Néoplanète n°2 fév/mar 2008
Néoplanète n°2 fév/mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de fév/mar 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (199 x 269) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : Victoria Abril se découvre d'un fil.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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[PARTICIPER] gary cowles/sxc.hu L’enneigement naturel de nos montagnes décroît avec le temps. Le tire-fesses vit-il ses dernières heures ? Par Vincent Rondreux NOS enfants skieront-ils encore dans 30 ans ? Mai 2007 : le conseil municipal d’Abondance, en Haute-Savoie, décide de fermer son domaine skiable de l’Essert (1 200-1 700 mètres d’altitude). Raisons invoquées : manque de neige, déficits… Même si certains estiment que la fermeture définitive peut être évitée. Autre exemple : en octobre 2007, le tribunal de commerce de Lyon démantèle le groupe Transmontagne, spécialisé dans la gestion de stations et de résidences de montagne. Toujours en cause, les déficits, la douceur de l’hiver précédent. Partir aux sports d’hiver ne semble plus être une évidence cousue de fil blanc. Sale temps en montagne Un récent rapport (1) de l’Organisation de coopération et de développement économique (O.C.D.E.) tire clairement le signal d’alarme. Sur les 666 principaux domaines skiables des Alpes en Europe, 609 bénéficient aujourd’hui d’un enneigement naturel fiable, c’està-dire permettant la pratique du ski pendant au moins cent jours par an. Si la température augmentait d’1 °C, [] ils ne seraient plus que 500. Avec 2 °C de plus, on descend à 404. Et avec 4 °C supplémentaires, on tombe à 202. Une telle perspective n’est pas à exclure. « Le réchauffement récent dans les Alpes est à peu près trois fois supérieur à la moyenne mondiale », souligne Shardul Agrawala, de la direction de l’environnement à l’O.C.D.E. « Les modèles climatiques prévoient des bouleversements encore plus sensibles dans les décennies à venir, notamment la diminution du manteau neigeux à basse altitude, le recul des glaciers et
claudia meyer/sxc.hu Aujourd’hui, pour les stations de ski, le maître-mot est la diversification. dégel du pergélisol (sol normalement gelé toute l’année,n.d.l.r.) à plus haute altitude ». Avec donc des risques naturels supplémentaires, comme l’instabilité des pentes, ou encore la modification du cycle hydrologique. La neige artificielle ? Pas canon ! L’Allemagne serait le pays le plus exposé au manque de neige, devant l’Autriche, la France, l’Italie et la Suisse. En France, c’est le département de la Savoie qui serait le plus résistant et les grandes stations spécialement créées en altitude pour la pratique du ski (La Plagne, les Arcs, Tignes, Val Thorens, l’Alpe d’Huez). Car plus la neige fondra, plus il faudra monter pour trouver des places au soleil. Des destins inégaux pour les montagnes, qui s’expliquent aussi par les situations géographiques et climatiques, l’exposition et l’inclinaison des pentes. Face à cette situation, le secteur du tourisme a trouvé la parade : l’enneigement artificiel. Mais son coût risque d’augmenter dans des proportions démesurées. Sans oublier les problèmes liés à cette pratique (la consommation d’eau et le bruit, par exemple), et ses conséquences sur la faune et la flore. Selon la Commission internationale pour la protection des Alpes (CIPRA), il faudrait chaque année 95 millions de mètres cube d’eau pour enneiger artificiellement les 23 800 ha de pistes alpines équipées de canons à neige. On glisse… vers l’absurde ! Les stations veulent remonter la pente D’autres adaptations techniques sont développées en Europe pour pallier la raréfaction des flocons : tassement de la neige (damage), remodelage du paysage, développement de pistes exposées au nord, déplacement des activités en hauteur, création de domaines skiables sur des glaciers, installation de bâches, mais aussi activités de loisirs qui ne dépendent pas de la neige… Ailleurs, l’heure est au pragmatisme. [] Ici, un exploitant de station va modifier ses dates d’ouverture et de fermeture, en espérant intensifier la fréquentation sur une période plus courte. Là, un autre va limiter ses éventuelles pertes financières par des contrats d’assurance. On teste également des systèmes de coopération ou de fusion entre domaines, pour partager les équipements et réduire les coûts. Slalom des bonnes idées Aujourd’hui, le maître mot est la diversification : multiplicité de l’offre des activités sportives (luges, randonnées, raquettes, chiens de traîneaux, glisse sur bouée…), des loisirs (spas et activités thermales, salles de sport, concerts, festivals, expositions…) pour un « tourisme quatre saisons » aux propositions les plus variées. Un dynamisme prometteur pour certaines régions, comme en Rhône-Alpes, avec notamment l’initiative de l’Isère : le département multiplie en effet les actions stratégiques pour séduire les familles qui continueront d’aller aux sports d’hiver, mais en laissant leurs skis au placard. De quoi glisser tout schuss vers un nouvel avenir ! (1) « Changements climatiques dans les Alpes européennes – Adapter le tourisme d’hiver et la gestion des risques naturels », O.C.D.E., 2007. [B.A. ba] 12 000 canons à neige environ sont installés en France, dont plus des deux tiers dans les Alpes. 4 003 hectares étaient concernés par l’enneigement artificiel en 2003-2004, contre 121 hectares en 1983-1984. Soit une multiplication par 33 en 20 ans. 60 millions d’euros ont été investis dans cette production artificielle en 2004. (Source : O.C.D.E.) www.neoplanete.eu



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