New London n°5 oct/nov/déc 2009
New London n°5 oct/nov/déc 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de oct/nov/déc 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Technikart Conseil

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 4,9 Mo

  • Dans ce numéro : bienvenue dans la ville la plus mondiale du monde.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Asian Dub Foundation. DR. paradoxalement, l’album Blanc, dans la foulée du périple opiacé… Des anecdotes sur les blancs d’Angleterre partis à la recherche de leurs origines, le pays en regorge. L’un des plus célèbres d’entre eux, Chris Blackwell, a tout simplement trouvé sur la colonie qui l’a vu grandir (la Jamaïque) un filon commercial à importer au Royaume-Uni : le reggae, commercialisé via son my - thique label Island Records, des millions de disques écoulés par son poulain, Bob Marley et une renommée mondiale qui replace Londres au centre des cartes. Bien que figurant en tête des personnes les plus importantes de l’industrie musicale britannique (Avril 2009, Music Week magazine), Chris Blackwell n’est qu’un exemple de l’ouverture d’esprit qui règne encore aujourd’hui dans la capitale. Il suffit pour vérifier cela de s’engouffrer dans Notting Hill, le quartier populaire Victorien-Caribéen, pousser la marche jusqu’au centre de Soho (le quartier asiatique) ou toquer à la porte de l’Asian Dub Foun - dation Education, association fondée par Asian Dub Foundation. Symbole du métissage, le groupe aux origines asiatiques/hindoues/bengalis, fondé en 1993 suite au visionnage d’« Identical beat » (un film sur l’apprentissage de la musique par les communautés asiatiques, NDR) s’implique depuis près de dix ans dans l’ADFED, offrant gratuitement aux minorités défavorisées des stages de formation à la musique. L’implication locale pour subvenir aux besoins de ces « minorités », alors même qu’un noir gouverne désormais la première puissance mondiale, c’est tout de même un basculement socioculturel plus marquant que les blancs (Peter Gabriel et son label Real World) (sur) volant la musique des communautés londoniennes. 6 NEW LONDON N°5 Same place, new faces Alors que la polémique sur les discriminations ethniques fait actuellement rage au parlement anglais, les artistes continuent à chanter sans se préoccuper des délits de faciès. La Roux, Little Boots et Lily Allen caracolent en têtes des charts blancs de peau, VV Brown (voir portrait page 15), Estelle et Speech Debelle s’imposent quant à elles sans complexe dans la capitale, dans les Top 10 ou dans le kiosque à journaux. Parfois non sans peine, Soixante ans après les décolonisations, Londres est donc devenue la « plaque tournante » du métissage.comme chez Speech Debelle, la petite dernière issue des quartiers pauvres londoniens, ceux où « blancs, noirs et jaunes se côtoient sans soucis du même côté de la route ». Debelle, vendeuse de crack à seize ans, fille d’un père absent, a de bonnes raisons pour publier son Speech Debelle. DR.
Photos : Honest Jons – Giulia Vianello. If Music – Jurriaan Persyn. BM Soho, Selectors Music Emporium – DR. premier album, « Speech Therapy ». Fut-ce un chemin difficile, a-t-elle subi le racisme, malgré tout très présent de l’autre côté de la Manche ? Speech répond sans détour : « Ce fut une thérapie logique, non seulement une façon d’expier mes fautes mais également un moyen de parler pour les noirs, qui n’ont hélas pas tous accès à la scène en Angleterre. Ne pas être blanc ici fait de vous une minorité, car le pays s’est construit sur ces « valeurs ». Alors oui, je représente moi-même une minorité, même si la ville reste ouverte et brasse pas mal de cultures, notamment au Southbank Centre de Waterloo. » Dans un parc, à Finsbury, quelques années plus tôt, le jeune Chipmunk découvrait son propre flow en open-mic dans les bois qui entourent la City. Un talent précoce qui allait amener l’enfant jamaïcain à devenir la nouvelle sensation anglaise grâce à son dubstep de kids sans peur et sans