Néoplanète n°35 jun/jui/aoû 2013
Néoplanète n°35 jun/jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de jun/jui/aoû 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (185 x 245) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 67,8 Mo

  • Dans ce numéro : Alain Souchon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Ne pas jeter sur la voie publique ALAIN [35] [] P O U R C H A N G E R D’È R E Vous composez vos chansons en pleine nature ? Parfois, oui, comme La Vie Théodore qui parle de Théodore Monod : « Marcher dans le désert. Marcher dans les pierres… » (Il chante.) Je l’ai écrite à la montagne. J’adore aussi le désert, ça a été une révélation. Quand on y observe l’horizon, on voit dix centimètres de terre jaune, et tout le reste, c’est du ciel. C’est immense, magique. Aujourd’hui, comment se traduit votre soif d’idéal ? Nous vivons dans un monde matériel, basé sur l’image. Les enfants sont tous tatoués, déguisés comme Johnny Depp. Bon, c’est très bien mais ça ne suffit pas, on a soif d’idéal. Le mien serait que les gens s’entendent mieux. Une douceur de vivre. Cette violence dont on entend parler tout le temps dans les journaux, elle a toujours existé, mais elle s’est transformée en une espèce de mode. Justement, quels sont vos rapports avec vos fils ? Je les tiens d’une main de fer ! (Rire.) On exerce le même métier. Ils composent des chansons pour d’autres artistes. GRATUIT ÉTÉ 2013 SOUCHON Et aussi : La France rétrécit• Les poêles à gratter• Les jardins qui soignent• Les plantes aimant le feu … www.neoplanete.fr NEO_035_COUV.indd 6 22/05/13 10:14 « On nous inflige… Des désirs qui nous affligent. » in Foule sentimentale » > 14/Néoplanète 35 - été 2013 Ils chantent également pour eux. Ils se débrouillent dans cette industrie de la musique qui est devenue très difficile. Heureusement, une partie de la jeunesse est curieuse et écoute les nouveaux chanteurs comme Albin de la Simone, Camille... Il n’y a pas que ceux que l’on voit sur le petit écran. Le vrai truc, il se passe ailleurs, avec Mathieu Boogaerts ou Vincent Delerm. Récemment, j’ai chanté aux côtés de Tryo, à Bercy, qui s’est fait connaître sans passer à la télévision. Eh bien, dans la salle, quinze mille spectateurs hurlaient et interprétaient les chansons du groupe, qu’ils connaissaient toutes par cœur ! Internet, ça vous fascine ? Non, car j’ai tellement de livres à lire, de disques à écouter… Il m’arrive de surfer sur internet pour chercher des informations, sur Che Guevara, par exemple. C’est un mec qui plaît aux filles, et moi, les mecs qui plaisent aux filles, cela m’exaspère. J’ai découvert qu’il avait dirigé une prison où l’on fusillait des gens, qu’il avait toujours une mitraillette à la main. Je n’aurais pas aimé être copain avec lui, même s’il défendait une cause que je respecte. J’ai donc écrit une chanson critique sur ce personnage et je me suis fait fustiger sur le web ! Vous intéressez-vous à ces courants de pensée comme la décroissance ou la consommation alternative ? Oui, j’aime quand ça bouillonne. La décroissance, c’est un peu utopique, mais les idées utopiques ont du charme. Alors, pourquoi pas ? Chercher dans des directions différentes, c’est ça, le bouillon de la vie. Je ne vais pas forcément acheter groupé ou faire du troc, mais ce sont de bons concepts ! Dans votre dernier album À cause d’elles, vous parlez de la mort de l’ours, des crapauds. Vous aimez les animaux ? Ce sont des chansons d’enfance. (Sourire.) Si je ne suis pas militant, je suis sensible à la cause animale. Certains pensent que les hommes, c’est plus important que les animaux, ce qui est vrai, mais ça n’empêche pas de s’engager pour les protéger. Ces lapins entassés dans des cages d’un mètre carré, c’est monstrueux ! Cela dit, je me méfie des excès. Par exemple, Paul McCartney est fou : il exige que ses musiciens ne + de people : Muriel Hermine, Alain Passard, Clémentine Célarié, PHOTOS : LISA ROZE - NATHALIE GOLBERG
