Néoplanète n°21 mai/jun 2011
Néoplanète n°21 mai/jun 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de mai/jun 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 22,2 Mo

  • Dans ce numéro : le recyclage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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[BOUGER] Un nouveau virage ! Les véhicules hors d’usage sont une source inépuisable de déchets en tout genre. Sur les 35 millions de voitures que compte le parc français, près de 2 millions rejoignent chaque année les casses automobiles ; soit 2 millions de tonnes de déchets à trier, à collecter, à mettre en valeur. Petit tour de piste. Par Michaël Blaizot illustration : christophe besse Néoplanète 21 - mai 2011 [42] La prime à la casse, instaurée entre 2009 et fin 2010, a eu pour effet de doper la croissance grâce à la vente de voitures neuves. Par extension, le nombre de véhicules hors d’usage (VHU) a triplé par rapport à 2008 ! Autant de batteries à extirper, de liquides et d’huiles à aspirer et à traiter, de ferrailles et de plastiques à compacter. Les casseurs, broyeurs et ferrailleurs ont donc dû faire face à un nombre exponentiel de carcasses à conditionner. D’autant que la législation européenne est devenue draconienne et impose qu’au 1 er janvier 2015, « le taux de réutilisation et de valorisation [soit] porté à un minimum de 95% en poids moyen par véhicule et par an ». Sacré défi, même s’il est communément admis que les VHU sont des déchets ménagers extrêmement bien traités, puisque environ 80% d’une voiture sont mis en valeur ou recyclés. Les 15% restants seront les plus durs à atteindre. Voici quelques leviers à actionner.
VECTORSTOCK FEU VERT À TOUTES LES BONNES INITIATIVES Le VHU est fabriqué avec deux types de composants. Les pièces métalliques Un véhicule est composé de 70 à 75% de pièces « ferreuses », de type acier ou fonte. L’acier est recyclable à l’infini (en 2007, 99% l’étaient sur le territoire français) et alimente près de 15% de notre secteur sidérurgique. Celui des portières, pare-brise et tableaux de bord est parfaitement maîtrisé. Un système fermé et bien huilé qui optimise le taux de recyclage de ces éléments. On estime qu’une voiture est réalisée environ à 50% avec toutes ces matières récupérées. Les résidus de broyage Il s’agit des plastiques, verres, caoutchoucs, lubrifiants… S’ils ne représentent que 25% du poids d’un véhicule, ils libèrent des substances très dangereuses pour l’environnement – huiles de vidange, liquides de refroidissement, huiles de moteur, carburants, antigel, etc. –, mais aussi explosives, comme celle liée au dispositif d’éjection des airbags. 40% de ces déchets seraient mis en valeur ou recyclés tandis que le reste partirait en décharge. C’est donc sur ce terrain que se jouera la bataille des pourcentages pour se mettre en accord avec les directives de l’Union. Aujourd’hui, des réponses, techniques, sont apportées. Tous ces déchets peuvent, par exemple, devenir une source énergétique à bas prix pour certaines cimenteries. Mais ce n’est pas super-écolo, tout ça ! [43] [BOUGER] DES PISTES ALTERNATIVES D’autres pistes ont été explorées, mais encore une fois, on se heurte aux lobbyings qui font du cadium, cobalt, lithium des matériaux peu onéreux. Depuis l’explosion du marché des véhicules électriques, l’utilisation de lithium dans les batteries soulève des polémiques. En cause : son extraction, principalement au Tibet, région du globe qui souffre d’instabilité politique, ou encore son recyclage, très difficile car son broyage entraîne un échauffement de la matière. Une solution existe : les batteries au magnésium, une ressource abondante et dont l’exploitation est sans danger pour l’environnement. Malheureusement, leur technologie n’est pas encore tout à fait au point et leur autonomie est faible ; ce qui est le cas de toutes les alternatives ! Sans oublier que les cahiers des charges en termes de normes et de sécurité automobiles sont très stricts. De ce fait, l’emploi de bioplastiques dans les voitures, qui réduirait le volume des résidus de broyage, reste marginal, même si déjà beaucoup de marques s’en servent… sans communiquer dessus. Ainsi, Toyota y a recours pour ses tapis de sol, Fiat et Iveco, pour la mousse de leurs sièges, accoudoirs et appuis-tête. Mais ces matériaux coûtent cher et leur fiabilité, sur le long terme, reste encore à déterminer pour l’ensemble des quelque 600 pièces en plastique qui composent une automobile (sur les 15 000). ACCÉLÉRER POUR CENTRALISER La France est en bonne voie pour harmoniser la politique de traitement de ses VHU après le passage du décret du 4 février 2011, en vigueur depuis le 31 mars. Il était temps ! En avril 2010, l’État était sous le joug d’une condamnation de l’Union européenne. Motif ? Notre pays ne possédait pas de réseau national pour l’accueil et le traitement des véhicules LE BUT ? FACILITER LE RECYCLAGE DÈS LA CRÉATION DU VÉHICULE. hors d’usage. Les centres dédiés pourront désormais travailler avec tous les fabricants au lieu d’un seul, comme cela se pratiquait auparavant. L’efficacité technique et financière sera centralisée par une instance, nouvellement créée (administration, professionnels de l’automobile, membres du réseau VHU), pour développer certaines techniques, telles que celle du tri post-broyage permettant de trier le verre et le plastique, sousutilisés actuellement. PRIORITÉ À L’ÉCO-CONCEPTION Le but ? Faciliter le recyclage dès la création du véhicule. Depuis plusieurs années, on parle d’éco-conception. Fini les tableaux de bord composés de multiples pièces, on leur préfère le module en un seul morceau pour faciliter le tri et le broyage. Autre combat : un recyclage moins coûteux, à l’image de Honda qui a doté ses nouvelles hybrides, type CR-Z, de batteries recyclables à 97%. Tous les métaux rares qui y sont présents sont reconditionnés en un acier recyclable à l’infini. Le succès passe aussi par des astuces toutes simples, comme Renault, pionnier en la matière, qui remplace les vis de ses voitures par des clips. Plus facile à démonter, plus facile à dépolluer : c’est tout l’enjeu des constructeurs automobiles. Les motivations sont donc économiques avant même d’être environnementales. NÉOPLANÈTE 21 - MAI 2011



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