Néoplanète n°6 déc 08/jan 2009
Néoplanète n°6 déc 08/jan 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de déc 08/jan 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (201 x 271) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 68,4 Mo

  • Dans ce numéro : Léo prie pour un monde plus écolo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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[participer] Californie, qualifiée verte ? En matière de protection de l’environnement, les Etats-Unis ont toujours fait figure d’épouvantail. Mais les idées vertes commencent à germer, notamment dans le « Golden State », région pleine de promesses. Par Frank Rousseau Formidable machine à se réformer – dont nous avons eu un aperçu avec la triomphale élection de Barack Obama - la patrie du hamburger a toujours su, à un moment de sa jeune histoire, faire son autocritique et, à plus ou moins long terme, corriger le tir. Second pays le plus émetteur de CO 2 après la Chine, avec 1,6 milliard de tonnes rejetées dans l’atmosphère en 2007, l’hyperpuissance a bien des progrès à faire pour reverdir son blason. Mais un pays en pleine récession, en pleine restructuration, aura-t-il les moyens financiers et humains pour finaliser ses « green » ambitions ? A fond contre les voitures polluantes Au chapitre des lendemains qui semblent chanter, l’état de L’écologie version Obama Sur le plan de l’environnement, le 44 e président des Etats-Unis s’est engagé à : • ratifier le protocole de Kyoto et, par conséquent, réduire de 80% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 ; • instaurer immédiatement un marché de permis à polluer, comparable au marché européen du carbone ; • investir 150 milliards de dollars sur dix ans dans les énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien, afin qu’en 2025, un quart de l’électricité américaine soit produite par ces énergies alternatives ; • réduire d’au moins 35% la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis du pétrole en provenance de l’étranger d’ici à 2030 ; • créer 5 millions d’emplois découlant des technologies vertes ; O• promouvoir l’éthanol - un point beaucoup plus controversé, les agrocarburants étant montrés du doigt pour leur inefficacité. [8] Californie a pris une bonne longueur d’avance. Premier constat : le Golden State est devenu l’eldorado des voitures alternatives. En effet, on y trouve un quart des 350 000 véhicules hybrides qui roulent en Amérique du Nord ! Il faut dire qu’en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, la loi californienne est l’une des plus draconiennes de la planète. Partant du principe que des normes sur la pollution plus sévères vont entrer en vigueur en janvier, la Californie s’est d’ores et déjà dotée d’un programme très dissuasif contre les pollueurs. Sur les autoroutes, il n’est plus rare de croiser des camionnettes banalisées truffées d’électronique, notamment de caméras à infrarouges et ultraviolets qui, en un temps record, font une « radiographie » des particules rejetées par les dr/svilen mushkatov-ww.sxc.hu/jerome delahaye-Fotolia.com
poubelles roulantes. Vous polluez ? Votre plaque d’immatriculation sera prise en photo. Quelques jours plus tard, une lettre sera envoyée à votre domicile. Le « Air quality management district » (centre de gestion de la qualité de l’air) vous invitera alors à adhérer à un programme volontaire. Aucune amende ? Non, mais mieux que ça. Une proposition très honnête vous sera faite : le remboursement de l’installation d’un nouveau système antipollution sur votre voiture. « Pour l’heure, nous faisons de la prévention, explique Sam Atwood, responsable à l’AQMD, mais dans un futur très proche, nous enverrons des constats d’infractions et ce sera aux pollueurs contrevenants de payer ». Du solaire en pleine lumière En octobre dernier, Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie, inaugurait à Sunnyvale l’une des plus grosses installations solaires en entreprise. La société Applied Materials (1), dans la Silicon Valley, couvrait en effet son parking de 7 000 panneaux capables de fournir de l’électricité à 1 500 maisons. Un programme ambitieux a même été initié : « Un million de toits solaires avant 2018 ». Et rien que dans le Golden State, s’il vous plaît. Nouveau chantre de la politique verte, « Schwarzy » est donc fermement décidé