directeur du conservatoire, àl’époque, est chargé de distribuer les tickets Ils sont sortis du conservatoire de Nice L’accordéoniste Richard Galliano, les pianistes Philippe Bianconi, Olivier Gardon, Marie-Josèphe Jude, Shani Diluka, les violonistes Jean-Jacques Kantorow, Gilles Apap, la harpiste Marie-Pierre Langlamet, soliste du Philharmonique de Berlin, les danseurs étoiles de l’Opéra de Paris Charles Jude et Claire-Marie Osta, les chanteurs Franck Ferrari et Elisabeth Vidal, l’organiste Jacques Taddéi, membre de l’Institut de France, les chefs d’orchestre Philippe Auguin et Lionel Bringuier, le cinéaste Abdelatif Kechiche,le compositeur Marc-Olivier Dupin, ex-directeur du Conservatoire de Paris et directeur de France-Musique.
l’Histoire Dimanche 21 juin 2015 de Niceafait naîtredes vedettes Le directeur Pierre Cochereau joue pour les funérailles de De Gaulle àNotre-Dame de Paris Pierre Cochereau, dont le nom est porté par le conservatoire de Nice, aura été l’un des plus grands organistes du XX e siècle, improvisateur de génie, reconnu dans le monde entier. Nommé directeur du conservatoire de Nice en 1962, il habite une villa, au bord de mer, surplombant la plage de Coco Beach. Il y installa dans la salle de séjour,un grand orgue de cathédrale,dont il jouait fenêtres ouvertes, déversant au dessus de la plage des flots de toccatas et fugues de Bach, qui ne manquaient pas d’étonner les baigneurs ! Aux orgues de Notre-Dame de Paris, c’est lui qui a accompagné les grandes cérémonies de la nation comme les obsèques du général de Gaulle,du Président Pompidou ou la grandiose cérémonie funèbre organisée àParis àlamémoire deKennedy. Lors de la Convention mondiale du Rotary, en 1965 àNice, il réalisa l’un des premiers grands duplex de musique classique en jouant la « Symphonie pour orgue » de Saint-Saëns depuis l’orgue de Notre-Dame de Paris avec l’orchestre Philharmonique qui se trouvait àNice. La prouesse technique était considérable àl’époque. Quittant le conservatoire deNice en1980, il créa leconservatoire supérieur de Lyon, dont il fut directeur jusqu’à sa mort en1984 àl’âge de 59 ans. de rationnement pour la population de ce secteur de la ville. Des écuries transformées en salle de cours C’est à cette époque que, parmi les élèves les plus brillants, se trouve le pianiste Gabriel Tacchino, dont la carrièreinternationale se poursuit encore aujourd’hui. Il vient à vélo depuis Cannes pour suivre ses cours de piano au conservatoire de Nice. Un autre élève venu de Toulon, lui, plutôt timide à l’époque, s’appelle François MIMIWOMIOMPei Un nouveaubâtiment sur l’avenue Brancolar Dirigé depuis 1980 par notre collaborateur André Peyrègne,le « Conservatoirenational àrayonnementrégional PierreCochereau » de Nice a quitté en 2006 la villa Paradiso pour l’un des plus grands bâtiments de France (photo ci-dessus), avenue Brancolar,avec un auditorium de 750 places et 150 salles de cours,accueillant 1800 élèves,et étant ouvert à l’enseignement supérieur grâce à une convention avec l’Université de Nice. " - La « Villa Paradiso » aabritéleconservatoire de Nice de 1950 à 2006. C’est dans ce bâtiment que le conservatoirepritletitrede « conservatoirenational ». (DR) Gilbert Bécaud n’était qu’un élève timide lorsqu’il fréquentait comme élève le conservatoire de Nice. Il s’appelait alors François Silly. (DR) Silly.Personne ne se doute alors que, plus tard, il électriserait les scènes de variétés sous le nom de Gilbert Bécaud ! Mais il lui faudra attendre l’âge de 30 ans… et « Lejour où la pluie viendra ».C’était en 1957, le titre son premier succès mondial. Gilbert Bécaud croise dans les couloirs du conservatoire, un comédien qui, lui aussi, aurait un avenir glorieux : Jacques Toja, futur administrateur de la Comédie Française. Interprétant le rôle du roiLouis XIV