Néoplanète n°33 fév/mar 2013
Néoplanète n°33 fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de fév/mar 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (185 x 245) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 27,4 Mo

  • Dans ce numéro : Hugh Jackman.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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OUI, ON PEUT RÉDUIRE LA CONSOMMATION D’ÉNERGIE DE 20% EN 2030. ans cet exercice de prospective, l’ADEME a évalué les effets d’une politique ambitieuse mais réaliste basée sur la maîtrise de la demande d’énergie et le développement des énergies renouvelables. Cela, en prenant en compte la demande et non seulement la composition du mix énergétique. L’Agence a ainsi voulu démontrer que le potentiel réel des économies d’énergie et des énergies renouvelables se révèle considérable, en particulier dans deux secteurs d’activité, le logement et les transports. Deux méthodologies distinctes : un scénario volontariste, permettant une réduction de la consommation d’énergie de 20% en 2030, et un scénario de « rupture » à l’horizon 2050, permettant d’atteindre les objectifs du Facteur 4 par la diminution de la demande de près de 50%. Cinq domaines essentiels sont passés à la loupe : le bâtiment, les transports, l’agriculture, l’industrie et la production d’énergie. L’ADEME a bâti ces scénarios pour 2030 et 2050 « de façon réaliste, avec l’objectif de ne pas réduire la mobilité, l’activité industrielle, ni le niveau des exportations agricoles », a-t-elle précisé. À L’HORIZON 2030• Le bâtiment qui consomme 40% de l’énergie finale : dans le prolongement logique du Grenelle et de la Conférence environnementale, gain attendu de 30%. Comment ? En misant à fond sur la rénovation du parc immobilier : 500 000 logements par an d’ici à 2030. Auxquels il faut ajouter quelque 350 000 nouveaux logements « sobres » chaque année. Des logements dotés d’équipements performants (pompes à chaleur réversibles, chauffe-eau thermodynamiques, chauffe-eau solaires). Résultat en 2030 : une baisse d’un tiers de la consommation d’énergie dans le résidentiel, soit 32,4 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole). Dans le tertiaire, les bénéfices attendus sont moindres : 20% en 2030 (17,6 Mtep).• Côté transport, la population continuera à se déplacer beaucoup mais autrement. On fera plus souvent appel à des services de mobilité (transports collectifs, autopartage, covoiturage, location…), ce phénomène étant d’ailleurs bien amorcé. Les voitures électriques et/ou hybrides ont le vent en poupe. En ville, le vélo double sa part (10% en 2030, contre 4% en 2010), et ce sera peut-être davantage. D’où une baisse de 17% de la consommation totale des transports, qui tombe, en 2030, à 35,5 Mtep. 20/Néoplanète 33 - février/mars 2013
PHOTOS : OLIVIER SÉBART/ADEME - ROLAND BOURGUET/ADEME- ARNAUD BOUISSOU/METL – MEDDE - ISAMIGA76/FLICKR• L’agriculture utilisera beaucoup moins d’intrants (engrais, pesticides) en améliorant ses pratiques culturales. Elle réduira ainsi d’un quart sa consommation d’énergie finale, laquelle atteint 3 Mtep par an vers 2030.• L’industrie réduira assez peu sa consommation, tout en gardant sa part dans le PIB (13%), des gains de 10% étant cependant pronostiqués, soit 33 Mtep en 2030. Le secteur a déjà beaucoup optimisé ses consommations d’énergie. Le développement du recyclage et des procédés de fabrication améliorés permettra des gains de l’ordre de 10%.• Côté production d’énergie, l’économie est chiffrée à 20%, selon l’objectif fixé par le président de la République lors de la Conférence environnementale : une part du nucléaire est réduite à 50% de la production d’électricité en 2025, soit 32 gigawatts. L’autre moitié est produite par des énergies renouvelables – éolien (46 GW en 2030), hydraulique (stable), photovoltaïque (33 GWc en 2030) – et elle est complétée par une production thermique fossile : 14 GW provenant de centrales au gaz et de turbines à combustion. Au total, en 2030, la France pourrait donc ne plus consommer que 121,9 Mtep, soit moins 20% par rapport à 2010. À L’HORIZON 2050• Les gains seraient bien plus importants car, selon le scénario, la mobilité serait moindre. Sous le triple effet du progrès technique, du vieillissement de la population et du développement du télétravail, les besoins en mobilité diminuent de 20%, et le parc de véhicules, de 37%, tandis que l’offre de véhicules se diversifie au détriment des thermiques : hybrides rechargeables et électriques. Les poids lourds bénéficieront de la généralisation des agrocarburants de deuxième et troisième générations. L’Agence évalue à 65% la réduction possible de la consommation énergétique dans les transports en 2050, par rapport à 2010.• Entre 2010 et 2050, tout le parc résidentiel existant (27 millions de logements) aura été rénové et ne consommera plus que 130 kWh/m 2/an tous usages confondus (chauffage, éclairage, cuisson, froid, appareils électroniques).• La lutte contre le changement climatique aidant, les pratiques alimentaires des Français évoluent : moins de viande, moins de vin, etc. D’où une moindre consommation d’énergie, d’intrants et d’espace par l’agriculture.• Ces évolutions permettront de diviser par deux la consommation d’énergie finale : 79,8 Mtep en 2050, contre 152,5 Mtep en 2010. Côté climat, le bilan est plus impressionnant encore. En 2050, la France pourrait n’émettre plus que 150 millions de tonnes de gaz à effet de serre, contre 563 Mt CO 2 éq en 1990. Le Facteur 4 (une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre) devient ainsi une réalité ! Enfin, si les énergies renouvelables assuraient le tiers de la production globale d’énergie en 2030, ce serait environ 70% en 2050 (pour environ 16% en 2010).• En 2050, la France est devenue un pays réellement sobre en énergie et en carbone. Néoplanète 33 - février/mars 2013/21



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