Néoplanète n°2 fév/mar 2008
Néoplanète n°2 fév/mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de fév/mar 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (199 x 269) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : Victoria Abril se découvre d'un fil.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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[BOUGER] jacques le goff/ademe Biocarburants : de l’huile de friture dans l’air Censés être le parfait substitut aux carburants pétroliers, les biocarburants ne semblent plus avoir bonne presse. Alors fausse bonne idée ou carburant du futur ? Faut-il réfléchir à de nouvelles alternatives ? Quelques éléments de réponse avec Jean-Louis Bal, de l’Ademe (1), et le biologiste Pierre Bertrand. Par Stéphane Aitaissa Jean-Louis Bal, directeur des Énergies renouvelables à l’Ademe. « Un bon bilan pour la France, mais à améliorer » Le ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables vous a confié une expertise sur les impacts énergétiques et environnementaux des biocarburants. En quoi consiste-t-elle ? C’est un sujet sur lequel on réfléchit depuis longtemps. Nous analysons les cycles de vie des biocarburants depuis la culture jusqu’à la sortie des pots d’échappement et leur impact en énergie économisée, en émission de CO 2, etc. Cette expertise va permettre au ministre de prendre les décisions quant à la faisabilité des objectifs consignées dans la loi. Il s’agira de voir dans un second temps comment peut-on accélérer le développement des biocarburants de deuxième génération. Avez-vous déjà obtenu quelques résultats ? Nous avions fait en 2002 une première étude sous l’égide du ministère de l’Industrie, qui a été contestée pour une question de méthodologie. En revanche, il y a une constante : [32] la plupart des travaux montrent un bénéfice plus ou moins grand en termes de CO 2 évité et en terme de substitution énergétique pour les biocarburants. Mais quelques-uns de ces résultats pourraient nous amener à remettre en cause certains biocarburants. Les biocarburants sont d’ailleurs déjà accusés de sur-consommation d’eau, ou de délocalisation de populations. Effectivement, mais la situation est extrêmement diverse suivant les pays. En France, par exemple, on cultive très peu le maïs qui nécessite beaucoup d’irrigation ; on privilégie le blé ou la betterave. Et on utilise des sols préalablement cultivés, sans changer leur affectation, d’où des effets moins négatifs. Que pensez-vous des dégâts causés par les biocarburants à l’échelle du globe ? C’est un problème qui dépasse largement le problème christophe besse
des biocarburants. Rappelons aussi le grand gaspillage dû à l’alimentation carnée, qui augmente avec l’élévation du niveau de vie, comme en Chine ou en Inde. Car pour produire de la viande pour la consommation de masse, on consacre une grande partie de l’agriculture céréalière à l’alimentation des animaux avec un rendement qui est de l’ordre de 10%. Ainsi, au Brésil, on plante du soja pour faire des tourteaux afin de nourrir le bétail. Il s’agit d’un problème sans comparaison avec les biocarburants. Quand on critique la déforestation pour faire du biocarburant, il faut aussi accepter de critiquer le fait que l’on mange de plus en plus de viande dans le monde. Existe-t-il des solutions pour améliorer les biocarburants ? La voie royale est la production de biocarburants de deuxième génération, issus de plantes non consommables, qui n’empiète pas sur le terrain de l’agriculture classique et permettrait de résoudre la sous-nutrition dans certains pays. Mais le projet ne sera viable qu’à l’horizon 2015. Avant cela, on peut utiliser des engrais azotés pour diminuer l’émission des gaz à effet de serre et la consommation d’énergie nécessaire pour produire ces engrais. photo : d.r. Le titre de votre ouvrage sous-entend qu’il existe de faux biocarburants. Tout ce qu’on appelle actuellement biocarburants (le biodiesel qui remplace le diesel, l’éthanol ou son dérivé, l’ETBE, à utiliser à la place de l’essence) sont issus de Insolite : Des termites ou du chocolat dans votre moteur ! Les termites pourraient-ils devenir le biocarburant du futur ? Pourquoi pas, si l’on considère les travaux menés par les chercheurs allemands de l’Institut Max-Planck, qui ont établi que le termite serait le plus efficace des bioréacteurs naturels. Dans un article paru dans la revue scientifique britannique Nature, ces chercheurs montraient notamment la production d’hydrogène par ces insectes, de nouveaux travaux allant plus loin afin d’en comprendre le mécanisme. Le gouvernement américain finance d’ailleurs une recherche officielle à ce sujet, preuve que les termites n’ont pas fini de nous titiller. De délicieux British, Andy Pag et John Grimshaw, sont partis au Mali pour démontrer les qualités des agrocarburants, à bord d’un camion roulant au beurre de cacao, un agrodiesel constitué de copeaux de chocolat, mêlé à de l’huile végétale récupérée dans des restaurants. Au menu du voyage : 4 tonnes de copeaux de chocolat, représentant l’équivalent de 40 000 tablettes. Une fois avalés les 7 200 km de route, les deux voyageurs offriront à une O.N.G. de Tombouctou un appareil pour transformer les huiles usagées en carburant. [33] Vous travaillez d’ailleurs sur une nouvelle directive européenne concernant les énergies renouvelables. On se dirige vers une certification environnementale des biocarburants nationaux. Le grand défi sera de pouvoir le faire sur les carburants importés. Voilà pourquoi aujourd’hui, il est difficile d’affirmer que l’utilisation des biocarburants est négative ou non. On sait en revanche que le bilan concernant les biocarburants produits en France est bon, mais encore améliorable. Pourrait-il dans ce cas exister de nouvelles alternatives aux agrocarburants classiques, comme l’huile végétale ? Les huiles végétales ont l’avantage de ne pas subir de traitement chimique avant estérification et de consommer moins d’énergie. Mais lorsqu’on les utilise pour des véhicules légers avec les normes d’émission de polluants en vigueur, autres que le CO 2, on a constaté des problèmes de fiabilité et une augmentation d’émission des polluants de type hydrogènes brûlés, par exemple. Sur les véhicules lourds comme les tracteurs, les essais sont en cours et il n’est pas impossible que l’on arrive à des résultats satisfaisants. (1) Ademe : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie Pierre Bertrand, biologiste et auteur de « Huile végétale, un vrai biocarburant », paru aux éditions Terre Vivante. « Les agrocarburants causent des ravages écologiques et humains » l’agriculture intensive, mélangés à des produits pétroliers dont l’impact écologique n’est pas négligeable. L’utilisation du préfixe « bio » signifie que ces carburants sont issus de matière vivante. Mais c’est trompeur, car ils n’ont rien à voir avec l’agriculture biologique. Le terme www.neoplanete.eu



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