Néoplanète n°36 sep/oct 2013
Néoplanète n°36 sep/oct 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de sep/oct 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (185 x 245) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 15,2 Mo

  • Dans ce numéro : Néoplanète lance sa webradio.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RETOUR VERS LE PASSÉ 12/Néoplanète 36 - sept./oct. 2013 participer Pour ou contre la dé-extinction ? Cette question pourrait faire l’objet d’un grand débat dans quelques années. La science nous permet aujourd’hui de cloner certaines espèces qui pourraient un jour revenir à la vie. Une équipe de chercheurs australiens s’apprêtent à relever un défi aussi passionnant… qu’inquiétant. Par Grégoire Gantois aque année la science progresse et personne ne peut prédire le lot de surprises qu’elle nous réservera. Des dinosaures dans nos zoos par eemple Voilà une nouvelle qui émerveillera les plus grands fans de Jurassic Park. Dans le célèbre film de Steven Spielberg, le milliardaire John Hammond parvient à cloner des dinosaures en prélevant du sang ingurgité par un moustique préhistorique. En utilisant des séquences d’ADN de ces reptiles géants complétées avec celles de grenouilles, les scientifiques réussissent à incuber des vélociraptors, des ptérodactyles et un tyrannosaure pour amuser les touristes dans une sorte d’immense zoo. Le plus invraisemblable ? Cette histoire de science-fiction, imaginée par l’écrivain Michael Crichton, pourrait bien devenir réalité. Le 15 mars dernier, un groupe de chercheurs australiens annonçaient le lancement du projet Lazare (nommé ainsi en référence à Lazare, que Jésus ressuscite dans le Nouveau Testament), qui rappelle étrangement Jurassic Park. Ils espèrent faire revenir à la vie une espèce disparue depuis 1983 : la grenouille à incubation gastrique ou Rheobatrachus silus. Cet amphibien avait la particularité de pondre ses œufs, pour ensuite les avaler. Une fois sa descendance protégée dans son ventre, l’animal jeûnait, et son estomac cessait alors de produire de l’acide chlorhydrique. Pour finir, l’accouchement se faisait par la bouche. UNE RÉSURRECTION DE… QUELQUES JOURS Pas de panique : actuellement, cloner un T. Rex semble impossible. Si le projet Lazare peut être réalisable, c’est grâce à plusieurs spécimens conservés dans des chambres froides depuis leur extinction, dont on possède une séquence d’ADN complète, contrairement aux dinosaures. Suffisant pour ressusciter le batracien ? Oui… seulement quelques heures. Les scientifiques ont d’ores et déjà transféré les noyaux de cellules mortes de Rheobatrachus silus dans des œufs énucléés d’une autre espèce de grenouille australienne. Mais le succès fut bref car les embryons n’ont survécu que quelques jours. Il y a une décennie, une tentative similaire s’était également soldée par un échec. En 2003, le bouquetin
des Pyrénées a bien failli revivre. Des chercheurs avaient transplanté des cellules de cette espèce disparue dans les ovules d’une chèvre pour donner naissance à un bouquetin des Pyrénées, mais le petit mourut une fois sorti du ventre de sa mère, car il souffrait d’une grave malformation pulmonaire. D’AUTRES MÉTHODES EXISTENT En dehors du clonage, les scientifiques peuvent avoir recours à d’autres procédés. L’ingénierie génétique a pour objectif de séquencer le génome de l’animal qu’on souhaite ressusciter – soit l’ensemble des gènes portés par un être vivant – pour l’introduire dans l’ADN d’une espèce cousine. La troisième méthode n’est, quant à elle, utilisée que dans certains cas précis, quand l’animal disparu a laissé ce qu’on appelle une espèce « fille ». Par exemple, l’auroch est l’aîné de nos bovins domestiques. On peut donc croiser un individu moderne à l’un de ses ancêtres. L’inconvénient de cette pratique : c’est la génétique qui décide si le génome se rapprochera ou non de l’espèce éteinte. QUI RESSUSCITER ? Pas moins de 26 000 espèces végétales et animales disparaissent chaque année. D’après les statistiques de Planetoscope, une plante ou un animal s’éteint toutes les dix-sept minutes. Si l’Histoire nous a montré qu’une espèce est vouée inéluctablement à disparaître ou à évoluer, participer le dérèglement climatique et l’impact de l’homme sur la nature accélèrent aujourd’hui le processus. Un seul facteur est primordial à la résurrection d’un animal disparu : sa séquence ADN. Si les scientifiques possèdent suffisamment de données génétiques, ils ont alors une chance de le faire revivre. Ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques. Jacob Sherkow et Henry Greely, chercheurs à l’université de Stanford, les classent * en différentes catégories dans l’un de leurs articles. Le bien-être animal. On connaît tous la brebis Dolly. Son clo- nage est devenu l’une des plus grandes avancées scientifiques Il ne s’agit ici que d’une cousine de eobatracus silus, dont le dernier spécimen est mort en dans un laboratoire. Le mammout comme le tigre à dents de sabre ou le dodo pourrait tre ressuscité si le proet Lazare était mené à terme. de ces dernières décennies. Pourtant, cette expérience a mis en avant un sérieux problème : les espèces clonées naissent souvent avec de lourdes pathologies. Les risques sanitaires. Un animal cloné et porteur de maladies pourrait transmettre des virus dévastateurs à d’autres espèces, dont l’homme. Un nouvel environnement. Faire revivre certaines espèces pourrait s’avérer dangereux pour l’environnement. Par exemple, si l’on ressuscite le tigre à dents de sabre, il n’existe aucun milieu sur Terre où le réintroduire, sans que l’on soit certain qu’il ne représente * pas un danger pour un autre animal (en le chassant de manière excessive). La fin de la gestion écologique. Si ressusciter une espèce devenait facile, on pourrait ne plus se soucier de l’impact de l’homme sur l’environnement ou un autre résident de la planète. En effet, on pourrait polluer allégrement, puisque, quoi qu’il arrive, l’animal menacé d’extinction serait susceptible de revenir à la vie. Remerciements au Muséum national d’histoire naturelle. Néoplanète 36 - sept./oct. 2013/13 PHOITOS : ELENARTS/FOTOLIA.COM - MNHN/PATRICK LAFAITE – MNHN/FRANÇOIS GRANDIN



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