Nice-Matin n°2015-03-08 dimanche
Nice-Matin n°2015-03-08 dimanche
  • Prix facial : 1,50 €

  • Parution : n°2015-03-08 de dimanche

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : SCIC Nice-Matin

  • Format : (277 x 395) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 72,6 Mo

  • Dans ce numéro : coup d’envoi de la Foire internationale de Nice.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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nice-matin les sports Dimanche 8mars 2015 Et si on faisait Réputée -àtort selon ses pratiquants -dangereuse pour le cœur, lapratique du squash nécessite néanmoins une certaine condition physique. La discipline, elle, adumal àdécoller E tsionsefaisait un p’tit squash, hein, histoire de bien transpirer, de se vider la tête ? Debrûler les calories (troisième sport au monde en la matière) ? En voilà une idée qu’elle est bonne. Sauf que ce n’est pas forcément la première discipline qui vient àl’esprit lorsque l’on veut pratiquer une activité physique. Seulement 30000 licenciés en France -près de dix fois plus de pratiquants -, cela pourrait êtremieux, on le concède. Même si, en 1992, ils n’étaient que... 5000 licenciés. Le squash est, par exemple, très loin derrière lebadmin- ton et ses 165000 licenciés. Et l’on ne vous parle pas du 1,1 million de licenciés au tennis. L’adage qui dit qu’un sport doit gagner pour exister n’y fait rien : après ThierryLincou, n°1 mondial en 2005, un autreFrançais, Grégory Gaultier, aatteint ce graal en 2009 (il est actuellement n°2 mondial). « Onn’a pas suffisamment utilisé l’image et les résultats d’un joueur comme Lincou » regrette Alexandre Muller, ex-N°5 Français, enseignant àAn- tibes, Nice et Monaco (voir son portrait page suivante) ; on n’a pas su surfer sur la vague. Aujourd’hui, y’a Greg (Gaultier) qui est là, mais il n’arrive pas àdécrocher le titre de champion du monde. Derrière, y’a des jeunes qui arrivent, comme Mathieu Castagnet et Grégoire Marche, on verra. » Pas d’accident déploré Le squash a ses locomotives, mais pas grand monde ne suit dans les wagons. Alors, comment expliquer cette relative confidentialité ? C’est, peut-être, sur le terrain de la médecine qu’il faut trouver une explication, même si les acteurs de ce sport né en Angleterre vers 1850 affirment qu’il n’est pas dangereux (lire par ailleurs). Bon, OK, le squash n’est pas néfaste pour le système cardiovasculaire. La preuve ? Aucune compagnie d’assurance n’a relevé de décès imputé à sa pratique. Et les déclarations d’accidents sont en général le fait de blessure aux pieds, à la cheville, aux genoux, à la tête. Rien sur le cœur, en revanche. Le squash, pratiqué par environ 250 000 personnes en France (30 000 licenciés), cherche àaméliorer son image. (Photo Patrick Clémenté) Dans un article de La Croix en 2010, Régis Boxelé, médecin-conseil de la Fédération Française de squash, confirme : « Depuis 6ans que je travaille àlaFédération, j’ai entendu parler de deux cas, disait-il, ajoutant que le véritable danger, c’est de se prendre la balle dans l’œil. » Et toc. Et le médecin-conseil d’ajouter : « Non seulement le squash n’est pas mauvais pour le cœur, mais il est excellent pour la tête, on se défoule, on s’amuse. » CroiséauSquash et Fitness club d’Antibes, Nicolas Baudoin, ancien joueur de football professionnel formé à Nice, passé par Guingamp, Ajaccio et Châteauroux, s’est mis à la discipline voilà deux ans. Et il ne peut plus s’en passer : « C’est un sportludique, où n’importe qui peut s’amuser facilement et rapidement, parce que la balle est toujours en jeu, pas comme en tennis. C’est