dans la saga des « Angélique, marquise des anges »,Jacques Toja retrouverait plus tard dans le rôle d’Angélique, une autreélève du conservatoire de Nice, fille du pharmacien de l’avenue de la Victoire, aujourd’hui avenue Jean-Médecin : Michèle Mercier. A l’époque, elle apprend la danse au conservatoire. C’est d’ailleurs comme danseuse qu’elle commencera sa carrière cinématographique en tournant àl’âge de 15 ans dans le film « J’avais 7filles », Le premier directeur du conservatoire à la villa Paradiso est le compositeur Albert Ribollet, dont l’amputation d’une jambe lors de la guerre de 14-18 ne l’empêche pas d’être l’organiste de la cathédrale de Nice. avec Maurice Chevalier.Une autre Michèle fréquente les cours de théâtre àcette époque et deviendra la grande journaliste politique que l’on sait : Michèle Cotta. En 1949, le conservatoire s’installe àlavilla Paradiso, au bas du boulevard deCimiez –une belle demeure qui était jusqu’alors la propriété du banquier von Zuylen et qui fut réquisitionnée par la ville pendant la guerre pour abriter l’Institut de France, évacué de la villa Médicis àRome. C’est là, àlavilla Paradiso, qu’un des grands compositeurs du XX e siècle, Henri Dutilleux, séjourna en tant que « Prix de Rome ».Les cours de musique sont donnés dans toute la villa ainsi que dans les anciennes écuries transformées en salles de cours –dont l’une serti. ZFeee îl I 0 0 a I. et# ANS CONSERVATOIRE D NICE Des centaines d’actuels ou anciens élèves, de 4à…100 ans, s’apprêtent àfêter leur établissement. (DR) L’un des artistes les plus extraordinaires sortis du conservatoire de Nice:le pianistes Samson François -l’un des interprètes les plus envoûtants de la musique romantique au milieu du XX e siècle. (DR) d’atelier au peintre Raymond Moretti lequel, au son des cours de musique, travaille àses célèbres gouaches et reçoit, parmi les frondaisons de la villa, l’ami Jean Cocteau. Le premier directeur du conservatoire à la villa Paradiso est le compositeur Albert Ribollet –dont l’amputation d’une jambe lors de la guerre de 14-18 ne l’empêche pas d’être l’organiste de la cathédrale de Nice. Une allée, près du cloîtrede Cimiez, àNice, porte désormais son nom. Une directrice lui succède : Solange Delmas, chanteuse de l’Opéra de Paris dans les années quarante, admirable interprète de la « Traviata ». Femme de théâtre, elle fait venir au conservatoire de Nice une célèbre enseignante d’art dramatique, Gaby Morlay, l’égérie des Années Folles, première femme à avoir obtenu son brevet de pilote de... dirigeable, héroïne du film le « Voile bleu ». C’est à cette époque qu’étudie au conservatoire de Nice une jeune pianiste dont les parents sont musiciens àl’OrchestredelaRadio. Elle allait devenir une grande dame de la radio, de la télévision et de la musique : Eve Ruggieri. Le grand organiste de Notre-Dame de Paris, Pierre Cochereau arrive à la tête de l’établissement en 1962 (voir ci-dessus). Le conservatoire de Nice, accueillant en juillet et août, des étudiants internationaux de l’Académie d’été, entre alors dans la modernité. A cent ans, aujourd’hui, il continue à tenir sa place dans le peloton de tête des conservatoires de France. ANDRÉ PEYREGNE La célébration du centenaire La célébration du centenaire du conservatoire se déroulera du 27 juin au 5 juillet lors de manifestations organisées par thèmes : Samedi 27 juin à 18h30 piano.L’ouverture sera présentée par EveRuggieri. Dimanche 28 à20h30 danse.Lundi 29 à18h30 théâtre. Mercredi 1er juillet à 15h percussions, à 20h jazz. Jeudi 2 à 15h composition, à 20h orgue.Vendredi 3 à 15h musique ancienne, à 20h vents. Samedi 4 à 15h guitare, à 20h cordes. Jeudi 5 juillet à 18h30 final avec le Philharmonique de Nice. Entrée gratuite. Tél. 04 97 13 50 00.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :