Néoplanète n°9 jui/aoû 2009
Néoplanète n°9 jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de jui/aoû 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 78,8 Mo

  • Dans ce numéro : Bixente Lizarazu planche sur l'écologie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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[savourer] Manger bio, c’est pour les bobos ? Le bio, un truc de riches ? Nous sommes allés sur le terrain, au marché de Sarcelles, dans le 93. Et là, surprise : on peut manger sain avec un petit budget ! Par Tinka Kemptner et Yolaine de la Bigne. Reportage photo de Géraldine Le Guyader Le marché de Sarcelles-Lochères, en Seine-Saint-Denis est l’un des moins chers de la région parisienne. Et là, coincé entre les stands de robes à 5 euros, on trouve… un étal bio ! Bien sûr, on a croisé bon nombre de personnes qui ne semblaient guère inspirées (« trop cher », disent-elles). Mais d’autres nous ont confié acheter bio de plus en plus souvent. Malgré un budget restreint. [26] Voyez Flaure, mère de quatre enfants, qui adore les petits pois bio, « parce que le goût n’est pas le même ». Ou cette jeune femme de 28 ans qui, malgré un budget alimentation de 200 euros par mois pour deux, achète toujours du lait bio parce que, selon elle, « il contient plus de vitamines ». Ou encore cette jeune maman, vendeuse chez Leader Price, qui achète des tomates bio, « parce que c’est trop bon ».
Le mouvement serait-il lancé ? Bientôt, tout le monde mangera-t-il bio en France ? « Pas tous les jours, répond Pascale Hebel, directrice du département consommation du Crédoc (1), mais occasionnellement, pourquoi pas ! Aujourd’hui, environ 50% des Français en achètent de temps en temps. Cela dit, nos enquêtes montrent que les consommateurs ne comprennent pas encore très bien le fondement du bio. Ils achètent un produit par-ci par-là, pour se donner bonne conscience, en pensant que ça leur fera du bien. Mais la plupart ne savent pas que c’est d’abord un choix écologique. » Et la crise, alors ? « Elle a un peu ralenti la tendance, mais de façon moins importante que dans d’autres secteurs santé, comme l’allégé et l’enrichi en vitamines ou en oméga 3. » On l’a compris, le bio n’est plus seulement un truc de bobos aisés. « D’ailleurs, souvent, quand on passe au bio, on change en même temps sa façon de vivre, explique Alexandre Pasche, fondateur d’éco&co, agence spécialisée dans la communication responsable. J’ai calculé qu’un ménage de trois personnes pouvait économiser 10 000 euros par an en se débarrassant de sa voiture, en faisant des économies d’énergie et d’eau, en optant pour des produits de nettoyage naturels… » Et toc ! Mais attention. « Bien manger avec peu d’argent est un vrai investissement en énergie », prévient Marie-Paule Dousset, auteur de Savoir économiser (Flammarion). « Cuisiner soimême, faire ses courses en comparant les étiquettes… ça prend du temps. Au début, ça peut paraître fastidieux, mais on prend vite le pli ! » Son conseil : « Ne pas reproduire en bio ce qu’on faisait en non-bio ». Acheter en Amap (2) ou en vrac, c’est souvent deux fois moins cher. Les noix et les amandes sont par exemple 30 à 50% meilleur marché qu’en grande surface. Ayez le même réflexe pour le riz, les lentilles, la semoule ou le muesli ; privilégiez les oléagineux, excellents pour la santé et qui remplacent aisément l’apport protéique des viandes. Quant aux fruits et légumes, optez évidemment pour des produits de saison. Et n’hésitez pas à comparer les prix, l’écart entre les fruits et légumes des échoppes bio et les bons primeurs est souvent infime, voire inexistant. Vous pouvez toujours, en guise de pense-bête, vous Rencontrées au marché de Sarcelles, Flaure (à gauche) et Malek (à droite) sont toutes les deux de nouvelles adeptes du bio. Et ce, malgré un budget restreint. Elles n’en mangent pas tous les jours, certes, mais de plus en plus souvent. Question de goût. [savourer] Le bio à tout prix ? Si certains fruits et légumes non bio contiennent beaucoup de pesticides, d’autres n’en comportent que des traces. Quand on a un budget riquiqui, rien ne sert donc d’acheter ces derniers en bio ! Les moins pollués : oignons, avocats, ananas, mangues, asperges, petits pois, kiwis, choux, aubergines, pastèques, brocolis, tomates… Les plus pollués : pêches, pommes, céleri, nectarines, fraises, cerises, laitue, raisins, carottes, poires… Consultez la liste exhaustive sur www.foodnews.org replonger dans nos « marchés de saison » (voir Néoplanète n°3 à 6) pour avoir une idée précise de la meilleure période pour savourer tel ou tel produit. Enfin, enfilez dès que possible votre joli tablier et faites la popote vous-même : ça coûte, selon les calculs de Marie-Paule Dousset, trois fois moins cher que les plats cuisinés ! Autre évolution dans le marché du bio « pas si cher » : les gammes des marques de distributeurs. De Carrefour Agir à Monoprix Bio, en passant par Bio Village chez Leclerc, aucune enseigne n’y échappe. Idem sur le terrain du « low cost », avec le distributeur Leader Price, qui permet d’accéder aujourd’hui à plus de soixante références bio sans se ruiner. Les magasins ED et Lidl ont eux aussi développé leur gamme labellisée AB. Et près de Paris fleurissent les premières grandes surfaces bio discount : C’Bio à Coignières (78) et Caron Bio à Antony (92), Igny et Palaiseau (91). Preuve que le bio devient populaire et c’est tant mieux ! Pendant ce temps, à Sarcelles, Malek, 35 ans, finit sa tournée du marché. De son chariot dépassent des poireaux, bio of course, pour sa quiche du soir. « 2,80 le kilo ! J’achète bio quand ce n’est pas cher : je veux bien aimer la nature, mais j’ai une famille à nourrir, moi ! » 1- Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie 2- Association pour le maintien d’une agriculture paysanne [27] Plus de miam-miam ? www.neoplanete.fr



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