Néoplanète n°18 février 2011
Néoplanète n°18 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 11,9 Mo

  • Dans ce numéro : 2011, année de la forêt.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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[S'ENGAGER] Pourquoi avoir choisi de vivre dans un ranch ronch en Utah Utoh ? l Parce que la densité de supermarchés et de parkings au mètre carré est y moins élevée qu'à Los Angeles. Le ris- risque d'être assailli par la foule est donc moins important ! (rires). Plus sérieusement, je je n'ai jamais été un inconditionnel d'Hollywood. Même quand j'étais gosse, ce monde-là ne me fascinait pas. Je je songeais déjà à quitter les États-Unis. Je voulais découvrir de nouveaux horizons car je n'étais pas très heureux à San Fernando Valley (Los Angeles), cette mer de boue culturelle où je stagnais, mais où je je suis né et où j'ai vou- grandi. Dans cette oligopole, j'avais la désagréable impression d'avoir une couverture sur la tête, d'étouffer, d'étouffer ; d'être entravé. En 1956, étudiant en art et après quelques temps passé dans une université du Colorado. Colorado, j'ai décidé de venir à Paris afin de suivre l'enseignement des Beaux-Arts. Je rêvais de de- devenir un Manet ou un Miro bis ! Ce voyage fût un véritable électrochoc socio-politico-culturel. Pour la première fois, j'ai découvert mon propre pays sous un nouvel éclairage. C'est à cette époque en effet que je me suis rendu compte que certains de mes compatriotes affichaient déjà des prétentions hégémoniques. Les prémices de la mondialisation... préten- Vous ovn avez déclaré un jour : te : tc Je suis comme les arbres. arbres, ma peau peou est aussi râpeuse rapeuse qu•un qu'un tronc. En én revanche, revanche. a à l'intérieur, l'lntértur, Je je suJs suis encore très vert... H, ». j'ai J'ai toujours eu un amour immense pour ces « êtres » majes- majestueux. Certains nous contemplent de là-haut, nous les hom­ hom- mes. mes, depuis des centaines et des centaines d'années. Ils Ils sont les témoins de notre évolution et de notre décadence. reusement, les arbres sont aussi devenus des victimes de notre incapacité à gérer Malheu- nos forêts. Aujourd'hui, je pense notamment aux pays du tiers-monde et en voie de développement, qui continuent de couper ; couper. tailler, tailler ; arracher ce patrimoine écologique. On pourrait se dire, nous les Occidentauxcidentaux, que nous ne sommes pas concernés ! Mais nous savons que [es les déforestations massives, massives. et notamment celles des forêts tropicales sont responsables, d'au moins 20% des émissions de dioxyde de carbone. Cela touche donc toute la Oc- planète. « LES ARBRES M'ONT ÉVITÉ DE DEVENIR UN GOSSE DÉRACINÉ 1 ! » Qumce Qu'est-ce qui vous donne fp le pfus pfut r•envie l'envie de vous taper la ta tête (ête contre n(re Ms les arbres ? Je suis consterné de voir qu'un pays comme l'Indonésie, coupe ses arbres pour planter des palmiers qui fourniront de l'huile de palme aux grands groupes agro-alimentaires ! Personne n'ignore que cette monoculture. monoculture, en plus d'être nuisible pour l'écosystème, l'écosystème. produit une huile qui est nocive pour la santé. Les pays industrialisés sont les artisans de ces destructions massives. Nous voulons tous, par exemple, no- 1141 (14) tre terrasse en teck, mais combien d'entre nous se soucient d'en connaître les origines ? ? Combien seraient prêt à payer 30% de plus pour des meubles fabriqués par une société qui travaille dans le respect de la nature ? Vieillir Vleiriir vous ef(Riie-NI effraie-t-il ? Non ! 1 Ce qui me gêne en revanche, c'est que je ne peux plus pratiquer le sport aussi intensément qu'il y a encore quelques années. j'adorais J'adorais par exemple grimper aux ar- arbres comme les gosses. Maintenant pour éviter un lum- lumbago- - je préfère les regarder ; les toucher : toucher. Bref ! ! C'est dans ce moment-là que je me dis que j'ai finalement l'âge de mes artères ! Gatsby le Magnifique. Magnifique, c'est définitivement loin derrière... Vous parfe ; c parlez comme si vous voul'etiez étiez un ""'vieux vieu.x baobab plein de sagesse saresse 1 Mais je le suis] ! Il faut être réaliste en tant qu'acteur, qu'acteur ; je suis en fin de carrière. Du coup, coup. à cause de ce que je