Néoplanète n°12 fév/mar 2010
Néoplanète n°12 fév/mar 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de fév/mar 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Kel Epok Epik

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 69,3 Mo

  • Dans ce numéro : plémique de la viande, les grands chefs rebondissent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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[S’ENGAGER] PASCAL LÉGITIMUS VOYAGE EN TERRE « INCONNU » Depuis vingt ans, Pascal Légitimus mène de front carrière artistique et engagement écologique. Ambassadeur de « Play to Stop : Europe for Climate » à Copenhague, il prêche la bonne parole auprès des politiques, des leaders d’opinions et du grand public. À bon entendeur… Par Stéphane Aitaissa et Yolaine de la Bigne Vous êtes resté sur un sentiment mitigé à votre retour de Copenhague ? Copenhague n’était pour moi qu’une étape, pas une finalité. J’ai eu la chance de rencontrer des ambassadeurs comme moi, venus de tous les pays européens. avec la même question en tête : « Que fait-on là et à quoi sert-on ? ». Même si chacun a œuvré médiatiquement pour son pays, on a eu le sentiment que la vibration de Copenhague était linéaire. Chaque État est venu avec ses chiffres, ses dossiers et a défendu ses propres intérêts. C’était un peu : « Après moi, le déluge ! ». Comment l’expliquez-vous ? Les enjeux économiques biaisent tout. Avec ces groupes industriels, pharmaceutiques, agro-alimentaires, qui maîtrisent l’économie mondiale, il est évident que les politiques commerciales passent avant l’humain et la planète. Vous êtes donc plus que jamais motivé à brandir votre bâton de pèlerin… Je vais continuer à médiatiser la problématique, car la Terre souffre. Mais les gens en sont de plus en plus conscients, et ce qui m’a fait plaisir. Si Copenhague avait été une réussite, ça aurait été beaucoup plus grave. Qu’entendez-vous par « plus grave » ? Nous aurions sombré dans une espèce d’apathie. En faisant confiance aux gouvernements, peut-être que les citoyens auraient arrêté de bouger, que la voix du peuple, la vox populi, se serait éteinte. Vu qu’il ne s’est rien passé, on sent les gens énervés et remontés, c’est quelque part positif, un mal pour un bien. Ça veut dire que la société civile a plus que jamais l’avenir de notre L’intégralité de l’interview sur la radio : www..fr planète entre ses mains… Evidemment. Les politiques ne sont que nos représentants, ils légifèrent, mais c’est à l’échelle individuelle que doivent se jouer les choses. Les hommes comprennent que leur santé et celle de leurs enfants sont peut-être en danger. L’égoïsme doit disparaître et on y travaille ! En délivrant parfois des messages qui peuvent effrayer ? Oui, je le crois. Mais mon discours est moins effrayant que la réalité. Les tsunamis, les inondations, les tremblements de terre existent. Beaucoup de gens me disent qu’il ne faut pas être alarmiste, au contraire, il faut faire peur. Méfionsnous, il ne nous reste que trente ans pour s’en sortir ! [18] En quoi a consisté votre rôle d’ambassadeur lors de la campagne « Play to Stop : Europe for Climate » ? Il a tourné autour de deux axes : convaincre les politiques qu’il faut légiférer sur la problématique et parler aux enfants, aller dans les écoles, expliquer les enjeux, faire prendre conscience qu’il faut protéger l’eau, ne pas polluer notre environnement, etc. De quand date cette prise de conscience ? J’ai été élevé dans une mouvance bio, petit, j’avais d’ailleurs une devise : « Sois bio et taistoi ». Ma famille était dedans, j’ai eu la chance d’avoir grandi dans le respect de la nature et des êtres humains. Votre implication pourrait prendre une tournure plus politique ? C’est un métier la politique. Je suis un homme de spectacle, un clown triste dans l’arène qui n’a pas envie de se mélanger à ce panier de crabes. On n’a pas tout à fait la même philosophie. Je trouve par exemple navrant que le gouvernement n’ait pas pensé à lancer un ministère de la pauvreté. Si Coluche a ouvert les Restos du Cœur, c’est qu’il y avait une carence. Pourtant, ce n’est pas le rôle de l’artiste, c’est au pouvoir d’initier cela. Qu’est-ce qui vous le plus marqué dans les pays que vous avez traversés ? Plus les gens sont pauvres (avec le minimum vital) et plus ils sont heureux. Plus ils sont riches, plus ils sont malheureux. C’est un paradoxe. J’ai vu ceux qui n’avaient rien, et qui dégageaient une énergie incroyable. A contrario, d’autres plus aisés sont obsédés par l’argent, et si anxieux à l’idée de le per- dre qu’ils en deviennent malheureux. C’est une belle leçon à méditer… PH DE L A C R O I X
