Néoplanète n°8 avr/mai 2009
Néoplanète n°8 avr/mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de avr/mai 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 21 Mo

  • Dans ce numéro : trois hommes et un coup fin : le fim « Home ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Plus lente, la vie est plus plaisante Par Ophélie Neiman La crise est l’occasion de remettre les pendules à l’heure ! Fuir les fast-foods, savourer à son rythme, redécouvrir les variétés oubliées et défendre la biodiversité, ce sont quelques-unes des valeurs que le mouvement Slow Food défend depuis vingt ans. Et si, justement, le luxe, c’était de prendre son temps ?
Franck Boston/Fotolia - Olivier/Fotolia - Slow Food Son logo est un escargot. Tout un symbole de nature, de gastronomie et de lenteur. Le mouvement Slow Food fête cette année ses 20 ans d’existence. Fondé à Paris en 1989 par l’Italien Carlo Petrini, l’association a son siège dans le Piémont italien, et compte aujourd’hui plus de 80 000 adhérents de 50 pays. Le message est simple : j’aime manger, donc j’aime ma planète. Slow Food s’est créé en réaction à la multiplication des fast-foods qui standardisent le goût et déconnectent les consommateurs des producteurs. Pour l’association, tout est lié : gastronomie, agriculture, économie et environnement. Selon ses membres, on ne peut pas aimer la bonne chère sans être sensible aux traditions culinaires locales, aux races animales et aux variétés de fruits et légumes. Et à la disparition de produits traditionnels et savoureux au nom de la productivité. Quand on aime manger, on devient forcément et presque malgré soi un défenseur de l’environnement ! Nous sommes tous coproducteurs Dans le Slow Food, tout le monde est gagnant. Pour le consommateur, il s’agit de se faire plaisir en prenant le temps de cuisiner, puis de savourer un bon repas. Exit les conserves fades et les plats en plastique aux prix exorbitants. Ce n’est pas le petit producteur, garant des saveurs, qui s’en plaindra ! Pour Jean Lhéritier, président de Slow Food France, « nous sommes tous coproducteurs de notre système alimentaire : la façon dont nous mangeons a des conséquences sur ce que les paysans produisent, et cela définit ce que l’on mangera demain. Nous ne devons pas oublier que la terre, les consommateurs et les producteurs forment une boucle ». Carlo Petrini rappelle que le cuisinier fait le lien entre le gourmet et le producteur : « Un chef cuisinier est fondamental, même dans un petit foyer. On ne peut pas relier gastronomie et alimentation si on saute l’étape de la transformation d’un aliment en plat. Le cuisinier est le meilleur allié des agriculteurs. C’est pourquoi nous, consommateurs, devons tous enfiler le tablier. » Bien qu’Italien, le fondateur de Slow Food parle très bien français. Et le mot qu’il préfère dans notre langue est « terroir ». Un mot unique, intraduisible mais qui montre toute l’importance d’un patrimoine à préserver tant pour la planète que pour les hommes. « On ne mange pas d’ordinateurs ! » Slow Food se qualifie ainsi de « mouvement éco-gastronomique ». En promouvant le plaisir du goût, l’association encourage les producteurs-artisans de l’agroalimentaire et leurs produits de qualité. L’objectif est de développer un modèle d’agriculture moins intensif, moins nocif, capable aussi d’offrir des perspectives pour les régions moins riches. En ces temps de marasmes financiers, le message ne perd pas de sa force. Selon Carlo Petrini, « la crise est justement l’occasion de se détourner des économies virtuelles pour une économie réelle. Et quoi de plus réel que l’économie primaire, c’est-à-dire l’agriculture ? On ne mange pas d’ordinateurs ! » Le président de Slow Food France, Jean Lhéritier, pense également que c’est l’occasion de « prendre conscience des fondamentaux, de s’interroger sur notre société qui, tout évoluée qu’elle soit, a quand même un besoin indispensable de paysans. » D’autant que manger plus sain ne signifie pas forcément manger plus cher. Manger local, préférer les choux-fleurs de Saint-Malo aux haricots verts bio du Kenya, c’est aussi ça, la philosophie Slow Food. Arche du goût et sentinelle Pour des conseils avisés et des exemples concrets, Slow Food France a mis en ligne sur son site Internet un manifeste, « Manger Slow : douze gestes simples pour changer le monde en changeant de vie ». On y lit des messages comme « Fêtez les saisons à table » ou « Soyez des éclaireurs du goût ». Et parce que le plaisir de manger, ça s’apprend, l’association propose des programmes d’éducation du goût pour les adultes et les enfants. Elle développe par ailleurs des projets pour soutenir la biodiversité avec des « sentinelles » et une « arche du goût ». Une « sentinelle » est un focus sur un produit qui se fait rare : on y trouve en vrac le porc noir de Bigorre, la lentille blonde de Saint- Flour ou le pélardon des Cévennes affiné. « L’arche du goût », elle, recense des produits d’une qualité gustative exceptionnelle, conçus selon les traditions locales. Enfin, le mouvement organise des rassemblements réguliers dans plusieurs pays. Et ses membres célébrent la bonne chère autour de longues dégustations. Et prennent le temps. Tout simplement. Slow Food sort alors de sa dimension strictement culinaire pour gagner d’autres pans de la vie. Car, comme son fondateur Carlo Petrini aime à le rappeler : « La lenteur est comme une médecine homéopathique. Une petite dose chaque jour améliore notre vie ». Les restaurants suivent le mouvement Certains sympathisants du Slow Food proposent à leur carte des plats typés et innovants, à condition de ne pas craindre de vider son porte-monnaie. À Paris, laissez-vous tenter par Chez Ramulaud, dans le XI e (01 43 72 23 29), L’Astrance (01 40 50 24 40) dans le XVI e, ou l’italien I Golosi (01 48 24 18 63) dans le IXe. En province, Les Chandelles Gourmandes vous reçoivent à Larçay, en Indre-et-Loire(02 47 50 50 02), La Galinette vous accueille à Perpignan (04 68 35 00 90) et Les Loges de L’Aubergade à Puymirol en Aquitaine (05 53 95 31 46). Slow Food France Immeuble Caffarelli, 8 e étage, 9 place Alfonse Jourdain, 31000 Toulouse Tél. : 05 34 30 14 85 http://www.slowfood.fr/franc Retrouvez Carlo Petrini en vidéo sur www..fr



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