Néoplanète n°33 fév/mar 2013
Néoplanète n°33 fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de fév/mar 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (185 x 245) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 27,4 Mo

  • Dans ce numéro : Hugh Jackman.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Des milliers de variétés figurent au catalogue des semences français comme européen, mais la variété, elle, n’est pas au menu de la planète Terre : selon la FAO, une vingtaine d’espèces de plantes alimentaires fournissent 95% des calories de l’humanité. Ce qui explique sans doute pourquoi 75% des variétés cultivées ont disparu depuis le début du XX e siècle, toujours d’après la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation. * Celui de janvier, à la Fondation d’entreprise Paul Ricard de Paris, était consacré aux « nouveaux enjeux de la production et de la consommation alimentaire ». www.s-e-r-e.net » > sont étroitement dépendants des intrants produits par… ces mêmes multinationales qui commercialisent les semences. Le critère est déterminant pour figurer dans le catalogue. Une productivité qui a un prix : biologique, humain et écologique. Les semences de fermes ou paysannes, et donc les variétés anciennes, sont bannies du catalogue, interdites de vente ! Dans certains cas, les agriculteurs n’ont pas le choix car le catalogue ne propose pratiquement que des variétés hybrides F1, dégénérescentes, par conséquent non reproductibles. D’où la nécessité de racheter tous les ans de nouvelles semences : la boucle est bouclée, et le paysan, captif ! Cerise sur le catalogue : le COV (Certificat d’obtention légale), sorte de droit d’auteur qui protège une nouvelle variété pendant vingt-cinq ans. Et si vous semez à nouveau, vous payez des royalties, théoriquement pour financer la recherche, selon le GNIS, le Groupement national interprofessionnel des semences et plants. 30/Néoplanète 33 - février/mars 2013
LE MODÈLE « SUPERMARCHÉ » Comment en est-on arrivé là ? C’est l’évolution de nos modes de vie au XX e siècle, comme l’explique bien Nature & Progrès : « La recherche de l’efficacité, la mécanisation de l’agriculture, la spécialisation des métiers et des machines, les exigences des chaînes de distribution et de consommation, les attentes – créées ou réelles – des consommateurs, le mythe du progrès, une certaine euphorie liée au confort apporté par le modèle « supermarché », les politiques agricoles nationales et européennes, tout cela a contribué à la standardisation des semences. » D’où la pauvreté de nos étals où fruits et légumes ont perdu leurs qualités nutritionnelles et gustatives au profit de fortes doses de pesticides : belles à l’œil, les tomates ont l’air de tomates mais n’en ont plus le goût. La standardisation est passée par là. Même constat pour les pommes, le premier fruit consommé par les Français. Exit les variétés goûteuses au bénéfice de la golden industrielle et farineuse. D’autant que sur le plan biologique, la standardisation des semences pose de graves problèmes : on gagne en efficacité ce qu’on perd en qualité, en diversité et en biodiversité et, à terme, en capacité de résister ou de s’adapter à d’éventuelles perturbations. L’HEURE DE LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE ? Le combat contre la confiscation des semences est aujourd’hui planétaire. L’Indienne Vandana Shiva (prix Nobel alternatif) a créé un réseau (www.navdanya.org) qui offre aux paysans indiens une alternative aux semences dites « modernes » et aux OGM. Aujourd’hui, à la tête de l’Alliance pour la liberté des semences, elle a invité la France à entrer en désobéissance civile contre l’industrie semencière, « sur les pas de Gandhi », en souvenir de « la marche du sel ». Ce mouvement avait permis, en 1930, aux paysans indiens de s’opposer à la taxation du sel que les Anglais voulaient imposer « pour un produit, le sel, qui, comme les semences, est donné par la nature ». Son Rapport mondial citoyen sur la liberté des semences déplore « la disparition de notre biodiversité » qui « est en train de générer une crise majeure dans l’agriculture et dans la sécurité alimentaire de la planète entière ». PHOTOS : Y.L. – OMBROSOPARACLOUCYCLE/FLICKR. * https:Ilkokopelli-semences.fr Néoplanète 33 - février/mars 2013/31



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