Néoplanète n°9 jui/aoû 2009
Néoplanète n°9 jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de jui/aoû 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 78,8 Mo

  • Dans ce numéro : Bixente Lizarazu planche sur l'écologie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
[bouger] Ciel mon avion ! Sale temps pour les avions : un passager aérien émet autant de gaz à effet de serre qu’un conducteur seul à bord d’une voiture (4 litres/100 km pour un avion rempli à 100%) ! Alors, sur un Paris-New York, les chiffres s’envolent : plus de 500 kg équivalent carbone l’allerretour… en seconde ! C’est grosso modo le résultat qu’on obtient quand on s’amuse à comparer les émissions des modes de transports avec, entre autres, les données de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Adème) (1). Les constructeurs ont beau dire que les émissions de CO 2 des avions ne représentent que 2 à 3% du gaz carbonique émis par les activités humaines, les scien- tifiques étudient des émissions et réactions supplémentaires : les oxydes d’azote, précurseurs notamment de l’ozone (autre gaz à effet de serre), la vapeur d’eau, les traînées de condensation, la nébulosité en cirrus… Ce qui, au final, doublerait environ le seul « effet » CO 2. En plus, la filière aéronautique prévoit une croissance du trafic de 5% par an et ne pourra plus échapper longtemps [30] Question gaz à effet de serre, les voyages aériens écopent d’un carton rouge. Contructeurs et scientifiques réfléchissent donc à les rendre plus « éco-friendly ». Petit tour d’horizon. Par Vincent Rondreux aux protocoles de type Kyoto… UN avioN « vert » eN 2020 ? En voilà donc assez pour qu’avionneurs et motoristes redoublent d’efforts pour améliorer la performance des aéronefs. Selon Anne Bondiou-Clergerie, directeur des Affaires recherche et développement et Espace au Gifas (2), le but est d’être « neutre en carbone à l’horizon 2020 », c’est-à-dire de représenter toujours 2% des émissions de CO 2. Entre autres moyens : un projet de recherche européen lancé en 2008, Clean photos : dr
Sky, avec des dizaines d’organisations, d’industriels, de centres de recherche et universités, pour trouver l’avion vert des années 2020. On attend les premiers « démonstrateurs » d’ici à 2015. De l’autre côté de l’Atlantique, la Nasa est, elle aussi, en pleine effervescence. L’aiLe voLante, un engin sans fuseLage Mais à quoi ressembleront ces avions ? « On peut agir sur le poids, sur la portance (l’aérodynamisme), sur la traînée (les résistances aux perturbations de l’air) et sur la propulsion », résume Anne Bondiou-Clergerie. Ces recherches concernent donc autant les matériaux de construction, la forme et l’équipement des avions, la conception des moteurs, le choix des carburants… Parmi les prototypes émergeants, que ce soit à l’Onera (3) ou à la Nasa, on trouve « l’aile volante », un avion gros porteur qui n’a plus ni fuselage ni empennage traditionnels, son défaut restant l’instabilité. Il y a également les « open rotor », entendez des moteurs en partie décarénés. Ils gagnent en consommation mais aussi… en bruit. L’aérodynamique des ailes fait également des progrès dans les réductions de traînées, consommatrices d’énergie ou génératrices de bruit.Chez DassaultAviation,on étudie aussi les ailes de grand allongement, les empennages en U, les matériaux composites, la façon de placer les moteurs sur la carcasse, la gestion de l’énergie à bord, ainsi que « l’éco-conception » des Falcon, à savoir la prise en compte des problématiques environnementales de la conception au recyclage… Sans parler de l’amélioration des trajectoires des avions (projet européen Cesar), de la gestion du trafic aérien, toujours pour optimiser les consommations. Côté carburant, les laboratoires cherchent à remplacer le kérosène. Outre les produits de synthèse (fabriqués à partir de charbon, de gaz, mais aussi de biomasse - le BtL -, donc pas tous écolo), on espère obtenir du carburant directement à partir de végétaux. Bons candidats : les algues, les déchets de bois ainsi que le jatropha, une plante qui a aussi le mérite de pousser dans des milieux semi-arides. La puissance d’un scooter, L’envergure d’un a340 Au-delà, faisant quelque peu écho aux Blériot, Mermoz et autre Saint-Exupéry, de nouveaux aventuriers arrivent. Exemple : les Suisses Bertrand Piccard et André Borschberg avec leur projet Solar Impulse, un avion capable de voler jour et nuit, grâce à la seule énergie solaire fournie par 12 000 cellules photovoltaïques. Il a la puissance d’un scooter et ne pèse que 1 500 kg, comme une voiture. Mais il possède une envergure de 61m, comme un airbus A340 ! HB-SIA, le premier prototype sera présenté dès le début de cet été en Suisse et doit effectuer ses premiers essais cette année. La revanche des dirigeabLes Après les aventuriers du ciel, voilà que Les vieux coucous toujours dans Le coup soyez attentif dans les aéroports. en scrutant l’horizon, vous verrez peut-être une carcasse qui gît là, à l’abandon. pour éviter la prolifération de ces épaves du ciel, un établissement vient d’ouvrir près de l’aéroport de tarbes, dans les hautespyrénées : tarmac aerosave. il permet de stocker des avions dont le propriétaire n’a temporairement plus l’utilité et de déconstruire de vieux engins. dans ce cas, l’avion est finement « cartographié » et 85% de sa masse est valorisée, en particulier en alimentant le marché des pièces d’occasion de l’aéronautique, selon le directeur, philippe fournadet. sachant qu’on prévoit l’arrêt de 300 avions par an au cours des prochaines années, ce genre de site devrait se développer… [bougEr] héLices au pays des merveiLLes atr, spécialiste de l’avion à hélices, croit en sa bonne étoile, en particulier avec l’atr-600, pour les transports régionaux. L’avantage de ce genre d’avion est qu’il consomme moins de carburant que l’avion à réaction (le jet), pourtant de même taille. pour un vol d’environ 700 km, le jet va émettre 73% de co 2 de plus que l’actuel atr72-500 à hélices, indique le constructeur, qui a vendu environ 300 avions ces dernières années. l’on reparle également des zeppelins. Ayant troqué l’hydrogène pour l’ininflammable hélium, profitant des technologies modernes de construction (carbone, structures semi-rigides…) et affichant de faibles émissions de CO 2, les dirigeables du XXI e siècle rêvent d’une revanche sur l’histoire.Ils pourraient ressembler à des ailes épaisses, à des lentilles géantes ou à des soucoupes volantes, à des cétacés des airs… Le principal étant quand même, outre le plaisir de l’innovation, que le total des émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble des engins volants parvienne à diminuer. Mais ne rêvons pas trop. Les A320 et les B737, avions moyens-courriers, sont mis aujourd’hui à la casse, après 25 ans de bons et loyaux services et sont remplacés par... les mêmes ! Certes, ils afficheront 10% de performances en plus et seront en service pour encore 25 ans. Décidément, l’avion du futur n’est pas pour demain ! 1- www.manicore.com 2- Gifas : Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales 3- Onera : Office national d’études et de recherches aérospatiales [31] Envie de bouger ? www.neoplanete.fr



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :