Néoplanète n°18 février 2011
Néoplanète n°18 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 11,9 Mo

  • Dans ce numéro : 2011, année de la forêt.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 36 - 37  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
36 37
IBOUGERI Agro-carburants ra-carburants du plombdans l'aile ? Alors que les biocarburants de première génération continuent leur développement, une nouvelle étude européenne dénonce leurs effets pervers sur l'environnement et la biodiversité. D'où l'urgence d'aider la recherche pour développer d'autres biocarburants. Par Roman Scobeltzine Scobeitzine lLe e déploiement à grande échelle des biocarburants dans l'Union européenne pourrait avoir des conséquences sur'environnement bien plus graves qu'on ne l'avait imaginé. C'est ce que révèle une nouvelle étude de l'Institut pour la politique européenne environnementale (IEEP), en partenariat avec plusieurs organisations de de protection de l'environnement (Greenpeace, Réseau Action Climat. Climat, France Nature Envi- Environnement, Les Amis de la Terre...). Les résultats font froid dans le dos : si les objectifs européens sont atteints, r ( « les biocarburants supplémentaires qui entreront sur fe le marché de Fi. IVE lE 1361 (36) seront de 81 8 1% à 167 1 6 7% plus néfastes pour le climat que les combustibles fossiles qu'ils sont censés remplacer ». Il faudrait par combustibles fossiles qu'ils sont censés remplacer ». Il faudrait par ailleurs convertir 69 000 km'2 de terres à à usage agricole, soit deux fois la taille de la Belgique ! LE CASI : UNE QUASI CATASTROPHE En cause notamment, le changement d'affectation des sols indirects (CASI). Autrement dit, la transformation ou l'an nexion de terres supplémentaires (agricoles, forestières ou autres) pour la culture des biocarburants, et ce dans des pays
tiers. Ce CASI entraînerait de lourdes conséquences sur la biodiversité, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des populations pauvres du Sud. Cela représenterait 56 millions de tonnes de CO2 col supplémentaires par an, l'équivalent de 12 à 26 millions de voitures de plus sur les routes en 2020. La Commission européenne devait rendre un rapport à la fin de l'année 2010 1 0 sur les moyens d'atténuer ces conséquences dramatiques. On On attend toujours... Depuis le lancement tonitruant des biocarburants en 2006, la communauté scientifique et les écologistes avaient déjà tiré la sonnette d'alarme, d'alarme. entraînant la chute des ventes de véhicules Flexfuel et le fiasco du bioéthanol E85. Mais la filière a continué son développement en suivant les processus prévus par la directive européenne sur les énergies renouvelables. Celle-ci impose aux États membres de porter à 1 10% 0% en 2020 la part des agro-carburants dans le le secteur des transports. Certaines stations-service proposent déjà du sans-plombE 1 IO 0 (intégrant 10% de bioéthanol). Les biocarburants sont donc déjà une réalité. En 2009, 2.7 2,7 millions de tonnes ont été consommées sur le marché français, soit plus de 6% 6% de la la consommation nationale annuelle d'essence et de gazole selon l'Ademe. l'Ademe. À ce rythme, rythme. d'après le rapport de FIEF ; l'IEEP. les Ies besoins européens s'élèveraient à 24.3 24,3 millions de tonnes en 2020 (72%% de biodiesel et 28% de bioéthanol). Le Royaume-Uni, Royaume-Uni. l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie et la France seront ainsi responsables de de 72% de l'augmentation de la consommation des agro-carburants entre 2008 et 2020. Une hausse qui risque de se répercuter plus fort encore sur les pays émergents tels que la Chine et l'Inde, où l'arrivée massive de l'automobile a entraîné une explosion de la demande en pétrole. DIMINUER LA CONSOMMATION Face à ce nouveau marché, les États de PUE l'UE devront importer 50 50% de bioéthanol et 41% de biodiesel en 2020. D'où