Océans Les poissons ont la parole ! À l’occasion de la sortie d’Océans, « LE » film de ce début d’année signé Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, nous avons interviewé nos cousins marins. Et dans l’ensemble, ils en frétillent de la nageoire. Par Monique Neubourg À tout seigneur, tout honneur. Jojo le mérou (1), qui a repris de l’écaille de la bête depuis que les océanographes signalent qu’aux abords de Massilia on a retrouvé une belle population, qualifie Océans de « Monde du silence du XXI e siècle ». « Cousteau, Perrin et Cluzaud : même combat ! » qu’il scande le Jojo sur l’air des lampions en faisant des bulles. Avec les moyens d’aujourd’hui, il est aussi bluffant pour les spectateurs de 2010 que l’était en 1955 le documentaire dont il est le héros. La pieuvre (2), qui se languissait de son Kirk Douglas d’amour, est sortie de sa torpeur devant les anguilles jardinières qui l’hypnotisent - on dirait des illusions d’optique - et le combat singulier entre une squille mante et un crabe. Il irait bien y glisser un ou deux tentacules, sans arrière-pensées. Coquette, la raie manta (3) est une tombeuse. Comme elle aurait aimé croiser Jacques Perrin en marin des Demoiselles de Rochefort ! Quand elle voit les seiches flamboyantes, danseuses gracieuses aux nageoires imaginées par la haute couture, la coquette en devient verte de jalousie, elle avait toujours cru qu’elle était la plus belle. Nemo (4) voit enfin à quoi il ressemble en vrai. Et découvre sa grande famille composée d’autres poissons rigolos nommés Voilier, Lune ou Perroquet, tout aussi ébouriffants que lui. Ça lui donne envie de sortir de son aquarium car à la sortie du dessin animé, tous les minots ont réclamé leur Nemo... Mumble (5), entre deux pas de claquettes, s’émerveille devant les tortues de mer et les iguanes marins, ces reptiles qui, comme lui, se partagent entre terre et mer et se hâtent avec lenteur, un peu comme lui. Quand il voit ses congénères, ces empereurs polaires, il bat des ailes, et quelque part, une otarie farceuse l’imite. Y’a d’la joie ! Willy (6) se lèche les babines, tel un enfant au palais de Dame Tartine, à la vue des cétacés. Par qui commencer ? Une baleine à bosse ? Tentant ce ventre blanc à l’air si tendre, aussi tendre que le petit qui s’y niche. Ou un béluga, il ferait bien son caviar de ce dauphin qui ressemble étrangement à Casper le fantôme. Parce que le hareng, faut pas pousser, ça n’a qu’un temps. Flipper (7) s’insurge en captant les [19] pensées de Willy, déjà tout traumatisé qu’il est par The Cove qu’il n’a même pas pu voir en entier. Il demanderait bien aux espadons et narvals de s’aligner en rangs serrés et de s’en aller embrocher cette orque dite baleine tueuse. À moins de lui expédier un commando d’araignées géantes, hautes sur pattes, comme les droïdes de La Guerre des étoiles. Bas les nageoires, Willy, c’est assez ! Bob l’éponge (8), repu, swingue en mesure, au gré des courants, fasciné par les mouvements des gorgones caressées par les petits poissons. On le croirait à Roland Garros. Le poisson d’avril rapplique, avec un bon mot pense-t-il : « Pas question que je me cogne deux heures de fond d’écran ! ». Il a tort le bougre. Océans est un film magnifique, passionnant, émouvant au point qu’on en oublie les prouesses techniques pour se laisser emporter par sa majesté. On y vole avec les fous, on y plonge avec les loups. www.oceans-lefilm.com (1) Le Monde du silence - (2) 20 000 lieues sous les mers - (3) Abyss - (4) Le Monde de Nemo - (5) Happy Feet - (6) Sauvez Willy - (7) Flipper le dauphin - (8) Bob l’éponge. Vi n c et Le c o m t e o c é a n f u t u r e s s o ci et y



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