facile d’y prendre du plaisir. Après, dangereux, non, simplement, il faut gérer les efforts. Si vous n’avez pas fait de sport depuis un moment, il ne faut pas attaquer d’emblée par une heure de squash, mais plutôt un quart d’heure ou une demi-heure. Et puis avec les nouvelles balles, adaptées aux catégories, on se tire moins dessus, donc de ce point de vue-là c’est moins dangereux aussi. » Foi de pratiquant assidu. Et si, finalement, ce désintérêt provenait de facteurs bien loin de toutes considérations médicales ? Faut-il rappeler que 4clubs sur 5 en France sont des structures privées non municipales ? Et si les murs étaient aussi un frein, àl’heure oùles sports de plein air prennent de plus en plus de place dans le paysage sportif ? Et si c’était trop difficile pour nos articulations fragiles (quadriceps, ischios et fessiers) ? Trop exigeant musculairement ? Troptechnique ? Le squash doit aussi se battre contre la réputation d’êtreunsport élitiste et citadin. Mais il mérite d’être découvert. A vous de jouer... A. BOYER Le squash en chiffres XIV ❑ 1 joueur français classé n°2 mondial, Grégory Gaultier, après avoir été N°1. ❑ 1 court desquash pour 45 000 Français (1 court detennis pour 1500 Français). ❑ 1,4 million d’euros, lebudget de la Fédération dont 500 000 euros consacrés au haut niveau (près de 200 millions au tennis). ❑ 3 secondes : letemps moyen écoulé entre chaque frappe de balle. ❑ 5 secondes : letemps moyen de « repos » entre deux échanges (la règle stipule que le jeu doit se dérouler en continu). ❑ 6 pôles fédéraux (2 pôles France et4pôles Espoirs). ❑ 6,5, enkilos, latension de la raquette deGrégory Gaultier, n°2 mondial ; Mathieu. Castagnet, 22 e mondial, les tend à18kg ! ❑ 10tonnes de verre sont nécéssaires pour constuire uncourt vitré. ❑ 30 millions de joueurs pratiquent le squash (185 pays). ❑ 170-175 pulsations par minute, en moyenne, lorsque l’on pratique le squash. ❑ 206 clubs affiliés àlaFédération pour 803 courts. ❑ 283 km/h, le record de vitesse enregistré pour une balle (en 2014, en Angleterre). ❑ 336 associations affiliées àlaFédération. ❑ 900 calories en moyenne sont brûlées lors d’une séance d’entraînement loisir de 40/45 minutes (l’équivalent de 2heures de tennis). ❑ 1850. L’année où le squash est né, dans une école privée de Harrow, àLondres. ❑ 1883. L’année où fut construit le premier court, àOxford (Angleterre). ❑ 2012 et 2016, les deux dernières fois que le squash aété recalé aux JO, etavec le retour de la lutte en2020, c’est mal embarqué... ❑ 30 000 licenciés (1,1 million au tennis). ❑ 30 000 €, le coût moyen d’un court desquash (un court detennis en extérieur coûte 40000 €). Un court vitré démontable coûte 140 000 €. ❑ 50 000 courts répartis dans le monde dont 1200 en France (3000 courts en Allemagne et 5000 en Angleterre). ❑ 150 000 $, la plus grosse dotation pour un tournoi masculin. ❑ 250 000 pratiquants en France. -
nice-matin les sports Dimanche 8mars 2015 un p’tit squash ? A 36 ans, Alexandre Muller a bonne réputation. Meilleure en tout cas que celle de l’île de La Réunion, où il vient de passer sept ans. Meilleure aussi que la discipline, SA discipline, le squash. Mais àquelles réputations faisons-nous allusion ? Celle de La Réunion, ce sont les attaques de requin, qui ne font pas une bonne publicité au tourisme. Mais « Alex », comme on l’appelle, ne retient que du positif de son passage dans l’Océan indien : « Jesuis parti donner des cours de squash là-bas à28ans, ce fut une opportunité, j’y ai passé de belles années et j’en garde un super-souvenir. Simplement, à35ans, avec ma compagne, on voulait rentrer. » Celle du squash est liée à son image : ce sport est décrit comme dangereux pour le cœur.