le fameux CASI et ses conséquences néfastes pour l'environ- l'environnement. Pour les groupes pétroliers et les pays les plus dépendants. dépendants, il il y a urgence à trouver un carburant de substitution au pétrole avant que celui-ci ne disparaisse, vraisemblablement, autour de 2050.Total, 20SO.Total, BP et les autres ont déjà engagé de vastes projets de de recherche et et développement pour se repositionner sur les agro-carburants, pesant ainsi de tout leur poids dans les décisions géopolitiques et énergétiques de demain. Une logique purement économique et dangereuse. « Continuer de s'appuyer autant sur/es ogro-corburonts et/esrr Continuer de s'appuyer autant sur les agro-carburants et les voir comme le seul produit de substitution, c'est inciter indirectement à la déforestation. Mais raser toutes les/es forêts de la planète n'y suffirait pas. Ce qu'il faut, c'est que la demande de [BOUGER] changements de comportements », prévient Bruno Genty, président de France Nature Environnement. UN ÉQUILIBRE À TROUVER Que faire ? Diminuer la la consommation d'énergie, mais aussi favoriser les alternatives à â la voiture individuelle et au moteur thermique véhicules électriques, électriques. auto-partage, ro-voiturage... co-voiturage « JI « faut trouver un équilibre entre les/es mesures prises en matière d'efficacité énergétique et la limitation né- nécessaire de la consommation », résume Marie-Claire Houdon de l'Ademe. l'Ademe. Pour décarbonner la mobilité, « l'idéal J'idéal serait un panachage des énergies renouvelables, électrique et biomasse », ». Utilisés dans des proportions raisonnables Hou- et dans le respect de la biodiversité, les agro-carburants pourraient assurer la survie du transport routier, aérien et maritime de l'après-pétrole, des secteurs plus aé- difficiles à convertir à l'électro-mobilité et qui devraient rester plus longtemps dépendants des carburants classi- classiques. grâce à à la la réglementation de la la production et notamment par la notam- recherche. L'ESPOIR l'ESPOIR DES BIOCARBURANTS AVANCÉS Si le bioéthanol et le biodiesel actuels, actuels. à base d'huiles végétales (colza. (colza, toumesol) tournesol) ou de sucres (betterave, blé, mais, maïs. canne à sucres...),). n'ont pas tenu leurs promesses, promesses. la deuxième génération, voire la troisième et la quatrième, semblent bien plus convaincantes. « Nous devons continuer la recherche et développer les connaissances car cor ces nouvelles filières présentent de gros potentiels,/es les premières résultats obtenus donnent déjà des signes encourageants ». », insiste Marie-Claire Houdon de l'Ademe. l'Ademe. De nouveaux procédés de fabrication et de nou- nouvelles formes de biomasses sont en cours d'expérimentation à travers COMMENT GÉRER L'APRÈS-PÉTROLE SANS SE TIRER UNE BALLE DANS LE PIED ? ? divers projets européens : BioTfuel, Futurol, Nile. Plusieurs pistes sont envisagées : la conversion de la biomasse (déchets végétaux et organiques) en carburant par voie thermochimique, la BTL (Biomassto Liquids) ou la conversion de la lignocellulose (extraits de bois et paille) en bioéthanol par voie biologique. Il Il y a aussi le kérosène, obtenu à partir d'hydrotraitement des huiles végétales, et et les algues qui pourraient offrir d'excellentes performances énergétiques. En attendant, « « nous étudions tous les types de biomasse pour obtenir des procédés flexibles ffexibles et des matières premières variables, si possible autre qu'afimentaires », précise-t-on à l'Ademe. Bref un ralentissement, mais pas de panne sèche. Rendez-vous en 2020 pour en avoir le cœur le cœur net net. 1311 IBOUGERI carburant, quel qu'il soit, diminue. Cela passe forcément par des changements de comportements », prévient Bruno Genty, possible autre qu'alimentaires ». précise-t-on à l'Ademe. Bref, un (37)



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :