Néoplanète n°4 jui/aoû 2008
Néoplanète n°4 jui/aoû 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jui/aoû 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 14 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre avec Harrison Ford; Cameron Diaz, Steven Spielberg, Sigourney Weaver...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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[participer] Et si les océans nous sauvaient ? L’énergie renouvelable, ce n’est pas uniquement des panneaux solaires, des éoliennes terrestres, du bois, des déchets recyclés, du biogaz ou des barrages. Le plus grand réservoir de « carburant » propre se trouve dans les océans : l’énergie thermique des mers. Par Vincent Rondreux La Terre reçoit beaucoup de chaleur du soleil, en particulier à l’équateur et aux tropiques. Elle la redistribue en déplaçant des masses d’eau et des masses d’air. Dans cette chaudière géante, les océans jouent le rôle de réservoirs. Qu’il s’agisse de la température de l’eau, des vents, des courants ou des vagues, leur énergie est gigantesque (1) et l’espoir scientifique réel : en en prélevant juste une petite partie, l’homme résoudrait certains de ses problèmes. Parmi ces énergies, l’énergie thermique des mers (ETM) est particulièrement méconnue. Pourtant, son potentiel est estimé par les spécialistes à « cent fois celui de la marée et de cinq à dix fois celui du vent », selon le club des Argonautes (2). En ne perturbant que « 0,02% du flux de chaleur solaire absorbé par l’océan », elle pourrait fournir durablement l’équivalent de 80% de la consommation mondiale actuelle d’énergie primaire, soit 100 000 TWh (2) (1 TWh = 1 million de kWh,ndlr) ! À titre de comparaison, c’est ce que représentent aujourd’hui le pétrole, le charbon et le gaz. Une énergie très vertUeUse Fonctionnant comme une centrale classique à combustion, l’ETM exploite la différence de température entre la surface et le fond de l’océan. Avec plus de 20 °C en surface et environ 4 °C mille mètres en dessous, tous les océans tropicaux sont adaptés. [4] De telles centrales ne se contenteraient pas de produire chaleur ou électricité 24 h/24. Elles fourniraient également (miracle !) de l’eau douce, ainsi que de l’eau de mer (celle des fonds marins) froide et riche en nutriments (3) ! Agriculture, climatisation, aquaculture : les débouchés rentrent dans une logique durable où rien ne se perd, mais où tout se transforme. Et ce n’est pas tout. En pompant de l’eau des fonds sous-marins, l’ETM reproduit un phénomène naturel : l’« upwelling », c’est-à-dire la remontée d’eaux profondes vers la surface. Un phénomène qui est à la base de la création du plancton végétal, absorbant lui-même du CO 2 de l’atmosphère. Espoir donc Axier Ge
également du côté de la recherche pour la lutte contre l’effet de serre. Validée depuis près de quatre-vingts ans par Georges Claude, un ingénieur et industriel français, l’ETM n’a en fait pas résisté aux énergies fossiles. Suite aux crises pétrolières des années 1970, la France a investi dans un projet pilote pour la Polynésie, finalement abandonné en 1986. Le pétrole était redevenu bon marché. Les États-Unis, l’Inde et le Japon ont développé des concepts de petites usines multiproduits : énergie, désalinisation de l’eau de mer, réfrigération, élevage marin… Pourraient suivre de plus grosses centrales flottantes et des usines de production d’hydrogène. Le club des Argonautes a écrit un plaidoyer pour une ETM européenne. Sachant qu’il faut des dizaines d’années pour développer une énergie, le temps presse... Les vagues Les vagues concentrent la force du vent. Leur énergie est récupérée grâce à leur mouvement. Cela peut être sur le rivage, comme en Écosse, ou au large, comme au nord du Portugal où l’on installe actuellement un équipement, prenant la forme de longues bouées et devant alimenter en électricité 15 000 maisons. La construction d’un prototype français est attendue pour 2009 : le projet Searev est en effet à l’étude dans le laboratoire de mécanique des fluides de l’École centrale de Nantes et du CNRS. Les marées et Les courants Outre les anciens moulins à marée, l’énergie du flux et du reflux de la mer est symbolisée par l’usine marémotrice de la Rance, en Ille-et-Vilaine, la plus puissante du genre. Mais l’impact écologique de ce barrage a été sérieux, notamment sur le milieu naturel et les écosystèmes. Aujourd’hui, on pense plus à des hydroliennes installées au fond de l’eau pour capter l’énergie des marées et, plus généralement, des courants. En Corée du Sud, un projet prévoit d’alimenter 200 000 foyers d’ici à 2015. La Grande-Bretagne s’y met aussi et en France, la société bretonne HydroHelix vient d’immerger la première hydrolienne expérimentale française au large de Bénodet, dans le Finistère. Un système australien consiste à imiter le mouvement des plantes sous-marines. Les vents En mer, le vent souffle plus fort et plus souvent. Plus grosses, les éoliennes offshore ont une meilleure productivité que sur terre. Le plus gros projet actuel est situé au nord de l’estuaire de la Tamise, au Royaume-Uni. En France, les premières créations sont en cours, dans la Manche. L’objectif est d’implanter un petit millier d’éoliennes offshore d’ici à 2020. Le premier parc devrait voir le jour fin 2009, au large de Veulettes-sur- Mer, en Seine-Maritime. L’osmose Si l’on met en présence de l’eau de mer et de l’eau douce en les séparant seulement par une membrane semiperméable et si l’eau de mer est mise sous pression, alors l’eau douce se déplace vers l’eau de mer. On peut tirer de ce phénomène, que l’on appelle l’osmose, une énergie. Une usine pilote est d’ailleurs à l’étude au bord d’un estuaire, en Norvège. Les aLgues Déjà utilisées pour la cosmétique, la médecine ou encore l’alimentation, les algues pourraient bientôt servir [5] de biocarburant, de capteur de CO 2 ou de producteur d’hydrogène. Pour ce faire, des scientifiques cherchent les plus performantes d’entre elles… La première voiture fonctionnant à partir de l’énergie des algues a été présentée en mai par Olmix, une entreprise bretonne (lire p.45). Booster Le pLancton végétaL ? Parmi les idées « folles » pour capter le CO 2 atmosphérique : la fertilisation artificielle des océans, par déversement de sulfate de fer sur des zones propices à la photosynthèse et donc à l’apparition de plancton végétal. Des épandages ont déjà été effectués dans les océans. Ces initiatives sont pourtant très contestées, en raison de leurs résultats décevants et de l’insuffisance des connaissances scientifiques actuelles. Des spécialistes estiment le potentiel De l’énergie thermique Des mers à cent fois celui De la marée et De cinq à Dix fois celui Du vent. cLim’à L’eau de mer À Bora Bora, dans le Pacifique, un hôtel intercontinental pas comme les autres alimente son système de climatisation par un réseau d’eau froide venant des fonds marins. Un centre de thalasso utilise cette eau très riche en nutriments et dénuée d’agents pathogènes. Par ailleurs, une ligne de cosmétiques a été lancée. (1) La chaleur solaire absorbée chaque année par l’océan équivaut à 30 000 gigatonnes d’équivalent pétrole (3000 fois nos besoins actuels). « Energies des mers », texte collectif publié par l’association ECRIN (CNRS-CEA).. (2) www.clubdesargonautes.org, association d’anciens chercheurs et ingénieurs, dont le spécialiste de l’ETM, Michel Gauthier (3) « OTEC, océanothermie », étude de David Levrat, http://home.tele2.fr/levrat/index.htm www.neoplanete.eu



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