Néoplanète n°2 fév/mar 2008
Néoplanète n°2 fév/mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de fév/mar 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (199 x 269) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : Victoria Abril se découvre d'un fil.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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io foto/sxc.hu [SAVOURER] Faut-il devenir VÉGÉTARIEN Nos bonnes vieilles habitudes alimentaires ne collent plus avec notre santé ni avec celle de la planète. Tel est le message délivré par Claude Aubert, ingénieur agronome et pionnier de l’agriculture bio, et par Nicolas Le Berre, médecin homéopathe, dans le livre qu’ils viennent de publier. De l’info sans intox ? Par Florence Hernandez Ceux qui cherchent une révolution copernicienne dans « Faut-il être végétarien ? Pour la santé et la planète » seront déçus. On imagine que l’ouvrage de Claude Aubert et Nicolas le Berre va nous mettre en garde et faire appel à notre mauvaise conscience. Si vous ne retenez que ça, sûr que vous resterez sur votre faim ! Dans leur livre, Claude Aubert et Nicolas Le Berre nous apprennent qu’au début du siècle, l’alimentation était encore basée sur les céréales et les féculents : on consommait ainsi 600 g de pain par jour, contre 150 g toutes céréales confondues de nos jours. Nous sommes désormais passés du règne végétal à la consommation animale (viandes et produits laitiers). Et, dans un même temps, les produits « faits maison » ont cédé le pas à ceux de l’ère industrielle. Sans compter les vraies fausses idées sur l’alimentation, qui ont la vie dure. Un exemple ? Nous associons toujours le calcium aux produits laitiers, alors qu’il est davantage présent dans certains végétaux, comme les épinards ou les brocolis. Quant au fer, si nous l’associons d’emblée au boudin ou POUR SAUVER LA PLANÈTE ? [28] au foie de bœuf, on le trouve pourtant en forte quantité dans les graines de courge, le persil ou le quinoa. Plus de viande ? C’est vache ! « Eco-logiquement » parlant, si le secteur agro-alimentaire est responsable d’environ un tiers de l’effet de serre, l’ensemble des élevages produit à lui seul 48 millions de tonnes de CO 2, peut-on lire dans « Faut-il être végétarien ? Pour la santé et la planète » ! Les protéines animales sont donc de grandes gaspilleuses de terre, d’énergie et d’eau. Plat pas net pour la planète, notre bifteck de 150 g en provenance d’un élevage intensif consomme indirectement dix fois plus d’eau qu’une journée d’usages domestiques, affirment les auteurs de cet ouvrage. Devenu un produit de grand luxe pour la santé de Dame Nature, le veau se retrouve lui aussi au banc des accusés, puisqu’il faut nourrir sa mère une année entière pour produire seulement une centaine de kilos de viande. Bref, pour le bilan écologique le calcul est simple, presque simpliste : diviser par deux notre consommation de viande igor spanholi/sxc.hu
stéphanie berghaeuser/sxc.hu de veau et de bœuf diminuerait de 4% notre contribution à l’effet de serre. Alors adieu veau, vache, cochon, couvée ? Non, pas tout à fait : si les ruminants peuvent représenter un danger pour l’environnement dans les élevages industriels, à l’inverse, ceux qui sont élevés naturellement dans les régions où ils sont indispensables pour entretenir l’espace contribuent à la biodiversité. Petit poisson deviendra (pas trop) grand Côté mer, le poisson est certes un bon aliment, car il apporte moins de matières grasses que la viande pour un même apport de protéines, mais depuis que les oméga 3 ont le vent en poupe, leur consommation accrue pose des problèmes liés à la disparition des espèces pour cause de pollution et à la surpêche. Si nous pouvons avoir mauvaise conscience a manger du thon, de la morue, du saumon d’Atlantique, de l’espadon, de la raie ou du flétan parce qu’ils s’inscrivent déjà dans les espèces menacées, ils sont aussi à proscrire de nos assiettes pour des raisons de santé publique, car ils souffrent de la pollution causée par le mercure et les organochlorés. Alors, consommer du poisson oui, mais en petite quantité, et uniquement des espèces dites populaires comme la sardine, le hareng ou le maquereau, pour leur richesse en oméga 3 et parce que leur durée de vie plus courte contribue au fait qu’ils ne sont ni menacés ni pollués. Et le bio dans tout ça ? N’utilisant pas d’engrais chimiques, l’agriculture biologique consomme deux fois moins d’énergie à l’hectare que l’agriculture conventionnelle, observent encore Claude Aubert et Nicolas Le Berre. En matière de méthane, le bio est donc gagnant sur les émissions de déjections animales, grâce au compostage. Question qualité, les produits bio, meilleurs au goût, ont aussi de plus grandes vertus nutritionnelles. Fruits et légumes bio contiennent davantage de polyphénols, d’où leur pouvoir antioxydant plus élevé. Quant au lait et au fromage, ils sont aussi plus riches en oméga 3. Le plus important dans tout ça ? Faire des repas équilibrés ! Reformatez vos envies, bousculez vos habitudes alimentaires, redécouvrez les légumes secs comme les lentilles, les fèves, ou les pois cassés, cuisinez au wok qui permet des cuissons rapides et croustillantes… Car à y réfléchir de plus près, votre santé, c’est aussi celle de la planète ! « Faut-il être végétarien ? Pour la santé et la planète », de Claude Aubert et Nicolas Le Berre. Editions Terre Vivante (15 €) [29] Laurence Salomon : Conseils gourmands et savoureux Naturopathe de formation, Laurence Salomon applique depuis sept ans dans son restaurant « Nature et Saveur » les règles de base d’une nourriture saine et gourmande. photo : d.r.• Limitez le plus possible les protéines animales, afin d’équilibrer l’apport entre protéines végétales et animales. Il faut aussi se réconcilier avec les légumineuses : servir du couscous avec des pois chiche, des lentilles avec du riz, de la polenta avec des haricots rouges. En manque d’idées ? Inspirez-vous des traditions des différents pays, comme le couscous d’Afrique du Nord, ou le dahl, consommé en Inde.• Préférez le riz mi-complet, ou les pâtes au grain entier. Une salade accompagnée de tofu tartiné sur du pain grillé constituent un dîner léger et très équilibré. Finalement, la cuisine saine n’a rien de compliqué. Il suffit simplement de repenser sa façon de faire les courses, de cuisiner, et de présenter les plats ! • Pensez aux légumineuses : on trouve dans les magasins bio des émincés de céréales pré-cuites comme de l’épeautre ou de l’orge, qui cuisent très rapidement. Réveillez vos lentilles avec des copeaux de fromage de chèvre frais, et votre salade avec des graines de courge grillées à la poêle ; ajoutez ensuite ajouter des copeaux de jambon ou de coppa. Terminez avec un yaourt de soja ou un fruit.• Consommez du fromage, mais évitez les fromages pasteurisés. Choisissez-les au lait cru, car plus le fromage a de goût, plus on a la sensation d’être vite rassasié. Sur les pâtes, un bon emmental en petite quantité fait des merveilles ! • Le matin, remplacez le lait de vache par du lait végétal, très digeste. On y retrouve de l’avoine, du riz et du soja. Et faites votre muesli vous-même avec de simples flocons d’avoine, une demibanane écrasée et une poignée d’amandes et de noisettes : c’est délicieux et rapide à préparer. Bref, soyez gourmand et exigeant ! Restaurant Nature et Saveur, place des Cordeliers, 74000 Annecy. Tél. : 04 50 45 82 29 www.nature-saveur.com www.neoplanete.eu



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