Néoplanète n°8 avr/mai 2009
Néoplanète n°8 avr/mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de avr/mai 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 21 Mo

  • Dans ce numéro : trois hommes et un coup fin : le fim « Home ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 44 - 45  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
44 45
[VOYAGER] Depuis quelque temps, le tourisme vire au vert. Même les destinations de luxe misent sur l’écolo. À l’image des masserias Torre Maizza et Torre Coccaro, cachées dans les Pouilles, en Italie : ces anciennes fermes ont été métamorphosées en hôtels haut de gamme où des panneaux solaires fournissent l’énergie pour chauffer l’eau de la piscine, de la cuisine et de la lingerie ; un système de désalinisation transforme l’eau de mer en eau potable ; des citernes souterraines permettent de récupérer les eaux de pluie ; et l’on n’utilise que des fertilisants naturels dans les verger, potager et oliveraie. ON NE CHOISIT PAS PAR HASARD Mais, est-on vraiment prêt à payer pour voyager responsable ? « Oui, répond Françoise Riera-Dabo, fondatrice de FRD Conseil et spécialiste des tendances sociétales. À condition que ce voyage corresponde à ce que le touriste a envie de faire, que cela ne lui coûte pas plus cher que prévu et qu’il dorme sur un matelas confortable. » Car l’expérience touristique est toujours liée à « une quête d’épanouissement de soi. C’est l’occasion de rompre avec les contraintes du quotidien et de vivre autre chose », explique-t-elle. Le riche globe-trotter est donc partant pour quelques concessions – comme utiliser son drap de bain plusieurs fois et ne pas faire couler l’eau pendant qu’il se brosse les dents –, si la literie de sa suite avec vue est irréprochable, s’il a de l’espace, si le service est souriant et attentif, bref s’il a l’impression de vivre un moment d’exception. En tout cas, il n’opte pas pour une adresse écolo par hasard ou juste pour se donner bonne conscience. C’est un choix assumé : « car ce type de voyageur est conscient du fait que nos modes de vie sont en train de menacer la planète », souligne la décodeuse de tendances. [44] Du coup, les hôteliers de luxe s’adaptent. C’est le cas de l’hôtel LeCoq-Gadby, à Rennes. Cet établissement, doté de quatorze suites et d’un spa avec soins bio, a de quoi épater : classé 4 étoiles, cette construction tout en bois répond à la démarche de haute qualité environnementale (HQE). Autrement dit : plus de 60% de l’énergie provient de panneaux solaires thermiques, les calories de l’air chaud et humide de la piscine sont récupérées et une pompe à chaleur fournit le complément. Par ailleurs, les panneaux photovoltaïques constituent une source autonome de production électrique ; quant à l’eau de pluie récoltée, elle alimente les chasses d’eau et permet d’arroser le jardin. EAU DE PLUIE ET ENCRE VÉGÉTALE Au Mas Candille aussi, on joue la carte écolo. Dans ce Relais & Châteaux, à l’orée du vieux Mougins, on utilise papier recyclé et encres végétales pour réaliser les brochures ; les équipes de l’hôtel organisent le tri des déchets, distribuent sacs à linge et produits d’accueil biodégradables et sensibilisent la clientèle au fait de se servir plus d’une seule fois des draps de bain. Même les jardiniers sont au parfum : ils boudent désormais tous les pesticides. Quant au Fronlas, au Pays de Galles, c’est