repré- représente, on me propose des rôles très conventionnels dans des films commerciaux. Reste que jouer les faire-valoir ; faire-valoir, sorte de cautions dans ce type de productions ne m'intéresse plus vraiment ! ! On dit qu'une promenade en forêt forèt est t plus plu beaucoup efficace qu'un qu"un antidépresseur. Quel QueJ est Mt votre truc : contre te fe : stress ? ? Je monte à cheval. j'évite J'évite les miroirs. Au début de ma carrière, carrière. j'étais ravi que l'on plébiscite « ma gueule ». Cela flattait mon ego et ma « ma gueule ». Cela flattait mon ego et ma vanité. Et puis. puis, petit à petit, je me suis rendu compte que cela sonnait creux. Aussi creux que le tronc d'un arbre mort ! ! Vous sembfe2 semblez vivre comme un cowboy d'autrefois d'tJutrefols ? J'ai j'ai des chevaux. j'aime J'aime les monter : monter. Je vis dans l'Ouest. l'Ouest, alors oui, vous pouvez dire ça ! Là où j'habite, la nature vient à moi. Il suffit que je sorte de chez moi pour croi­ croi- ser un daim. Un peu plus loin dans la forêt, c'est un cerf ou un élan... Qu'évoque Qt'évoque l'Ouest l'OueJI pour vous ? Des terres à perte de vue. Des gens humbles vivant parmi la nature grandiose et insolente. Des familles qui se nourrissent du fruit de leur récolte et de leur pêche. Des hommes nourris- et des femmes qui travaillent durement. Des êtres discrets et solidaires qui ne vous saoulent pas de mots... mais d'attentions. L'Ouest est pour moi un monde à la fois teinté de romantisme et de dureté. C'est d'ailleurs ce que j'ai essayé d'at- de montrer dans certains de mes films ! Malheureusement cet Ouest là semble perdre le Nord ! (rires)
Robert Redforri èt Jennrfer Lopez dans Une vie inachevée de Lasse Hanse A À votre avis, la fcrute faute à qui ? 7 À l'hypocrisie des politiciens qui ménagent la chèvre et le chou. D'un côté, ils veulent protéger ce qu'ils appellent « La terre promise ». ». De l'autre, ils ils la la saccagent avec des programmes de développement immobiliers ou industriels complétement incohérents ! C'est encore l'Amérique et ses paradoxes ! Nous sommes le premiers pays au monde à avoir mis en place des réserves nationales où flore et faune s'épanouissent. Et, Et, d'un autre côté, nous coupons à tout va pour fabriquer de la pâte à papier, des décors pour le ci- cinéma ou pour bétonner ! J'ai j'ai grandi à Los Angeles à côté d'un parc public. Les gens du « real reaf estaste » (les agents immobiliers) ont commencé à faire pression pour racheter ce terrain.Très vite, vite. l'herbe a été remplacée par des dalles en ciment. Les arbres ont été dessouchés. Et j'ai vu pousser un immeuble. D'autres parcs à Los Angeles ont subi par la suite le même sort. Nous avons commencé à élargir les routes, l'air est alors devenu de moins en moins respirable. Parallèlement, le le nombre de crimes a lui augmenté. Les jeunes ont en effet perdu leurs repères. Sans aires de vie, sans espaces verts. verts, ils se sont sentis désœuvrés. désoeuvrés. Ces bouleversements environnementaux ont sen- 1151 (15) [S'ENGAGER] ISDGAGERI eu également un impact sur moi. Heureusement, vers l'âge de 15 ans, j'ai trouvé un job au Parc Yosemite. Ce contact avec la nature m'a permis de grandir avec les plus beaux des tuteurs: : les arbres ! I Ce sont eux qui m'ont évité de devenir un gosse déraciné I ! Qu'est•ce Qu'est-ce que vous souhaitllriez souhaiteriez trcmsmettre transmettre à vos enfants ? ? À mes petits-enfants plutôt ! Le respect de l'environnement et des minorités ethniques. Pour évacuer mes toxines, ma famille m'emmenait dans les forêts californiennes. J'ai j'ai appris à connaître la nature. L'intérêt que je porte aux « Natives » (les Indiens) est venu par la suite, car j'étais révolté par l'attitude du gouvernement à leur encontre. Je je pense, pense. entre autres, aux réserves, à à la la politique de de ghettoïsation ! Mon l'at- engagement fut encore plus marqué lorsque je me suis aperçu que nos dirigeants mettaient en avant la course à la productivité et en arrière le respect de la nature. Qu'elle est la ra question 0 à laquelle lo_quelle vous rie ne souhaitez Yraiment vraiment pas répondre rê-pondre ? C'est quoi votre adresse e-mail ? ? Je Je n'ai n'ai pas pas d'ordinateur ! ! •



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