reproche. Récompensé l’année dernière par un MOBO Awards (celui du newcomer à suivre, NDR), Chipmunk n’a pas 20 ans et déjà l’avenir à ses pieds, n’hésitant même pas à travestir la culture blanche (« Tiny dancer » d’Elton John) pour faire danser tout le monde. Londres, ou quand le Rhythm & Blood réunit les foules du samedi soir… Les discriminations ethniques font rage mais les artistes continuent à chanter sans se préoccuper des délits de faciès. Bio-diversité Dans un pays qui a mal au cœur (licenciements, crise, malversations politiques), la culture reste encore un beau poumon. Ralentissement de l'économie, montée du chômage, la Grande-Bretagne emprunte la voie classique : rejet des minorités, racisme primaire (notamment les communautés polonaises et bengali, très présentes à Londres) et baisse des quotas d’immigrants. Et pourtant, la diversité continue de croître entre les buildings, la musique restant la pierre d’achoppement d’une ville en perpétuelle évolution. Tout comme ses aïeux (George Harrison, Ginger Baker de Cream), Damon Albarnincarne aujourd’hui le passeur de plats entre civilisations qui ne mangent pas pareil. Entre deux tournées, trois albums et six projets parallèles, le chanteur de Blur décide en 2002 de créer Honest Jon’s Records, un label rendant hommage aux métissages et musiques du monde. Si le disquaire indépendant, situé en plein cœur de Notting Hill, tient debout depuis 1974, le label du même nom prône l’éclectisme avec, entre autres, compilations cultes et révérencieuses (« Living Is Hard : West African Music In Britain, 1927-1929 ») et stars actuelles de l’autre monde (Tony Allen, l’Hypnotic brass ensemble). L’Entertainment Le retour des disquaires La « melting-pop » n’est pas que sur le Net mais chez de bon vieux vendeurs de vinyles et CDs. » > HONEST JON’S. En plein cœur de Portobello, la mythique boutique de vinyles distribue depuis 1974 le meilleur des musiques bigarrées, orientales et traditionnelles. Avec ses compilations cultes (« London Is The Place For Me »), Honest Jon’s reste la référence pour les passionnés de reggae, soul et jazz. 278 Portobello Road, W10 (Ladbroke Grove). www.honestjons.com » > BM SOHO. Reconnu depuis le milieu des années 90 comme la Mecque des DJs, le Black Market offre, en plein cœur de Londres, le meilleur des sorties funk, électro, drum & bass et Dubstep. So(ho) exciting ! 25 D’Arblay Street, W1 (Oxford Circus). www.bm-soho.com » > IF MUSIC. Brésiliennes, jamaïcaines, jazz ou soul, If Music officie en plein centre de la capitale et livre à domicile tous les drogués de musique loin de Londres. Sur place, demandez DJ Jean-Claude, le boss de la boutique ! 2nd Floor, Victory House, 99-101 Regent Street, W1 (Piccadilly Circus). www.ifmusic.co.uk » > SELECTORS MUSIC EMPORIUM Spécialiste du reggae à Londres, Selectors Music s’avère être l’adresse la plus pointue pour les sorties et vinyles historiques. Du dance-hallau skiffle, c’est le lieu idéal pour trouver les oldies but goodies du genre ! 100b Brixton Hill, SW2 (Brixton). http://selectorsmusic.co.uk Weekly titre « The hippest world-music label going » et les londoniens semblent apprécier la couleur musicale, qui plus est, mise en valeur par un blanc, loin des sunlights, loin du show-business. In real life. Survivant à des décennies de clichés et des dizaines de premiers ministres, Londres tient bon, encore aujourd’hui, dans le rôle qu’est le sien : la capitale du rythme pluriethnique où il fait bon danser, à défaut d’y trouver un travail. Certains immigrés y ont fait fortune (Mourad Mazouz, le restaurateur berbère parisien), d’autres y usent leurs semelles dans l’indifférence, certains groupes sortent même des albums à la gloire de cette ville (Madness, Speech Debelle) pendant que des dizaines crèvent à la périphérie. Ce joyeux bordel, ce beau meltingpot, c’est tout simplement Londres, une terre d’exil. « On main Streets », comme le disent les journaux. 7 NEW LONDON N°5



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