New London n°7 avr/mai/jun 2010
New London n°7 avr/mai/jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de avr/mai/jun 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Technikart Conseil

  • Format : (148 x 205) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : Art in London... attention, peinture très fraiche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
Material girl Goshka Macuga Travail de mémoire ou fouille sentimentale ? La plus polonaise des londoniennes fait les poubelles pour créer un nouveau dialogue. Goshka Macuga est anglaise par choix, non par défaut. Son accent est polonais, mais son cœur londonien. Ayant grandi en apprenant une histoire qui s’est avérée différente après la chute du communisme, sa déroute sera sa plus grande source d’inspiration dans sa vie d’artiste. Quand elle quitte la Pologne, elle trouve refuge dans les deux universités d’art les plus cotées de Londres, la Central St Martins School (Peter Doig, Gilbert and George…) et Goldsmith (Damien Hirst, Sarah Lucas…). Récente favorite de la Tate Britain, elle participe en 2007 à la prestigieuse exposition « Art Now » qui s’intéresse aux nouveaux artistes émergents, avant d’être sélectionnée pour le Turner Prize en 2008. Goshka Macuga a souvent été qualifiée d’archéologue culturelle, à juste titre, puisque son outil de travail consiste en 14 NEW LONDON N°7 une curiosité particulièrement dynamique et contagieuse conjuguée à une personnalité d’aventurière. Goshka passe son temps à fouiller : dans les archives des musées, dans les journaux, dans ses poches, dans sa tête… et à partir de ce qu’elle découvre, de ce qui l’interpelle, elle fait dialoguer des Son outil de travail consiste en une curiosité particulièrement dynamique et contagieuse conjuguée à une personnalité d’aventurière. artistes, des événements historiques, des idées philosophiques qui n’ont pas eu l’occasion ni même le désir de se parler jusqu’à présent. Son installation à la Whitechapel (jusqu’au 18 avril), The Nature of the Beast, commissionnée par Bloomberg, peut dérouter le visiteur innocent. Il s’agit d’une grande pièce ressemblant à une salle de conférence, quasiment vide excepté une grande table ronde moderne entourée de chaises en cuir et métal et d’une tapisserie de Guernica pendue au fond de la pièce, devant un rideau bleu. Il faut savoir que la Whitechapel Gallery est en fait l’une des premières galeries à avoir accueilli le tableau de Picasso, peint en réaction aux atrocités de la guerre d’Espagne. En 1955, Rockefeller en a commandé une version en tapisserie grandeur nature qui, trente ans après, a été prêtée aux Nations unies à New York pour trôner à l’entrée du Security Council jusqu’en 2003. À cette date, sans être enlevée, la tapisserie a été recouverte par un pudique rideau bleu tandis que Colin Powell prononçait son fameux discours sur les armes de destruction massive en Irak. Goshka Macuga, quant à elle, a rétabli la tapisserie devant le rideau bleu et dans un contexte qui invite au débat. Pour ceux qui s’aventureraient au-delà de la capitale, l’artiste montre, en parallèle, d’autres œuvres à l’occasion du Nottingham Contemporary. L’exposition s’intitule « Star City » et durera jusqu’au 17 avril. N. M. » > Nottingham Contemporary, Weekday Cross, Nottingham, NG1 2GB. www.nottinghamcontemporary.org Crédit photo : GoshkaJulian Gastelo
Crédit photo : Esther Teichmann& Spartacus Chetwynd- artists collaboration for Wallpaper magazine, Courtesy of the Saatchi Gallery, London 2010 Baroque the nation Spartacus Chetwynd Coquille d’escargot géante et oreilles de lapins de garenne… Spartacus Chetwynd a fait du burlesque un showcase national. Ne vous fiez pas à son pseudo d’esclave et de gladiateur grec prêt à se révolter. Spartacus Chetwynd est une artiste d’origine londonienne dont l’activité principale ne consiste pas en démonstrations de force mais en performances les plus loufoques et les plus personnelles que l’on n’ait jamais vues dans l’histoire de l’art et du spectacle. Une Young British Artist à ne pas perdre des yeux. Les mises en scène esthétiques de cette Britannique de 37 ans oscillent entre fantastique, surréalisme et baroque, se teintent de références populaires et de Il y a quelque chose des Monty Python en elle, mâtiné d’opéra punk-rock, de heavy metal. créatures mi-humaines mi-animales issues du monde de l’enfance ou de la mythologie. Toujours à la limite de l’anthropologie et de la sociologie, ses performances peuplées de personnages fantasques ressemblent à une commedia dell’arte dans son sens noble ou un grand carnaval du mercredi rempli d’enfants turbulents, grimés et déguisés. Les costumes comme les décors sont chaque fois fabriqués à partir de matériaux de fortune. Cartons, plumes, rideaux, coupons de fausses fourrures, boutons, tulles et voilages débordent des étagères un peu bordéliques de son atelier du Studio Voltaire à Londres. Ici une coquille d’escargot géante faite de carton dépasse, là une maxi-oreille de lapin de garenne surgit tel un trophée de l’armoire ; ici quelque chose qui s’approcherait d’une queue de poisson nargue le regard, là encore un chapeau claque… Ces éléments feront bientôt partie d’une mise en scène durant laquelle Spartacus déclamera avec ses acolytes des textes sérieux… détournés en tranches d’humour. Il y a quelque chose des Monty Python en elle, mâtiné d’opéra punk-rock, de heavy metal. Tout cela irrigué par des sources plus savantes comme l’anthropogie de Claude Levi-Strauss et la littérature carrollienne ou encore Alfred Jarry. Un maelström orgiaque et décomplexé qui exalte le public par sa grande liberté et son ouverture au monde. Star Wars, un Pierrot lunaire et la famille Adams se rencontrent sur cette scène aux airs improvisés. L’une de ses performances, The walk to Dover, s’organise entre Londres et Douvres sur sept jours et le long des routes comme il se doit : un réel exercice de survie compliquait le travail des acteurs. En France, c’est au Consortium de Dijon, en 2008, qu’elle est remarquée la première fois avec Help ! I’m trapped in a mezuzah factory, puis on la retrouve un peu plus tard à la Villa Arson à Nice où elle sera bientôt en résidence. Car Spartacus a la bougeotte. De Londres, elle s’est envolée pour Paris, et de là, à Amsterdam, où elle vient de s’installer. Mais on ne sait comment ni pourquoi, où qu’elle soit, on arrive toujours à retrouver la trace ce personnage multifacette, actif et volubile. Tout ce que l’on retient de ses productions hors normes qui font le tour du monde, c’est une énergie, une insouciance et un enthousiasme débordants que l’on croyait définitivement relégués au placard. Il faut dire que Spartacus, de son vrai nom Lali Chetwynd, organisait déjà des boums hautes en couleur et en turbulences durant son adolescence. A. D. » > Spartacus Chetwynd fait partie de l’exposition de groupe « Newspeak : British Art Now », qui se tiendra à la Saatchi Gallery en juin. www.saatchi-gallery.co.uk 15 NEW LONDON N°7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 1New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 2-3New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 4-5New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 6-7New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 8-9New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 10-11New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 12-13New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 14-15New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 16-17New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 18-19New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 20-21New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 22-23New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 24-25New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 26-27New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 28-29New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 30-31New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 32-33New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 34-35New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 36-37New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 38-39New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 40-41New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 42-43New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 44-45New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 46-47New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 48-49New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 50-51New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 52-53New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 54-55New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 56-57New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 58-59New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 60-61New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 62-63New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 64-65New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 66-67New London numéro 7 avr/mai/jun 2010 Page 68