Néoplanète n°9 jui/aoû 2009
Néoplanète n°9 jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de jui/aoû 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 78,8 Mo

  • Dans ce numéro : Bixente Lizarazu planche sur l'écologie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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[s’engager] la mer et du littoral. J’ai par exemple travaillé sur un projet écolo sportif, l’Odyssée, du flocon à la vague, via mon association Liza pour une mer en bleus (1). En partant du pic du Midi pour aller jusqu’aux plages d’Anglet, l’idée était de suivre le cheminement du cycle de l’eau et de montrer qu’il faut traiter en amont les rivières, les océans, afin que la mer ne soit pas polluée. En tant qu’observateur avisé du milieu maritime, avez-vous noté des évolutions dans les comportements de chacun ? Oui et non. Des progrès ont été accomplis pour le traitement des eaux usées, par exemple. Les mairies du Pays basque, notamment, ont fait de gros efforts ; pourtant, lorsqu’on se balade le long du littoral, on trouve toujours des détritus. Je ne suis pas donneur de leçons, mais il y a des choses insensées : les gens qui pique-niquent et ne jettent pas leurs déchets ou ceux qui déversent leur cendrier par la fenêtre sans se poser de questions, ce sont de vraies provocations. Est-ce un comportement typiquement français ? Les Allemands sont plus écolo que nous, c’est une évidence. Quand je me suis installé à Munich, il y a une dizaine d’années, le recyclage était déjà en place, alors qu’on [12] Au milieu de ses planches, Liza surfe en technicolor. en entendait à peine parler en France. Il existe un vrai paradoxe entre les Français et les Allemands. Je ne sais pas si nous avons l’esprit plus tordu, mais on voit souvent le verre à moitié vide là où l’Allemand le verra à moitié plein… C’est assez frustrant. Beaucoup d’initiatives sont prises avec le Grenelle de la Mer. C’est source d’espoir… Cela a mis du temps. On est passé de « l’environnement, on s’en fiche » au Grenelle de la Mer. À mon sens, c’est de la communication. Mais si cela permettait d’améliorer le traitement des eaux usées, de dépolluer les rivières, de favoriser la biodiversité, de créer des réserves naturelles et de mieux gérer la pêche, ce serait fabuleux. Cependant, tout le monde – hommes politiques, grosses entreprises ou citoyens – se rejoint sur la prise de conscience ; c’est dans la pratique que les choses ne bougent pas encore. Cela ne vous donne pas envie de vous engager en politique ? Pas du tout. Je suis un peu comme Nicolas Hulot : je pense que la politique est un vrai métier. Il y a, à mon sens, d’autres façons de s’impliquer ; je suis dans l’état d’esprit de faire un geste à ma façon. photo : itzala
Quels sont vos actes pour l’environnement au quotidien ? Hormis le recyclage des déchets, par exemple, mon vrai coup de main est d’avoir créé mon association, Liza pour une mer en bleus, ou encore d’être parrain de Surfrider Foundation Europe depuis quinze ans et de participer à des opérations comme Initiatives Océanes. J’ai aussi contribué à la fabrication d’un livret pédagogique de bonne conduite, à l’attention des pêcheurs et des plaisanciers. Dès que les initiatives correspondent au cahier des charges de mon association, je n’hésite pas à aider. Et puis je récupère les eaux de pluie. Au Pays basque, on a la matière première (rires) ! Les jeunes sont-ils réceptifs aux problèmes environnementaux ? Tout dépend de l’éducation qu’on leur donne. J’ai transmis à mon fils ce rapport à la nature, cette passion. Il aime la mer, la montagne, peut prendre conscience de la beauté de notre planète et donc mieux en voir les dégâts. Je pense que c’est en pratiquant, en allant à la rencontre de la nature que l’on peut être sensibilisé aux problèmes environnementaux et mieux en informer nos proches. Avez-vous sensibilisé vos ex-partenaires de l’équipe de France au respect de la nature ? Avec France 98, l’association des footballeurs champions du monde, on a organisé un match, à l’époque du naufrage du pétrolier Prestige, dont la recette a permis de lancer mon association. Je les ai sensibilisés, mais ils ne sont pas forcément aussi passionnés que moi. Cependant, c’est grâce à eux que j’ai pu monter certaines opérations, il faut les en remercier. La crise que nous traversons peut-elle finalement faire avancer les choses ? Avec la crise, les gens pensent d’abord à l’essentiel : se nourrir, travailler, garder leur emploi. Pour eux, l’éthique [13] et l’environnement sont secondaires. Pourtant, d’un point de vue financier, on peut considérer que l’on ferait des économies en réduisant la pollution. Êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste quant à l’avenir de notre planète ? Je ne suis ni optimiste ni pessimiste. J’espère que la raison va nous pousser à changer de comportement. Mais l’homme a tendance à réagir plutôt qu’à agir. Peut-être faudra-t-il attendre d’autres catastrophes avant que l’on commence à se bouger ? J’ai l’impression qu’on a passé un cap : on est aujourd’hui dans la prise de conscience et la communication. Le cap suivant sera l’action, mais j’ai le sentiment que l’on n’y est pas encore. Certes, il y a des belles paroles, des envies, des convictions, mais on n’arrive pas à le traduire par des faits vraiment concrets. Chaque année, Bixente Lizarazu et son association Liza pour une mer en bleus sont partenaires des Initiatives Océanes, organisées par Surfrider Foundation. Et si Lizarazu avait un conseil à donner à nos lecteurs ? Je dirais à tous d’aller à la montagne, à la mer, en forêt, de faire du sport, de marcher… Ça permet de vivre des moments magiques, de profiter de l’essence de la vie et de ce que la nature nous offre. Qu’y a-t-il de plus beau que les océans, la lumière d’un coucher de soleil, la mer déchaînée ? Ce contact avec l’environnement permet de prendre conscience des dangers encourus par la planète. Il faut aller à la rencontre de la nature pour s’en rendre compte et pouvoir l’aimer. 1- Association « Liza pour une mer en bleus » : http://blog.bixentelizarazu.com/Retrouvez Bixente Lizarazu et d’autres personnalités sur www..fr photo : itzala [s’engager]



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