À tort selon ceux qui le pratiquent : « C’est faux, se défend Alex ; en revanche, c’est sûr qu’il faut être bien préparé physiquement,c’est violent, surtout si on veut faire de la compétition. Mais il faut yaller àson rythme, s’adapter à ses capacités. C’est un sportoùily a beaucoup de tensions, de flexions, il faut être un peu « gainé » aussi. Mais il n’y a pas eu d’accident. » Né à Héricourt (Haute- Saône), Alex débarque à l’âge de 6ans sur la Côte d’Azur, à Saint-Raphaël (Var). Il pratique le squash puis intègre le pôle Espoirs d’Aix-en-Provence, avant d’entamer une carrière professionnelle, qui le voit grimper aux alentours de la 80 e Avec « Top Fit » et le « Squash et Fitness club », tous deux basés àAntibes, Nice Vauban est l’un des trois gros clubs du département. Un club présidé depuis cinq ans par Pierre-Max Dupeyrat -lequel occupe le même poste depuis huit mois au sein du Comité départemental -, et qui regroupe aussi une section tennis. En plein centre-ville, il est donc possible de s’adonner aux deux sports de raquette sur les 7 courts de tennis extérieurs et les 4 courts de squash... qui pourraient bien passer à 6,puisqu’un projet est lancé avec le concours de la ville : « Ceserait bien que les deux courts supplémentaires de squash soient construits avant le mois d’octobre, pour les « Masters Games Seniors », que l’on organise du 1er au 10 du même mois. » Le retour au bercail d’Alex Muller (Photo Patrick Clémenté) place mondiale (5 e Français) et intégrer l’équipe de France seniors. « Mais j’en vivotais,précise-t-il ; pour en vivre, il faut être dans les 20 premiers mondiaux. » Les voyages, les tournois, tout ça lui plaît mais assez tôt, il donne des cours dans le club qui devient vite sa deuxième maison : le « Antibes Squash et Fitness club », aux Terriers. Et qu’il retrouve après son périple de 7ans : « Vous savez, àLa Réunion, il y a quinze clubs de squash. C’est l’effet Lincou ! Lejoueur,qui aété n°1 mondial en 2004, est de làbas. » A Antibes, il retrouve une structure qu’il connaît parfaitement. Sauf qu’aujourd’hui, il ne fait « que » donner des leçons, alors qu’avant, il faisait un peu tout : « Antibes, c’est un des meilleurs clubs français, tout simplement. C’est mon fief ! On a 500 licenciés, peut-être un millier de pratiquants, treize équipes messieurs et dames engagées dans les différentes divisions, ce qui en fait d’ailleurs le club le plus représenté de ce point de vue-là. Mais je ne suis pas le seul BE (titulaire duBrevet d’Etat), il y a aussi Amaury Fribourg, qui aété 10 e Français, et Eric Nadal. » Alex ne manque pas de travail. Surtout qu’il cumule. Lundi et mercredi, il fait profiter les joueurs du Squashclub de Vauban, àNice, de son expérience : « Onamis en place une école de squash le mercredi après midi. » Et une fois par semaine, il se rend à Monaco afin d’entraîner l’équipe compétition. Ce n’est pas tout : « Jevais être représentant pour Oliver,une marque allemande, que je vais essayer de développer dans la région,poursuit celui qui réside à St-Laurent-du-Var, etqui défend son sportbecs et ongles : Le squash, c’est ludique et rapide, c’est différent du tennis, parce que le débutant peut s’amuser tout de suite. Et puis ici, à Antibes, y’a une vraie ambiance club, une convivialité, les gens se retrouvent après une partie. » A.BOYER Antibes, la référence NiceVauban en quêted’agrandissement Pierre-Max Dupeyrat, président de Vauban. (Ph. AB) Cinq courts,trois grandes salles dédiées àl’entretien physique,un « espacecardio »,2000 m2, un