à convertir la Californie à l’éco-civisme. A commencer par les bâtiments publics. Ces derniers devront impérativement afficher des bilans carbone neutres. Sous peine de fermeture ! Autre exemple : à la sortie des écoles, ce sont les mamans membres de l’organisation EcoMom Alliance (2) qui tentent de changer les habitudes de millions de familles. Comment ? En invitant les parents à déposer leur progéniture à pied, à faire pousser fruits et légumes dans leurs jardins et en développant le troc. Objectif : faire des économies, bien sûr, et diminuer ainsi les déplacements en voiture vers les centres commerciaux ! Des cercueils en … carton ! Outre-Atlantique, les croque-morts aussi se sont mis au vert. Finis, les enterrements J’irai dormir à Hollywood… et je découvrirai l’Amérique Il avait joué les globe-trotters et fait le tour de la Terre avec son émission « J’irai dormir chez vous », diffusée sur France 5. Antoine de Maximy passe au grand écran et explore les Etats-Unis, de New York à Hollywood, dans son film J’irai dormir à Hollywood, dans les salles depuis le 19 novembre. Le principe reste le même : se faire inviter, le temps d’une nuit, chez de parfaits inconnus et partager des instants de vie drôles et émouvants. Pour Néoplanète, Antoine de Maximy parle aussi d’environnement. Interview en vidéo et extraits du film sur www.neoplanete.eu traditionnels ! La nouvelle mode, c’est le cercueil en carton recyclé garanti sans colle, sans vernis et sans peinture, histoire de partir en toute sobriété (3). A San Francisco, ce sont les sacs en plastique qui sont morts. Leur utilisation est en effet devenue illégale. Gary Newsom, le maire, a même donné des consignes (avec des amendes à la clé) pour que les bouteilles en PVC ne soient plus servies dans les collectivités. Dans la Silicon Valley, haut lieu de la technologie informatique et électronique, de nouvelles annonces viennent d’envahir les vitrines des agences d’intérim : « Green jobs : help wanted » (emplois verts à pourvoir). Techniciens hydrauliques, monteurs de panneaux solaire, régleur de flux éolien... Les offres sont exponentielles. Jamais les métiers liés à l’environnement n’avaient connu un tel essor. Barack Obama et son vice-président, Joe Biden, y croient en tout cas dur comme fer. Ils prévoient la création de cinq millions d’emplois, dans leur programme intitulé « New Energy for America » (4). Plus optimiste, l’American solar energy society (5) table sur quarante millions de jobs verts d’ici à 2030. Good ! Car la lutte contre la pollution reste un vrai travail ! (1) www.appliedmaterials.com - (2) http://ecomomalliance.org - (3) www.greenburials.org - (4) http://my.barackobama.com/page/content/newenergy - (5) www.ases.org Les crazy du green Les Etats-Unis, temple de la superconsommation, ont leurs détracteurs qui militent pour un développement durable made in USA. Parmi eux, Ari Derfel. Ce traiteur californien de 35 ans, originaire de Berkeley, a conservé tous les déchets qu’il a générés en 2007. « Je voulais voir de mes yeux les volumes de déchets que je produisais et l’incidence de mes habitudes et de mon mode de vie », explique -t-il. Un an et 2 700 litres de détritus plus tard, cette expérience est devenue un moyen d’alerter l’opinion sur la société de consommation et son impact sur l’environnement. Mike Strizki, lui, ne reçoit plus de facture d’électricité. Cet ingénieur habite la première maison autonome en énergie des Etats-Unis, alimentée en électricité par 56 panneaux photovoltaïques et un électrolyseur (qui extrait l’hydrogène de l’eau avant qu’il ne soit stocké dans des réservoirs). Il alimente ainsi toute l’année son téléviseur, ses ustensiles électriques et chauffe même l’eau de sa piscine ! Depuis peu, Mike ne sait plus quoi faire de la surproduction d’énergie occasionnée par ses installations. Au cœur de New York, les « locavores », une nouvelle espèce de consommateurs, ont pour ultime commandement de ne se nourrir que de produits du terroir, cultivés dans un périmètre de 100 miles (160 kilomètres). Adieu fraises en hiver et figues au printemps ! Le mouvement, apparu en 2005 à San Francisco, a fait des émules, au point que les jardins communautaires se multiplient au cœur même de la Grosse Pomme. Julie Renauld www.eco-life.fr [9] www.neoplanete.eu



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