un modèle du genre. À la limite ouest du parc national des Brecon Beacons, ce Bed & breakfast 5 étoiles a ouvert ses portes en juillet 2008 dans la petite ville de Landeilo. Au programme : décor signé Colliss & Quinton, vue imprenable sur les pentes doucement vallonnées des Brecon Beacons, petit déjeuner à base de produits frais et bio, matelas et linge bio, et un personnel formé à la protection de l’environnement. Un style de vie et un parti pris qui ont valu à ce B&B de luxe de figurer dans la liste des vingt meilleures « retraites campagnardes » du Royaume-Uni. Liste établie par le journal The Guardian. LA SÉRÉNITÉ, NOUVEAU LUXE ? La Californie n’a pas à rougir de ses adresses écolo. De la Napa Valley à San Francisco, les lieux de villégiature respectueux de la nature prolifèrent. Citons notamment l’hôtel Ambrose à Santa Monica, l’hôtel Orchard Garden à San Francisco, le Gaia Napa Valley hotel & spa dans la Napa Valley ou encore le Cedar House Sport dans la région de Lake Tahoe. Dans ces établissements, le luxe n’est plus associé à l’abondance de biens ni au surplus de déchets. Au contraire ! Tous refusent les savons, gels doses et minidoses jetables. Ils leur préfèrent des distributeurs fixés au mur, des draps en coton bio et des serviettes à la demande seulement. Et ce souci de protéger l’environnement va se nicher jusque dans le choix de produits détergents non toxiques, d’ampoules basse consommation d’énergie et de chasses d’eau économes. Ajoutons à cela un personnel formé au recyclage, des écrans pour suivre les consommations énergétiques des bâtiments, des panneaux solaires et des produits exclusivement bio ou locaux servis dans les restaurants. « Les Américains sont en quête de valeurs refuges, dotées d’une dimension plus personnelle », constate l’anthropologue – et psychiatre de formation –, Clotaire Rapaille. L’auteur du livre Culture codes (JC Lattès) évoque le retour à la mode hippie, ainsi que le boom du bio et du vintage. « Dans le voyage aussi, on a envie d’un certain retour aux sources, poursuit-il ; si bien que l’on peut voir des séjours dans un monastère aussi prisés qu’une escapade dans un palace ! Le nouveau luxe, c’est l’eau, l’espace et la sérénité. » Dans un tel contexte, l’écolodge a également la cote. Un exemple : au Canada, le Cree Village reçoit ses visiteurs sur l’île de Moose Factory, dans l’Ontario. Là, les voyageurs sont accueillis dans un tipi géant en bois, doté d’une vingtaine de suites et d’un restaurant. Construit et géré par la tribu MoCreebec, le mini-resort – plutôt chic que « cheap » – permet à cette communauté de vivre dans de bonnes conditions. LE LUXE DES UNS POUR FINANCER L’ENVIRONNEMENT DES AUTRES La voie verte fait donc de plus en plus d’adeptes. Et les tour-opérateurs spécialisés se multiplient. À l’image de Luxethika, première agence française spécialisée dans le tourisme de luxe éthique : elle propose plus d’une centaine de destinations dans une douzaine de pays. À sa tête : Laurence Bihr, qui privilégie « les sites naturels et d’exception ». Le secret de son succès : elle sait mêler destinations lointaines, grand confort et respect de l’environnement. Luxethika s’engage, en effet, à reverser 15 euros par client à trois programmes de protection de la nature. En outre, avant de partir, une charte du voyageur responsable et une trousse de soins corporels bio sont offerts. Un kit qui rime avec réussite : [45] [VOYAGER] car les voyageurs en redemandent. Et les comportements évoluent. La preuve : le 22 novembre 2007, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) ont signé un partenariat de trois ans, destiné à « former les professionnels aux bonnes pratiques environnementales ». À ce rythme, la démarche de développement durable pourrait bientôt devenir un service au même titre que la télévision dans la chambre. Le tourisme solidaire fait son festival Pour sa 2 e édition, le festival « Partir autrement », à l’initiative de l’association Aventure du bout du monde (ABM), veut sensibiliser le grand public au tourisme solidaire et responsable. Au programme : rencontres, débats, projections et conférences, dont une consacrée à la traversée de l’Orient à bicyclette par Alice Goffart et Andoni Rodelgo : leur aventure a duré trois ans… 18 et 19 avril à Paris, Espace Reuilly, 21 rue Hénard, 75012 Paris. Tél. : 01 44 74 90 49. Entrée : 12 euros. www.abm.fr/fpa.html Luxethika/D. Allen pour Wilderness Safaris - DR aller plus loin sur www..fr



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :