Néoplanète n°13 avr/mai 2010
Néoplanète n°13 avr/mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de avr/mai 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 33,6 Mo

  • Dans ce numéro : Gaston l'écolo, mascotte de l'ONU.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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(PARTICIPER) Mon retour en Haïti J'ai quitté la capitale d'Haïti le 9 janvier 2010, pour passer quelques jours en France. Le 12 janvier, mon cœur s'est arrêté de battre vingt minutes, entre l'annonce du séisme et le moment où j'ai reçu un mail de mes filles, saines et sauves à Port-au-Prince. On dénombre à ce jour plus de 230 000 morts*... et leS COmpteS SOnt loin d'être ClOS. Par Stéphanie Renauld-Armand Six semaines plus tard, retour dans une ville qui n'a plus rien à voir avec celle que j'ai qurt:tée. Depuis le 12 janvier, je suis, comme plus d'un million d'habrt:ants ici, sans abri. Après quelques jours à trier ce que l'on a pu sortir des décombres de ma maison, je prends mon courage à deux mains, je descends en ville, ou plutôt ce qu'il en reste. La visite du centre historique refiète l'ampleur de la catastrophe. Les équipes de déblayage sont sur le pied de guerre. C'est, d'ail leurs, l'une des seules missions que le gouvernement semble assurer. Le reste est voué aux ONG, aux bonnes volontés, aux étrangers. Dans les rues, des groupes de travailleurs, vêtus de T-shirts jaunes, balayent déblaient les gravas et les ordures. Ils bénéficient des programmes Argent contre travail lancés par les organisations internationales. Ce qui me frappe, c'est qu'il n'y a plus personne dehors. Autrefois, ça grouillait de monde. Les gens sont partis pour les provinces. lis ont fu i la « ville cercueil ». MILLEONG... Le monde entier se presse au chevet d'Ha1ti, la grande blessée, au point que l'on en oublie un peu ceux qui étaient là dans les premières minutes : les voisins, (12 (les médecins, les fondations et les associations locales. Je retrouve les copains qui étaient « au front ». Didier et Maguy et leurs collègues chirurgiens, sur le pont pendant des jours sans dormir. Maryse, directrice d'une fondaton, était dans la nue le lendemain du tremblement de terne avec des camions d'eau, Wyclef. star internationale et fils du pays, avait débarqué immédiatement pour apporter son aide, transporter des blessés... et des corps. Sans oublier Daniel, photographe israélien marié à une Hartienne, qui a emmené, dès le 14 janvier, des soldats israéliens pour monter un hôprt:al de campagne. Et qui,
depuis, a installé plus de cent citemes dans les camps, chacune sponsorisée par une entreprise ou un partculier. Et l'État dans tout cela ? Absent muet aveugle ? Ici, depuis deux cents ans, il a peu ou n'a pas joué son rôle, et les effets sont lourds de conséquences, aussi bien en tenmes d'environnement et d'écologie que d'éducation, de logement de santé... La liste serait trop longue. Et elle s'allonge encore depuis le 12 janvier, alors que plus de mille O NG sont en Hart:i, et que le besoin de coordination est crucial. L'avenir nous dira si le gouvernement prépare, dans le secret le plan de reconstruction du pays. CAMPS DE FORTUNE ET BONS CŒURS ! La visrt:e des camps est à la fois désolante et pleine de réconfort. À Petionville Club, les Gl se sont installés sur les courts de tennis, et trente mille sans-abri sur le terrain de golf C'est ici que vrt : Sean Penndepuis plus d'un mois. Rien n'est laissé au hasard, avec des responsables, des équipes de nettoyage, des douches, des toilettes... La distribution d'eau est assurée, et des activrt:és pour les enfants sont organisées : des tentes écoles ont été dressées, des spectacles par Clowns sans frontières et des projections de films sont proposés. Partout où l'on va c'est un soulagement de se voir et le mêmerrt:uel de questions, nouvelles règles de compassion : où étiezvous ? Comment va la famille ? Et la maison ? Chacun mesure sa chance ou son malheur à l'aune de ce que traversent les autres. Les Ha:rt:iens sont un peuple de survivants, de résistants, de résilients, habrt:ués à traverser les difficu h:és. C'est à ce miracle que l'on veut croire aussi pour le pays. Hart:i, trois mois après le séisme, est au carrefour de son destin, alors que tout est encore possible pour restaurer des équilibres depuis longtemps devenus des périls : l'écologie et l'environnement la démographie et la répartrt:ion des populations, l'accès à l'éducation et à la santé, l'accès et le respect de la propriété, la démocratie et le respect d'autrui. Moi, je veux croire à la (re)construction. Et on est quelques millions ici... *Ministère de la Communication - Hdiâ, {brier 20 1 O. (PARTICIPER) DES ÉCOLES TEMPORAIRES DANS LES CAMPS La fondation Progrès et Développement, PRODEV (www.prodevhaiti.org), a mis en œuvre un programme d'écoles temporaires dans les camps de toile pour occuper les enfants. Avec le support et l'assistance de JDC et de NATAN, de LATET et d'ISRA-AID, organisations israéliennes regroupant d'autres associations. Des tentes, offertes par l'hôpital de campagne israélien, ont été aménagées en salles de classe avec tableaux, tables, bancs et chaises fabriqués sur place. Des professeurs ha'iliens ont été recrutés et ont suivi une fonnation spécifique d'accompagnement psychologique, afin de pouvoir aider les enfants à surmonter le traumatisme. Le programme devrait être maintenu jusqu'à la réouverture officielle des établissements scolaires. UN ENVIRONNEMENT TRÈS DÉGRADÉ En Haïti, tout s'est conjugué pour que ce séisme soit bien plus dévastateur qu'ailleurs. Port-au-Prince était surpeuplé, les constructions, anarchiques et implantées en une nuit sur des sols friables, calcaires, interdits à la construction. Avec un béton dont le mélange ciment-sable annonçait la catastrophe, comme à Nérette où une école s'est écroulée en octobre 2008, faisant plus de cent morts. On a attendu le séisme du 12 janvier pour interdire l'exploitation de carrières de sable qui creusent la montagne derrière la capitale, désormais trouée comme un gruyère... S.O.S. ÉCOLOGIE L'État le plus pauvre des Amériques est aussi celui qui a la plus faible couverture végétale, estimée entre 1 et 2% à ce jour. Le déboisement a commencé sous l'ère coloniale, puis s'est accentué ces trente dernières années, afin de produire du charbon de bois. Résultat : les hauteurs sont devenues des surfaces verticales, incapables de retenir les eaux de pluie qui entraînent tout sur leur passage vers la mer. C'est ce qui s'est passé dans la ville des Gonaïves en septembre 2008. C'est ce qui arrive ces jours-ci dans le sud-est du pays. La faune et la flore souffrent de la pression démographique et du mépris pour l'environnement Plusieurs associations et fondations se mobilisent pour les protéger. La Fondation Seguin (www.fondationseguin.org) tente, par exemple, de sauver la dernière forêt de pins d'Haïti. Deux cent vingt espéces d'oiseaux, dont vingt-sept sont menacées, ont été recensées. Le déplacement de centaines de milliers de personnes vers les provinces a des incidences sur leurs habitats et leurs habitudes. La Société Audubon Ham (SAH) (www.societeaudubonhaiti.org) a été créée à l'initiative d'un groupe de professionnels préoccupés par la dégradation des écosystèmes du pays et déterminés à contribuer à leur sauvegarde et à leur réhabilitation. Elle est célèbre pour ses études sur le vif et ses planches d'oiseaux. (13(



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