restaurant, un club-house,unécran géant, des vestiaires,unparking, un accèsfacile : le « AntibesSquashetFitnessclub » atous les atouts pour attirer la clientèle sportiveet... active : « 80%denotreclientèle provientdeSophia Antipolis »,précise d’ailleurs Jérôme Le Port (notrephoto), gérant depuis 11 ans et demi. C’est vrai qu’ici, le squash marche bien. Tellement bien que,selon Alex Muller,l’undes trois enseignants, « deux courts supplémentaires ne seraientpas du luxe. » C’est simple,Antibes,oùrègne une véritable « ambiance club »,nedésemplit pas. Notamment entre « midi et deux » etlesoir àpartir de 18h jusqu’à 21h. Bref,ilyatoujours du monde,parfois jusqu’à très tard le soir (le club ferme àminuit mais les courts sont ouvertsjusqu’à 23h en général...). Deux tournois « Open » sont organisés chaque année, ainsi que des tournois loisirs,des championnats de Francecorpos,etc. « C’est très dynamique, conclut Jérôme Le Port ; ici, les gens peuventrester plusieurs heures, et le mercredi soir,onaunchallenge interentreprises,dontlaformule marche fort. » A.B. Où jouer ? Clubs affiliés ❑ Antibes Squash Club et Fitness club,Les Terriers Nord, 155 allée Belle-Vue,à Antibes. ❑ Squash Vauban, 18 rue du Mal Vauban, à Nice. ❑ Top Fit Squash, 2139 Routedes Grives,Antibes. Clubs non affiliés ❑ Monte-Carlo Squash À Vauban, ils sont 120 adhérentslicenciés à fréquenter les lieux, chiffre qui peut grimper jusqu’à 200 avec le passage. C’est bien, mais cela pourrait être encore mieux, surtout pour un club qui a 33 ans d’existence. Mais le principal problème, c’est le parking : « ANice, les gens ne prennent pas le tramway pour venir jouer au squash ! Le joueur est pressé, il veut juste transpirer » Depuis le mois de septembre, Vauban, qui accueillera après les Masters l’AG de la Fédération internationale (90 participants), ason école de squash, encadrée par Alexandre Muller (lire ci-dessus), avec déjà une douzaine d’élèves : « Mais je pense qu’on a un potentiel pour attirer 40 ou 50 joueurs », poursuit Dupeyrat, qui parle également de construireuncourt de... padel, et se targue d’avoir 200 enfants àl’école de tennis. L’image du squash ? « Onreste confidentiel. On passe aussi pour être un sport pratiqué par des chefs d’entreprises, des cadres... mais ce n’est pas ça. On trouve tous les métiers, artisans, commerçants, ouvriers, coiffeurs... » Le squash, sport olympique ? « Il le mérite ! Onespère qu’il va le devenir. On est quand même pratiqué dans 130 pays. Mais Le squash ne passe pas bien àlatélé, alors (Ph. AB) XV rackets club,stade Louis-II, 9avdes Castellans, Monaco ❑ Soft Grasse,133 chemin St-Marc, àGrasse. ❑ CAL Saint-Augustin, 114 routedeGrenoble,àNice ❑ Sunset Village Resort, domaine de l’Etoile,àLa Gaude (club en sommeil). ❑ Fitness Attitude,route de la zone artisanale de La Grave, àCarros. qu’on sait le filmer,onlevoit bien sur internet. » A Vauban, la politique est de conserver le personnel d’accueil et le restaurant - « C’est un service, un luxe de nos jours » -etd’inciter les gens à pratiquer les deux disciplines : « Ona25personnes qui jouent au tennis et au squash, on propose des tarifs couples. On a ressenti les effets de la crise mais on reste abordable. On essaie d’attirer plus de monde, on prête des chaussures, éventuellement des raquettes, on peut jouer jusqu’à 22 heures, on fait des journées portes ouvertes, poursuit ce véritable passionné, qui combat lui aussi l’image d’un sportdangereux ; C’est faux ! C’est moins violent que le tennis. Les médecins jouent au squash, ils peuvent le confirmer ! » A.B.



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