Néoplanète n°2 fév/mar 2008
Néoplanète n°2 fév/mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de fév/mar 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (199 x 269) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : Victoria Abril se découvre d'un fil.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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[VOYAGER] Marlon Brando, écologiste avant l’heure, vivait sur son atoll, en harmonie avec la nature. monde. Paul-Emile Victor et Marlon Brando vivaient ici, sur des motus, îlots naturellement entretenus. Le monstre sacré du cinéma américain y laissa sa trace, bénéfique. Ecologiste avant l’heure, il soumet à son ami Richard Bailey, propriétaire terrien sur l’île, une expérience hawaïenne qu’il a suivie de près : le pompage en eau profonde. L’idée fait son chemin, et à l’occasion de la conception de l’un des derniers palaces de l’île, l’Intercontinental Bora Bora, est mise en œuvre. L’eau, d’une température d’à peine 5 °C, est [Des eaux aux vertus thérapeutiques] puisée à 915 mètres de profondeur. Elle remonte ensuite vers une station de refroidissement, transite par un échangeur thermique et, ce faisant, refroidit l’eau douce qui circule en boucle dans le complexe hôtelier, créant ainsi une climatisation non polluante. Le résultat dépasse toutes les attentes. Aucun gaz à effet de serre, le système couvre 85% des ressources globales de l’hôtel, et permet de réduire la consommation annuelle de fioul de 2,5 millions de litres. L’opération est si probante que l’hôpital de Papeete s’en [42] inspire. S’ensuivent des découvertes intéressantes. L’eau profonde révèle des qualités thérapeutiques insoupçonnées. Elles sont exploitées pour des soins spécifiques, dans le spa surréaliste de l’hôtel. Voici Tetiaroa. A deux milles de là, « le Parrain », marié à une Polynésienne, vivait en parfaite harmonie avec la nature sur son atoll depuis les années 1960, après le tournage des « Mutinés du Bounty ». L’île est un paradis pour les ornithologues. Vinis à lunettes, sternes et pailles en queue aux longues plumes rouges et blanches, fous, frégates et puffins, noddis et pétrels : le ciel, les arbres, santals et bois de rose, débordent de vie.
Les Marquises, creuset d’un art pictural remarquable, des tatouages aux sculptures sur os. Réserve de la biosphère Atoll de Fakarava, dans l’archipel des Tuamotu, à 70 minutes de vol de Papeete. Sept atolls, perdus, couvrent 600 km 2 de l’océan Pacifique. Des caractéristiques g é o l o g i que s et biologiques exceptionnelles, un écosystème hors norme. Scientifiques, élus locaux et résidents se sont battus durant 18 ans pour obtenir le label « Réserve intégrale de biosphère » auprès de l’Unesco. Un travail considérable afin de redéfinir le partage des espaces avec des [Les règles des anciens remises à l’ordre du jour] populations récalcitrantes, échaudées par d’autres promesses, d’autres projets, par trop mercantiles. Les règles des anciens sont remises à l’ordre du jour : ces « nomades des cocotiers » qui pratiquent depuis toujours la jachère, s’installent sur une île durant trois mois, le temps de cueillette de coprah, avant de repartir, vers une autre île, en pionniers millénaires du développement durable. La conciliation opère. L’écosystème est protégé, géré. L’écotourisme se développe, l’installation de dessalinisateurs permet d’être autonome en terme [43] d’eau, et les panneaux solaires en terme d’énergie. Les Marquises, terre étonnante « Et la mer se déchire, infiniment brisée par des rochers qui prirent des prénoms affolés », chantait Jacques Brel, dans « les Marquises ». Il est vrai qu’ici, les flots se déchirent sur les montagnes abruptes. Une mer parfois noire cingle la roche. L’artiste bruxellois avait construit là sa nouvelle vie. Son tour du monde à la voile l’avait en effet amené aux Marquises, où il était inconnu des îliens. A l’aide d’un petit avion, Brel faisait l’ambulancier, ravitaillait cette terre étonnante. Marquises : Te Henua Enana, « la Terre des Hommes » en dialecte local, sanctuaire d’un peuple venu d’Asie, il y a plus de 3 000 ans, traversant en pirogue contre vents et marées, un océan vaste comme la moitié d’un monde. Le spectacle est incroyable : 15 blocs de lave surgis de la mer, des vestiges archéologiques encore peu répertoriés, des cratères à demi immergés, où se perchent de rares villages. C’est ici pourtant que s’est développé un art pictural remarquable, tatouages extraordinaires et sculptures sur os de toute beauté. On y nage avec les dauphins d’Electre, au large de Nuku Hiva, on y écoute le chant de milliers d’oiseaux lors de randonnées, pédestres ou équestres. On y rêve, face à la mer, relisant Melville, priant pour que soit exaucée la demande des Marquisiens : voir leurs îles classées au patrimoine de l’Humanité par l’Unesco, afin que l’économie, ici aussi, renaisse. Dans ces îles sauvages, défiant depuis toujours un océan qui n’a, occasionnellement, de pacifique que le nom... www.neoplanete.eu



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