portent pas de ceintures ou de chaussures en cuir ! Vous voulez que je vous horrifie ? J’ai quatre brebis, et une fois par an, je fais venir un jeune mouton pour qu’ils fassent des petits, qu’on mange ensuite. Jane Birkin, elle le raconte à tout le monde : « Vous savez ce qu’il fait, Souchon ? Il élève des moutons et il mange les bébés. C’est horrible ! » Bien sûr, lorsque vous nourrissez une bête, vous vous y attachez. J’ai donné le biberon à certaines quatre fois par jour. Les agneaux, ils vous suivent dans votre chambre et ils font caca partout. C’est le bordel dans la maison. (Rire.) La politique vous intéresse ? J’adore cette opérette. Dernièrement, j’ai beaucoup apprécié l’acteur principal, Dominique Strauss-Kahn. Formidable. Les hommes politiques sont fort cultivés et agréables à écouter, mais il est difficile de les prendre au sérieux. À droite comme à gauche, ils mènent la même politique du centre depuis Joël Collado… sur www.neoplanete.fr s’engager cinquante ans. À part la peine de mort qui a été abolie en 1981, qu’est-ce qui a changé ? Par exemple, je suis content que les homosexuels aient le droit de se marier, mais c’est une question administrative, et on en fait tout un cirque. Alors, si c’est ça, la politique… On voit bien que les politiciens sont des menteurs. À l’époque où Mitterrand a été élu, on croyait encore en eux. Et puis, au fur et à mesure que l’on a découvert son vrai visage, on a été sidéré. Il mentait tout le temps ! Jacques Chirac n’a pas laissé une trace éblouissante. Sarkozy, lui, avait un côté sympathique parce qu’il disait qu’avec Carla, c’était du sérieux. Ça m’avait touché de l’entendre tenir de tels propos. Quant à Hollande, on ignore encore quel homme il est. La politique, ça vous tenterait ? Ah non ! Faire de la politique, c’est comme entrer à l’armée, avec un général qui vous souffle quoi dire. Je me souviens qu’à mes débuts, je me suis retrouvé « Les vaches qu’on aime, on les mange quand même. Ah oui, vraiment, l’amour, c’est tout un système. » in Sans queue ni tête à côté de Jean-Pierre Fourcade, le ministre des Finances. Soudain, il m’a pris par les épaules, et nous avons été photographiés ensemble, simplement parce que je suis chanteur. Par la suite, je me suis toujours méfié des hommes politiques. Une autre fois, Julien Clerc et moi avions rendez-vous avec Jacques Chirac qui voulait soi-disant discuter d’internet. En réalité, il désirait être pris en photo avec nous. Nous l’avions pourtant prévenu que nous ne le souhaitions pas, mais nous étions enfermés dans une pièce, tels des prisonniers. Il était devant la porte, avec les photographes, et nous, nous restions cachés derrière. (Rire.) Quels conseils donneriez-vous pour que les gens aient de nouveau foi en l’avenir, qu’ils aient soif d’idéal ? Ne pas être méchant avec les autres, regarder ce qu’il y a de positif dans l’existence : le ciel bleu, les jolies filles… La vie est tellement courte, alors, prenons les belles choses. Vos projets ? Rester sur Terre encore un peu. En ce moment, Laurent Voulzy et moi composons des chansons pour des duos. C’est notre rêve. D’ailleurs, Higelin nous surnomme « Les duettistes » ! Malheureusement, plus on vieillit, plus ça devient difficile d’écrire, car on n’a plus la naïveté de nos jeunes années, de l’époque où on disait « la gauche, c’est bien, la droite, c’est pas bien ». On devient plus nuancé, même si ça reste joyeux de faire de la musique ! Néoplanète 35 - été 2013/15



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