Néoplanète n°20 avril 2011
Néoplanète n°20 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 26,2 Mo

  • Dans ce numéro : Francis Cabrel, on l'aime à mourir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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[S’ENGAGER] ONEDITION/ELLEN MACARTHUR CANCER TRUST ELLEN MACARTHUR Un nouveau cap À 26 ans, elle finit deuxième du Vendée Globe 2000-2001, avant de battre le record du tour du monde en solitaire. En 2009, elle raccroche le ciré. Et prend un autre cap en s’engageant dans le développement durable. En septembre dernier, la jeune femme crée la Fondation Ellen MacArthur qui œuvre dans le monde de l’éducation et celui de l’entreprise. Aujourd’hui, elle publie sa deuxième autobiographie intitulée Les Pieds sur Terre*. Elle évoque pour nous ses nouveaux défis. Propos recueillis par Fabienne Broucaret L’ex-navigatrice est en mer avec des enfants sur le bateau appartenant au Ellen MacArthur Cancer Trust. Plus jeune, vous vouliez être vétérinaire. Avez-vous gardé cet amour des animaux ? Je les adore toujours autant ! D’ailleurs, j’ai deux chiens de berger et plusieurs autres bêtes à la maison. J’ai grandi avec les animaux, donc pour moi, c’est naturel. J’apprécie de passer du temps avec eux. Leur présence me calme. Et j’aime travailler avec les chiens. Cela me plaît de leur enseigner des choses et eux aussi m’apprennent beaucoup. Que représente pour vous la mer ? La liberté. Lorsque j’ai navigué pour la première fois à l’âge de 4 ans, j’ai NÉOPLANÈTE 20 - AVRIL 2011 éprouvé la plus grande sensation de liberté qu’un enfant puisse ressentir et, aujourd’hui encore, j’ai toujours cette même émotion. Ma carrière de navigatrice m’a fait réaliser que l’on vit en mer comme sur terre avec des ressources limitées. D’où la création de la Fondation Ellen MacArthur. Quelles sont les missions de votre fondation ? L’objectif est de sensibiliser le public, surtout les jeunes, à repenser, redessiner, reconstruire un avenir positif, en partant du principe que nos ressources ne sont pas éternelles et qu’elles [14] L’INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW SUR LA WEB RADIO NEOPLANETE.FR RUBRIQUE V.I.P coûtent de plus en plus cher. On fabrique des produits qui ne sont pas biodégradables ou reconditionnés par le fournisseur. Les entreprises devraient utiliser des matériaux qui retournent soit à la terre, soit à l’industrie, pour y être recyclés indéfiniment. Prenons l’exemple des sacs plastique. Pour l’instant, ce sont des déchets que l’on trouve même en mer. Si on les conçoit dès le début comme quelque chose qui deviendra neutre pour le prochain cycle, là, ce n’est plus un problème mais une solution. Il faut les imaginer comme des feuilles qui tombent d’un arbre ; ce seraient des sacs qui se transformeraient en nutriments. Aujourd’hui, on vit dans un système linéaire. Or, le seul système durable est un système circulaire. « Notre objectif est de penser différemment. » Vous prônez aussi la location d’objets plutôt que leur achat. Absolument. Prenons l’exemple d’une machine à laver qui ne marche plus au bout de cinq ans. Le consommateur est donc obligé de s’en débarrasser et d’en acheter une nouvelle. Plus on en change souvent, plus le fabricant gagne de l’argent. Mais si le client estime que son lave-linge n’est pas assez solide, il se tournera vers une autre marque.
OCST Ellen MacArthur en Géorgie du Sud, sur Albatross Island. « Aujourd’hui, on vit dans un système linéaire. Or, le seul système durable est un système circulaire. » Or, quand on loue une machine, disons pour 3 000 lavages, elle appartient au fournisseur. C’est donc dans son intérêt qu’elle ait une durée de vie plus longue. Il utilisera alors des matériaux plus résistants pour la fabriquer. L’idée n’est pas juste de recycler, mais de penser en termes d’économie circulaire pour conserver – voire améliorer – la même qualité de produit. En 2003, vous avez créé l’association Ellen MacArthur Cancer Trust. Quelle est sa vocation ? Elle permet aux enfants atteints d’un cancer de naviguer. On les emmène pendant quatre jours. Ça change la vie de certains d’entre eux car ils arrivent à se projeter dans l’avenir. Leur énergie est tellement consacrée à lutter contre la maladie qu’ils ne pensent à rien d’autre. Quand on part en mer, on s’évade, forcément. Être sur un bateau, préparer les repas, laver la vaisselle… ça leur permet de revivre. À l’hôpital, ils ne font plus ces tâches quotidiennes. Votre mode de vie épouse-t-il vos convictions ? Je cultive un petit potager. Ma maison est remplie de meubles de récupération. Je voyage en train. J’ai passé des vacances en canoë. Je recycle autant que possible… J’ai fait des choix de vie, mais je ne veux pas dire aux autres comment ils doivent se comporter. On ne doit pas avoir honte de faire ses courses au supermarché. Moi non plus, je ne suis pas parfaite et je ne souhaite culpabiliser personne ! Votre fondation a pour slogan : « Ne prends jamais rien pour acquis, remets tout en question. » Est-ce aussi votre philosophie ? J’ai acquis des connaissances à l’école, je me suis forgé mes propres idées avec lesquelles j’ai grandi. Et, lors de mes voyages, je me suis rendu compte que je ne les avais jamais vraiment remises en question. Or, dès que l’on s’interroge, on pose un autre regard sur le monde. Par exemple, au travers [15] [S’ENGAGER] de jeux proposés dans le cadre de l’association, on incite les jeunes à réfléchir en dehors des chemins battus, ce qu’ils sont tout à fait capables de faire. Aujourd’hui, notre objectif est de penser différemment. Êtes-vous optimiste pour l’avenir ? À 100% ! Quand on pense à ce qui a été réalisé au cours de ces cent dernières années, c’est prodigieux. À l’époque de mon grand-père, mineur de charbon né il y a cent dix-sept ans, on ne volait pas dans les airs, on n’avait pas encore construit de centrale nucléaire. Même si ce n’est pas une solution viable à long terme, c’est incroyable qu’on ait pu créer de l’énergie à partir des atomes. Avec la pénicilline, on a sauvé des vies partout dans le monde. Alors oui, je crois que tout est possible. www.ellenmacarthur.com *Les Pieds sur Terre, d’Ellen MacArthur, aux éditions Glénat, 22e. NÉOPLANÈTE 20 - AVRIL 2011



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